Abou Nawas.Page


Points de vue

Un mois et demi après




Après un mois et demi de l'édition de cette modeste page, une mise au point est devenue plus qu'indispensable, d'autant plus que les critiques et suggestions qui me sont parvenues déversaient toutes dans ce sens. D'abord je dois remercier tous ceux qui m'ont contacté ou signer mon Livre d'Or pour leur sympathie et leurs encouragements. Discuter avec certaines personnes m'a tant apporté que je ne saurai pas comment les remercier surtout ceux qui ont des avis contraires aux miens. Des remarques m'ont été signalées :


Pourquoi un compteur avec des statistiques?! c'est pour savoir le nombre de visiteurs et leurs pays et voir s'il valait vraiment la peine de mettre cette page en ligne. Il n'était nullement dans mes intentions de savoir qui vous êtes ou de quel poste vous appelez ou de le divulguer. D'autres moyens informatiques plus discrets m'auraient permis de me renseigner mais je n'utilise pas de tels moyens (les Javascript) ce n'est pas dans les "mœurs de la maison". C'est pourquoi j'ai utilisé un compteur secret C-Trouve puis je l'ai remplacé par les statistiques complètement anonymes du Hit-Parade . Je n'ai droit maintenant qu'au NB de visiteurs distincts comme un compteur simple mais avec plus de précision. (Pour le moment 270 visiteurs distincts pour la deuxième moitié du mois d'Avril et 149 pour la première semaine du mois de Mai)

Des critiques concernant le référencement de mon site, je fais tous ce qu'il est dans mon pouvoir, mais vous pouvez le faire connaître à vos amis et à vos connaissances car la meilleure publicité c'est celle "de bouche à oreille" ou le "téléphone arabe" si vous préférez.

Un très grand merci pour ceux qui m'ont signalé des fautes d'orthographe ou de grammaire ou de html( la personne concernée se reconnaîtra , je crois même qu'elle pourrait me trouvez d'autres fautes dans ce texte :-)) )

Certains me demandaient des renseignements sur ma personne, JH au milieu de la vingtaine, d'origine maghrébine, célibataire, vivant à l'Est de la France. J'ai reçu une éducation religieuse mais toutefois modérée, ce qui a m'a posé des problèmes pour reconnaître même mon homosexualité pendant des années et des années. Je ne prétends pas avoir trouver toutes les réponses, je me pose toujours des questions sur certains points et je crois que le jour où ça s'arrêtera je serai déçu :-)). Quant aux propos personnels mentionnés sur cette page, ils peuvent appartenir à un tout autre maghrébin se retrouvant dans ma situation.


Bon, je ne savais pas par où commencer, effacer, corriger, ou modifier certaines parties, en clarifiant des points sur lesquels je suis passé rapidement ou que je n'avais pas vraiment bien expliqué. Comment intégrer les échanges avec mes correspondants?!!

Un soir, gling...gling...gling..."You've got an e-mail"...Un nouveau visiteur m'envoie un e-mail avec ses remarques et critiques. Ca me fait toujours plaisir de répondre à mes interlocuteurs mais je me suis résolu à mettre ma réponse en ligne tout en intégrant des propos échangés avec d'autres internautes.

Donc je ne vais pas revenir sur la question religieuse ou aux avis des fondamentalistes ou de ceux qui se rattachent trop à la religion. (voir plutôt dans la rubrique "point de vue de la religion et de la société").

Mon Interlocuteur M.B disait: "C'est une très bonne idée mais le traitement est simplissime : l'homosexualité chez les arabes n'existe pas. Du moins pas telle que nous l'entendons, nous autres malheureux occidentaux: ce n'est pas parce que je baise un garçon que je suis un meniouk. Qu'est-ce qu'il y a d'homosexuel à cela? Or , la plupart des beaux gosses sont baisés, et les mêmes trouveront plus tard à épouser en justes noces. On est loin de nos principes d'identité et de contradiction ! Toute la culture savante arabe porte la trace éloquente des amours pédérastiques, et les témoignages pullulent quant aux traditions populaires qui les intègrent. Aujourd'hui le modèle occidental tend à disqualifier ce modèle au bénéfice des nouveaux enjeux de la scène sociale dans le monde arabe"

