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EUROPE-réconciliation - Le rôle du politique (III)  PF UPXV 15/05/05


  

Quelques enseignements et quelques réflexions pour enrichir le débat suite au colloque UPXV « France et Allemagne de la guerre au Partenariat européen »

 ou

Du partenariat européen au possible modèle franco-allemand de réconciliation

 

Programme du colloque UPXV

 

 

EUROPE reconciliation - Le rôle du politique (III)

Plan 15/05/05

 

La DATE du 8 MAI 1945
I°) LE CONTEXTE HISTORIQUE

I A°) La politique allemande depuis 45

I B°) La politique française depuis 45

I C°) Le rôle de l’économie

II°) LA RECONCILIATION FRANCO ALLEMANDE

LA METHODE MONNET

II A°) Le couple franco-allemand
II B°) Les points forts, les limites
II C°) Le cas particulier de la coopération économique
II D°) Le rôle du politique

II D°) La langue mérite un débat

 

III°) VERS UNE PRESENCE SUR LES THEATRES EXTERIEURS

III A°) Dans quel dessein ?

III B°) UN POSSIBLE MODELE DE RECONCILIATION

III C°) Quelles fondations à ce modèle

 

IV°) L’ALLEMAGNE, LA FRANCE QUELLE VISION  EUROPEENNE
IV A°) L’architecture institutionnelle de l’Union Européenne
IV B°) Le contenu à donner  
           ajouts du 31/05/05 - 22/06/05
IV C°) Quelle politique mener à l’Est
IV D°) La nécessite d’un réel travail de communication
CONCLUSION

  EUROPE réconciliation - Le rôle du politique (III)


La DATE du 8 MAI 1945

 

Question complexe et difficile qui passe par la victoire, la défaite, une libération, un nouveau départ…

 

En Allemagne, le sens a évolué avec le temps pour arriver à celui de la libération du national socialisme et du retour de la démocratie, de la liberté

 

Parmi les différentes étapes, les accords de Potzdam ouvrent la perspective de retrouver le moment venu une place parmi les peuples libres du monde

Au 10e anniversaire les objectifs politiques de liberté et de parité sont atteints

Au 30e anniversaire, le président allemand cite le 8 Mai comme un jour de libération

 

en France le 8 Mai a aujourd’hui la double signification de libération européenne du nazisme et de retour de la démocratie, de la liberté

 

°°°°°°°°°

Comment faire progresser le bilatéral,

Comment rapprocher nos deux sociétés

Comment mieux travailler ensemble dans le cadre européen et mondial

 

I°) LE CONTEXTE HISTORIQUE

 

I A°) La politique allemande depuis 45

 

en RFA

Du fait de la guerre froide, la France n’est plus l’ennemi, ce qui rend impossible la politique traditionnelle d’équilibre est/ouest

Le Chancelier Adenauer fait le choix de l’intégration au camp occidental

le soutien de la Russie au siège permanent pour l’Allemagne est une reconnaissance de son rôle dans les relations internationales

 

en RDA

non reconnue par l’Ouest, son premier objectif serait de l’être

puis d’empêcher tout réarmement en Europe, et de freiner tout rapprochement européen. Cependant, elle profite indirectement de la CEE par les contacts existant avec la RFA

 

Le traité de l’Elysée surprend par sa clause d’irrévocabilité qui rend selon elle impossible toute réunification. Cependant un certain rapprochement de la France avec URSS met un terme aux critiques.

 

Aujourd’hui

attente d’une évolution de la Russie qui à ce jour conçoit encore difficilement que la RDA libérée du nazisme, s’est vue confrontée à une trop longue occupation étrangère. C’est une phase délicate où il faut faire attention aux risques de surenchère sur les conséquences de la guerre

 

Futur

il y aurait deux constantes à retenir de ce passé proche

-         faire de la relation au passé un élément fondamental de politique étrangère

-         continuer de réfléchir et d’occuper les hauts lieux du nazisme afin de faire partager l’horreur de ce phénomène

 

I B°) La politique française depuis 45

 

Après la guerre deux conceptions différentes des relations avec l’Allemagne

 

Un pôle de continuité reprenant la méthode Poincaré, c’est l’option qui sera choisie à la libération : rechercher à affaiblir l’Allemagne par tous les moyens ( militaire, politique, diplomatique alliances, économique et territorial)

 

Un pôle d’hommes et de femmes qui préconisent dès cette époque une nouvelle politique envers l’Allemagne afin de ne pas retomber dans les égoïsmes nationaux ( il faudrait tendre vers une Fédération des Etats européens ).

