KA Kofi Annan Quelques enseignements hommages http://membres.lycos.fr/afnulorraine
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Kofi ANNAN Prix
Nobel de la PAIX
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KOFI ANNAN - QUELQUES ENSEIGNEMENTS - HOMMAGES - hommage à KA par un essai de synthèse de certaines de ses dernières interventions - PF |
PLAN
HOMMAGES - AGNU 61 - CS -
I°) L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES
b) il nous faut réaliser la promesse du Conseil des droits de l’homme
c) Les Appels consolidés... offrent beaucoup d’avantages aux donateurs...
d) la situation en matière de désarmement
e) la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption
f) S’agissant de la traite d’êtres humains et des questions connexes
II°) LES CINQ LECONS APPRISES AUX NATIONS UNIES
- dans le monde d'aujourd'hui la sécurité de chacun d'entre nous est liée à celle de tous »...
- nous pouvons et nous devons mettre la prospérité du monde à la disposition de tous »
- la sécurité et la prospérité reposent sur le respect des droits de l'homme et la primauté du droit ».
- les États sont responsables les uns devant les autres, mais ils le sont aussi devant un large éventail d'acteurs non étatiques ».
- Tous ces objectifs, nous ne pouvons les réaliser qu'en agissant ensemble dans le cadre du multilatéralisme
III°) LES DROITS DE L'HOMME
Droits de l'homme, paix et sécurité il faut avancer dans ces trois domaines ou pas du tout
a) nous devons donner un sens véritable à la notion de « responsabilité de protéger »...
b) nous devons mettre fin à l’impunité.
c) nous avons besoin d’une stratégie antiterroriste
d) nous devons nous employer à faire des droits de l’homme une réalité dans chaque pays
IV°) QUELQUES ACTEURS PARTICULIERS DES DROITS DE L'HOMME - LA SOCIETE CIVILE - LES FEMMES - LES ONG
b) je compte sur le pouvoir croissant des femmes, ce qui signifie que nous devons accorder la priorité aux droits des femmes.
V°) L'ALLIANCE DES CIVILISATIONS - IDENTITES ET ESPRITS LIBRES
a) le constat
b) vaincre ces ressentiments et établir des relations de confiance entre nos sociétés.
VI°) LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
a) Le changement climatique ne concerne pas seulement l’environnement
VII°) LA SITUATION ACTUELLE
Afrique
USA
Irak
Soudan
Israël et Palestine
LES TEXTES SOURCE - sélection des communiqués de presse des Nations Unies
KOFI ANNAN - QUELQUES ENSEIGNEMENTS - HOMMAGES
hommage à KA par un essai de synthèse de certaines de ses dernières interventions - PF
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221206 CS - hommage à KA - résolution 1733 "... Dans sa résolution ... le Conseil évoque les efforts soutenus entrepris par M. Annan pour apporter des solutions justes et durables aux conflits dans le monde. Il se félicite des réformes qu’il a engagées ainsi que des nombreuses propositions qu’il a présentées pour réformer les Nations Unies afin d’en renforcer le rôle et le fonctionnement... |
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141206 AGNU 61 - hommage à KA - résolution (A/61/L.48/Rev.1) SHEIKHA HAYA RASHED AL KHALIFA, Présidente de l’Assemblée générale, a noté qu’en adoptant la résolution (A/61/L.48/Rev.1), l’Assemblée générale avait rendu hommage à Kofi Annan... Elle a rappelé qu’il avait guidé les Nations Unies vers le XXIe siècle et avait, à juste titre, reçu le prix Nobel de la paix en 2001 en même temps que l’Organisation. |
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Au titre de ses réalisations majeures, elle a noté que l’Organisation des Nations Unies comprenait mieux aujourd’hui, ce qu’étaient ses objectifs et ses priorités, c’est-à-dire la paix et la sécurité, le développement, les droits de l’homme et l’état de droit.
Elle a aussi relevé qu’on disposait maintenant, grâce aux Objectifs du Millénaire pour le développement, d’un programme d’action pour éradiquer la pauvreté et atteindre le but d’un monde plus juste pour tous, notamment pour l’Afrique.
Enfin, une autre des contributions durables de Kofi Annan a été de montrer l’interdépendance qui existe entre les défis mondiaux d’aujourd’hui...
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I°) L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES
introduction
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Quoi qu’il arrive, le devoir sacré et la mission exaltante de cette Organisation demeurent les mêmes, il faut « préserver les générations futures du fléau de la guerre ».
Ce fut un honneur pour moi de participer avec vous à la poursuite de cet objectif, dans les moments de réussite comme dans l’échec...
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"... Nous avons certes connu bien des difficultés et quelques échecs au cours de cette dizaine d’années, mais cela ne nous a pas empêchés d’accomplir beaucoup de choses dont je suis fier.... l’ONU s’est refondue et a redressé la barre.
L’Organisation a également assimilé le principe selon lequel développement, sécurité et droits de l’homme allaient de pair – il ne peut y avoir de sécurité sans développement et vice-versa, et, à long terme, aucun des deux ne peut durer s’ils n’ont pas comme appuis l’état de droit et le respect des droits de l’homme...
le fait que la communauté internationale ait décidé de lutter contre la pauvreté et de mettre en œuvre les objectifs du Millénaire pour le développement... Ce qui est ici en jeu, ce sont les besoins et les intérêts de milliards de personnes dans le monde
Je me félicite également que nous ayons fait avancer les droits de l’homme et l’état de droit, et en fin de compte, les États Membres ont admis qu’ils avaient la responsabilité de protéger.
En ce qui concerne les maladies infectieuses, je crois que le monde commence à comprendre que nous sommes tous dans le même bateau, qu’il s’agisse du syndrome respiratoire aigu sévère ou du VIH/sida.
Il me semble également que l’ONU a tendu la main et ouvert grand ses portes à la société civile, aux fondations du secteur privé et aux universités; en partenariat avec ces trois entités, elle s’attaque aux problèmes du monde, reconnaissant que les gouvernements ne peuvent pas le faire tout seuls.
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a) Conseil se Sécurité - Il m’est aussi arrivé parfois de critiquer les décisions du Conseil de sécurité– ou plutôt, plus souvent, son inaction.
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Le Conseil de sécurité n'est pas seulement une instance de plus dans laquelle on exprime des intérêts nationaux. C'est en quelque sorte le Comité directeur de notre système de sécurité collective encore embryonnaire »...
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Et j’ai essayé, suivant l’excellente recommandation trouvée dans le rapport Brahimi, de dire au Conseil ce qu’il avait besoin de savoir plutôt que ce qu’il avait envie d’entendre... Comme je l'ai toujours dit, un pays a le droit de se défendre lorsqu'il est menacé, mais lorsqu'il s'agit d'une menace plus large qui concerne la communauté internationale, il n'y a que le Conseil de sécurité qui dispose de la légitimité nécessaire pour autoriser des actions militaires »....
Je sais cependant que « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales » que vous a confiée la Charte n’est pas une charge facile à supporter...
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Quelques expériences amères nous ont appris à tous que nous ne pouvons pas nous permettre de croire les gouvernements sur parole lorsqu’ils nous assurent que tout va pour le mieux dans leur pays, ou qu’ils ont la situation bien en main.
Nous avons aussi appris qu’il faut que le Conseil soit pleinement renseigné sur tout ce qui touche aux droits de l’homme, car les violations caractérisées de ces droits ne se produisent pas seulement pendant les conflits mais en sont souvent un signe avant-coureur....
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Ce que je sais, c’est que le Conseil, secondé habilement par mon successeur, continuera de s’occuper de ces crises, et de beaucoup d’autres encore. Cela dit, il n’y a pas non plus de quoi désespérer. Il arrive souvent qu’une situation se dégrade de manière saisissante, mais les progrès, eux, se font généralement petit à petit....
b) il nous faut réaliser la promesse du Conseil des droits de l’homme
qui, pour l’instant, est encore loin de répondre aux attentes de beaucoup d’entre nous.... Je m’inquiète aussi du fait que certains membres du Conseil tentent d’affaiblir ou abolir le dispositif des procédures spéciales, un mécanisme d’enquête indépendante sur des catégories de violations spécifiques ou sur la situation de pays précis.
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Les procédures spéciales sont le joyau du système. Dans le droit fil de l’action de la Haut-Commissaire et de son équipe, elles fournissent les analyses et les appréciations indépendantes indispensables pour protéger efficacement les droits de l’homme.
Elles ne doivent pas être politisées ou soumises au contrôle des gouvernements... Face aux violations commises partout dans le monde, le mandat du Conseil devrait au contraire être élargi....
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le Haut Commissariat est encore loin d’avoir la capacité d’apporter l’assistance nécessaire. J’espère que la qualité de son travail convaincra les États Membres d’autoriser de nouveaux accroissements de son budget dans les années à venir.
c) Les Appels consolidés... offrent beaucoup d’avantages aux donateurs...
Ils évitent les doubles emplois, puisque tous les acteurs du système de l’ONU y sont représentés, ainsi que les ONG, le Croissant-Rouge et la Croix-Rouge. Les contributions s’y font de manière transparente et l’usage qui est fait des fonds est aisément vérifiable sur le site Web créé à cet effet, et qui est accessible à tous.
Les Appels consolidés ont aussi l’avantage d’être efficaces... ils permettent aux agences et organismes d’aide de travailler en étroite collaboration et coordination dans des délais réalistes répondant aux besoins des populations.
Complétés par le nouveau Fonds central d’intervention d’urgence, les Appels consolidés sont un des moyens les plus efficaces dont dispose la communauté internationale pour soutenir la promotion d’un monde plus équitable, sain et prospère...
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Tout au long de mes deux mandats, j’ai été chagriné que les donateurs n’aient, en moyenne, versé que deux tiers des montants que nous leur demandions pour venir en aide aux personnes et groupes dans le besoin.
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d) la situation en matière de désarmement
le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, a joué un rôle extrêmement important dans nos efforts pour contrôler la prolifération nucléaire...
Il est vrai qu’il a été contesté par quelques pays, en particulier la Corée du Nord et l’Iran. Il est important de s’efforcer de renforcer le TNP et son Protocole additionnel... mais je crois que nous avons là quelque chose qui a marché. Il faut veiller à ne pas affaiblir le TNP et son application...
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Pour être franc, je ne pense pas que les puissances nucléaires aient montré la voie à suivre et qu’elles aient fait ce qu’elles devaient faire... le désarmement ou la non-prolifération. Je pense qu’ils sont tous deux importants, et
j’ai souvent eu l’occasion de déclarer que ... en désarmant, elles auraient envoyé un message au reste du monde, qui aurait ainsi compris qu’il est inutile... de dépenser des millions et des milliards pour s’armer si au bout du compte il faudra de toute façon désarmer...
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e) la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption
Un peu partout dans le monde nous avons encouragé la bonne gouvernance, et je crois que chacun peut constater qu’aujourd’hui bien plus de pays sont gouvernés de manière démocratique et que bien plus de peuples ont pu choisir leurs propres dirigeants et déterminer leur avenir...
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ce que nous devons faire pour lutter contre ce fléau c’est tout d’abord de
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f) S’agissant de la traite d’êtres humains et des questions connexes,
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la communauté internationale prend de plus en plus conscience de ce phénomène, mais celui-ci est également lié à la législation en matière d’immigration....
Ce qu’il faut, c’est élaborer des règles adaptées et une législation appropriée en la matière, et accepter le fait que les migrations, si elles sont traitées correctement, peuvent faire trois vainqueurs: le pays d’origine, le pays d’accueil et le migrant lui-même...
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g) les forces de maintien de la paix des Nations Unies...
si tous les déploiements requis devaient se concrétiser, y compris au Darfour, nous atteindrions probablement plus de 120 000 à 140 000 soldats, ce qui est énorme pour l’ONU.
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Nous ne sommes pas une grande organisation militaire. Nous fournissons des services d’appui et d’assistance à ces opérations avec un personnel relativement peu nombreux... selon une étude réalisée par la Rank Corporation... l’ONU mène les opérations de maintien de la paix mieux que le Gouvernement des États-Unis et d’autres...
