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La
première maison après le couvent est une maison basse à volets gris avec un
jardinet derrière. Tu entreras sans frapper - la porte est toujours ouverte -
et, en entrant, tu crieras bien fort: « Bonjour braves gens. Je suis l'ami de
Maurice... » Alors, tu verras deux petits vieux, oh! mais vieux, vieux,
archi-vieux, te tendre les bras du fond de leurs grands fauteuils, et tu les
embrasseras de ma part, avec tout ton coeur comme s'ils étaient à toi. Puis
vous causerez, ils te parleront de moi, rien que de moi; ils te raconteront
mille folies que tu écouteras sans rire... Tu ne riras pas, hein?... Ce sont
mes grands parents, deux êtres dont je suis toute la vie et qui ne m'ont pas vu
depuis dix ans...
Alphonse Daudet - Les vieux  |
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Une
porte qui s'ouvre, un trot de souris dans le couloir... c'était Mamette. Rien
de joli comme cette petite vieille avec son bonnet à coque, sa robe carmélite,
et son mouchoir brodé qu'elle tenait à la main pour me faire honneur, à
l'ancienne mode... Chose attendrissante: ils se ressemblaient. Avec un tour et
des coques jaunes, il aurait pu s'appeler Mamette, lui aussi. Seulement la
vraie Mamette avait dû beaucoup pleurer dans sa vie, et elle était encore plus
ridée que l'autre. Comme l'autre aussi, elle avait près d'elle une enfant de
l'orphelinat, petite garde en pèlerine bleue, qui ne la quittait jamais; et de
voir ces vieillards protégés par ces orphelines, c'était ce qu'on peut imaginer
de plus touchant.
Alphonse Daudet - Les vieux  |