Ce mouvement se traduit au niveau de la société civile par des actions bénévoles qui commencent dès la sortie de la guerre.

 

1948

Changement de méthode, l’option d’affaiblir est reconnue comme erronée dans le cadre de la guerre froide et de la politique d’endiguement du bloc de l’Est menée par les USA ( notons l’influence exercée par le plan Marschall  et par la division de fait de l’Allemagne )

 

1954 l’intégration de l’Allemagne à l’Otan est le contrecoup de l’échec de la CED

 

I C°) Le rôle de l’économie

 

Depuis la seconde guerre mondiale, les échanges ont changé d’échelle

Dans le commerce d’un facteur 20 par rapport aux meilleures années

Dans la finance d’un facteur 100 pour la taille des plus grands projets

Cependant les zones d’investissement et les catégories de produits échangés se recoupent avec ce qui existait avant la guerre.

 

II°) LA RECONCILIATION FRANCO ALLEMANDE

 

LA METHODE MONNET

On ne cherche plus à affaiblir mais à intégrer à un niveau supérieur à finalité régionale où un contrôle partagé est possible

 

Le plan Schumann 9/5/50 est le point de départ de l’unification européenne

( mise en commun du charbon et de l’acier)

 

II A°) Le couple franco-allemand

 

Au niveau des opinions publiques, un revirement s’engage dès 1948 autorisant les gouvernements à s’appuyer sur ce soutien.

 

La vision stratégique du général de Gaule est partagée par le chancelier Konrad Adenauer, une entente franco-allemande sera à la base de l’édification européenne et son succès bénéfique à l’Europe, analyse aujourd’hui considérée comme allant de soi.

 

Le traité de l’Elysée est un aboutissement dont le contenu, en posant l’organisation et les principes de coopération des deux Etats autorise un nouveau départ.

 

-         Il y a promesse de consolidation des liens et la reconnaissance d’une solidarité entre l’Allemagne et la France

-         Des rencontres régulières y compris en politique étrangère afin de parvenir autant que possible à une position commune

-         On reconnaît que les relations de demain seront à l’image de ce que l’on fait aujourd’hui, et qu’il est nécessaire d’entretenir le mouvement.

 

Il y a une démarche volontaire de coopération par la base, une nouvelle conception des échanges qui passe par le dialogue entre deux cultures ( jeunes, administrations, collectivités locales, universités, collèges, syndicats, individus … se rencontrent )

 

Cette démarche passe également par les structures officielles s’appuyant sur un cadre organisationnel assurant la réciprocité et l’égalité tant au niveau des lieux rencontres que des organes de direction dans le respect de la pluralité des intervenants

 

Des financements sont prévus pour assurer une certaine continuité dans la durée

 

II B°) Les points forts, les limites

 

Une permanence de la relation qui a toujours surmonté les changements de majorité politique, ceux dus à la réunification, à la chute du rideau de fer

 

On assiste parallèlement à un début d’intégration par une volonté de travailler en tandem en Europe, Pologne, Pays méditerranéens, Russie, domaine politique donc mais qu’il faudrait élargir au culturel

 

Parmi les limites à la bonne volonté exprimée dans le traité, on peut citer :

 

-         un effet d’accoutumance 

 

on assiste à un retour du haut fonctionnaire ( les politiques sont moins présents), une recherche de résultat privilégiant le court terme et un danger de réduire les échanges aux seuls jeunes

 

-         de plus le bilatéral a des problèmes de fusion au sein des administrations

 

il n’existe pas de cellules de coopération européenne pour un plan, une stratégie européenne

les diplomaties n’avancent que peu, il y aurait même une certaine concurrence sur les théâtres extérieurs

même chose en Europe centrale, on parle depuis quinze ans d’un centre culturel franco-allemand à Varsovie…

 

-         Quand au domaine industriel, la coopération se limite à quelques uns des  secteurs où l’influence étatique est encore perceptible (défense, aéronautique)

-         Les syndicats n’ont toujours pas réussi à bien travailler ensemble

 

Cependant, les bases sont solides mais attention aux conséquences financières dues aux difficultés budgétaires, il est nécessaire de semer avant de récolter même si une évaluation des résultats est nécessaire.

