association caritative d'aide aux enfants pauvres du tchad
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"A.A.E.R.M.C."


LE TCHAD: QUELQUES POINTS DE REPERES

Le Tchad, pays d'une superficie de 1.284.000 km2 a une population de 6.702.000 habitants. La capitale est Ndjamena, les deux langues officielles sont le français et l'arabe, mais beaucoup de dialectes sont pratiqués dans tout le pays, en particulier le sara du coté de Sarh (préfecture du Moyen-Chari, 80.000 habitants).

Développement Humain. 163 ème pays sur 174 en 1995; Dette extérieure totale 997 millions de dollars;
PIB par habitant 88 dollars; (par comparaison : France : 22.000 dollars);
Taux d'inflation 4,1 %;
Nature de l'Etat République parlementaire;
Nature du régime : Présidentiel;
Chef de l'état : Général Idriss Déby.

PRESENTATION DU PHENOMENE DES ENFANTS DE LA RUE DE SARH

-D'où viennent ces enfants?
Ces enfants vivent généralement dans les marchés de Sarh ou de Koumra (à 100 km à l'ouest de Sarh). Beaucoup viennent des villages alentours de Koumra ou de Kyabé (à 100 km à l'est de Sarh), débarquent dans les marchés, puis après quelques mois, partent à Sarh, souvent à pied. Si personne ne les prend en charge, ils aboutissent souvent, quelques années après, au marché de Ndjaména, où ils tombent dans le grand banditisme. Ils sont alors appelés les "petits colombiens", expression suffisamment éloquente pour qu'elle ne nécessite pas de commentaire. Actuellement, le nombre d'enfants de la rue dans le Moyen-Chari augmente de manière alarmante, en particulier dans les marchés de Sarh et de Koumra.

-Pourquoi sont-ils dans la rue?
Les raisons pour lesquelles ces enfants sont dans la rue sont très diverses. L'alcool est cependant le dénominateur commun aux problèmes familiaux qui ont entraîné le départ des enfants. Le schéma classique est le suivant : un des deux parents est mort ou parti, l'autre n'arrive pas à fournir au moins un repas par jour, souvent parce qu'une grande partie de l'argent est dépensée dans l'alcool. L'enfant commence alors à quitter la concession pour trouver à manger, au marché, même s'il rentre encore le soir chez lui. Progressivement, il fait connaissance avec d'autres enfants qui vivent déjà sur le marché, et finit au bout de quelques temps par ne plus rentrer le soir chez lui. La rupture est consommée. Peu d'enfants sont orphelins de père et de mère, et nous avons eu des contacts avec quasiment toutes les familles. Ces familles voient souvent d'un bon oeil le projet de l'association, même si peu d'entre elles sont effectivement venues au centre. Les familles des enfants sont pour la plupart de religion animiste, certaines chrétiennes, et une minorité musulmane.

-Comment y vivent-ils?
L'enfant trouve à manger moyennant quelques services rendus aux commerçants, ou en volant ce qu'il peut. C'est un moyen pour ces marchands d'avoir une main d'oeuvre très bon marché, malléable à souhait, et qu'ils n'hésitent pas à battre si besoin est. Les conditions de vie de ces enfants sont alors extrêmement précaires. La violence devient le principal moyen de communication entre eux. Beaucoup n'y survivent pas. Tous ces enfants, sans exception, se droguent à la colle. Certains, qui ont commencé à 6 ans, sont, à 14 ans, dans un état catastrophique, souvent irréversible.



-Quel âge ont-il?
Les plus vieux ont entre 18 et 20 ans, les plus jeunes entre 5 et 6 ans. Nous privilégions de plus en plus l'entrée des enfants jeunes (autour de dix ans) au centre. Il est plus facile d'établir avec eux un projet de vie, et les problèmes de violence sont moins importants. Cependant nous avons eu des succès très encourageants avec certains des grands, placés en apprentissage.

-Y-a-t-il des filles?
Il n'y a que très peu de filles de la rue, ceci pour plusieurs raisons: Les filles sont beaucoup plus indispensables au fonctionnement d'une concession que les garçons. Ce sont elles qui font la totalité des tâches ménagères (balayage, lessive, marché, cuisine, corvée d'eau, de bois, garde et soins des enfants,..., la liste n'est pas exhaustive ). Par conséquent, elles ont beaucoup moins l'opportunité de s'éloigner de la concession. Pour celles, cependant, qui arrivent à partir, elles disparaissent très rapidement dans des réseaux de prostitution qui ont des ramifications jusqu'au Soudan. Depuis le début de l'association, nous n'avons accueilli qu'une seule fille: Titi. C'est une enfant assez violente, et qui se drogue beaucoup. Elle a passé plusieurs mois avec nous en très bonne entente avec les autres enfants. Cependant, du fait de son instabilité et parce qu'elle commençait à devenir plus grande dans un milieu uniquement masculin, nous avons préféré la confier à Madame Fatimé NEGUE, à cette époque responsable du centre social de Sarh.

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