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Centre Mondial de la Paix – Association française pour les Nations unies section Lorraine

 

Jeudi 17 Novembre à 18H30 au Centre Mondial de la paix Conférence de Mr Hassen Fodha* à l'occasion du 60me anniversaire de l'ONU

* ancien directeur du Centre régional d'information des Nations Unies

   

Il y a 58  « Villes messagère de Paix » et Verdun a été la première déclarée par les Nations Unies… Hier, à l’UNESCO, à l’occasion de son soixantième anniversaire, le mot paix revenait à toutes les phrases, son conseil exécutif considère même que si une religion était à embrasser par tous les peuples du monde, ce serait la paix

 


Quelques enseignements et réflexions suite à la conférence de Monsieur Hassen Fodha - 

La réforme de l’ONU, entre mythe et réalité

L’Onu n’a pas de droit de vote, elle ne peut que montrer une voie, et pour suivre cette voie, l’opinion publique est son meilleur allié.


ATTENTION – ce texte est réalisé d’après des notes prises et se veut donc informel - PF - 20/11/05  


 

 

L’ONU a été crée pour un avenir meilleur préservé des fléaux de la guerre, depuis 60 ans, nous avons évité une nouvelle guerre mondiale mais nous avons eu notre lot de conflits et de violations des droits de l’homme (DDH).

 

 

Dans ce cadre, la réforme de l’ONU se veut comme un processus qui a commencé dès leur création.

 

La Charte a été modifiée trois fois depuis 1945

 

1963 élargissement du conseil de sécurité (CS) de 12 à 15 membres

 

1965 modification des conditions de révision de la charte

 

1971 élargissement de l’ECOSOC de 18 à 27 membres

 

Cette adaptation aux circonstance se retrouve également au niveau des département les plus actifs, les plus visibles. Le département des Affaires politiques, le département des opérations de paix, celui de la gestion administrative, le département des affaires humanitaires ont occupé tour à tour le devant de la scène reflétant les préoccupations du moment.

 

 

1988 a été un année charnière car pour les 40 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) la Nations Unies ont tout fait pour que cette célébration soit un événement exceptionnel dans tous les Pays, y compris l’ancien bloc soviétique. Cette année a mis en valeur son rôle central dans la promotion de ces valeurs universelles

 

 

La chute du mur de Berlin a augmenté les espoirs pour une coopération multilatérale idéale, sans contrainte.

 

Mais dans la réalité, cette époque était aussi celle d’une très forte pression sur le Secrétaire Général (SG) de la part des Pays industriels  pour réaliser des économies budgétaires, la décision de l’AGNU 43 2 86 du 8/4/88 obligeait le secrétaire général à effectuer une compression drastique du budget du personnel ( - 20% ) avec des effectifs réduits de 10000 à 8000 en six mois avec toutes les conséquences sur les programmes, sur l’activité.

Cependant, la réduction des effectifs ayant été équitablement répartie entre tous les États membres, nombreux furent ceux qui regrettèrent cette action.

 

L’arrivée de Boutros Boutros Ghali correspond à une période où l’on s’aperçoit que la réforme de l’ONU n’est pas à rechercher au niveau de son budget mais dans la substance de son action.

 

Vont être rédigés trois agendas  PAIX, DÉVELOPPEMENT, DÉMOCRATISATION

 

La Paix n’est plus une notion abstraite ( théorique) mais se trouve replacée dans la pratique avec des ramifications au niveau du développement, du respect des droits de l’homme et d’une bonne gouvernance démocratique

 

Et

 

Cette démocratisation devait commencer par les Nations Unies elles-mêmes, où il fallait essayer de mettre fin à la neutralité héritée de la guerre froide qui convenait à beaucoup mais ternissait son image, où la légitimité des décisions serait garantie par une représentativité conforme à la situation actuelle.

 

Ces agendas n’auront pas eu le temps d’être mis en œuvre à l’arrivée de Kofi Annan, qui ayant fait sa carrière à l’ONU a conscience de la gravité de la situation en terme de réforme à mener mais aussi de la nécessité d’apporter aux États membres des réponses qui les satisfassent, mais satisfaire 191 États membres est une mission presque impossible ( il y a 191 stratégies , 191 intérêts ).

 

Le secrétaire général va tenter de relever ce défi.