 

II C°) Le cas particulier de la coopération économique

 

La volonté politique a souvent donné un cadre aux échanges et cette volonté se déplace vers des projets communs dans le cadre européen

 

Cependant dans la réalité, il reste de nombreuses questions non réglées

Insuffisance de la coopération industrielle, faiblesse des investissements réciproques, non harmonisation du dialogue social

 

Il faudrait repenser les coopérations économiques comme instrument de la volonté politique car dans les dossiers de coopération industrielle, les conséquences de la mondialisation ne sont pas encore suffisamment pris en compte dans UE

 
II D°) Le rôle du politique

 

Montrer le chemin, avoir un projet mobilisateur est essentiel à toute politique

 

Les difficultés de travailler de concert, la routine, les dérives propres aux administrations obligent les politiques à régulièrement se réengager.

 

Une solution possible, calquer la réussite du modèle Monnet et donc rechercher de nouvelles causes communes à promouvoir à un échelon supérieur

 

d’où la nécessité de relances politiques régulières comme celle du 40me anniversaire

 

doublé d’un réinvestissement symbolique des hauts lieux de mémoire afin de confirmer le changement de paradigme dans une volonté d’apaisement ( Reims, Bundestag, Verdun, Versailles, Caen …)

 

 

II D°) La langue mérite un débat

 

 On assiste à une diminution de l’enseignement de la langue du partenaire tant en Allemagne qu’en France.

 

L’expression des élites aurait un rôle à jouer. Comment motiver et orienter les choix quand nos représentants extérieurs privilégient une autre langue même dans les lieux où celles-ci sont reconnues comme langue de travail ?

 

Ce serait là un des défis à relever ensemble dans le futur afin d’éveiller la nécessaire prise de conscience du rôle culturel fondamental apporté par la diversité linguistique tant au sein de l’occident que du monde entier.

 

 

 

III°) VERS UNE PRESENCE SUR LES THEATRES EXTERIEURS

 

III A°) Dans quel dessein ?

 

Pour cela on devrait déjà définir les buts et les forces en présence dans ce processus

 

Les buts

S’ouvrir en dehors de l’UE dans une politique concertée devient de plus en plus nécessaire si l’on veut éviter la paralysie par une neutralisation des forces impliquées, ou l’inertie de la routine

 

Cette recherche d’ouverture dans une démarche commune devrait redonner du sens en se confrontant aux autres, le contraste ainsi crée remettant en lumière la profondeur de vue et le large spectre des causes communes à défendre et à promouvoir

 

D’où l’idée de prendre ce que l’on a fait ( intégration européenne, plus récemment la promotion de la paix et une certaine idée des relations internationales ) et de le transférer à d’autres relations dans une démarche commune

 

De plus, ce nouveau secteur de coopération serait une solution d’avenir pour re-dynamiser le couple franco allemand car

 

-         l’enthousiasme des jeunes se porte aujourd’hui au-delà de nos frontières respectives et y autorise un dépassement par le haut des intérêts purement nationaux ( on retrouve là un des principes à la base du concept )

 

-         des programmes communs existent déjà dans les Balkans et en Afrique, en Europe de l’Est également où ceux-ci sont ouverts à des partenariats avec d’autres pays européens

 

-         songer aux structures existantes pour les ouvrir à ces projets

 

Les forces

Le bilatéral est nécessaire mais pas en vase clos

 

Toute volonté européenne est la bienvenue, de plus, nombreux sont les Pays qui disposent de liens privilégiés avec des Pays en dehors de la zone européenne.