Cela dit, je tiens à préciser que nous avons presque atteint la limite de nos capacités. J’ai fait part de cette situation au Conseil [de sécurité] en indiquant qu’il devait faire attention à ne pas nous donner trop à faire. Il y a une limite à ce qu’une organisation relativement petite peut accepter. Nous avons aussi eu quelques problèmes au sein des opérations de maintien de la paix...
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Comme vous le savez, l’ONU ne possède pas sa propre armée. Nous empruntons les contingents aux gouvernements et nous les empruntons aux gouvernements qui sont disposés à nous en fournir. Certains contingents sont beaucoup mieux commandés que d’autres. Nous avons eu des problèmes avec certains soldats et une poignée de civils, nous en avons licencié certains et renvoyé des soldats chez eux.
Je souhaiterais, lorsque l’on rapporte ces faits, que l’on dise un contingent de tel ou tel pays, un soldat de tel ou tel pays a fait ceci ou cela et non pas que l’ONU est impliquée. En réalité, ce qu’il est même intéressant de savoir, c’est que lors de deux incidents récents, nous n’avons même pas pu imposer des sanctions disciplinaires aux coupables, nous avons dû demander au gouvernement concerné de le faire...
II°) LES CINQ LECONS APPRISES AUX NATIONS UNIES
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« La première leçon... dans le monde d'aujourd'hui la sécurité de chacun d'entre nous est liée à celle de tous »...
La deuxième leçon... « nous pouvons et nous devons mettre la prospérité du monde à la disposition de tous »
Troisièmement, ... « la sécurité et la prospérité reposent sur le respect des droits de l'homme et la primauté du droit ».
Quatrièmement... « les États sont responsables les uns devant les autres, mais ils le sont aussi devant un large éventail d'acteurs non étatiques ».
« Le cinquième... découle inévitablement des quatre précédents. Tous ces objectifs, nous ne pouvons les réaliser qu'en agissant ensemble dans le cadre du multilatéralisme
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Ce cinquième principe s'applique, selon Kofi Annan, aux institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et le FMI.
« Il s'applique aussi au Conseil de sécurité, dont la composition reflète le monde tel qu'il était en 1945, pas celui d'aujourd'hui », ...
en premier ... accueillir de nouveaux membres, sur une base permanente ou pour une longue durée, afin d'élargir la représentation de régions du monde dont la voix n'est pas suffisamment entendue »...
« La seconde question, peut-être plus importante encore que la première, est que tous les membres du Conseil, notamment les grandes puissances qui sont membres permanents, doivent accepter la responsabilité particulière qui accompagne le privilège qu'ils détiennent... Citant le président Truman....
rappelant que « la responsabilité des grands États est de servir les peuples du monde, pas de les dominer »...
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Je leur ai dit qu’ils se trouvaient devant un choix: soit ils s’entendent pour réformer le Conseil, y entrent et participent à ses activités tout en continuant à rechercher la solution idéale, soit ils restent en dehors du Conseil et continuent de chercher la solution idéale, ce qui peut leur prendre encore 10 ou 20 ans.... S’ils trouvaient un compromis − par exemple ... des sièges semi-permanents pour 10 ou 8 ans − je suis convaincu qu’ils obtiendraient un accord...
Droits de l'homme, paix et sécurité il faut avancer dans ces trois domaines ou pas du tout
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"... Je ne sais pas jusqu’à quel point nous avons su faire coïncider la réalité de l’ONU avec ma conception des droits de l’homme, troisième pilier de l’Organisation, au même titre que le développement ou la paix et la sécurité...
il faut avancer dans ces trois domaines ou pas du tout.
En vérité... La pauvreté demeure à la fois la source et la conséquence de violations des droits de l’humanité. C’est pourquoi, si nous voulons vraiment éliminer la misère, il nous faut aussi lutter pour faire respecter la dignité humaine, et inversement...
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Je propose donc que nous essayions ce matin d’analyser tous ensemble ce qu’il faudra faire en fait.
a) En premier lieu, nous devons donner un sens véritable à la notion de « responsabilité de protéger »...
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cette notion capitale – qui signifie essentiellement que le respect de la souveraineté nationale ne peut plus servir d’excuse à l’inaction face au génocide, aux crimes de guerre, au nettoyage ethnique et à d’autres crimes contre l’humanité.
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Un an plus tard, pourtant, il semble, à en juger par ce qui se passe au Darfour, que nous n’ayons pas beaucoup progressé depuis les désastres de la Bosnie et du Rwanda... La tragédie du Darfour sévit depuis plus de trois ans maintenant et des récits de centaines de villages détruits et de traitement brutal de civils, jusque dans les pays voisins, ne cessent de nous arriver.
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Comment une communauté internationale qui prétend faire respecter les droits de l’homme peut-elle tolérer que ces horreurs continuent? Il y a amplement de quoi blâmer les uns et les autres :
Certains gouvernements ont tenté d’obtenir l’appui du monde du Sud avec une caricature de la responsabilité de protéger, qu’ils présentent comme une conspiration des puissances impérialistes pour reprendre la souveraineté nationale, si durement acquise par les anciennes colonies. C’est absolument faux...
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Nous n’avons pas encore trouvé en nous le sentiment collectif d’urgence qui nous pousserait à agir...
Tous les États qui épousent véritablement la cause des droits de l’homme, partout dans le monde, doivent œuvrer ensemble pour transcender la défense d’intérêts étroits et faire en sorte que le Conseil des droits de l’homme soit à la hauteur de ses promesses.
Nous tenons là une occasion historique – et l’Histoire sera sans indulgence si nous la laissons passer...
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Nous devons faire mieux... Avant tout, il ne faut pas attendre pour agir qu’il y ait effectivement un génocide: il est alors souvent trop tard pour intervenir efficacement. Il y a deux ans, j’ai annoncé un plan d’action pour la prévention du génocide et j’ai nommé un conseiller spécial pour m’aider à le mettre en œuvre. Ce qu’il fait est extrêmement précieux mais beaucoup reste à faire. J’espère que mon successeur reprendra le flambeau et que les États Membres le soutiendront.
b) En deuxième lieu, nous devons mettre fin à l’impunité.
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D’aucuns disent qu’il faut parfois sacrifier la justice dans l’intérêt de la paix. J’en doute. Nous avons vu en Sierra Leone et dans les Balkans que
la justice est au contraire une composante essentielle de la paix.
De fait, elle contribue souvent à une paix durable en enlevant toute légitimité aux individus qui représentent la menace la plus grave et en les poussant dans la clandestinité.
C’est la raison pour laquelle il ne doit jamais y avoir d’amnistie pour le génocide, les crimes contre l’humanité et les violations massives des droits de l’homme, ce qui ne ferait qu’encourager les auteurs des massacres d’aujourd’hui – et les auteurs potentiels des massacres de demain – à poursuivre leur œuvre vicieuse....
naturellement la CPI ne peut pas ... amnistier...
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les mises en accusation ou les menaces de mise en accusation peuvent compliquer le processus... Je n’ai pas de formule toute prête...
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Il a toujours existé une tension entre la paix et la justice; la question est de savoir laquelle des deux vient en premier? Et certains diront la paix, la paix réelle est-elle possible sans justice? ...
Mais parfois, la quête de la justice, si elle ne suit pas un ordre approprié, peut compliquer la quête de la paix... dans une situation de guerre et dans le cadre d’un processus de maintien de la paix, il faut un jugement très, très aiguisé et très fin, pour savoir dans quel ordre doit se faire la quête de la paix et de la justice....
Il y a eu d’autres situations où nous savions que certaines des personnes avec lesquelles il valait la peine de négocier avaient commis des crimes et se retrouveraient finalement sur le banc des accusés. Nous avons pourtant trouvé un moyen de négocier avec elles pour établir la paix...
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La situation dans [les] Balkans offre un bon exemple. Certaines des parties aux négociations étaient frappées d’une interdiction de voyager mais nous faisions des exceptions et nous les faisions venir par avion à Genève de façon que des négociations puissent avoir lieu afin de résoudre le conflit...
La même question se pose également avec le Soudan. Des actes d’accusation ont été émis et on a l’impression que certains officiers supérieurs de l’armée et d’autres personnes craignent que si un grand nombre de forces internationales des Nations Unies devaient arriver dans le pays, ce serait pour les arrêter...
c) En troisième lieu, nous avons besoin d’une stratégie antiterroriste
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dans laquelle les droits de l’homme n’inspirent pas seulement un attachement de pure forme mais sont véritablement le fondement de l’action.
Or, ils ne peuvent s’acquitter de cette obligation en violant eux-mêmes les droits de l’homme, ce qui revient à renoncer à leur autorité morale et à faire le jeu des terroristes.
Nous devons lutter contre le terrorisme en conformité avec le droit international, avec ses dispositions qui interdisent la torture et les traitements inhumains et avec celles qui donnent à toute personne détenue contre son gré le droit à une procédure régulière et au jugement d’un tribunal.
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Tous les États ont convenu l’an dernier que « le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constitue l’une des menaces les plus sérieuses contre la paix et la sécurité ». Ils avaient raison.
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Le terrorisme est en soi une atteinte aux droits de l’homme les plus fondamentaux, en commençant par le droit à la vie.
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d) En quatrième lieu, ne nous contentons pas de grandes déclarations de principes.
Nous devons nous employer à faire des droits de l’homme une réalité dans chaque pays.
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Bien sûr, protéger et promouvoir les droits de l’homme relève avant tout de la responsabilité nationale. Chaque État Membre de l’Organisation peut puiser dans sa propre histoire pour définir sa manière de respecter les droits universels.
Beaucoup d’États pourtant ont besoin d’aide dans ce domaine et le système des Nations Unies a un rôle vital à jouer... De nombreux pays continueront d’avoir besoin d’une assistance technique, de mécanismes de suivi internes ou des deux, et certains mériteront d’être condamnés...
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IV°) QUELQUES ACTEURS PARTICULIERS DES DROITS DE L'HOMME
- LA SOCIETE CIVILE - LES FEMMES - LES ONG
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Les atteintes aux droits de l’homme ne sont pas des abstractions sur papier. Elles sont commises par des gens réels, contre des victimes réelles, dans des pays précis. Nous devons aussi nous demander qui va agir. Qui va pouvoir nous aider? Qui va exiger que les principes soient traduits en actes?
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a) Premièrement, je compte sur l’Afrique, qui doit montrer l’exemple.
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Les nombreux conflits qui déchirent le continent africain s’accompagnent invariablement de violations massives des droits de l’homme. Si l’Afrique ne se rallie pas au principe de l’inviolabilité des droits de l’homme, sa lutte pour la sécurité et le développement est vouée à l’échec.
Les droits de l’homme sont également par définition les droits des Africains. La première priorité de tout gouvernement africain devrait être de garantir l’exercice effectif de ces droits pour tous...
Des progrès sont encourageants, mais il faut aller beaucoup plus loin.
En fait, de nombreux pays africains demeurent rétifs au principe de la responsabilité de protéger. Beaucoup, même parmi les plus démocratiques, rechignent encore à jouer leur rôle au sein du Conseil des droits de l’homme en dénonçant toutes les violations, d’où qu’elles viennent. Ils peuvent, et doivent, en faire davantage...
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Comme je l’ai dit quand je me suis adressé pour la première fois aux chefs d’État africains à Harare en 1997, considérer le respect des droits de l’homme comme un diktat du monde industrialisé ou comme un luxe de pays riches pour lequel l’Afrique n’est pas prête, c’est fouler aux pieds l’aspiration à la dignité qui gît dans le cœur de chaque Africain...
Des héros sud-africains comme Nelson Mandela et Desmond Tutu ont ouvert la voie. L’Union africaine a été l’une des premières organisations internationales à proclamer la responsabilité de protéger en inscrivant dans son Acte constitutif « le droit de l’Union d’intervenir dans un État membre […] dans certaines circonstances graves, à savoir les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ». Elle a également essayé avec plus d’énergie que quiconque d’appliquer ce principe au Darfour et d’amener l’ex-dictateur tchadien Hissène Habré devant les tribunaux.
b) Deuxièmement, je compte sur le pouvoir croissant des femmes –
ce qui signifie que nous devons accorder la priorité aux droits des femmes.
