Vingt ans d'activité
A.E.I.M.R.
B.P. 70733
F-57207 SARREGUEMINES Cedex
FRANCE
aeimr@multimania.com
Vingt ans d'activité
Le dernier numéro
Cahiers Annuels Thématiques
Cahiers Sectes, Petites Eglises et Réseaux Mystiques
.
En construction
En construction
Pour être informé des mises à jour de ce site.
Le webmestre :
Philippe Le Vigouroux
Cet article est paru dans
Mouvements Religieux
, numéro 226-227, Février-Mars 1999.
Mouvements Religieux
est le bulletin mensuel de l'
Association d' Etude et d'Information sur les Mouvements Religieux
.
L'Association d'Etude et d'Informations sur les Mouvements Religieux
Vingt ans d'activité
24 février 1979 - 24 février 1999
Le 24 février 1999, l'Association d'Etude et d'Information sur les Mouvements Religieux célèbre son vingtième anniversaire. Quoique connue de la plupart des spécialistes des minorités religieuses, elle est rarement sous les feux de l'actualité. Il n'est pas inutile de faire le point.
Les origines
A l'origine, les travaux de recherche solitaire de personnes intéressées par les groupements que le langage commun qualifie à tort ou à raison de " sectes ". Citons notamment :
- Bernard Vignot, qui auto-éditait des répertoires des petites Eglises catholiques et orthodoxes depuis 1975.
- Gérard Dagon, pasteur domicilié alors à Amnéville et auteur de six fascicules consacrés aux petites Eglises de France.
- Bernard Blandre, professeur d'histoire et de géographie à Sarreguemines. Auteur d'un mémoire de maîtrise sur la communauté mormone de Nancy, il avait publié quelques articles sur les origines des Témoins de Jéhovah dans la Revue de l'Histoire des Religions.
A l'occasion de la publication de ses opuscules, Gérard Dagon avait établi un réseau de relations. Une correspondance s'était établie entre lui et Bernard Blandre ; ils se rencontrèrent en 1978 et décidèrent la création d'une association qui étudierait les " sectes ". G. Dagon fournit une liste d'une quarantaine de ses lecteurs les plus intéressés qui furent informés du projet.
La création de l'association
Le 24 février 1979, 31 personnes étaient présentes ou représentées au 48 rue de Lille à Paris pour l'Assemblée Générale Constitutive.
Le premier président, Jacques Lequeue, résume ainsi les débats dans le compte rendu officiel :
L'Association a pour but la recherche scientifique sur les " sectes " et la diffusion d'une information objective. En aucun cas, il ne s'agira d'une association " anti-sectes ", elle ne se livrera à aucune polémique.
Les moyens d'action sont des études historiques, géographiques ou sociologiques sur les Eglises, sectes, mouvements religieux, philosophiques ou spiritualistes.
Elle diffusera dix fois par an environ, une circulaire d'information à ses adhérents, la publication d'une revue ne pouvant pas être envisagée dans l'immédiat... Cette circulaire pourra être diffusée auprès de la presse.
Suite à ces discussions, les buts furent formalisés dans l'article 3 des statuts :
Cette association, à but non lucratif, a pour objet l'étude scientifique, non polémique et non apologétique, des mouvements religieux, philosophiques et spiritualistes, sur lesquels elle diffuse des informations. Elle est indépendante de toute organisation politique, philosophique ou religieuses.
L'Assemblée Générale élut un Conseil d'Administration de neuf membres.
Une équipe relativement stable
D'une assemblée générale à l'autre, la composition du Conseil d'Administration a varié. Toutefois dans l'ensemble le " noyau dur " est stable. Quatre des neuf premiers membres du CA restent encore en place lors de l'assemblée générale du 12 décembre 1998 : Jacques Lequeue, le premier président, a ce jour là été reconduit dans sa fonction de trésorier. Christophe Boumard, longtemps trésorier, et Bernard Vignot restent assesseurs. Bernard Blandre, secrétaire depuis 1979, est président depuis 1992.
Le départ le plus marquant a été celui de Gérard Dagon. Vice-président en 1979, il a exercé la présidence de 1980 à 1992. Très accaparé par ses fonctions religieuses (il a été président de la Fédération Evangélique de France), il orientait de plus en plus ses écrits dans le sens d'une dénonciation de tous les groupes dont les idées et les activités n'étaient pas conformes à la Bible. En contradiction objective avec l'obligation de neutralité et d'indépendance idéologique qu'imposent les statuts, il a quitté la présidence et le Conseil d'administration en 1992, et l'association en 1998 lorsqu'il a participé à la création de l'association évangélique Vigi-sectes. Une séparation à l'amiable, sans heurt.
Les temps forts
*
1980
La circulaire mensuelle fait place au mensuel Mouvements Religieux. Il est à l'origine dactylographié par des bénévoles et imprimé sur la machine à encre du Foyer Culturel de Sarreguemines et agrafé par Monique et Bernard Blandre.
*
1983
Publication du premier cahier annuel imprimé (Jean-François MAYER, Sectes chrétiennes et politique).
*
1987
Organisation d'un cycle de conférences sur les sectes à Sarreguemines.