 

Le dessein

L’Europe a un rôle à jouer pour la Paix, le développement durable, les luttes contre les pandémies…

 

Cette action passe par une action conjointe à l’ONU, au Conseil de sécurité d’autant que la constitution ouvre la porte à des missions UE de désarmement.

 

Agir de même au sein des différentes Organisations Internationales comme le FMI, la Banque Mondial, l’OMC … où groupés les pays de l’UE peuvent peser et  entraîner la décision.

 

III B°) Un possible modèle de réconciliation

 

Le véritable défi serait donc de transférer cette expérience au delà des frontières de l’UE en utilisant cette relation de confiance dans les relations internationales

 

Une relation de confiance qui modifierait la perception historique associée à chacun des Pays pris isolément

Une relation de confiance rendant possible un rôle de médiateur dans la compréhension des évènements

 

Leur simple présence illustre au minimum la lutte que les négociateurs ont eux même à mener contre leurs antagonismes historiques

 

Ne pas négliger l’impact médiatique ainsi crée pour les leaders et qui favoriserait l’appropriation du modèle

 

Une nouvelle base de légitimité cette fois culturelle du couple franco-allemand serait ainsi reconnue, venant s’ajouter à celle déjà existante en économie, en politique et au sein de l’Union européenne

 

III C°) Quelles fondations à ce modèle

 

Tout d’abord une certaine interprétation de la mémoire, de la réconciliation

Cette interprétation sera mise en pratique sur le terrain par une large coopération au service d’un projet dépassant le cadre national

 

La mémoire
évolue en fonction de la perspective historique bien qu’elle se construise à partir de faits vérifiables

 

Car elle dépend de la perception donnée à ces faits au moment présent

Ces perspectives peuvent évoluer avec le temps, en particulier en fonction des projets d’avenir

 

Cette évolution nécessite un long cheminement dans un processus complexe où interférent des considérations intérieures au Pays, bilatérales, régionales et internationales

 

Dans tous les cas, le débat doit s’élargir au plus grand nombre car la société se révèle comme la seule apte à créer la lame de fond qui valide tout changement dans la lecture d’un tel événement

 

La réconciliation
est vue sous l’angle d’un acte politique amenant à prendre le risque de s’ouvrir à l’autre. On arrive à un résultat grâce à cette prise de risque.

C’est à ce niveau que se situerait le rôle du politique qui doit trouver où agir ( selon des choix devant répondre à un intérêt commun à moyen terme) pour redonner le goût à la coopération, au bon voisinage et surtout faire accepter cette prise de risque par les populations respectives ( d’où l’importance de l’arrêt de la violence comme impératif de court terme)

Une mise en pratique sur le terrain par la

Création d’un partenariat reposant sur des anciens belligérants

Une coopération bilatérale institutionnalisée tant politique, qu’économique et au sein de la société civile

Création d’un processus de négociation bilatéral se retrouvant intimement lié à un processus de construction régional

 

La méthode Monnet reste à la base du projet ouvrant une possibilité de transformation culturelle rendue possible par un processus  de modification de la pensée historique par le cadre d’actions bilatérales conçues au service d’un projet commun et d’une intégration régionale.

 

C’est ce dépassement des intérêts purement nationaux qui autorise des transformations au niveau de la société par des idées et la pratique des acteurs, y compris institutionnels qui doivent être les premiers à montrer l’exemple.

 

Ce cadre pourrait également être utile dans le cas de troubles internes aux Etats aujourd’hui de plus en plus fréquents.

 

IV°) L’ALLEMAGNE, LA FRANCE QUELLE VISION  EUROPEENNE

 

Après la Fédération européenne (Schumann), l’Europe des Nations (de Gaulle), la Fédération d’Etats Nations (Delors) … Une vision est nécessaire pour créer un élan

 

Or on assiste à une évolution paradoxale, une convergence sur la forme institutionnelle à donner mais associé à une faiblesse sur le contenu à donner alors qu’il existe une capacité réelle de peser ensemble sur la décision finale

 

IV A°) L’architecture institutionnelle de l’Union Européenne

 

La divergence sur l’architecture institutionnelle s’est estompée, il y a eu convergence sur le mode de fonctionnement

 

-         un pôle communautaire ( domaine législatif – codécision du Parlement européen)

-         un pôle de gouvernement partagé ( domaine exécutif où commission et l’intergouvernemental dominent )

-         les deux pôles sont coiffés par un rôle accru du conseil européen et des coopérations renforcées

 

Cette organisation politique inédite rend l’Europe politique plus puissante tout en réaffirmant le socle crée par les Etats nations (une création européenne)

qui ne peuvent disparaître.