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Les droits égaux des hommes et des femmes, promis dans la Charte des Nations Unies il y 61 ans, sont encore loin d’être une réalité... J’encourage vivement les États Membres à faire de cette question une vraie priorité...
L’ONU peut et doit être plus présente aux côtés des femmes dans leur combat pour l’égalité, et elle devra pour ce faire renforcer son architecture dans le sens de la parité hommes-femmes.
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c) Et troisièmement, je compte sur la société civile –c’est-à-dire sur vous
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Nous avons besoin de militants dévoués et de défenseurs des droits de l’homme énergiques capables d’interpeller les gouvernements. Les pays doivent être jugés à l’aune de leurs engagements et répondre de leurs actes devant leurs citoyens et les autres membres de la communauté internationale.
Cette communauté est pour l’ONU et ses États Membres un partenaire essentiel dans son combat pour les droits de l’homme. Sans les renseignements que vous collectez, les organes conventionnels seraient impuissants. Sans vos coups de projecteur, les violations resteraient ignorées...
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En contrepartie, nous devons tout mettre en œuvre pour vous protéger contre le harcèlement, l’intimidation et les représailles, afin que vous puissiez poursuivre votre indispensable travail... Mais, Dieu merci, les ONG de défense des droits de l’homme se sont multipliées dans les 10 dernières années. Elles sont maintenant quelque 26 000 dans le monde, avec des domaines d’intérêt qui vont de la traite à la torture, en passant par le VIH/sida et les droits des enfants et des migrants.
V°) L'ALLIANCE DES CIVILISATIONS - IDENTITES ET ESPRITS LIBRES
lorsque l'on voit la direction que prend le monde, il faut insister sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise
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« Dans l'univers mondialisé d'aujourd'hui, nous vivons tous en fait dans la même civilisation »... « Il y a parfois des différences, nous avons tous des identités différentes : on peut être ghanéen, musulman, chrétien. Cette variété existe à travers le monde,
mais lorsque l'on voit la direction que prend le monde, il faut insister sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise ».
« Je crois que c'est la seule chose que l'on peut faire, rien de plus »...
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Tout au long de mon mandat, j’ai surtout voulu faire de l’ONU une organisation qui sert les gens, qui les traite comme des gens – c’est-à-dire comme des êtres humains et non comme des abstractions ou de simples éléments des États...
Veiller à ce qu’il en soit ainsi est au cœur même de la mission de l’ONU. De toutes nos tâches, c’est celle qu’il est le plus risqué de laisser aux mains des gouvernements ou d’une organisation purement intergouvernementale. ...
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Je sais bien sûr que l’être humain n’existe pas dans le vide.
L’homme est ... politique et social. Chaque homme, chaque femme se définit en termes d’appartenance à un groupe. C’est pourquoi les droits de l’homme doivent toujours inclure le droit pour chacun d’exprimer son identité collective, un droit particulièrement important pour les minorités.
Reste qu’aucune identité ne peut se résumer à l’appartenance à un groupe spécifique
qu’il soit ethnique, national, religieux ou autre. Chaque individu est le produit d’une combinaison unique de caractéristiques qui constituent sa personnalité. Et c’est cet individu dont les droits doivent être préservés et protégés.
Là plus que partout ailleurs, l’ONU a besoin d’esprits libres comme les vôtres pour saisir le flambeau et demander des comptes aux dirigeants mondiaux et à l’ONU.
C’est pourquoi, chers amis, lorsque je dis que l’avenir du combat de l’ONU en faveur des droits de l’homme est entre vos mains, ce n’est pas une simple façon de parler...
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La Religion
« certains des conflits auxquels nous assistons montrent que ce n'est pas toujours la religion qui est au coeur des problèmes ». « Il s'agit souvent plutôt de différences politiques ou autres qui font que les gens prennent les armes.
La raison n'en est pas forcément les croyances, les convictions religieuses. Dans certains cas certes, la religion peut être en cause, mais la plupart du temps, il s'agit plutôt de crises politiques »...
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Le rapport souligne avec justesse que la fusion des différences, qu’elles soient d’opinion, de culture, de croyance ou de mode de vie, a été depuis toujours le moteur du progrès humain... Malheureusement... Loin de faire naître la compréhension et l’amitié mutuelles, le raccourcissement des distances et l’amélioration des communications ont souvent engendré la tension et la méfiance...
à l’heure où les migrations internationales amènent un nombre sans précédent de personnes de religions et de cultures différentes à vivre côte à côte... La mondialisation ... Les attaques terroristes du 11 septembre, la guerre et les troubles au Moyen-Orient... n’ont fait que renforcer ce sentiment.... Les relations entre les fidèles des trois grandes religions monothéistes en ont été fortement éprouvées... Certains groupes semblent impatients de fomenter une nouvelle guerre de religion, à l’échelle mondiale cette fois-ci...
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Le Groupe ne s’est cependant pas laissé prendre au piège, refusant de voir le monde implicitement divisé en civilisations nettement distinctes et séparées. Comme vous l’avez noté si à propos, il s’agit là d’un anachronisme....
Aujourd’hui, force nous est de constater que nous ne vivons pas dans des civilisations différentes, comme le faisaient nos ancêtres. Les migrations, l’intégration et la technique ont rapproché les différentes races, cultures et ethnies, faisant tomber les vieilles barrières et apparaître de nouvelles réalités.
Nous vivons, comme jamais auparavant, côte à côte, soumis à de nombreuses influences et idées différentes.
La diabolisation de l’« autre » s’est révélée la voie facile... Après tout, comme vous le dites dans votre rapport, le mécontentement qui règne dans le monde islamique se nourrit des imperfections mêmes de l’Oumma musulmane.
Cela étant, l’Occident prête aussi le flanc aux critiques en tenant ce qui est perçu comme un double langage sur les questions des droits de l’homme et de la démocratie.
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Ainsi, pour beaucoup de gens dans le monde, en particulier les musulmans, l’Occident est une menace pour leurs croyances et leurs valeurs, leurs intérêts économiques et leurs aspirations politiques. Toute preuve du contraire ne rencontre que mépris ou incrédulité.
De la même façon, nombreux sont les Occidentaux qui considèrent l’islam comme une religion d’extrémisme et de violence, même si ces deux mondes entretiennent depuis toujours des relations dans lesquelles le commerce, la coopération et les échanges culturels ont occupé une place au moins aussi grande que les conflits.
b) vaincre ces ressentiments, et établir des relations de confiance entre nos sociétés.
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En ce XXIe siècle... Notre discours est devenu notre prison, paralysant les échanges et entravant la compréhension. Il nous faut absolument vaincre ces ressentiments, et établir des relations de confiance entre nos sociétés.
Désapprendre l’intolérance est en partie une question de protection juridique.
Nous devons créer des possibilités pour les jeunes gens,
Nous devons préserver la liberté d’expression
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c) S’agissant de toutes ces questions, il faut que quelqu’un montre l’exemple.
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Les autorités publiques
devraient non seulement sensibiliser la population, mais aussi jouer un rôle de chef de file pour condamner l’intolérance et l’extrémisme.
Il leur incombe de faire en sorte que les engagements de non-discrimination soient consacrés dans la législation et que la loi soit appliquée.
Mais leur responsabilité ne nous exonère pas de la nôtre.
Chacun d’entre nous, à titre individuel, contribue à créer le climat politique et culturel dans sa société.
Nous devons toujours être prêts à rectifier les stéréotypes et les images déformées, et à prendre la parole pour défendre les victimes de la discrimination.
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les événements politiques
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Ce sont toutes là des leçons importantes... Mais... elles n’auront guère d’effet si le climat actuel de crainte et de suspicion continue d’être alimenté par les événements politiques...
... le conflit arabo-israélien ... comme je l’ai déclaré à l’Assemblée générale en septembre... Aucun autre conflit n’est aussi chargé symboliquement et émotionnellement pour des personnes éloignées du champ de bataille. Tant que les Palestiniens vivront sous l’occupation, exposés à des frustrations et des humiliations quotidiennes, tant que des Israéliens sauteront dans des autobus et dans des salles de bal, les passions seront partout enflammées...
Certes, l’absence de solution ne doit pas servir d’excuse pour négliger d’autres questions. Mais, de toute façon, le lien est incontournable.
Je pense qu’il est indispensable de travailler sur deux fronts à la fois
- s’efforcer à la fois d’améliorer la compréhension sociale et culturelle entre les peuples -et de résoudre les conflits politiques, au Moyen-Orient et ailleurs...
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L'Europe
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"... En Europe... les gouvernements ont mis du temps à comprendre qu’il était nécessaire d’élaborer des stratégies pour intégrer les nouveaux arrivants et leurs enfants dans la société d’accueil, surtout lorsque ces nouveaux arrivants se distinguent des anciens par la religion ou la couleur de la peau...
ces gouvernements attendaient des nouvelles communautés qu’elles se conforment à une vision statique de l’identité nationale du pays au lieu d’accepter de repenser dans quelle mesure les valeurs et la culture doivent être partagées par les différentes communautés qui vivent ensemble dans un État démocratique...
En conséquence, de nombreux immigrants de la deuxième ou de la troisième génération ont grandi dans des ghettos, se heurtant souvent à un taux de chômage élevé, une pauvreté relative et à la criminalité, et ils sont considérés par leurs voisins... avec un mélange de crainte et de mépris..."
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d) le Rapport rendu public à Istanbul
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"... « Bien que la religion soit souvent exploitée, de façon cynique, pour attiser les passions... le fond de la question est politique »
A cet égard, le Rapport pointe
en premier lieu vers le conflit israélo-palestinien en tant que « symbole de ce fossé »... et .... la répression de l'opposition non violente et la lenteur des réformes dans certains pays musulmans comme facteur clef de la montée de l'extrémisme...
Il propose ... au niveau politique le soutien à l'expansion du pluralisme politique dans les pays musulmans... appelle notamment les partis dirigeants dans le monde musulman à ouvrir un espace à la pleine participation des partis politiques non violents, qu'ils soient religieux ou séculaires, ... et appelle les gouvernements étrangers à être cohérents dans leur soutien au pluralisme, en respectant... le résultat des élections..."
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a) Le changement climatique ne concerne pas seulement l’environnement, comme un trop grand nombre de personnes le croient encore.
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C’est une menace généralisée... pour
Le changement climatique constitue aussi une menace pour la paix et la sécurité.
le consensus scientifique non seulement fait de plus en plus d’adeptes, mais se fait aussi plus alarmiste.
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b) Mais tout n’est pas perdu, nous pouvons encore réagir.
Nous avons commencé à utiliser les combustibles fossiles de façon plus propre et plus efficace. L’énergie provenant de sources renouvelables est de plus en plus largement disponible à des prix compétitifs...
Sous l’impulsion du Protocole de Kyoto, les apports financiers internationaux générés par le carbone pourraient rapporter 100 milliards de dollars par an aux pays en développement...
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Mais il nous faut trouver davantage de solutions « vertes » pour faire face à l’intensification de la demande en énergie. Et il nous faut aussi prendre les mesures d’incitation appropriées pour compléter ce qui a été fait jusqu’ici ...
Le changement climatique offre de véritables possibilités de faire progresser le développement et de mettre nos sociétés sur la voie d’un développement plus durable.
De faibles émissions ne sont pas nécessairement synonymes d’une faible croissance et n’empêchent pas un pays de se développer. Cessons donc d’être négatifs...
Il est de plus en plus évident qu’il sera beaucoup moins coûteux de réduire les émissions maintenant que de s’adapter plus tard aux conséquences.
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Mais, alors même que nous cherchons à réduire les émissions, nous devons en même temps faire beaucoup plus pour nous adapter au réchauffement de la planète et à ses effets.
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Ce sont les pays les plus pauvres du monde, dont beaucoup se trouvent en Afrique, qui pâtiront le plus des conséquences du changement climatique.
Les populations démunies sont déjà les plus exposées à la pollution, aux catastrophes et à la dégradation des ressources naturelles et des sols. Elles dépendent directement de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche pour leur subsistance.
