Union Européenne – Traité Constitutionnel - Quelle Europe voulons nous - Bases structurant la construction européenne - http://membres.lycos.fr/afnulorraine
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Quelques éléments de
réflexion sur les bases structurant la construction européenne |
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"Quelle europe voulons nous" |
Quelques éléments de
réflexion sur les bases structurant la construction européenne
1°) Quatre étages à
cette construction européenne
- Premier étage – la
vision historique
L’Europe s’est
construite sur une vision reposant sur une double légitimité
- D’abord la Paix (qui
privilégie le modèle confédéral de coordination entre Etats)
- Puis la volonté de
parvenir à une intégration politique (qui privilégie le modèle fédéral de
gestion commune)
Cette intégration politique
a été constamment relancée et défendue par le couple franco allemand dont
les compromis permettent très souvent à la véritable négociation européenne
de commencer
Or, l’évolution
historique crée des raccourcis parfois inattendus, un tel événement s’est
produit à l’occasion de la chute du rideau de fer
La volonté de préserver la
paix a prévalu au moment de la décision de lancer les négociations devant
aboutir à l’élargissement, les principes retenus étant l’inclusion afin
de donner un but aux gouvernements et un espoir aux peuples. Le gain pour l’Union
européenne étant d’agrandir sa zone de stabilité et d’influence.
- Deuxième étage – la
vision atlantiste
Aux gré des élargissements
successifs, la vision historique des Etats fondateurs s’est vue confrontée à
une nouvelle vision qui privilégie une grille de lecture plus large
correspondant grosso modo à la zone atlantique (vision défendue entre autres
par la Grande Bretagne)
- Troisième étage –
les chocs extérieurs ou les limites des visions
Les chocs extérieurs
ou comment les deux visions (historique atlantiste) ont trouvé leurs
limites – chute du mur – mondialisation – terrorisme –
Quelles seraient ces limites
La vision historique butte
-
sur le questionnement des petits Pays (ne vont-ils pas perdre de leur
liberté face aux grands si l’intégration se poursuit)
-
problème exacerbé par les nouveaux entrants qui viennent juste de
retrouver leur liberté
-
problème exacerbé par l’irruption du domaine de la défense toujours
fortement présent dans les Pays de l’est après le gel de la guerre froide
(n’oublions pas que la Pologne a perdu près du quart de sa population durant
le deuxième conflit mondial)
La vision atlantiste butte
-
sur le nationalisme américain qui s’est trouvé exacerbé par les
attentats de 2001
-
et par l’ivresse de rester seule puissance mondiale
-
qui s’est traduit par l’affirmation d’une volonté de toujours
rester les premiers
-
qui s’est traduit par le choix des coalitions à la carte en fonction
des circonstances au détriment des alliances traditionnelles
- Quatrième étage –
la Convention européenne
Face au risque de
blocage issu de ces deux visions alors que la pression de ces évènements extérieurs
poussent à plus d’intégration, la convention européenne,
initiative inspirée par le couple franco allemand ( Fischer,
Chirac)
Cette initiative s’appuie
sur une des deux caractéristiques de la pensée franco allemande, avancer tout
en autorisant les autres partenaires à se joindre à la démarche (l’autre
caractéristique, accepter de prendre sur soi lorsque le compromis réalisé est
favorable à la démarche commune)
La convention européenne se
voudrait donc (analyse personnelle) comme une tentative de rendre possible une
évolution du système européen plutôt que d’entreprendre une démarche hors
de l’Union (en utilisant le principe des coopérations renforcées, c'est-à-dire
ne pas attendre les Pays qui ne seraient pas prêts ou qui souhaitent voir avant
de s’engager, mais coopérations dont la gestion reste dans le cadre
institutionnel de l’Union)
- Comment faire la synthèse
ou l’accélérateur de la convention européenne
Il n’existait pas de précédent
et les 4 facteurs (les deux visions, les deux modèles) devaient être pris en
compte
L’équilibre de la
convention passe déjà par l’association des deux modèles fédéral et confédéral
pour arriver à un modèle mixte
- La compétence partagé
sous contrôle de la subsidiarité (
parlement européen, parlements nationaux, cour de justice, citoyens vérifient,
ce contrôle est possible car on sait maintenant ce qu’il est possible de
faire ensemble)
Par la prise en comte des
deux visions pour
- La définition des compétences
de chacun
Rome a crée un espace
commercial, Maastrich un espace monétaire,
La convention innove
aussi dans trois domaines, elle
- crée un espace de
personnes
-
en définissant des droits fondamentaux, des valeurs universelles, des objectifs
partagés, de plus il y a
-
création d’une véritable communauté de personnes (droit de pétition,
saisie de la cour de justice plus facile)
- crée un retour d’une
capacité de décision politique
(face aux administrations,
aux banquiers centraux et aux juges déjà organisés, il faut regagner un
espace politique car chaque institution se voudrait au centre du système)
-
le conseil des ministres (affaires générales) coordonne les conseils spécialisés
et est seule instance législative
