Colloque upxv - ong et reconciliation – actions de terrain – hap99 - http://membres.lycos.fr/afnulorraine
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Prévention des Conflits - vers une nouvelle diplomatie ( I ) PF 00/99 |
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ONG-réconciliation - Actions de terrain ( II ) PF 30/10/01 |
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EUROPE-réconciliation - Le rôle du politique (III) PF UPXV 150505 |
Paix quelle stratégie - UNA Presentation
quelques enseignements et réflexions sur leurs actions de terrain
Maxime islandaise « avec la loi, on construit un pays, sans la loi, on le détruit »
Aboutir à la réconciliation est impossible sans justice
car elle nécessite de dépasser la question de qui est responsable. Tout doit
être fait pour arriver à la vérité avant de penser au retour du bonheur (
vie de famille, échanges, société…)
Quels buts à la réconciliation ? Trouver un
chemin vers la Paix durable
Le problème n°1 est politique car le but premier serait de revenir à un gouvernement juste, à des structures politiques capables de garantir un pluralisme accompagné de droits pour tous.
Le but final serait un arrangement qui devrait être moral, qui devrait rechercher les bases du développement.
C’est à ces niveaux qu’il faudrait travailler ensemble pour arriver à une paix durable.
Pour résoudre ces problèmes, il devrait y avoir :
- une reconnaissance de toutes les parties, allant des leaders politiques reconnus à la société civile
- une volonté partagée de rechercher une solution
- une définition claire des limites, lutte contre la division ethnique, accord respectant toutes les parties
- tous doivent accepter de faire des concessions
Il faudrait également noter l’importance à ce stade de l’implication de l’ensemble de la société dans la recherche des solutions de paix.
La paix durable devrait être un processus partagé, car le passé a montré que des gens ordinaires peuvent ensemble arriver à des résultats extraordinaires, il ne faut pas rester à attendre les autres.
Le rôle des ONG :
1)
Travail de préparation :
il est utile de rencontrer les réfugiés du Pays concerné, parler avec eux
- pour apprendre ( leur culture, leur histoire),
- pour les sensibiliser et éventuellement former des formateurs qui aideront à développer une contribution locale le moment venu
2) travail de soutien
On devrait apporter un soutien, presque une protection, aussi longtemps que possible.
On devrait aider les gens à démarrer leurs activités, aider les volontaires, utiliser nos ressources pour aider l’activité locale :
- aide matérielle, logistique ( lieux sûrs pour les rencontres, communications)
- aide morale, encourager tout effort ( ils ont le pouvoir en eux de faire quelque chose)
- encourager la participation de tous ( un maximum de sensibilité hommes, femmes, personnes âgées, jeunes)
- aider les initiatives locales non violentes.
- aide en argent qui ne doit pas être oublié, car quelques fonds sont nécessaires pour garder l’enthousiasme dans la réalisation de leur projet
- soutien pour créer, renforcer des groupes locaux
- s’appuyer sur la bonne volonté et donner le temps nécessaire
- souligner l’importance de la participation individuelle qui cherche à faire bouger les choses
- les problèmes sont individuels, cependant appartenir à un groupe permet de progresser ensemble, à déjà se respecter entre participants
- puis coordonner les efforts par la tenue de réunions régionales pour échanger les solutions trouvées
- Donner aux gens la possibilité de travailler ensemble aide à créer les bases d’une culture démocratique
Il faut montrer à quel point l’engagement de toute la population est nécessaire, car la vie, la liberté, la justice, la diversité sont fragiles. Elles nécessitent un soutien de tous, la vigilance de tous face aux simplificateurs.
3) rôle de médiateur, faciliter la reprise du
dialogue
Pour cela, mener son action à différents niveaux en essayant de respecter la diversité du Pays
- en se rendant dans les régions marginalisées
- en cherchant à toucher les hommes reconnus pour leur savoir, les enseignants, les jeunes, les politiciens, policiers…afin de créer des ressources propres au Pays
- envisager selon le contexte un entraînement ( sur place ou chez le formateur) des personnes les plus capables de relayer un message de dialogue
Cette démarche sera différente dans chaque partie du monde, il est alors nécessaire de
- connaître la société civile
- les relations sociales, les traditions
- la vie réelle
avant toute intervention dans le débat qui se limitera à l’idée première de les servir.
Que souhaitez-vous que je fasse ?