Pour ces populations, s’adapter est une question de survie pure et simple. Intégrer les risques que présente le changement climatique dans les stratégies et programmes visant à atteindre les objectifs du développement énoncés dans la Déclaration du Millénaire doit devenir une de nos premières priorités.
Le message est clair. Le changement climatique mondial doit prendre place parmi les menaces –conflit, pauvreté, prolifération des armes meurtrières– qui ont monopolisé l’attention des politiques jusqu’ici.
Et les Nations Unies offrent au monde les moyens dont il a besoin pour y faire face.
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Les initiatives régionales et nationales ont leur mérite. Mais la Convention-cadre des Nations Unies est le dispositif dans lequel une réponse vraiment mondiale est formulée... Ce mécanisme montre de façon exemplaire comment, sous l’impulsion de l’Organisation des Nations Unies, une collaboration peut être instaurée entre les pouvoirs publics et le secteur privé. .. Les organismes des Nations Unies continueront à mettre en œuvre leurs connaissances spécialisées.
c) C’est avant tout aux États qu’il importe d’agir
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c’est avant tout aux États qu’il importe d’agir
c’est-à-dire, pour le moment, ceux qui sont le plus responsables de l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ils doivent faire beaucoup plus pour faire baisser le niveau de leurs émissions.
Le Protocole de Kyoto a été un progrès décisif, mais beaucoup trop modeste. Et quand on étudie les possibilités d’aller plus loin, on constate un manque effrayant de volonté politique.
Cependant, on ne peut laisser les émissions continuer d’augmenter de façon débridée dans les pays en développement. Nombre d’entre eux ont pris des mesures notables pour faire face au changement climatique... Mais il faut encore faire davantage...
Les entreprises doivent aussi jouer leur rôle. Les changements dans leur attitude et dans la façon dont les investissements privés sont dirigés seront au moins aussi importants pour gagner la bataille du climat que l’action directe des pouvoirs publics...
les citoyens ont aussi un rôle à jouer. Une simple ampoule électrique consommant peu d’énergie utilisée à la cuisine n’a peut-être l’air de rien, mais si on la multiplie par 2 millions, les économies sont considérables...
Le pouvoir des électeurs pourrait être tout aussi décisif si les mesures de lutte contre le changement climatique influaient davantage sur leur choix que cela n’est le cas aujourd’hui.
Un changement de cap est encore possible pour chacune de nos sociétés. Au lieu d’être économiquement sur la défensive, faisons preuve d’un plus grand courage politique... Il ne s’agit pas de savoir si ce changement a bien lieu, mais si nous sommes capables de changer nous-mêmes assez vite face à l’urgence de la situation..."
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VII°) LA SITUATION ACTUELLE - plus voir dossier Secrétariat Général
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EN Afrique ... Nous sommes le seul continent qui ne peut pas se nourrir. Nous sommes aussi le seul continent qui n’ait pas connu de révolution verte. Nous avons la terre et les compétences, et je pense que nous devrions réellement nous concentrer sur l’agriculture. Cela créerait non seulement des emplois, mais cela nous donnerait également un sentiment de sécurité...
Je crois que nous sommes en train de faire des progrès. Il y a des jeunes Africains, des jeunes leaders, qui cherchent à prendre les choses en main; qui ne demandent qu’état de droit; qui sont prêts à prendre des risques et contester les gouvernements si les politiques tournent dans une direction qui n’est pas acceptable. Ils n’ont plus peur. Je crois que cela est sain...
Évidemment, il y a les sociétés civiles qui jouent un rôle important aussi, aujourd’hui, en Afrique et cela est nouveau...
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... Je voudrais travailler avec les gouvernements africains et d’autres gouvernements sur la question de la sécurité alimentaire, les encourager à prendre au sérieux l’agriculture et la productivité agricole... Je vais probablement écrire un peu...
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AUX USA ... KA ... a appelé aujourd'hui les Américains à être à l'avant-garde du mouvement pour les droits de l'homme jusque dans la lutte contre le terrorisme et à suivre la voie du multilatéralisme en acceptant notamment l'élargissement du Conseil de sécurité...
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EN Irak ... Je crois que chacun s’accorde sur la nécessité de s’atteler à une tâche essentielle, à savoir la révision de la Constitution... Aujourd’hui, les sunnites ont le sentiment qu’ils sont défavorisés par la Constitution et par le partage des ressources et du reste, et tout le monde a accepté que la Constitution soit révisée...
Kofi Annan a aussi plaidé une nouvelle fois pour l'organisation d'une conférence internationale. « Je suis intimement convaincu que, compte tenu des combats qui ont eu lieu, il est maintenant impossible pour les Iraquiens de trouver une solution par eux-mêmes. Il faut une tierce partie »...
AU Soudan ... à Addis-Abeba ...Pour la première fois, nous avons pu réunir tout le monde, c’est-à-dire les autorités soudanaises et les représentants des membres permanents [du Conseil de sécurité]. Étaient également présents le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Konaré, ainsi que les représentants du Congo, du Gabon, du Nigéria et du Sénégal... nous nous sommes tous retrouvés dans la même salle et sommes convenus d’une démarche... en trois étapes, qu’il nous faut maintenant mettre en œuvre...
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EN Israël et en Palestine - les éléments d'un règlement global de la crise.
D'abord, « deux Etats, Israël et la Palestine, à l'intérieur des frontières reconnues et négociées sur la base de celles du 4 juin 1967. La paix avec les autres voisins d'Israël, c'est-à-dire le Liban et la Syrie. Des relations diplomatiques et économiques normales ».
Cela suppose aussi « qu'Israël et la Palestine fassent de Jérusalem leur capitale internationalement reconnue et garantissent l'accès de tous à leurs lieux saints, quelle que soit leur religion ».
Enfin, il faut trouver une « solution qui respecte le droit des réfugiés palestiniens qui soit cohérente avec la solution des deux Etats et le caractère des Etats de la région »....
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Kofi Annan a prévenu contre la tentation des partisans des Palestiniens de « refuser d'admettre que les opposants d'Israël ont eux-mêmes commis des crimes atroces et inexcusables et qu'aucune résistance à l'occupation ne justifie le terrorisme ». Pire... « une partie de la rhétorique utilisée sous-entend un refus de reconnaître la légitimité même de l'existence d'Israël »....
A Israël et aux partisans d'Israël ... comprendre et reconnaître clairement le grief fondamental exprimé par les Palestiniens, à savoir le fait que la création de l'Etat d'Israël a impliqué la dépossession de centaines de milliers de familles palestiniennes, faisant d'eux des réfugiés et qu'elle a été suivie 19 ans plus tard d'une occupation qui a placé des centaines de milliers d'autres arabes palestiniens sous la domination d'Israël ». ..
« Les actions d'Israël seraient accueillies avec plus de compréhension
si elles visaient clairement à mettre fin à l'occupation plutôt qu'à la consolider »...
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Mais, que les choses soient claires, sur la question de l’embargo ou du refus d’appuyer le Hamas, ce sont les donateurs qui ont indiqué qu’ils ne donneraient pas d’argent et n’apporteraient pas leur appui au Hamas tant que celui-ci ne souscrirait pas aux trois principes suivants:
- acceptation de l’existence d’Israël, - fin des violences et - respect des engagements déjà pris....
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Paix
quelle stratégie
LES TEXTES SOURCE - plus voir la sélection des communiqués de presse des Nations Unies
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/CS8922.doc.htm
221206 CS - hommage à KA - résolution 1733
"... Dans sa résolution ... le Conseil évoque les efforts soutenus entrepris par M. Annan pour apporter des solutions justes et durables aux conflits dans le monde. Il se félicite des réformes qu’il a engagées ainsi que des nombreuses propositions qu’il a présentées pour réformer les Nations Unies afin d’en renforcer le rôle et le fonctionnement..
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10813.doc.htm
221206 KA - CS -
" Sierra Leone ... ceux, parmi nous, qui se rappellent l’angoisse de certains jours de mai 2000 savent très bien que ce n’était pas gagné d’avance. Eh bien, aujourd’hui ce pays illustre parfaitement ce à quoi peuvent parvenir l’ONU et ses États Membres quand ils collaborent étroitement. La situation en Sierra Leone est stable, mais encore fragile.
Le pays
a besoin qu’on continue à l’aider à mettre en place les institutions de l’État
et à assurer leur efficacité, surtout celles qui sont chargées de la sécurité,
des droits de l’homme, de la justice et de la préparation des élections de l’an
prochain, qui seront une étape déterminante de la consolidation de la paix....
Pendant 10 ans, dans mes fonctions de Secrétaire général, je me suis souvent permis quelques critiques à l’égard de cet organe, particulièrement en ce qui concerne sa composition. Je continue d’espérer que celle-ci sera modifiée, car je suis convaincu que s’il devient plus démocratique et représentatif, le Conseil aura une légitimité encore accrue et son autorité sera plus généralement respectée.
Il m’est aussi arrivé parfois de critiquer les décisions du Conseil – ou plutôt, plus souvent, son inaction. Et j’ai essayé, suivant l’excellente recommandation trouvée dans le rapport Brahimi, de dire au Conseil ce qu’il avait besoin de savoir plutôt que ce qu’il avait envie d’entendre.
Je sais cependant que « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales » que vous a confiée la Charte n’est pas une charge facile à supporter...
Et pourtant, les membres du Conseil m’ont généralement écouté de bonne grâce – à un point étonnant, même. Je dois aussi constater que l’efficacité des travaux du Conseil a été considérablement renforcée au cours de mes 10 années de mandat.
Le Conseil nous a confié des mandats plus cohérents, plus « musclés » lorsqu’il le fallait, et, plus souvent qu’avant, assortis de ressources à peu près adéquates. Ses membres s’attachent davantage au suivi de leurs décisions, exigeant, de moi et de mes collègues des missions qu’ils ont créées, que nous lui présentions des rapports circonstanciés, et se rendant même parfois sur place pour voir directement ce qui s’y passe.
D’autre part, le Conseil a adopté de très importantes résolutions sur certaines questions –je pense en particulier à sa résolution1325 sur le rôle des femmes– et, d’une manière générale, il est plus conscient de la nécessité d’empêcher les conflits, plutôt que d’attendre qu’ils aient éclaté pour réagir.
Quelques expériences amères nous ont appris à tous que nous ne pouvons pas nous permettre de croire les gouvernements sur parole lorsqu’ils nous assurent que tout va pour le mieux dans leur pays, ou qu’ils ont la situation bien en main.
Nous avons aussi appris qu’il faut que le Conseil soit pleinement renseigné sur tout ce qui touche aux droits de l’homme, car les violations caractérisées de ces droits ne se produisent pas seulement pendant les conflits mais en sont souvent un signe avant-coureur.
Il n’y a vraiment pas lieu de nous croire au bout de nos peines... la situation au Moyen-Orient est toujours aussi précaire et explosive. J’espère de toutes mes forces que nous sommes enfin près de réussir à arracher le peuple du Darfour au sort épouvantable qui est le sien actuellement... Mais nous avons été si souvent déçus que nous ne pouvons compter sur rien.
Ce que je sais, c’est que le Conseil, secondé habilement par mon successeur, continuera de s’occuper de ces crises, et de beaucoup d’autres encore. Cela dit, il n’y a pas non plus de quoi désespérer. Il arrive souvent qu’une situation se dégrade de manière saisissante, mais les progrès, eux, se font généralement petit à petit.
De nombreux conflits ont trouvé une issue pacifique. Beaucoup ont au moins été maîtrisés... Et je suis convaincu, bien que ce soit bien plus difficile à prouver, que beaucoup d’autres ont été empêchés.
Quoi qu’il arrive, le devoir sacré et la mission exaltante de cette Organisation demeurent les mêmes, il faut « préserver les générations futures du fléau de la guerre ». Ce fut un honneur pour moi de participer avec vous à la poursuite de cet objectif, dans les moments de réussite comme dans l’échec.
Je me dételle maintenant de cette tâche, avec soulagement mais non sans regret. Et je souhaite de tout mon cœur que vos réussites ne cessent de se multiplier.