Je dois signaler d'abord que je n'avais pas la prétention de présenter une page qui soit une référence en matière, mais simplement un point de vue personnel . A vrai dire je cherche toujours des réponses à plusieurs questions et cette page m'a permis d'échanger des idées intéressantes . Mes références se résument à mon vécu, l'expérience des personnes que j'ai côtoyées et mes lectures. La situation au Moyen-Orient m'est inconnue mais je crois , d'après ce que j'ai dû entendre, elle présente dans certains pays beaucoup de ressemblance avec le Maghreb sinon elle est beaucoup plus critique dans d'autres (la condamnation à la mort est toujours en vigueur dans certains pays, eh oui).

Il est évident qu'il y a une dissemblance importante entre les deux rives de la Méditerranée , les références sont tellement différentes qu'on ne peut pas prétendre le contraire. Néanmoins l'homosexualité fait partie de la "nature humaine", donc elle existe bel et bien dans la société maghrébine, et j'ajouterai aussi que le processus d'identification est le même, bien qu'elle prenne des formes et des manifestations différentes d'ici en Europe. Je ne veux pas rentrer dans des considérations philosophiques, ce n'est pas le but de cette réponse. J'avais même prévu une partie pour les "eunuques" pour soulever la question du "naturel" dans l'homosexualité mais j'ai estimé que ce n'est ni le propos de cette page ni dans mes compétences de le faire (d'autant plus que je n'ai pas assez de temps). Mais pour les connaisseurs il y a un livre d'André GIDE à lire impérativement: "Corydon". Il faut tout de même garder toujours un esprit critique en le lisant et ne pas se laisser emporter ni par son contenu ni surtout par sa forme. D'autres références plus récentes sont aussi disponibles mais il me semble que ce livre ouvre plus les esprits sur la réflexion que ne donne des réponses.

Je confirme que les rapports entre les hommes sont bien répandus. Mais il faut savoir que chez les Maghrébins les "relations" sexuelles entre des personnes de même sexe, et qui commencent très tôt dans l'enfance (entre enfants), représentent tout simplement une étape de la "découverte" de "La" sexualité. D'autant plus que pendant ce stade il y a une certaine hésitation et crainte du contact avec le sexe opposé. Cette hésitation est engendrée à la fois par le manque de confiance en soi et par l'interdiction stricte de la société, de tels rapports .

Ces "jeux" continuent durant l'adolescence. Ils prennent parfois une forme de narcissisme et d'exhibitionnisme derrière laquelle se cache une recherche de confiance en soi et d'affection. Ainsi, les rôles d'actif et de passif ne sont pas généralement distribués auparavant, mais le contact prend la forme d'un "duel" dont l'objectif est l'affirmation de sa "supériorité". On en sort vainqueur ou vaincu. C'est pourquoi ces relations sont cachées par la famille étant donnée l'idée qu'on se fait de la virilité mais elles restent néanmoins très répandues. On ne peut pas prétendre que cette "sexualité" s'apparente à "l'homosexualité" ni même à la "bisexualité" mais elle peut avoir une influence sur les choix de la personne concernée ultérieurement. Donc il est évident que dans la majeure partie des cas , ces personnes considèrent de n'avoir vécu qu'une expérience "Normale" qu'ils apparentent à la fin à " l'insouciance de l'adolescence". Ils se destinent donc à une vie plutôt hétérosexuelle dont l'aboutissement normale est le mariage. Je ne sais pas s'il y a des statistiques fiables mais d'après ce que j'ai constaté la plupart des "garçons" ont passé plus au moins par ce stade (je dirais beaucoup plus que la moitié).