*
1987
Adhésion de l'AEIMR à l'Interassociation culturelle de Sarreguemines (actuellement Interassociation - Centre Social), grâce à laquelle l'AEIMR dispose désormais :
- d'un service accueil, qui enregistre les adhésions et abonnements sur ordinateur.
- d'un secrétariat, doté d'une bonne photocopieuse et de plusieurs ordinateurs.
- d'un service comptable, permettant une présentation des chiffres conforme au plan comptable des associations.
Cette importante logistique soulage les bénévoles d'une part importante du travail administratif.
*
décembre 1990
Pour la première fois, Mouvements Religieux est accompagné d'un supplément qui recense les créations d'organisations religieuses.
*
1994
L'assemblée générale décide le principe d'embaucher une secrétaire en Contrat-Emploi-Solidarité. Elle travaille au Foyer Culturel de Sarreguemines. Depuis, grâce au soutien de l'Etat, l'association bénéficie du travail d'une salariée vingt heures par semaine, et contribue avec ses faibles moyens à la lutte contre le chômage.
*
1996
Le 23 février, le Conseil municipal de Sarreguemines adopte le principe de la mise de deux pièces à la disposition de l'AEIMR pour qu'elle y installe son centre de documentation. En été, une masse impressionnante de livres et documents jusque là stockés chez le président et le trésorier y est installée.
*
1996 - 1998
Momentanément avec deux secrétaires en CES, l'installation du centre de documentation se poursuit.
L'assemblée générale de 1997 en définit le fonctionnement dans le cadre d'un règlement intérieur. Le centre n'est pas ouvert au public, le but n'étant pas d'en faire un lieu où viendraient se documenter les personnes en quête de spiritualité. L'accès est réservé aux chercheurs et aux professionnels de l'information.
*
1998
Premiers essais d'un site internet.
*
1999 (24 février)
Vingtième anniversaire. C'est l'occasion de la publication d'un cahier et de la diffusion de ce texte à la presse.
Clarifier une démarche
Evidemment, en vingt années d'existence, l'association n'a pas pu être tout à fait à l'abri des remous causés par la vivacité du débat sur les sectes en France. Il n'est pas inutile de rappeler que la date de sa fondation se situe entre celle des premières Associations de Défense de la Famille et de l'Individu et celle du CCMM - Roger Ikor, les principales associations de défense contre les sectes. La mise en cause des sectes à l'occasion des suicides collectifs (Guyana, Ordre du Temple Solaire) ou des rapports parlementaires (Vivien, Gest - Guyard) n'est pas favorable à un travail de recherche scientifique rédigé dans l'objectivité.
Ce type de travail suppose :
- que le chercheur prenne ses distances par rapport au sujet, et notamment qu'il ne s'aligne pas sans examen sur les positions militantes. Il n'est pas toujours facile de le faire comprendre à des membres des sectes et autres minorités religieuses qui souhaiteraient qu'on épouse inconditionnellement leur point de vue, et à des militants des associations de défense contre les sectes pour la même raison.
- que le chercheur étudie globalement tous les aspects du sujet, et pas seulement ce qui fait scandale ; qu'il s'appuie, certes avec esprit critique, sur toute la documentation disponible et notamment celle émanant des " sectes ". D'où une présentation des faits plus nuancée que les prises de positions anti-sectes militantes ou les discours apologétiques des militants religieux.
Dans les années 1990, il a fallu réagir lorsque l'association a été mise en cause par quelques journalistes l'ayant accusée d'être le moyen utilisé par les sectes de se donner une respectabilité.
L'association est restée fidèle à ses objectifs initiaux contre vents et marées : la recherche scientifique sur les minorités religieuses et la diffusion d'informations objectives à leur sujet, à l'exclusion de toute propagande et de tout dénigrement partisan. Ce n'est pas facile : Mouvements Religieux publie un article selon lequel un journaliste est condamné lors d'un procès l'opposant à la scientologie ? Le journaliste est mécontent. Finalement, celui-ci gagne en appel ; Mouvements Religieux le publie, la scientologie proteste et demande à bénéficier du droit de réponse. Il faut finalement publier dans un supplément l'intégralité du jugement sur onze pages pour que la polémique s'interrompe (novembre 1998).
La clarification ne s'est pas faite sans douleur. Lors de l'assemblée générale du 16 novembre 1996, il a été décidé une séparation plus stricte entre les abonnés à Mouvements Religieux et les membres adhérents auxquels il est désormais demandé la signature pour un engagement écrit de respecter les statuts de l'association, et de soumettre tous les articles à paraître à un comité de lecture.
Le champ d'activité de l'AEIMR est désormais bien défini : indépendante de toute organisation politique ou religieuse, on ne peut pas la confondre avec les associations de défense contre les sectes, ni avec les associations qui en prennent la défense (l'Omnium, après la FIREPHIM), ni avec les chercheurs qui, excédés par l'ambiance, se sont laissés entraîner dans le soutien aux sectes : ceux-ci sont regroupés dans le CESNUR. En rapport avec les uns comme les autres pour enrichir sa documentation, l'AEIMR voit l'avenir avec optimisme : dans un débat passionné et en partie irrationnel, ses travaux peuvent servir de références.
Bernard Blandre
Cet article est paru dans
Mouvements Religieux
, numéro 226-227, Février-Mars 1999.
http://www.multimania.com/aeimr/article/20ans.html
© AEIMR, 1999.