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=13388&Cr=annan&Cr1=ONU
191206 KA - dernière conférence de presse
"... Les Nations Unies sont les Nations Unies qui ont coordonné les secours après le Tsunami, après le tremblement de terre au Cachemire, les Nations Unies qui ont lutté pour l'égalité et pour la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), celles qui luttent pour la dignité humaine et les droits de tous ».... Je voudrais aussi citer les travaux sur les maladies infectieuses, du VIH/SIDA à ceux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la grippe aviaire...
Interrogé sur « les meilleurs et les pires moments » de ses deux mandats....
d'abord ...
« le travail accompli sur les droits de l'homme et l'approbation par les Etats membres de la responsabilité de protéger ».
En deuxième lieu... « je citerai
notre lutte pour l'égalité, notre détermination à faire en sorte que l'inégalité entre Etats et au sein des Etats soit réduite et à faire comprendre qu'un monde où coexistent l'extrême pauvreté et des richesses immenses n'est pas durable ».
Troisièmement, le Secrétaire général s'est félicité d'avoir « aussi fait des Nations Unies
une organisation travaillant véritablement en partenariat ». « Parce que depuis le début j'ai compris que nous ne pouvons pas tout faire, et que nous devons savoir ce que nous faisons le mieux et ce que les autres font mieux »... « J'ai aussi ouvert l'organisation au secteur privé, aux fondations, aux universités et à la société civile, ce qui a permis d'étendre nos activités »...
S'agissant du pire moment, Kofi Annan a cité « bien sûr »,
« la guerre en Iraq ». « Nous n'avons pas pu l'arrêter. J'ai vraiment fait tout ce que j'ai pu pour voir si on pouvait l'empêcher ».... « L'autre moment terrible a été
la perte de nos collègues à Bagdad, qui a été une souffrance pour nous tous et pour moi personnellement », a-t-il ajouté. « C'étaient plus que des collègues, c'étaient de vrais amis. Je crois que rien ne m'a atteint autant, après la perte de ma soeur jumelle »...
Troisième sur la liste des mauvais moments :
« Pétrole contre nourriture et la façon dont cela a été exploité pour saper l'Organisation »...
Mais lorsque les historiens se pencheront sur les archives, il trouveront que 'oui', il y a eu mauvaise gestion et que plusieurs membres du personnel en ont été responsables, mais que le scandale, s'il y en a eu un, s'est trouvé parmi les capitales et les 2.200 entreprises qui ont passé des contrats avec Saddam dans notre dos »...
« Il s'agissait d'un programme très spécial dont nous avons été chargé »...
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=13390&Cr=iran&Cr1=annan
191206 KA - dernière conférence de presse
"... Revenant sur le dossier iraquien, le Secrétaire général a estimé que « tout le monde pouvait tirer des leçons de l'Iraq ». « Ceux qui ont participé à la guerre, mais également ceux qui en ont conçu les plans et ceux qui l'ont appuyée au sein du Conseil mais qui n'ont pas obtenu d'approbation »... « J'espère que la prochaine fois que nous ferons face à une menace grave contre la paix et la sécurité, les puissances en question attendront l'aval du Conseil.
Comme je l'ai toujours dit, un pays a le droit de se défendre lorsqu'il est menacé, mais lorsqu'il s'agit d'une menace plus large qui concerne la communauté internationale, il n'y a que le Conseil de sécurité qui dispose de la légitimité nécessaire pour autoriser des actions militaires »....
Kofi Annan a aussi plaidé une nouvelle fois pour l'organisation d'une conférence internationale.
« Je suis intimement convaincu que, compte tenu des combats qui ont eu lieu, il est maintenant impossible pour les Iraquiens de trouver une solution par eux-mêmes. Il faut une tierce partie »...
la gravité du conflit israélo-palestinien dont « les conséquences vont bien au-delà de la région où il se produit et touche un grand nombre de personnes ». « Je suis encouragé de constater que récemment, beaucoup ont dit qu'il était nécessaire de redoubler d'efforts et de faire une nouvelle tentative pour régler cette situation. Mais pour cela, il faut que les Palestiniens puissent se mettre d'abord d'accord entre eux et ensuite, on pourra avancer »...
Sur la question nucléaire iranienne et israélienne... « Un grand nombre de gouvernements de la région ont indiqué qu'ils allaient étudier la possibilité de construire des installations nucléaires à des fins énergétiques. Je crains donc que l'on assiste à une concurrence entre tous les pays pour construire ce genre d'infrastructure, mais il faut éviter de se trouver dans ce genre de situation dans la région », a-t-il affirmé. « C'est pourquoi le travail de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité dans le domaine de la non-prolifération est particulièrement important »...
Sur les relations entre Israël et la Syrie, alors que ce pays a indiqué être « prêt à négocier », le Secrétaire général a rappelé que « pour négocier, il faut être à deux ». J'espère que grâce au nouvel intérêt suscité par les événements dans la région, on arrivera à un processus axé sur le volet israélien, palestinien, syrien et libanais, a-t-il affirmé, rappelant les propositions qu'il a faites dans son dernier rapport sur la question (dépêche du 12.12.06).
Sur les relations entre la Syrie et le Liban, Kofi Annan a redit « qu'il faudrait une normalisation des relations diplomatiques entre ces deux pays». « Cela fait partie du programme d'action que les deux gouvernements ont accepté d'établir, il nous faut donc continuer à faire pression sur eux pour qu'ils le fassent »...
Répondant à une question sur l'Alliance des civilisations, Kofi Annan a rappelé que
« certains des conflits auxquels nous assistons montrent que ce n'est pas toujours la religion qui est au coeur des problèmes ». « Il s'agit souvent plutôt de différences politiques ou autres qui font que les gens prennent les armes. La raison n'en est pas forcément les croyances, les convictions religieuses. Dans certains cas certes, la religion peut être en cause, mais la plupart du temps, il s'agit plutôt de crises politiques »...
« Dans l'univers mondialisé d'aujourd'hui, nous vivons tous en fait dans la même civilisation », a-t-il insisté. « Il y a parfois des différences, nous avons tous des identités différentes : on peut être ghanéen, musulman, chrétien. Cette variété existe à travers le monde, mais lorsque l'on voit la direction que prend le monde, il faut insister sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise ». « Je crois que c'est la seule chose que l'on peut faire, rien de plus »...
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/AG10556.doc.htm
141206 AGNU 61 - hommage à KA
"... Les États Membres ont ainsi exprimé leur « profonde gratitude » au Secrétaire général « pour les réformes qu’il a entreprises et les nombreuses propositions qu’il a formulées afin de permettre à l’Organisation de mieux faire face aux défis majeurs de notre temps » et l’ont salué « pour sa contribution exceptionnelle à la paix et à la sécurité internationales ainsi que ses efforts remarquables pour le renforcement du système des Nations Unies, la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, en vue d’un monde meilleur »...
SHEIKHA HAYA RASHED AL KHALIFA, Présidente de l’Assemblée générale, a noté qu’en adoptant la résolution (A/61/L.48/Rev.1), l’Assemblée générale avait rendu hommage à Kofi Annan, l’un des plus célèbres fils de l’Afrique, qui a mis en place le cadre d’une réforme de grande envergure pour que l’ONU soit plus pertinente pour tous les peuples du monde.
Elle a rappelé qu’il avait guidé les Nations Unies vers le XXIe siècle et avait, à juste titre, reçu le prix Nobel de la paix en 2001 en même temps que l’Organisation.
Au titre de ses réalisations majeures, elle a noté que l’Organisation des Nations Unies comprenait mieux aujourd’hui, ce qu’étaient ses objectifs et ses priorités, c’est-à-dire la paix et la sécurité, le développement, les droits de l’homme et l’état de droit.
Elle a aussi relevé qu’on disposait maintenant, grâce aux Objectifs du Millénaire pour le développement, d’un programme d’action pour éradiquer la pauvreté et atteindre le but d’un monde plus juste pour tous, notamment pour l’Afrique.
Enfin, une autre des contributions durables de Kofi Annan a été de montrer l’interdépendance qui existe entre les défis mondiaux d’aujourd’hui...
SHEIKHA HAYA RASHED AL KHALIFA, Présidente de l’Assemblée générale, a félicité M. Ban Ki-moon pour sa nomination en qualité de Secrétaire général de l’ONU, exprimant sa confiance en son discernement, sa détermination et son intégrité. M. Ban Ki-moon a déjà fait part de son engagement à diriger l’Organisation avec dynamisme et à travailler dans la transparence et la souplesse avec les États Membres.
En tant que Présidente de l’Assemblée générale, a assuré Sheikha Al Khalifa, je suis prête à collaborer avec Ban Ki-moon sur les trois priorités qu’il a énoncées: poursuivre la réforme du Secrétariat; restaurer la confiance entre États Membres, le Secrétariat et le grand public; et renforcer la capacité des Nations Unies à mettre en œuvre son mandat à travers l’harmonisation du travail de ses différentes composantes.
L’an prochain, nous pourrons entamer une ère nouvelle en travaillant plus étroitement dans un esprit de collaboration et de confiance mutuelle, a-t-elle assuré..."
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10800.doc.htm
141206 AGNU / KA - réponse à l’hommage que lui a rendu l’Assemblée générale
"... Nous avons certes connu bien des difficultés et quelques échecs au cours de cette dizaine d’années, mais cela ne nous a pas empêchés d’accomplir beaucoup de choses dont je suis fier.... l’ONU s’est refondue et a redressé la barre.
Elle est devenue plus transparente, le principe de responsabilité effective y est mieux appliqué et elle est plus prompte à réagir ou à s’adapter. Elle s’occupe mieux des habitants de la planète entière. Elle a regardé en face les nouvelles menaces qui pèsent sur le monde, de même que celles auxquelles nous sommes devenus habitués.
L’Organisation a également assimilé le principe selon lequel développement, sécurité et droits de l’homme allaient de pair – il ne peut y avoir de sécurité sans développement et vice-versa, et, à long terme, aucun des deux ne peut durer s’ils n’ont pas comme appuis l’état de droit et le respect des droits de l’homme.
C’est tout d’abord à vous, les États Membres, que nous devons ces changements. Vous avez fixé les orientations de l’Organisation, vous avez cru en sa mission, et c’est grâce à vous que de profondes réformes ont pu être réalisées.
Je tiens aussi à remercier les hommes et les femmes absolument exceptionnels qui mettent leurs compétences et leurs qualités au service de l’Organisation... C’est sur eux que je me suis appuyé, c’est eux qui méritent vos compliments, et je ne peux que les remercier.
Pour moi, en tant que personne ... Pendant toutes ces années, je me suis nourri de leur amitié, ce bien qui m’est si cher et que j’emporte avec moi dans ma nouvelle vie. Je pars avec la conviction que l’ONU en fait plus que jamais, mieux que jamais. Et pourtant, votre tâche est loin d’être achevée – et d’ailleurs, elle ne le sera jamais....
Monsieur Ban, permettez-moi de vous féliciter une fois encore de votre nomination...; je ne prends pas de risques en vous affirmant que vos années les plus gratifiantes sont encore devant vous. Je vous souhaite d’avoir à la fois la force et le courage nécessaires pour qu’elles soient le plus réussies possible..."
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=13351&Cr=Moyen&Cr1=annan
121206 KA - CS - Débat sur le Moyen Orient
"... « Il nous faut d'urgence un nouvel élan pour la paix », a souligné Kofi Annan, avant de rappeler
les éléments d'un règlement global de la crise.
D'abord, « deux Etats, Israël et la Palestine, à l'intérieur des frontières reconnues et négociées sur la base de celles du 4 juin 1967. La paix avec les autres voisins d'Israël, c'est-à-dire le Liban et la Syrie. Des relations diplomatiques et économiques normales ».
Cela suppose aussi « qu'Israël et la Palestine fassent de Jérusalem leur capitale internationalement reconnue et garantissent l'accès de tous à leurs lieux saints, quelle que soit leur religion ».
Enfin, il faut trouver une « solution qui respecte le droit des réfugiés palestiniens qui soit cohérente avec la solution des deux Etats et le caractère des Etats de la région »....