Par contre, mon interlocuteur M.B a soulevé un point très important, la pédophilie et dans certains cas l'inceste, "les beaux gosses sont toujours baisés". Oui hélas les exemples dans la vie comme les témoignages dans la littérature ne manquent pas comme partout ailleurs, mais la différence c'est que jusqu'à récemment on préférait le cacher. On estimait que le préjudice que pouvait avoir l'annonce de ce crime sur le vie de l'enfant ( le jugement de la société) est plus grave que les séquelles directes de cet acte lui même. Mais de nos jours on devient intransigeant avec la pédophilie et à mon avis c'est tant mieux, qu'elle soit avec le même sexe ou le sexe opposé car c'est une violation de la personne de l'enfant.

Néanmoins, à côté de ces "manifestations", il y a des personnes qui sont "vraiment" homosexuelles, selon la définition occidentale ou "clinique" (oui , certains "scientifiques" persistent à considérer l'homosexualité comme une maladie). L'exemple des passifs est le plus marquant, car il n'y a pas un moyen de cacher ses tendances si on veut les vivre pleinement. Dans chaque "famille" (dans sa définition maghrébine et méditerranéenne, la "grande famille") on a tous connu un "efféminé" dont les gestes sont le sujet généralement des moqueries sinon de la méprise des autres. Dans la famille, un enfant qui présente ces "symptômes" est considéré comme "malade", une abomination ,une honte qu'il faut cacher (Se référer à ma page sur le point de vue de la religion et de la société). C'est pourquoi plusieurs homosexuels passifs restent toujours dans leur placard (par crainte du jugement de la famille et de la société). Ils choisissent alors soit le célibat soit ils sont forcés de se marier. mais ils ne tardent pas généralement à alimenter les "chroniques" et les "on-dit" du "village" par leurs aventures .Je dis le village, car même les grandes cités au Maghreb, jusqu'à une date très récente, s'apparentaient dans leurs structures et dans les relations que les personnes entretenaient entre elles au "modèle du village", ce qui rend les choses encore plus difficiles. C'est l'image même de ce qu'on voyait jusqu'à une date très récente dans la compagne française mais avec des traits plus renforcés. Plusieurs de ces personnes sont le sujet de dépressions et même de tentations suicidaires car elles ne peuvent pas revendiquer une "homosexualité normale". D'autres ont su s'accommoder de la place dont la société a accepté de leur donner. C'est à dire le cliché de l'homosexuel totalement "soumis" à la limite "maladive" du masochisme, ou celui de la "fofolle" dans le sens ou ils préfèrent qu'il soit une personne très superficielle déséquilibrée , immature et simple d'esprit, car le contraire mettra en péril l'image de soi-même , celle de "L'homme arabe viril".

Ces réactions de l'entourage dépeignent sur l'homosexuel actif, il doit écarter tout sentimentalisme, devant les autres hétérosexuels, même s'il l'éprouve au fond de lui-même. Il doit se confirmer à l'image de la virilité masculine même si ça doit se traduire par des propos blessants à l'encontre de son partenaire passif. Je ne rentrerai pas dans la polémique de la nécessité d'un certain "volet macho" dans la relation homosexuelle (c'est évident, d'ailleurs j'en ai discutée avec certains d'entre vous, ils se reconnaîtront) mais delà à se cacher derrière des termes comme "profiter, abuser et même arnaquer" pour qualifier et justifier ces rapports devant des hétérosexuels me paraît plus que regrettables.

Ces mêmes qualificatifs sont utilisés par la majeure partie de ceux qui vivent des relations "pseudo-bisexuelles passagères". Ces rapports s'inscrivent le plus couramment sous le registre de la valorisation de soi-même. Ce n'est même pas étranger aux relations hétérosexuelles alors n'en parlons pas pour celle avec le même sexe. je ne compte pas disqualifier ou de renier "la bisexualité" chez certains Maghrébins, au contraire on est tous ou presque passé par là, mais personnellement je considére qu'on ne peut être à la fois, pendant une période donnée de sa vie, qu'un hértérosexuel ou un homosexuel.