 

Un travail énorme va être réalisé pour préparer le 60me anniversaire, un rapport sur la paix et la sécurité ( un monde plus sûr ) , un rapport sur le développement ( investir dans le développement )

 

Son rapport, ( dans une liberté plus grande ) fait une synthèse des deux rapports selon trois axes

 

 

1er piste,  Revisiter la notion de sécurité collective

 

Durant l’antagonisme Est Ouest, les grandes puissances s’accommodaient d’une sécurité collective à géométrie variable

 

Aujourd’hui, face au terrorisme et aux nouvelles  menaces que sont la pauvreté l’environnement …, une nouvelle notion de sécurité collective devrait voir le jour

 

où la sécurité la liberté le développement sont liés et interdépendants, il faudrait traiter toutes ces menaces

 

il serait utile

 

De mettre en œuvre le développement de tous le États, ce qui passe par le financement et la réalisation des objectifs du millénaire (ODM).

 

D’adopter une convention internationale contre le terrorisme, et une définition consensuelle de celui-ci.

 

De définir un cadre légal des actions coercitives, la lutte contre le terrorisme aurait tout à gagner d’une coopération policière et judiciaire,

 

De confirmer une norme récente, la responsabilité de protéger les populations civiles (minoritaires ou pas) de toute violation à grande échelle des DDH.

 

Responsabilité d’abord confiée aux États, et en leur absence, il revient à la communauté internationale de protéger ces populations ( opérations humanitaires, missions de surveillance, missions diplomatiques, usage de la force en dernier recours) et là c’est l’ONU et le Conseil de sécurité qui incarne la communauté internationale

 

 

2me piste, Revitaliser les Nations Unies ( AG, CS, ECOSOC )

 

 

l’AG, selon la Charte, sert surtout aux Pays de lieu de dialogue afin poser les jalons, les principes de la coopération internationale sans s’obliger. Aussi, est-elle qualifiée de caisse de résonance, car Organe de délibération,  elle vote des recommandations non contraignantes, sans grande conséquence sur les relations internationales.

 

Aujourd’hui, les décisions de paix et de sécurité font l’objet de décisions contraignantes alors que celles en rapport au social, à l’environnement, aux DDH, aux luttes contre les maladies rendent compte à l’AG et toute décision sur ces sujets ne l’est pas

 

Il faudrait rééquilibrer les domaines de pouvoirs, soit l’AG ou l’ECOSOC disposent des mêmes pouvoirs dans ces domaines,  soit le CS s’occupe de ces questions afin que des résolutions sur ces sujets puissent être contraignantes.

 

Se pose alors le problème de la représentativité du CS ( en 1945  le CS compte 12 membres sur 51 États, aujourd’hui 15 membres pour 191 États ) tout le monde est d’accord mais le débat est toujours en cours …

 

Il faudrait aussi limiter les points à l’ordre du jour car les sujets s’accumulent, on arrive à près de 300 points à débattre à l’ordre du jour alors que seule une centaine peut être l’objet d’un débat durant la cession

 

Il faudrait également une meilleure coopération entre les organes de l’ONU notamment CS/AG/ECOSOC.

 

 

3me piste  Les DDH avec un Conseil des droits de l’homme

Afin de remplacer la Commission des DDH qui fait l’objet de beaucoup de critiques car elle comprend des délégués d’Etats ne respectant pas les DDH.

 

Mais filtrer l’entrée butte sur l’égalité des États membres et la volonté de disposer d’une organisation universelle et il paraît difficile de ne pas laisser le choix de son représentant à l’État sur un sujet aussi politique.

 

 

Le Sommet UN60

 

Sur la mise en œuvre des propositions concrètes proposées par le SG, le document de 35 pages de l’UN60D issue du sommet des Chefs d’États n’a pas tranché et se limite à des déclarations d’intention. 

 

Ce résultat est à mettre en relation avec la démarche onusienne qui veut que les Chefs d’États entérinent les décisions de leurs conseillers, de leurs experts.

 

Cependant les pistes sont tracées, le débat est lancé et c’est maintenant aux Organes compétents d’adopter des décisions … Se trouve alors matière à agir au sein des ONG, de la Société civile, qui doivent s’inviter au tête à tête ONU / États … en s’appuyant sur l’opinion publique mondiale.