Kofi Annan a prévenu contre la tentation des partisans des Palestiniens de « refuser d'admettre que les opposants d'Israël ont eux-mêmes commis des crimes atroces et inexcusables et qu'aucune résistance à l'occupation ne justifie le terrorisme ». Pire... « une partie de la rhétorique utilisée sous-entend un refus de reconnaître la légitimité même de l'existence d'Israël »....
« Aujourd'hui les Israéliens sont souvent confrontés à des paroles et des actions qui paraissent confirmer leur peur que l'objectif de leurs adversaires est d'annihiler leur existence en tant qu'Etat et en tant que peuple »...
A Israël et aux partisans d'Israël,
le Secrétaire général a dit qu'ils ne pourraient faire changer le comportement des Palestiniens, des Arabes et Musulmans qu'à condition « de
comprendre et reconnaître clairement le grief fondamental exprimé par les Palestiniens, à savoir le fait que la création de l'Etat d'Israël a impliqué la dépossession de centaines de milliers de familles palestiniennes, faisant d'eux des réfugiés et qu'elle a été suivie 19 ans plus tard d'une occupation qui a placé des centaines de milliers d'autres arabes palestiniens sous la domination d'Israël ».
« Israël est à juste titre fier de sa démocratie et de ses efforts pour édifier une société fondée sur le respect de l'Etat de droit. Mais la démocratie israélienne ne peut prospérer que si l'occupation d'un autre peuple prend fin »...
« Je reconnais avec Israël et ses partisans qu'il existe une différence -- morale comme juridique -- entre d'une part des terroristes qui visent délibérément des civils et d'autre part des soldats d'une armée régulière qui, dans le cadre d'une opération militaire, tuent ou blessent non intentionnellement des civils malgré les efforts pour éviter ces victimes »...
« Mais plus le nombre de victimes civiles croît, et plus le caractère purement formel de ces précautions s'accentue, et plus la différence s'amenuise »...
Le Secrétaire général a aussi rappelé que malgré la reconnaissance par la plupart des politiciens israéliens de la nécessité de mettre fin à l'occupation, des centaines de milliers d'Israéliens vivent encore dans les territoires occupés en 1967 et qu'un millier s'y ajoute chaque mois. ...
« Témoins de cette activité, les Palestiniens voient aussi une barrière se construire sur leur territoire en contravention de l'Avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) et sont soumis à plus de 500 points de contrôle régissant leurs mouvements, ainsi qu'à la présence de l'armée israélienne »...
« Les actions d'Israël seraient accueillies avec plus de compréhension si elles visaient clairement à mettre fin à l'occupation plutôt qu'à la consolider »...
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10793.doc.htm 111206 KA - Independence - Missouri
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=13345&Cr=annan&Cr1=ONU
111206 KA - bibliothèque présidentielle Harry Truman - ville d'Independence - Missouri
"...
a appelé aujourd'hui les Américains à être à l'avant-garde du mouvement pour les droits de l'homme jusque dans la lutte contre le terrorisme et à suivre la voie du multilatéralisme en acceptant notamment l'élargissement du Conseil de sécurité...
Rappelant les cinq leçons qu'il a apprises aux Nations Unies...
« La première leçon est que dans le monde d'aujourd'hui la sécurité de chacun d'entre nous est liée à celle de tous »...
« C'est encore beaucoup plus vrai aujourd'hui, dans un monde ouvert, un monde où des armes meurtrières peuvent être obtenues non seulement par des États hors la loi, mais aussi par des groupes extrémistes ; un monde où le SRAS, ou la grippe aviaire, peut franchir des océans, à plus forte raison des frontières nationales, en quelques heures ; un monde où des États faillis au coeur de l'Asie ou de l'Afrique peuvent devenir le refuge de terroristes ; un monde où même le climat change de telle manière que la vie de tous les habitants de la planète en pâtira »...
La deuxième leçon est que « nous pouvons et nous devons mettre la prospérité du monde à la disposition de tous »
car « la solidarité mondiale est à la fois nécessaire et possible ». « Elle est nécessaire parce que, sans une certaine solidarité, aucune société ne connaît de stabilité véritable et personne ne peut vivre dans une prospérité durable.
Ce principe est valable pour les sociétés nationales, comme l'ont appris les grandes démocraties industrielles au XXe siècle, mais également pour l'économie de marché mondiale de plus en plus intégrée dans laquelle nous vivons aujourd'hui »... « Il n'est pas réaliste de penser que certains peuvent continuer de tirer de grands profits de la mondialisation, tandis que des milliards de leurs frères humains végètent, ou sont jetés, dans une misère absolue »...
Troisièmement, ... « la sécurité et la prospérité reposent sur le respect des droits de l'homme et la primauté du droit ».
« C'est la raison pour laquelle, par le passé, l'Amérique a été à l'avant-garde du mouvement mondial pour les droits de l'homme. Mais, pour ce pays, la seule manière de rester en tête sera de se montrer fidèle à ses principes, jusque dans la lutte contre le terrorisme »...
« Il faut également que les États respectent les règles tant dans leurs relations mutuelles qu'à l'égard de leurs citoyens...
Le recours à la force, en particulier à la force militaire, n'est considéré comme légitime par le reste du monde que lorsque celui-ci est convaincu que cette force est employée à bon escient, pour atteindre des objectifs communs, dans le respect des normes acceptées de tous »...
Quatrièmement... « les États sont responsables les uns devant les autres, mais ils le sont aussi devant un large éventail d'acteurs non étatiques ».
« Le cinquième... découle inévitablement des quatre précédents. Tous ces objectifs, nous ne pouvons les réaliser qu'en agissant ensemble dans le cadre du multilatéralisme et en tirant le meilleur parti de l'instrument unique que Harry Truman et ses contemporains nous ont légué : l'ONU »...
« En fait, c'est seulement par l'intermédiaire des institutions multilatérales que les États peuvent être comptables les uns devant les autres.
Il importe donc au plus haut point que ces institutions fonctionnent de façon juste et démocratique et qu'elles permettent aux pauvres et aux faibles d'exercer un peu d'influence sur les riches et les forts »...
Ce principe s'applique, selon Kofi Annan, aux institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et le FMI. « Il s'applique aussi au Conseil de sécurité, dont la composition reflète le monde tel qu'il était en 1945, pas celui d'aujourd'hui », ...
« C'est la raison pour laquelle j'ai continué à pousser la réforme du Conseil. Cette réforme met en jeu deux questions distinctes.
La première consiste à accueillir de nouveaux membres, sur une base permanente ou pour une longue durée, afin d'élargir la représentation de régions du monde dont la voix n'est pas suffisamment entendue »...
« La seconde question, peut-être plus importante encore que la première, est que tous les membres du Conseil, notamment les grandes puissances qui sont membres permanents, doivent accepter la responsabilité particulière qui accompagne le privilège qu'ils détiennent.
Le Conseil de sécurité n'est pas seulement une instance de plus dans laquelle on exprime des intérêts nationaux. C'est en quelque sorte le Comité directeur de notre système de sécurité collective encore embryonnaire »...
Citant le président Truman, le Secrétaire général a conclut en rappelant que « la responsabilité des grands États est de servir les peuples du monde, pas de les dominer »...
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=13337&Cr=droits&Cr1=annan
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=13338&Cr=CDH&Cr1=annan
081206 HRW / KA - Journée internationale des droits de l’homme
"... réunion organisée par Human Rights Watch à l'occasion de la Journée internationale des droits de l’homme de l'homme au Time-Warner Center à New York (dépêche du 08.12.06)...."
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10788.doc.htm
081206 KA / HRW - Journée internationale des droits de l’homme
"... Je ne sais pas jusqu’à quel point nous avons su faire coïncider la réalité de l’ONU avec ma conception des droits de l’homme, troisième pilier de l’Organisation, au même titre que le développement ou la paix et la sécurité... il faut avancer dans ces trois domaines ou pas du tout.
En vérité... La pauvreté demeure à la fois la source et la conséquence de violations des droits de l’humanité. C’est pourquoi, si nous voulons vraiment éliminer la misère, il nous faut aussi lutter pour faire respecter la dignité humaine, et inversement...
Je propose donc que nous essayions ce matin d’analyser tous ensemble ce qu’il faudra faire en fait.
En premier lieu, nous devons donner un sens véritable à la notion de « responsabilité de protéger »...
cette notion capitale – qui signifie essentiellement que le respect de la souveraineté nationale ne peut plus servir d’excuse à l’inaction face au génocide, aux crimes de guerre, au nettoyage ethnique et à d’autres crimes contre l’humanité.
Un an plus tard, pourtant, il semble, à en juger par ce qui se passe au Darfour, que nous n’ayons pas beaucoup progressé depuis les désastres de la Bosnie et du Rwanda...
La tragédie du Darfour sévit depuis plus de trois ans maintenant et des récits de centaines de villages détruits et de traitement brutal de civils, jusque dans les pays voisins, ne cessent de nous arriver.
Comment une communauté internationale qui prétend faire respecter les droits de l’homme peut-elle tolérer que ces horreurs continuent? Il y a amplement de quoi blâmer les uns et les autres :
- ceux qui donnent plus de valeur à la notion abstraite de souveraineté qu’aux vies de familles réelles,
- ceux qu’un réflexe de solidarité place aux côtés des gouvernements et non des gens, et
- ceux qui craignent que toute intervention pour mettre fin au massacre ne mette en danger leurs intérêts commerciaux.
- À la vérité, aucun de ces arguments ne saurait excuser, moins encore justifier, la passivité honteuse de la plupart des gouvernements.
Nous n’avons pas encore trouvé en nous le sentiment collectif d’urgence qui nous pousserait à agir.
Certains gouvernements ont tenté d’obtenir l’appui du monde du Sud avec une caricature de la responsabilité de protéger, qu’ils présentent comme une conspiration des puissances impérialistes pour reprendre la souveraineté nationale, si durement acquise par les anciennes colonies. C’est absolument faux.
Nous devons faire mieux. Nous devons exiger la responsabilité de protéger en norme internationale puissante, qui ne sera pas seulement citée mais mise en pratique partout et chaque fois qu’il le faut.
Avant tout, il ne faut pas attendre pour agir qu’il y ait effectivement un génocide: il est alors souvent trop tard pour intervenir efficacement.
Il y a deux ans, j’ai annoncé un plan d’action pour la prévention du génocide et j’ai nommé un conseiller spécial pour m’aider à le mettre en œuvre. Ce qu’il fait est extrêmement précieux mais beaucoup reste à faire. J’espère que mon successeur reprendra le flambeau et que les États Membres le soutiendront.
En deuxième lieu, nous devons mettre fin à l’impunité.
Nous avons fait des progrès en tenant certains pour responsables des crimes les plus graves de l’humanité. La création de la Cour pénale internationale, les travaux des tribunaux de l’ONU pour la Yougoslavie et le Rwanda, les tribunaux mixtes en Sierra Leone et au Cambodge et les diverses commissions d’experts et d’enquêtes proclament la volonté de la communauté internationale de ne plus laisser de tels crimes impunis.
Et pourtant c’est encore ce qui se passe. Mladic et Karadzic et les chefs de l’Armée de résistance du Seigneur –pour n’en nommer que quelques-uns– sont encore en liberté. Si ces individus inculpés de crimes de guerre ne sont pas traduits en justice, rien ne dissuadera ceux qui voudront les imiter.
D’aucuns disent qu’il faut parfois sacrifier la justice dans l’intérêt de la paix. J’en doute. Nous avons vu en Sierra Leone et dans les Balkans que la justice est au contraire une composante essentielle de la paix.
De fait, elle contribue souvent à une paix durable en enlevant toute légitimité aux individus qui représentent la menace la plus grave et en les poussant dans la clandestinité.
C’est la raison pour laquelle il ne doit jamais y avoir d’amnistie pour le génocide, les crimes contre l’humanité et les violations massives des droits de l’homme, ce qui ne ferait qu’encourager les auteurs des massacres d’aujourd’hui – et les auteurs potentiels des massacres de demain – à poursuivre leur œuvre vicieuse.
En troisième lieu, nous avons besoin d’une stratégie antiterroriste dans laquelle les droits de l’homme n’inspirent pas seulement un attachement de pure forme mais sont véritablement le fondement de l’action.
