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Il
faisait une chaleur accablante. À perte de vue, la route blanche, embrasée,
poudroyait entre les jardins d'oliviers et de petits chênes, sous un grand
soleil d'argent mat qui remplissait tout Ie ciel. Pas une tache d'ombre, pas un
souffle de vent. Rien que la vibration de l'air chaud et Ie cri strident des
cigales, musique folle, assourdissante, à temps pressés, qui semble la sonorité
même de cette immense vibration lumineuse... Je marchais en plein désert depuis
deux heures, quand tout à coup, devant moi, un groupe de maisons blanches se
dégagea de la poussière de la route. C'était ce qu'on appelle Ie relais de
Saint-Vincent: cinq ou six mas, de longues granges à toiture rouge, un
abreuvoir sans eau dans un bouquet de figuiers maigres, et, tout au bout du
pays, deux grandes auberges qui se regardent face à face de chaque côté du
chemin.
Alphonse Daudet - Les deux
auberges  |
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Quelques
tables boiteuses où traînaient des verres ternis par la poussière, un billard
crevé qui tendait ses quatre blouses comme des sébiles, un divan jaune, un
vieux comptoir dormaient là dans une chaleur malsaine et lourde. Et des
mouches! des mouches! jamais je n'en avais tant vu: sur le plafond, collées aux
vitres, dans les verres, par grappes... Quand j'ouvris la porte, ce fut un
bourdonnement, un frémissement d'ailes comme si j'entrais dans une ruche.
Alphonse Daudet - Les deux
auberges  |