 

Un choix assumé des deux côtés et qui correspond à un équilibre correspondant à la situation historique.

 

Cependant nous sommes face à un problème

 

La méthode peut être ressentie comme une tentative de directoire.

 

Aussi, une concertation est nécessaire surtout sur les sujets touchant aux domaines réservés.

 

Il faudrait donner une meilleure visibilité à nos propositions par un dialogue ouvert et des études prospectives préalables, les cas de décisions rapides rendues nécessaires par le évènements devant s’obliger au choix d’une solution qui promeut  l’Union dans son ensemble.

 

L’Allemagne a toujours aidé à faciliter les compromis associant le petits et les moyens Pays, il faudrait relancer cette politique en y associant la France.

 

IV B°) Le contenu à donner

 

La première étape, adopter ( au 30/05/05 sauver autant que possible  ...  )  le projet de traité constitutionnel avant toute autre chose, car il dispose d’un meilleur outillage conceptuel nécessaire pour définir les problèmes et y répondre.

 

Il faudrait ensuite repenser les coopérations économiques comme instrument de la volonté politique car dans les dossiers de coopération industrielle, les conséquences de la mondialisation ne sont pas encore suffisamment prises en compte dans UE

 

-         on n’évite pas la concurrence sur les marchés extérieurs

-         l’entreprise européenne se retrouve coincée entre l’échelle nationale et la préférence mondiale pour les plus grandes

-         de plus, en UE, le choix du regroupement européen ne va pas de soi, on préfère même se vendre à un concurrent extérieur

 

Il faudrait que chacun retrouve ses marques pour re-dynamiser la construction européenne

 

La Commission européenne

Le modèle d’une Commission qui avance sans chercher à convaincre les peuples européens a trouvé ses limites.

Des compromis devraient être recherchés pour trouver les nouveaux équilibres issus de la négociation sur le traité constitutionnel afin de relancer sa coopération tant dans ses relations avec le Parlement européen que du Conseil

 

 

La Grande Bretagne ( au 31/05/05 ) 

 

Présidente de l'Union au second semestre, c'est à elle que revient le rôle de trouver le compromis, c'est aussi d'elle que devrait venir une initiative pour débloquer la situation sur au moins trois points.

 

- Sa contribution au Budget de l'Union dans l'optique de la réunification européenne devrait refléter sa situation économique.

 

Car l'Europe se veut toujours solidaire envers ses membres les moins favorisés et c'est un des principes de base de sa construction. De plus, l'effort à fournir le plus important, mais aussi le plus utile devrait s'effectuer au début de l'intégration.

 

Aussi, une politique caractérisée par une orientation trop nationale de ses intérêts trouve également ses limites.

Les propositions de l'actuelle Présidence luxembourgeoise sont raisonnables si l'on se place d'un point de vue historique, et le Gouvernement anglais se devrait d'y participer et abandonner le " give my money back".

 

- Les lignes rouges défendues par elle au moment de la négociation qui se sont révélées trop éloignées du consensus acceptable.

 

Le non de la France doit surtout être compris comme un refus d'une Europe laissée sans défense et grande ouverte à tous les vents venant de l'extérieur alors que ses grands concurrents ne s'interdisent pas d'user de tous les moyens. 