Tous les États ont convenu l’an dernier que « le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constitue l’une des menaces les plus sérieuses contre la paix et la sécurité ». Ils avaient raison. Le terrorisme est en soi une atteinte aux droits de l’homme les plus fondamentaux, en commençant par le droit à la vie. Or,
ils ne peuvent s’acquitter de cette obligation en violant eux-mêmes les droits de l’homme, ce qui revient à renoncer à leur autorité morale et à faire le jeu des terroristes.
C’est pourquoi les prisons secrètes n’ont pas de place dans notre lutte contre le terrorisme et que tous les lieux de détention des individus suspectés de terrorisme doivent être accessibles au Comité international de la Croix-Rouge. S’ils ne se montrent pas à la hauteur de leurs principes, les grands défenseurs des droits de l’homme amoindrissent l’influence qu’ils peuvent exercer.
Nous devons lutter contre le terrorisme en conformité avec le droit international, avec ses dispositions qui interdisent la torture et les traitements inhumains et avec celles qui donnent à toute personne détenue contre son gré le droit à une procédure régulière et au jugement d’un tribunal.
Si nous adoptons pour politique de faire des exceptions à ces règles et d’excuser des violations, aussi limitées fussent-elles, nous nous engageons sur une pente glissante. C’est en haut qu’il faut placer la barre et non à mi-chemin et c’est en haut qu’il faut la défendre.
En quatrième lieu, ne nous contentons pas de grandes déclarations de principes. Nous devons nous employer à faire des droits de l’homme une réalité dans chaque pays.
Bien sûr, protéger et promouvoir les droits de l’homme relève avant tout de la responsabilité nationale.
Chaque État Membre de l’Organisation peut puiser dans sa propre histoire pour définir sa manière de respecter les droits universels.
Beaucoup d’États pourtant ont besoin d’aide dans ce domaine et le système des Nations Unies a un rôle vital à jouer.
Au cours des 10 dernières années, l’ONU a rapidement étendu ses capacités de maintien de la paix, de développement et d’assistance humanitaire, mais notre capacité de protéger et de promouvoir les droits de l’homme doit rattraper son retard.
Les dirigeants mondiaux l’ont reconnu au Sommet de l’an dernier. Ils ont décidé de doubler le budget du Haut Commissariat aux droits de l’homme sur les cinq années à venir, grâce à quoi il se développe rapidement, ce qui aide les États à renforcer leurs capacités, leur apportant une assistance technique le cas échéant et portant les situations d’urgence à l’attention de la communauté internationale. Dans certains pays, en Colombie et au Népal par exemple, ses missions de surveillance contribuent pour beaucoup à la solution des conflits.
Néanmoins, le Haut Commissariat est encore loin d’avoir la capacité d’apporter l’assistance nécessaire. J’espère que la qualité de son travail convaincra les États Membres d’autoriser de nouveaux accroissements de son budget dans les années à venir.
En attendant, il nous faut réaliser la promesse du Conseil des droits de l’homme qui, pour l’instant, est encore loin de répondre aux attentes de beaucoup d’entre nous.
Il est encourageant bien sûr que le Conseil ait maintenant décidé de tenir la semaine prochaine une session extraordinaire sur le Darfour. Envers et contre tout, j’espère qu’il trouvera un moyen efficace de régler ces questions brûlantes.
Je suis préoccupé néanmoins par l’importance disproportionnée qu’il accorde aux violations perpétrées par Israël. Non qu’il faille donner carte blanche à Israël. Loin de là. Mais le Conseil devrait accorder la même attention aux violations graves perpétrées par d’autres États.
Je m’inquiète aussi du fait que certains membres du Conseil tentent d’affaiblir ou abolir le dispositif des procédures spéciales, un mécanisme d’enquête indépendante sur des catégories de violations spécifiques ou sur la situation de pays précis.
Les procédures spéciales sont le joyau du système. Dans le droit fil de l’action de la Haut-Commissaire et de son équipe, elles fournissent les analyses et les appréciations indépendantes indispensables pour protéger efficacement les droits de l’homme. Elles ne doivent pas être politisées ou soumises au contrôle des gouvernements.
Face aux violations commises partout dans le monde, le mandat du Conseil devrait au contraire être élargi.
Autrement dit, l’examen périodique de la situation des droits de l’homme dans tous les pays, auquel le Conseil va s’atteler l’année prochaine, doit aller au-delà de ce que font déjà les organes conventionnels.
Bien entendu, cet examen universel ne dispensera pas de se pencher sur la situation de pays précis.
De nombreux pays continueront d’avoir besoin d’une assistance technique, de mécanismes de suivi internes ou des deux, et certains mériteront d’être condamnés. Les atteintes aux droits de l’homme ne sont pas des abstractions sur papier. Elles sont commises par des gens réels, contre des victimes réelles, dans des pays précis.
Le monde a besoin d’un organe intergouvernemental qui s’occupe des droits de l’homme. Et il a besoin d’un organe intergouvernemental qui fonctionne. Mais il faut pour cela que chacun y mette du sien.
Tous les États qui épousent véritablement la cause des droits de l’homme, partout dans le monde, doivent œuvrer ensemble pour transcender la défense d’intérêts étroits et faire en sorte que le Conseil des droits de l’homme soit à la hauteur de ses promesses. Nous tenons là une occasion historique – et l’Histoire sera sans indulgence si nous la laissons passer...
Nous devons aussi nous demander qui va agir. Qui va pouvoir nous aider? Qui va exiger que les principes soient traduits en actes?
Premièrement, je compte sur l’Afrique, qui doit montrer l’exemple.
Les nombreux conflits qui déchirent le continent africain s’accompagnent invariablement de violations massives des droits de l’homme. Si l’Afrique ne se rallie pas au principe de l’inviolabilité des droits de l’homme, sa lutte pour la sécurité et le développement est vouée à l’échec.
Comme je l’ai dit quand je me suis adressé pour la première fois aux chefs d’État africains à Harare en 1997, considérer le respect des droits de l’homme comme un diktat du monde industrialisé ou comme un luxe de pays riches pour lequel l’Afrique n’est pas prête, c’est fouler aux pieds l’aspiration à la dignité qui gît dans le cœur de chaque Africain.
Les droits de l’homme sont également par définition les droits des Africains. La première priorité de tout gouvernement africain devrait être de garantir l’exercice effectif de ces droits pour tous.
Des héros sud-africains comme Nelson Mandela et Desmond Tutu ont ouvert la voie. L’Union africaine a été l’une des premières organisations internationales à proclamer la responsabilité de protéger en inscrivant dans son Acte constitutif « le droit de l’Union d’intervenir dans un État membre […] dans certaines circonstances graves, à savoir les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ». Elle a également essayé avec plus d’énergie que quiconque d’appliquer ce principe au Darfour et d’amener l’ex-dictateur tchadien Hissène Habré devant les tribunaux.
Ces progrès sont encourageants, mais il faut aller beaucoup plus loin. En fait, de nombreux pays africains demeurent rétifs au principe de la responsabilité de protéger. Beaucoup, même parmi les plus démocratiques, rechignent encore à jouer leur rôle au sein du Conseil des droits de l’homme en dénonçant toutes les violations, d’où qu’elles viennent. Ils peuvent, et doivent, en faire davantage.
Deuxièmement, je compte sur le pouvoir croissant des femmes –
ce qui signifie que nous devons accorder la priorité aux droits des femmes.
Les droits égaux des hommes et des femmes, promis dans la Charte des Nations Unies il y 61 ans, sont encore loin d’être une réalité.
L’ONU peut et doit être plus présente aux côtés des femmes dans leur combat pour l’égalité, et elle devra pour ce faire renforcer son architecture dans le sens de la parité hommes-femmes. J’encourage vivement les États Membres à faire de cette question une vraie priorité.
Et troisièmement, je compte sur la société civile –c’est-à-dire sur vous
Nous avons besoin de militants dévoués et de défenseurs des droits de l’homme énergiques capables d’interpeller les gouvernements. Les pays doivent être jugés à l’aune de leurs engagements et répondre de leurs actes devant leurs citoyens et les autres membres de la communauté internationale.
Mais, Dieu merci, les ONG de défense des droits de l’homme se sont multipliées dans les 10 dernières années. Elles sont maintenant quelque 26 000 dans le monde, avec des domaines d’intérêt qui vont de la traite à la torture, en passant par le VIH/sida et les droits des enfants et des migrants.
Cette communauté est pour l’ONU et ses États Membres un partenaire essentiel dans son combat pour les droits de l’homme. Sans les renseignements que vous collectez, les organes conventionnels seraient impuissants. Sans vos coups de projecteur, les violations resteraient ignorées.
En contrepartie, nous devons tout mettre en œuvre pour vous protéger contre le harcèlement, l’intimidation et les représailles, afin que vous puissiez poursuivre votre indispensable travail.
Chers amis,
Tout au long de mon mandat, j’ai surtout voulu faire de l’ONU une organisation qui sert les gens, qui les traite comme des gens – c’est-à-dire comme des êtres humains et non comme des abstractions ou de simples éléments des États.
Je sais bien sûr que l’être humain n’existe pas dans le vide. L’homme est un animal politique et social. Chaque homme, chaque femme se définit en termes d’appartenance à un groupe. C’est pourquoi les droits de l’homme doivent toujours inclure le droit pour chacun d’exprimer son identité collective, un droit particulièrement important pour les minorités.
Reste qu’aucune identité ne peut se résumer à l’appartenance à un groupe spécifique, qu’il soit ethnique, national, religieux ou autre. Chaque individu est le produit d’une combinaison unique de caractéristiques qui constituent sa personnalité. Et c’est cet individu dont les droits doivent être préservés et protégés.
Veiller à ce qu’il en soit ainsi est au cœur même de la mission de l’ONU. De toutes nos tâches, c’est celle qu’il est le plus risqué de laisser aux mains des gouvernements ou d’une organisation purement intergouvernementale.
Là plus que partout ailleurs, l’ONU a besoin d’esprits libres comme les vôtres pour saisir le flambeau et demander des comptes aux dirigeants mondiaux et à l’ONU.
C’est pourquoi, chers amis, lorsque je dis que l’avenir du combat de l’ONU en faveur des droits de l’homme est entre vos mains, ce n’est pas une simple façon de parler..."
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/IHA1243.doc.htm
301106 KA / HBAH - Lancement de l’Appel humanitaire de 2007 pour 27 millions de personnes dans 29 Pays
Les Appels consolidés, comme celui que nous lançons aujourd’hui, offrent beaucoup d’avantages aux donateurs...
Ils évitent les doubles emplois, puisque tous les acteurs du système de l’ONU y sont représentés, ainsi que les ONG, le Croissant-Rouge et la Croix-Rouge. Les contributions s’y font de manière transparente et l’usage qui est fait des fonds est aisément vérifiable sur le site Web créé à cet effet, et qui est accessible à tous.
Les Appels consolidés ont aussi l’avantage d’être efficaces... ils permettent aux agences et organismes d’aide de travailler en étroite collaboration et coordination dans des délais réalistes répondant aux besoins des populations.
Complétés par le nouveau Fonds central d’intervention d’urgence, les Appels consolidés sont un des moyens les plus efficaces dont dispose la communauté internationale pour soutenir la promotion d’un monde plus équitable, sain et prospère...
Tout au long de mes deux mandats, j’ai été chagriné que les donateurs n’aient, en moyenne, versé que deux tiers des montants que nous leur demandions pour venir en aide aux personnes et groupes dans le besoin.
Parfois, des populations dans le besoin n’ont pas pu recevoir l’aide dont elles avaient cruellement besoin du fait de l’insuffisance ou de l’absence des fonds nécessaires... bien que nous ayons eu les moyens et les ressources nécessaires, nous avons pêché par manque de volonté, de vision et de cœur », a averti le Secrétaire général.
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10752.doc.htm
211106 KA - Genève - Conférence de presse
"... Le Secrétaire général: ... vous, ici, à Genève accomplissez un travail absolument essentiel pour l’Organisation et aussi pour la communauté internationale, en vous occupant notamment des droits de l’homme, des questions humanitaires, des questions concernant la santé et le VIH, qui sont très importantes pour nous...
