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Le premier était de ne
recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être
telle : c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention
; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se
présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse
aucune occasion de le mettre en doute.
Le second, de diviser
chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait,
et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.
Le troisième, de
conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples
et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusqu'à
la connaissance des plus composés et supposant même de l'ordre entre ceux qui
ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
Et le dernier, de faire
partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse
assuré de ne rien omettre
René Descartes - Le discours
de la méthode  |