-
les grandes impulsions restent possibles malgré un conseil européen à
25 par la création d’un président du conseil
-
une action diplomatique retrouve sa cohérence par la fusion des postes (
commissaire et haut représentant)
- crée enfin la
possibilité de sortie négociée de l’Union
Naturellement, cette synthèse
retrouvera les limites des visions et des modèles au moment de la conférence
intergouvernementale
-
un peu plus de décision à l’unanimité contre
-
la réaffirmation des principes sociaux dans la troisième partie du
traité constitutionnel
-
mais, dans l’ensemble, les coopérations structurées sont validées
Ce sont là de grandes évolutions
dans le sens d’une Europe plus politique,
d’ailleurs, la Grande
Bretagne n’est pas dupe, le discours a changé, un « simple traité »
est devenu si important que sa ratification nécessitera un référendum qui
traduira dans les faits si oui ou non la Grande Bretagne veut une place entière
au sein de l’Europe. Question si redoutée que la consultation se fera à
l’extrême limite du temps imparti et en dernier laissant aux autres pays le
risque du premier non …
D’où le paradoxe du
débat actuel en France
-
pour les partis traditionnellement opposés à la construction européenne,
pourquoi refuser un traité autorisant une sortie négociée de l’Union
-
pour les partisans du non pour insuffisance d’avancée sociale,
pourquoi refuser maintenant de nouvelles avancées sociales certaines et la
possibilité offerte d’aller de l’avant ( coopérations renforcées,
droit de pétition, jurisprudence à venir qui devra s’appuyer sur le texte du
traité faisant référence à des droits) ?
-
il faut enfin garder à l’esprit qu’il s’agit d’un traité
constitutionnel où la troisième partie qui récapitule les traités existants
garde tout son sens
2°) Le déblocage ou
les perspectives qui marchent
Défense
- Evolution de l’OTAN ,
apparition d’une branche européenne pouvant mener des opérations par elle même
et compatibilité renforcée des forces,
- future agence de
l’armement européenne, création à l’horizon 2007 de forces
d’intervention rapide à disposition du conseil de sécurité
Monnaie
Traduction immédiate et
sans vagues des travaux de la convention par la nomination d’un monsieur euro
politique en la personne du premier ministre Luxembourgeois. Car dans ce domaine
il y a matière à réflexion, où se situe le risque inflationniste avec
l’irruption de la mondialisation et de pays offrant des salaires près de dix
fois moindre ?
ONU
Ces deux dernières années
ont été l’occasion avec le soutien de l’UE d’une intense recherche où
la pensée a revisité des notions telles que le développement durable,
l’intervention post conflit, la prévention des conflits, et la lutte contre
le terrorisme, parmi les aboutissements :
- ONU et UE resserrent leurs
liens par une coopération structurée dans le cadre d’un mécanisme
consultatif mixte,
- pour le Parlement européen,
la Commission, le Haut Représentant, les relations Union Européenne Nation
Unies sont au cœur de la politique extérieure de l’Union
- Kofi Annan « Vous
avez choisi la paix par l’intermédiaire du multilatéralisme. Et
aujourd’hui, l’Union européenne est un phare, un modèle de tolérance, de
respect des droits de l’homme et de coopération internationale… »
3°) Où continuer le
travail
Mondialisation -
Europe sociale
Pour l’OIT, dans un récent
rapport, une mondialisation juste passe par l’acceptation de normes sociales,
De plus les débats sur le
relèvement des sociétés en crise insistent sur la nécessité d’offrir des
perspectives, échange armes contre perspectives sociales
L’objectif serait de
renforcer ce côté du message européen
- En défendant ce message
au niveau des organisations techniques internationales qui ont un rôle normatif
- En renforçant les
conditions de droits de l’homme déjà existantes par des considérations
sociales dans son aide extérieure
Car l’influence de l’Union
européenne est certaine, du terme soft power il faut retenir le second, même
si ses limites sont celles de la bonne volonté des Etats, car convaincre et
s’engager sur la voie d’un partenariat est une politique acceptée par
l’immense majorité des Etats, échange donnant donnant.
C’est sans doute à ce
niveau social que le message devra s’efforcer de convaincre la société française
où certains sont encore trop attachés au modèle de la confrontation au risque
de paraître jusqu’au boutiste car au niveau européen, il y a prédominance
des accords sur les textes et l’intervention étatique.
Europe économique
Il faudrait chercher à déplacer
le soutien économique actuel des Etats par un soutien exercé au niveau de l’Union
européenne, d’où la nécessité de faire émerger quelques champions européens
incontestés qui entraîneraient vers cette voie
Cette action passe aussi par
la promotion de normes européennes, la défense de la propriété
intellectuelle et industrielle
Et de la diversité
culturelle car c’est malheureusement beaucoup trop dans les Organisations qui
traitent de l’économique que son avenir risque d’être décidé.
Conclusion
Face aux chocs, l’Union
Européenne a montré ses capacités de réponses afin de conserver une certaine
stabilité en son sein, et à travers son action extérieure au sein de sa zone
d’influence.