 

Il serait urgent de se pencher sur ce problème ( Aveuglement, par Maurice Allais, journal le Monde du 14/05/05  " Pour être justifié, l'article III-314 du projet de Constitution devrait être remplacé par l'article suivant : "Pour préserver le développement harmonieux du commerce mondial, une protection communautaire raisonnable doit être assurée à l'encontre des importations des pays tiers dont les niveaux des salaires au cours des changes s'établissent à des niveaux incompatibles avec une suppression de toute protection douanière." )

 

Car contrairement au XIX siècle, la possibilité de régulation de la situation par l'exode de sa population n'est plus possible. 

 

Et surtout, nous sommes confrontés à une stratégie que cette campagne a enfin mis en lumière : une volonté par le non d'empêcher toute évolution du système dans l'attente d'une explosion de l'Union européenne par un raisonnement qui a déjà crée l'illusion pour près des deux tiers des votes de sensibilité traditionnellement socialiste ( La fin programmée de l'Union européenne, par Jacques Nikonoff,  journal le Monde du 23/05/05  " L'Europe à vingt-cinq repose sur quatre ensembles de pays aux intérêts politiques et stratégiques profondément divergents ..."  ) 

 

- Enfin, sa politique historique de jouer les Pays continentaux les uns contre les autres pour imposer ses vues devrait prendre en compte la mondialisation et l'arrivée d'Etats continents.  ( au 22/06/05 )

 

Le Couple franco-allemand

 

Il faudrait éviter autant que possible le bilatéral de compensation qui cherche à pallier ou pire à contourner le projet politique européen 

 

sur certains sujets, le couple franco allemand semble à la remorque de l’UE

 

Il existe un certain danger dans les signaux récents envoyés car autant une certaine compréhension existe sur l’évolution nécessaire du Pacte de stabilité et de croissance, ou sur le compromis de Luxembourg au sujet du financement, autant l’initiative de limiter les dépenses de l’UE à 1% se heurte à une certaine incompréhension

 

Car  parmi les principales priorités de l’UE se trouvent

-         promouvoir l’avenir dans le domaine de la recherche, des technique de pointe, politique indispensable à la viabilité future du modèle

-         réduire la différence entre les nouveaux Pays membres et les anciens, politique indispensable à la cohésion de l’ensemble ainsi crée

 

Ces priorités sont pourtant tout autant primordiales à nos deux Pays et elles répondent à la politique historique menée tant par l’Allemagne que par la France

 

Il faudrait donc replacer cette initiative dans le sens d’un volonté commune de partager les coûts issus de l’élargissement entre un paiement comptant par une augmentation du budget et un paiement étalé dans le temps par le recours à l’emprunt.

 

Cette solution ayant été rejetée au niveau du traité constitutionnel qui interdit de nouveau à l’UE tout recours à l’emprunt, une solution de compromis en attendant cette évolution politique inévitable ( dans un contexte de mondialisation, l’UE devrait disposer des mêmes moyens d’intervention que ses principaux compétiteurs ) serait d’étudier des augmentations de capital tant de la BEI que de la BERD, le capital garanti pouvant être libéré partiellement en ces périodes d’ajustement budgétaire.

 

IV C°) Quelle politique mener à l’Est

 

Il y a une dissociation Russie / Est de l’Union Européenne

 

Russie

Une politique convergente dont un des buts serait d’éviter la stagnation économique

 

Est de l’Union Européenne

Il n’y a pas de vraie politique commune, elle se limite à des interventions spécifiques au cas par cas

 

Cette situation peut s’expliquer par la dimension historique

 

En Allemagne, il existe une expansion traditionnelle à l’Est qui a aboutit à une présence culturelle, économique et de peuplement ( Silésie, Prusse orientale)

En France, il y a eu peu de relations en dehors du rayonnement culturel

 

Après la seconde guerre mondiale et la partition de l’Europe selon Yalta, le choix de l’Ouest est privilégié par la RFA. En France, pour le général de Gaulle il n’existe pas d’ost politique allemande, Pompidou y serait plutôt opposé, Giscard prône une politique commune envers Moscou, sous Mitterrand apparaît une différence de point de vue qui atteint son maximum avec la crise de l’ex Yougoslavie car lors du délitement du bloc de l’Est, l’Allemagne retrouve des problèmes historiques gelés par la guerre froide, des problèmes que la France ne retrouve que partiellement, d’où une phase difficile pour un positionnement commun et le tabou allemand encore existant à ce jour concernant les limites de l’élargissement à l’Est.