Comme conclusion de ce volet, je dirais l'homosexualité existe dans la société maghrébine mais on lui fait prendre des formes et des manifestations qui paraissent si différentes de l'Europe occidentale mais au fond c'est la même réalité partout. Cette situation dans laquelle vivent les homosexuels que ce soit les actifs ou les passifs montre la nature de l'emprise de l'entourage sur eux.

Plusieurs occidentaux idéalisent "Le modèle " de l'homosexualité ou de la bisexualité dans la société maghrébine au point de lui faire prendre des proportions fantasmagoriques. Ils l'apparentent au modèle "Grec". Il est vrai que toutes les deux cultures présentent des points communs sur le plan de la sexualité, la "bisexualité" était répandue chez les grecs, et la vertu et la force d'un homme se mesure à son degré de résistance à l'appel des plaisirs charnels indifféremment du sexe du partenaire. On retrouve ce point commun pour les maghrébins (au moins hors cadre du mariage). Toutefois une différence majeure subsiste: les rapports avec des partenaires de même sexe prennent d'autres significations différentes de l'égalité entre les deux sexualités chez les Grecs. On est loin de la reconnaissance du mariage entre des partenaires de même sexe que ce soit sous les Grecs , les Romains ou certaines périodes de la Chrétienté. Cette idéalisation de ce modèle est une conséquence directe de la situation "marginalisée" des homosexuels dans les sociétés occidentales. Cantonnés dans des ghettos du pseudo-communautarisme, ils se retrouvent retranchés de la société à la différence de l'idée qu'ils se font d'un homosexuel maghrébin vivant avec discrétion et en cachette mais toutefois intégré dans la société . Ils se sentent, en plus, trahis par ce communautarisme dont le mot d'ordre est la consommation à toute allure (resto, bar, disco, sauna, articles de mode homo, loisirs....) et le pire c'est une homogénéisation des goûts et des comportements. Voulant sortir de son isolement et revendiquer sa différence (dans le sens de son droit à l'indifférence) l'homosexuel ici en France se trouve noyé dans ce monde où tout est fait pour qu'il soit désigné, catégorisé, et donc par conséquence marginalisé. Mais il ne faut pas "cracher dans la soupe", ce modèle a permis à plusieurs de sortir au jour et de se sentir moins seuls. Généralement la fréquentation de ces milieux n'est qu'une étape dans la vie on en sort généralement pour s'affirmer ailleurs. Plusieurs associations mènent des combats plus que respectables entre autres pour le droit à l'indifférence. L'aboutissement sera évidemment la reconnaissance du couple homosexuel par le biais du PACS ou tout autre contrat sur le pied d'égalité avec les couples hétérosexuels.

Au Maghreb, ce qu'on oublie toujours c'est que "ce modèle" qui en apparence accommode tout le monde, "chacun a sa place bien établie" comme le disait un autre interlocuteur (IP), est vécu comme une oppression par plusieurs homosexuels maghrébins... Les esclaves pensaient ou on leur faisait croire qu'ils avaient leur "place naturelle" sous la protection de leurs maîtres, idem sous les systèmes féodaux, sous l'occupation, on a fini même par faire croire aux juifs pendant un certain moment qu'ils méritaient ce qui leur arrivait... et les exemples ne finissent pas. Les mœurs changent et les gens prennent conscience de leur condition et certaines situations je crois ne sont plus tolérables. Mais il reste beaucoup de chemin à faire après cette simple prise de conscience. Car la société maghrébine se sent ainsi agressée sur ses fondements.

D'autres points étaient soulevés par mes correspondants: Peut-on être à la fois musulman et homosexuel? Pourquoi les beurs homosexuels sont-ils si différents? Les hommes arabes sont ils toujours des machos?....
Si vous avez d'autres questions, remarques ou critiques n'hésitez pas à me contacter ou de les poser sur mon Livre d'Or, il n'est pas fait seulement pour les compliments :-))

Rq: J'ai utilisé parfois des termes qui peuvent être considérés comme blessants et à la limite de l'homophobie. Je dois préciser que telle n'était pas mon intention mais je reprenais seulement ce qui se disait.



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