 

Car dans la situation actuelle, il faudrait que les États donnent un certain pouvoir à l’ONU sur des sujets comme le social, l’environnement, les DDH, la luttes contre les maladies… Il faudrait également que les États respectent leurs engagements …

 


Questions

Responsabilité de protéger et risque d’abus du recours à la force – où en est la politique de désarmement mondial – exclusion d’un État – les femmes à l’ONU – une armée onusienne permanente – que fait l’ONU dans le social l’environnement

 

Réponses

Responsabilité de protéger

Une bonne codification de la mise en œuvre devrait éviter des dérives de part et d’autre

 

-         d’abord un constat que des populations subissent une violation massive ( par le SG suite à des rapports d’experts

-         puis le CS juge du contenu et décide si il y a violation ou pas. En fonction de ce constat il décide du déclenchement ou non de la mise en œuvre de cette responsabilité et c’est au CS de dire comment intervenir ( casques bleus, corridor humanitaire, équipes d’observateurs ... )

 

Mais tout se tient, il est nécessaire de démocratiser le CS et réviser l’utilisation du droit de veto, un permanent ne devrait plus pouvoir bloquer tous les autres dans ces conditions, on devrait se diriger vers une majorité de blocage au sein des permanents

 

désarmement

Depuis 2001, la vision militaire des choses est sur le devant de la scène et cela n’arrange pas l’ONU car que préconise la  Charte, une politique de désarmement mondiale

 

Jusqu’en 2000 ont eu lieu des travaux importants, une recherche une réflexion sur le désarmement, (non prolifération, interdiction des armes chimiques, biologiques, contrôle des armes classiques, création d’un registre ONU sur les ventes, les achats d’armes )

 

Malheureusement, depuis quelques années il n’y a plus la même vigueur, la même intensité, on fléchit un peu, est-ce un effet du terrorisme, un effet de la globalisation, ou bien l’économie se met-elle à gouverner même le secteur des armes ? …

 

Exclusion d’un État

Il existe une procédure d’admission claire, formuler la demande tout en reconnaissant respecter les principes de la charte et les observer, puis une décision du CS qui adresse une recommandation à l’AG, l’adhésion est acquise après un vote de l’AG à la majorité des 2/3.

 

C’est la même procédure pour l’exclusion ( pour génocide, violation grave de la charte …) recommandation du CS, vote de l’AG. ( Il est également possible d’exclure après plus de 2 ans de non paiement mais cela n’a jamais été appliqué )

 

Il n’y a jamais eu d’expulsion, un État s’est retiré ( L’Indonésie) puis est revenu, un Pays a été suspendu ( Afrique du Sud ) car l’intérêt de l’Organisation est de rester universelle, de contenir un maximum d’États membres

 

La question est - exclure ou continuer de faire participer car

Le SG peut attirer l’attention afin que le Pays rectifie les choses de lui même

Le CS peut adresser des avertissements ( ce sont des signaux d’alerte )

 

Femmes

L’ONU est une Organisation où 55% des effectifs sont des femmes

Le Numéro deux est une femme et parmi les secrétaires généraux adjoints approximativement 5 ou 6 sur une douzaine sont des femmes et la volonté existe pour arriver à la parité

 

Interventions

Le secrétaire général est obligé de quémander  ( argent, personnel, équipement) à chaque nouvelle mission.

 

BBG qui avait proposé une force internationale permanente à disposition pour les besoins d’urgence en attendant une décision du CS s’est vu confirmer son rôle de  secrétaire mais pas de général 

 

car les États veulent  garder la main sur les décisions,  aussi le comité d’État major prévu par la Charte ne fonctionne jamais

 

Environnement ...

Rio et l’agenda 21 datent de 1992, le protocole de Kyoto, et de nombreux autres instruments existent mais doivent être appliqués au moins par ceux qui les ont signés … car le droit international n’est pas toujours appliqué et les Nations Unies n’ont pas de pouvoir intrinsèque …

 

Cependant, la pression populaire, l’opinion publique mondiale peut faire pression pour faire appliquer  ces décisions

 

L’Onu n’a pas de droit de vote, elle ne peut que montrer une voie, et pour suivre cette voie, l’opinion publique est son meilleur allié.

 


 

 

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