Cependant aujourd’hui, les
défis à relever sont tels qu’il devient nécessaire de promouvoir une réponse
globale afin de compter dans le débat mondial, action concertée nécessaire si
nous voulons défendre nos valeurs et notre modèle social.
PF 04/11/04
Réponses anticipées
en vue du débat
(qui s’est beaucoup porté
sur les problèmes de délocalisation et donc de réponse politique à y donner,
politique industrielle, gestion de la monnaie,
avec cependant le sentiment
éprouvé d’une unanimité pour plus d’Europe et pour un vote affirmatif au
référendum à venir …)
« Ni les assassinats,
ni le terrorisme, ni la compétition économique ne constituent une guerre au
sens que je donne au concept » Raymond Aron – les dernières années du
siècle
L’Union européenne a
d’ores et déjà monté aux autres pays qu’il est possible de répondre à
ce défi en adoptant une réponse qui reste dans le respect de leurs valeurs.
Dès lors il faut continuer
le combat, la voie est tracée, cependant seule une aide à la hauteur des
enjeux pourra aider les pays encore en transition et ainsi conforter le désaveu
universel.
(Importance dans ce combat
de parvenir à réaliser les objectifs du millénaire)
Nous sommes arrivés au
stade de l’interprétation des textes, stade qui découle de l’influence de
la science et des lumières pour lesquels nous sommes dans un processus de
recherche pour lequel toute notion de vérité absolue sur des questions
touchant à la recherche scientifique est un contre sens.
Face à la vérité absolue,
le monde moderne oppose la notion de processus
le but
étant d’autoriser par la négociation l’instauration d’une déclinaison
française de l’interprétation tout comme il nous faudrait encourager sur un
plan extérieur celles en cours au Maroc, en Algérie, en Egypte et en Turquie.
Idem au niveau politique,
toute doctrine politique
devrait montrer que l’action politique peut être réalisée par une
utilisation différente des leviers accessibles à l’action politique que sont
entre autres l’éducation, le pouvoir d’achat, les investissements…)
« Je pense, en effet, que la discrimination en faveur des groupes qui souffrirent dans le passé est possible ...
mais ces sortes de "discrimination de sens contraire" ne sont pas objet de législation et ne peuvent pas l'être »
Raymond Aron - essai sur les libertés - annexe IX 1977
Face à un principe qui se
doit être constamment réaffirmé, il nous faudrait peut être regarder vers
l’exemple de l’adhésion européenne, des négociations certes mais aussi
une phase transitoire d’adaptation.
Face aux nouveaux arrivants, une telle démarche pourrait être envisagée, le respect des principes étant clairement fixé et une date limite donnée à la phase d’adaptation
Chine,
certains principes
rappellent étrangement notre propre conception :
Vouloir établir les autres
autant que l’on veut s’établir soi même
Commettre une faute et ne
pas s’en corriger, c’est là la vraie faute
Il est nécessaire
d’apprendre à se gouverner soi même pour éviter le chaos
Ce n’est certainement pas
ces dernières dizaines d’années qui pourront changer cette base
philosophique et la tendance au commerce qui en découle.
Certes, les principes
contrairement aux droits nécessitent la mise en place d’actes normatifs qui
seuls pourront être soumis à décision des tribunaux, mais le jugement porté
se fera en référence à ces principes désormais inscrits dans le traité
constitutionnel
Aussi, face à une troisième
partie tant décriée voyons ce que dit le texte, après deux articles généraux
est posé dès le début de la troisième partie :
ARTICLE III-117 Dans la définition et la mise en oeuvre des
politiques et actions visées à la présente partie, l'Union prend en compte
les exigences liées à la promotion d'un niveau d'emploi élevé, à la
garantie d'une protection sociale adéquate, à la lutte contre l'exclusion
sociale ainsi qu'à un niveau élevé d'éducation, de formation et de
protection de la santé humaine.
ARTICLE III-119 Les exigences de la protection de
l'environnement doivent être intégrées dans la définition et la mise en
oeuvre des politiques et actions visées à la présente partie afin, en
particulier, de promouvoir le développement durable.
Elle fait déjà partie de
l’espace européen économique
Dans un Moyen Orient et un
Caucase poudrière, une autre condition essentielle si l’on veut privilégier
la stabilité nécessaire à notre sécurité c’est de continuer le dialogue
Ces considérations sortent
renforcées par une vue géopolitique,
Tant l’ex URSS, la Russie
et les USA font/ ont fait un effort durable et convergeant vers cette zone
(guerres d’Afghanistan, d’Irak, présence en Arabie saoudite, soutien à
Israël), assurément à cause du pétrole mais aussi parce que cette région
est la charnière entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie.
Si l’Union Européenne
veut jouer un rôle c’est en conservant à ce niveau un noyau de stabilité et
c’est par ce biais qu’elle influencera le plus une sortie par le haut
04/11/04
PF
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