Il faudrait agir comme un catalyseur, disparaître de la scène, ne rien imposer pour éviter tout rejet de la part des populations car beaucoup de ce qui est arrivé est à prendre comme étant leur expérience.
Les ONG ont un rôle d’écoute, d’encouragement, elles devraient aussi chercher à apprendre.
Le défi à relever :
- respecter les anciennes idées
et trouver les nouveaux débats
- des débats porteurs de solutions qui autoriseraient l’établissement d’un équilibre durable.
Pour cela :
- au départ, beaucoup de patience, le processus doit se poursuivre dans le temps, il y a danger d’aller trop vite
- essayer de toucher les personnes reconnues pour leur savoir
- établir des contacts avec les personnalités (cependant le processus doit aller de la base vers le haut)
- aider les gens à retrouver leur rôle de citoyen qui implique le dialogue, la recherche de partenariats
- intérêt de montrer la vie dans une société en paix au plus grand nombre, s’appuyer sur le retour des réfugiés, initier des voyages
- traduire les documents que l’on a pour informer sur ce qui existe à l'extérieur
- aider à la traduction de documents pour informer sur ce qui a été signé et non encore appliqué
- aider à la création de centres de communication en vue de la réconciliation où les gens ont la possibilité de parler, de rechercher leurs problèmes dans une réflexion commune
- encourager la création de liens de solidarité entre les différents membres du groupe
- les mener à ré-apprendre leur culture, leur histoire, leur philosophie, à rechercher des points communs, dans une procédure d’apprentissage (procédure dont nous bénéficions indirectement pour améliorer notre compétence),
- les encourager à mener, à rechercher quelque chose de différent de la situation actuelle, une vision sous un angle différent de ce qu’ils vivent, une vision dans une perspective de long terme car ils disent souvent qu’il n’y a pas de futur possible
-
les amener à faire évoluer les croyances, les vérités sous jacentes
à leur vision conflictuelle des choses
- relier cette recherche aux maux dont souffre le pays
- parallèlement, travailler au niveau des médias, afin de promouvoir ces idées, ces solutions trouvées, tout en menant une éducation sur les questions de base.
- trouver des journalistes avec qui travailler, apporter les dernières informations disponibles ( traduction ) utiliser le site web
- médias: il est nécessaire de se déplacer, de procurer une aide matérielle, de disposer de représentants sur place qui aient accès à tous les médias si l'on veut assurer une bonne transmission des informations, si l'on veut faire s’exprimer sur ces sujets
- privilégier les médias les plus ouverts au dialogue
- rechercher le média le plus pertinent dans le contexte local, pour le sujet traité
- encourager les ONG à se concerter, à se coaliser pour celles ayant le même objectif
- Rôle important également au niveau de la structuration de l’activité, pour lutter contre le désœuvrement : sport, activité physique, artistique, intellectuelle, école
4) Qui génère les solutions aux problèmes ? Sur
quelle expérience trouver la solution aux problèmes posés par le conflit ?
Une seule clé
:
Ce Dialogue est possible
- par les échanges intellectuels
- par l’éclairage des pratiques passées ( mémoire, culture, identité, choix des symboles de l'histoire officielle)
- par l’exemple des conditions de vie apportée par une société en paix ( la liberté retrouvée et non les contraintes, le consensus et non le choix dicté )
- par des documents que l’on traduit et que l’on met à la portée du plus grand nombre afin que des normes reconnues au niveau international soient prises en compte dans la réflexion en cours
- en s'appuyant sur des enquêtes dont les résultats doivent être rendus public. Elles autorisent de tirer le passé au clair et peuvent présenter des solutions aux traumatismes passés, des propositions sur les équilibres à rechercher
- en s’appuyant sur l’expérience de la guerre, on cherche à comprendre le pourquoi de la guerre, l’approche culturelle du conflit
- en comparant avec une situation de paix pour rechercher une stratégie commune
- par le débat, affiner l'incompatibilité des convictions, montrer et affiner les points communs, éventuellement s'en servir pour créer une complicité
- s’appuyer sur les résultats des réunions passées pour arriver à créer une vision du futur, seule porteuse d’espoir
- avant d’atteindre progressivement le meilleur compromis qui rende possible la vie concrète
De cette manière,
on peut espérer ancrer le dialogue entre les deux parties.
Seul moyen de transformer la compréhension des évènements pour transformer la société.
