AD LITTERAM - Alphonse Daudet - Les vieux (extraits)

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Alphonse DAUDET (1840-1897)
Les vieux
Nombre d'extraits de l'oeuvre sur cette page : 2

 

La première maison après le couvent est une maison basse à volets gris avec un jardinet derrière. Tu entreras sans frapper - la porte est toujours ouverte - et, en entrant, tu crieras bien fort: « Bonjour braves gens. Je suis l'ami de Maurice... » Alors, tu verras deux petits vieux, oh! mais vieux, vieux, archi-vieux, te tendre les bras du fond de leurs grands fauteuils, et tu les embrasseras de ma part, avec tout ton coeur comme s'ils étaient à toi. Puis vous causerez, ils te parleront de moi, rien que de moi; ils te raconteront mille folies que tu écouteras sans rire... Tu ne riras pas, hein?... Ce sont mes grands parents, deux êtres dont je suis toute la vie et qui ne m'ont pas vu depuis dix ans...

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Une porte qui s'ouvre, un trot de souris dans le couloir... c'était Mamette. Rien de joli comme cette petite vieille avec son bonnet à coque, sa robe carmélite, et son mouchoir brodé qu'elle tenait à la main pour me faire honneur, à l'ancienne mode... Chose attendrissante: ils se ressemblaient. Avec un tour et des coques jaunes, il aurait pu s'appeler Mamette, lui aussi. Seulement la vraie Mamette avait dû beaucoup pleurer dans sa vie, et elle était encore plus ridée que l'autre. Comme l'autre aussi, elle avait près d'elle une enfant de l'orphelinat, petite garde en pèlerine bleue, qui ne la quittait jamais; et de voir ces vieillards protégés par ces orphelines, c'était ce qu'on peut imaginer de plus touchant.

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