 

Heureusement, le choc de la chute du mur de Berlin et de la réunification sera surmonté par une intégration régionale supplémentaire, la monnaie commune.

Cependant, à Nice la réunification est la cause du désaccord au sujet de la parité des voix au conseil.

 

Aujourd’hui,

Il existe un souci commun de retrouver une cohérence de l’ensemble européen ainsi créé, d’approfondir avant tout.

La convention doit être vue comme un rattrapage de l’élargissement avec l’introduction d’une Union Européenne plus politique.

 

Si l’on veut éviter un retour des peurs historiques il faudrait

 

Pour la France porter un intérêt plus grand à l’Est européen

Pour l’Allemagne, associer la France à ses démarches

 

Une plus grande cohérence commune dans les décisions politiques au niveau de ces pays et une action conjointe dans les domaines où les Etats bénéficient toujours d’un pouvoir ou d’une influence décisionnelle, y compris dans l’action culturelle serait à rechercher.

 

A noter que la presque totalité des Pays de l’Europe de l’Est sont membres ou observateurs de la Francophonie.

 

Au sujet de la Turquie, le processus est désormais balisé, le dialogue maintenu et les conditions à remplir nécessaires à l’adhésions sortent renforcées par le traité constitutionnel.

IV D°) La nécessite d’un réel travail de communication

 

Question de démocratie mais aussi de recherche d’un soutien populaire à la question européenne

 

La faiblesse de la participation aux élections européenne pourrait traduire une indifférence, et même un mécontentement.

Au parlement européen, les élus des nouveaux membres de l’Europe médiane ont tendance à voter sur une base nationale.

 

Formuler les questions, les perspectives en s’adressant aux peuples d’Europe et particulièrement aux générations nouvelles, là est un travail à effectuer prioritairement.

 

Où commencer, dans la presse et auprès d’un public averti afin de créer un mouvement d’opinion.

 

L’un des intérêts du traité constitutionnel est qu’il se crée en France un véritable espace public européen de débat.

 

Il faudrait continuer ce débat dans le futur,

parlementaires européens, parlementaires nationaux, gouvernements aidés de la commission devraient expliquer au public le travail législatif européen, travail aujourd’hui peu assuré en dehors des campagnes électorales,

 

sans pour autant instrumentaliser le débat européen à des fins de politique intérieure.

 

Les défis à relever :

 

Approfondir avant d’élargir est aujourd’hui une voie nécessaire car il y a un danger réel de rejet pour le projet européen lui même. Le partenariat privilégié du traité constitutionnel est une forme de reconnaissance de ce débat de fond.

 

De même, faire accepter l’idée que l’Europe doit dépasser les attentes historiques que sont la paix et l’intégration en son sein pour s’ouvrir à une action à l’extérieur.

 

La partie deux du traité reprend la charte des droits, il s’agirait de chercher à les transposer en les adaptant aux diverses situations au niveau mondial, ce travail étant présenté comme un apport, comme une réponse européenne à la mondialisation pour plus de démocratie, de liberté et de social.


 

CONCLUSION

 

 

Dans un environnement aujourd’hui totalement métamorphosé par la mondialisation et dans le cadre des manifestations du 60me anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale une nouvelle page de nos relations pourrait être écrite.

 

Aujourd’hui le socle commun des idées et des valeurs de nos deux cultures est suffisamment large  pour que nos deux Pays n’aient pas à craindre d’agir en commun.

 

Reconnaissons que l’influence réciproque des idées allemandes et françaises autorise une possibilité de coopération culturelle en direction et à l’échelle du monde.

 

Une piste vers la reconnaissance de cette évolution de la pensée franco-allemande, une participation en observateur de l’Allemagne au sein de la Francophonie.

 

Une action immédiate, Varsovie, un accord politique pour un centre culturel franco-allemand.

 

Souhaitons que cette démarche inspirera les autres Pays de l’Union européenne.

 

 

PF UPXV 15/05/05

 

 

 

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