Il faut donc lutter contre la simplification
Comme dans nos sociétés, le processus commence au niveau individuel (puis interpersonnel puis social ) une éducation dans ce champ est nécessaire, or cette écoute est insuffisante, rarement prise en compte ( 2% de l’aide va à la sensibilisation de l’un par rapport à l’autre)
- aider les hommes à exprimer leurs besoins est un bon moyen de réagir contre l’uniformisation de la pensée indiquée par d’autres
- contrer la difficulté d’expression est d’autant plus grande que le trouble provoqué est grand (chez les enfants les difficultés d’expression se règlent par la violence)
- en cas de difficulté, écrire un projet est un moyen d’expression de la personnalité propre, car même si le projet se révèle incorrect, petit à petit il mène à la création d’une réflexion propre
- pour les enfants, jouer à créer un personnage, imaginer ses aventures, de manière à essayer de créer l’émotion intellectuelle à opposer à la violence.
- Les enfants souffrent de l’absence d’école, de sécurité. Dans de nombreuses lettres, la paix pour eux, c’est de pouvoir grandir en vie avec leurs parents dans une société nouvelle et pacifiée.
5) Les écueils :
- au départ, vaincre le sentiment de risque à venir dialoguer
- au départ des réunions du groupe, vaincre l’émotion personnelle
- prendre garde à ne pas vouloir imposer nos vues au risque d’un rejet,
- prendre garde à ne pas créer une nouvelle situation de division, de violence par notre présence, faire attention à nos actes
- prendre garde à la compétition entre les différents acteurs ONG cherchant à aider
- ou inversement prendre garde à ne pas vivre en circuit fermé (entre ongs)
6) Les dangers :
- risque de partition si la fracture a été trop loin a duré trop longtemps
- risque de tomber dans l’oubli, car relancer la machine économique nécessite des capitaux importants, reconstruction, infrastructures d’accueil de transport…
- risque de rester dans une économie de guerre, où seuls ceux s’appuyant sur la force vivent du trafic d’influence, des armes, des besoins élémentaires etc..
- risque d’une reconversion de ces acteurs vers d’autres secteurs ( mafias, réseaux, banditisme )
Conclusion
Pour les ONG, le but serait de contrer l’adversité, désavouer la violence en place en aidant les gens à comprendre, à se rencontrer, à développer leur capacité d’analyse, de réflexion, à prendre conscience qu’ils ont un rôle à jouer.
L'être humain
est une personne avant toute chose.
Je ne peux me reconnaître comme une personne sans reconnaître l'autre comme tel (universalité)
Puis, l’écoute, le dialogue, la tolérance, la patience, le retour de la justice, l’égalité dans les droits de l’homme sont les bases de toute négociation qui devrait conduire à un arrangement qui doit être pacifique.
Il faut nier que la guerre est un moyen de trouver la paix, la guerre élargit, renforce les différences, crée de nouvelles sources de tension, de domination au détriment des peuples.
On devrait aller vers un arrangement qui doit être moral et la société civile doit prendre part à la réflexion.
Plus qu’à défendre le présent, c’est à construire l’avenir qu’il faudrait s’atteler en réaffirmant les fondements du pacte social ( constitution), en organisant la paix sociale en favorisant le développement, la solidarité, la sécurité des personnes.
Parallèlement, les ONG ont un rôle important de sensibilisation des citoyens occidentaux afin de réfléchir aux résultats des politiques de développement sans réelle capacité, des politiques de puissance, de chacun pour soi, qui aboutissent à la création dans nombre de régions d’économies déstabilisées, avantage de court terme au résultat dérisoire car il tend à discréditer les discours prônant la liberté dans nombre de pays relevant d’une autre culture; attention au danger de non prise en compte de ces principes universels par un refus de l’occident.
Il faudrait arriver à faire reconnaître que les gouvernements doivent mener une action à tous les niveaux pour créer les conditions d’une paix internationale.
Patrick Ferry 30/10/01
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http://www.dfait.gc.ca/peacebuilding/events_third_papers-f.asp Canada
et la consolidation de la Paix http://www.linkingsolidarity.org/ls_frans/manfra71.htm Vérité et réconciliation
- La
réconciliation en situation de mutation http://ns.c3.hu/~bocs/chp/chpp-fr4.htm Chercher la vérité : un chemin vers la réconciliation ? Travail de la “Commission sud-africaine pour la Vérité et la Réconciliation”, une contribution à la Décennie “Vaincre la Violence”
(2001-2010)
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