Question: Darfour...Jan Egeland, a... indiqué que le Soudan acceptait de participer à de nouveaux pourparlers de paix avec les deux groupes rebelles, restés à l’écart jusqu’ici... tournant ou ... faux espoirs?
Le Secrétaire général:... à Addis-Abeba ...Pour la première fois, nous avons pu réunir tout le monde, c’est-à-dire les autorités soudanaises et les représentants des membres permanents [du Conseil de sécurité]. Étaient également présents le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Konaré, ainsi que les représentants du Congo, du Gabon, du Nigéria et du Sénégal... nous nous sommes tous retrouvés dans la même salle et sommes convenus d’une démarche... en trois étapes, qu’il nous faut maintenant mettre en œuvre...
les Soudanais ont accepté cette démarche mais en indiquant qu’ils avaient besoin de se consulter
- sur l’effectif de la force
- sur le point de savoir comment le commandant de la force serait désigné...par la seule Union africaine ou en consultation avec l’ONU...
- au sujet du représentant spécial qui agirait au nom des deux organisations et de la façon dont il serait représenté.
Il s’agit là des seuls points en suspens .. Je suis donc très confiant et je pense que Jan Egeland avait raison de l’être aussi...
Question: ... prendre ses distances par rapport à l’UE et aux États-Unis... au Moyen-Orient. Que pensez-vous du Conseil des droits de l’homme?
Le Secrétaire général: Le Conseil des droits de l’homme... était censé faire le point sur la situation des droits de l’homme dans tous les pays... le mécanisme d’examen collégial était l’une des innovations... j’ai moi-même fait valoir qu’il faudrait examiner le bilan des membres du Conseil dans le domaine des droits de l’homme; avant de s’intéresser au bilan des autres pays...
il a eu tendance à se concentrer sur la question palestinienne... sans même évoquer le Darfour et d’autres questions, certains s’interrogent... J’espère qu’à mesure que nous avancerons, le Conseil élargira son champ d’action et qu’il se penchera sur la situation des droits de l’homme dans d’autres pays et prendra les mesures voulues...
prendre ses distances ... je rappellerai d’abord que les États-Unis et l’Union européenne, ainsi que les pays de la région sont des acteurs majeurs, qui exercent une grande influence sur toute tentative de règlement au Moyen-Orient. Il nous faut donc travailler avec eux.
Mais, que les choses soient claires, sur la question de l’embargo ou du refus d’appuyer le Hamas, ce sont les donateurs qui ont indiqué qu’ils ne donneraient pas d’argent et n’apporteraient pas leur appui au Hamas tant que celui-ci ne souscrirait pas aux trois principes suivants:
- acceptation de l’existence d’Israël,
- fin des violences et
- respect des engagements déjà pris.
Nous ne sommes pas les donateurs, nous n’étions pas en mesure de faire cela, mais nous avons très fortement poussé à la création du mécanisme temporaire qui permettra d’envoyer des fonds en Palestine pour aider les pauvres et ceux qui sont dans le besoin...
Question: la réforme inachevée du Conseil de sécurité.
Le Secrétaire général: ... j’ai fait savoir très clairement que, de mon point de vue, aucune réforme de l’Organisation des Nations Unies ne sera complète sans la réforme du Conseil de sécurité. Il nous faut adapter la structure et la composition du Conseil aux réalités....
En outre, la structure du Conseil a soulevé beaucoup de problèmes... car les États Membres ont tendance maintenant à considérer toutes choses à travers le prisme du pouvoir, − qui a le pouvoir, qui va gagner du pouvoir et qui va en perdre...
pour la plupart... l’ONU a une base de pouvoir trop étroite... et je dois dire que le comportement des cinq membres permanents n’a pas toujours été d’un grand secours. Par exemple... la Commission de consolidation de la paix, ils ont immédiatement exigé cinq sièges et ils les ont obtenus, et lorsque nous avons commencé à discuter du Conseil des droits de l’homme, ils ont également voulu que cinq sièges...
Naturellement, lorsque ce genre de choses arrive, les petits pays et les gouvernements des nombreux pays non alignés ont le sentiment que l’appétit de pouvoir ... est insatiable
J’espère donc que la proposition qui a été avancée et qui prévoit de porter le nombre de membres du Conseil à 25 et de créer soit six sièges permanents supplémentaires sans droit de veto soit six sièges semi-permanents, permettra aux États Membres d’aller de l’avant....
Je leur ai dit qu’ils se trouvaient devant un choix: soit ils s’entendent pour réformer le Conseil, y entrent et participent à ses activités tout en continuant à rechercher la solution idéale, soit ils restent en dehors du Conseil et continuent de chercher la solution idéale, ce qui peut leur prendre encore 10 ou 20 ans.
S’ils trouvaient un compromis − par exemple ... des sièges semi-permanents pour 10 ou 8 ans − je suis convaincu qu’ils obtiendraient un accord... j’espère que mon successeur, en travaillant avec les gouvernements qui voient les choses de la même façon, trouvera une solution. Il est absolument essentiel que le Conseil soit réformé.
Question: la situation en Iraq
Le Secrétaire général: Je crois que chacun s’accorde sur la nécessité de s’atteler à une tâche essentielle, à savoir la révision de la Constitution... Aujourd’hui, les sunnites ont le sentiment qu’ils sont défavorisés par la Constitution et par le partage des ressources et du reste, et tout le monde a accepté que la Constitution soit révisée...
je pense que si l’on aborde la question dans cette optique, en essayant de régler de l’intérieur les questions qui les divisent, en obtenant un appui aux niveaux régional et international, il faudra sans doute alors mettre toutes les parties autour d’une table et les faire participer à une conférence plus large...
La question de la présence militaire est bien évidemment épineuse. D’une certaine manière, les États-Unis sont piégés... D’aucuns affirment que leur présence est un problème, d’autres considèrent que s’ils partent précipitamment la situation s’aggravera... le calendrier du retrait devra être optimal en ce sens qu’il ne devrait pas aboutir à une détérioration accrue de la situation, mais permettre qu’au moment du départ, au moment du retrait, les Iraquiens soient en mesure d’assurer eux-mêmes un niveau de sécurité raisonnable.
Question: la situation en matière de désarmement
Le Secrétaire général: ... le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, a joué un rôle extrêmement important dans nos efforts pour contrôler la prolifération nucléaire... Il est vrai qu’il a été contesté par quelques pays, en particulier la Corée du Nord et l’Iran. Il est important de s’efforcer de renforcer le TNP et son Protocole additionnel... mais je crois que nous avons là quelque chose qui a marché. Il faut veiller à ne pas affaiblir le TNP et son application...
Pour être franc, je ne pense pas que les puissances nucléaires aient montré la voie à suivre et qu’elles aient fait ce qu’elles devaient faire... le désarmement ou la non-prolifération. Je pense qu’ils sont tous deux importants, et j’ai souvent eu l’occasion de déclarer que ... en désarmant, elles auraient envoyé un message au reste du monde, qui aurait ainsi compris qu’il est inutile... de dépenser des millions et des milliards pour s’armer si au bout du compte il faudra de toute façon désarmer...
Question: devoir des victimes d’être des victimes sages...
Permettez-moi de dire que le droit à l’autodétermination ... C’est ce droit qui a conduit à l’indépendance de Timor-Leste. C’est ce droit qui sous-tend nos pourparlers avec le POLISARIO et les Marocains. Et c’est ce même droit qui oriente notre action en Israël et en Palestine, lorsqu’on parle de la terre contre la paix et du droit des peuples de choisir leurs propres dirigeants.
Un peu partout dans le monde nous avons encouragé la bonne gouvernance, et je crois que chacun peut constater qu’aujourd’hui bien plus de pays sont gouvernés de manière démocratique et que bien plus de peuples ont pu choisir leurs propres dirigeants et déterminer leur avenir...
rechercher une paix globale au Liban, en Syrie et avec la Palestine. Il me semble que dans les mois ou les années à venir nous allons assister à des initiatives très fortes sur cette question, car le statu quo ne satisfait et ne devrait satisfaire personne.
Question: la corruption fait des ravages, et a des incidences sur la traite d’êtres humains, le trafic de drogues, et le système judiciaire.... qu’est-ce qui pourrait être fait ...
Le Secrétaire général: ce que nous devons faire pour lutter contre ce fléau c’est tout d’abord de
- dire qu’il existe une convention contre la corruption, et
- qu’il faut travailler tous ensemble par-delà les clivages internationaux.
- Il nous faut également encourager les gouvernements à être transparents, à ouvrir leurs systèmes,
- à ne pas créer une situation dans laquelle, pour chaque activité, les gens doivent se procurer un nombre incalculable d’autorisations.
Dans certains pays, vous devez accomplir 119 démarches pour créer une société, ce qui prend environ un an, et à chaque étape quelqu’un veut recevoir sa part; une telle bureaucratie permet ce type de corruption. S’il est possible de supprimer la bureaucratie, d’être transparent, de créer des réglementations adaptées et un environnement qui libère les forces créatives ainsi que l’esprit d’entreprise des gens, et bien il faut le faire.
- Je pense aussi qu’il faut être très sévère et très rigoureux avec des fonctionnaires corrompus lorsqu’on en rencontre.
S’agissant de la traite d’êtres humains et des questions connexes, la communauté internationale prend de plus en plus conscience de ce phénomène, mais celui-ci est également lié à la législation en matière d’immigration.
Il arrive ainsi parfois que des personnes touchent de l’argent pour faire sortir des gens clandestinement, pour les emmener d’un point A à un point B, et exigent ensuite qu’ils payent une rançon, qu’ils versent des sommes très importantes pendant une certaine période, ou bien alors elles les forcent à se prostituer.
Nous sommes tous parfaitement conscients du phénomène à présent.
L’Office des Nations Unies à Vienne travaille très activement avec les gouvernements sur cette question. Je pense néanmoins qu’il faut admettre que la question des migrations va être à l’ordre du jour pendant un bon moment, qu’on ne pourra pas stopper ce phénomène, qu’on ne peut pas l’arrêter en construisant des murs.
Ce qu’il faut, c’est élaborer des règles adaptées et une législation appropriée en la matière, et accepter le fait que les migrations, si elles sont traitées correctement, peuvent faire trois vainqueurs: le pays d’origine, le pays d’accueil et le migrant lui-même...
Question: l’Iraq ... la Syrie et l’... Iran ... Pensez-vous que les Iraquiens et leurs voisins sont en train de mettre quelque chose en place bien plus vite que les États-Unis ne l’escomptaient, et peut-être même ne le souhaitaient?...
Le Secrétaire général: Vous vous souviendrez que j’étais en Syrie et en Iran en septembre dernier; j’ai toujours affirmé qu’il fallait les faire participer et qu’ils devaient contribuer à la solution. J’ai rencontré les dirigeants de ces deux pays et j’ai débattu de cette question en profondeur avec eux... En fait, je crois que si les voisins qui ont un rôle à jouer pouvaient s’entendre et travailler avec les Iraquiens pour calmer la situation, cela serait très positif.
Les voisins peuvent jouer un rôle positif ou négatif... il est évident que si la Syrie et l’Iran ont un rôle positif à jouer, il n’en reste pas moins qu’il est dans l’intérêt de tous les pays, y compris la Syrie et l’Iran, que l’Iraq soit en paix... après tout, il s’agit également de leur zone d’influence et ce qui se passe en Iraq a des effets négatifs sur ces pays.
Question: pendant les années au cours desquelles vous avez occupé cette fonction, quel a été le plus grand succès de l’ONU, quel a été l’échec le plus retentissant pendant votre mandat...?...
Le Secrétaire général: Cette question est fréquemment posée.... il y a deux points dont nous devons tous être fiers il me semble...
le fait que la communauté internationale ait décidé de lutter contre la pauvreté et de mettre en œuvre les objectifs du Millénaire pour le développement. Ce qui est ici en jeu, ce sont les besoins et les intérêts de milliards de personnes dans le monde
Je me félicite également que nous ayons fait avancer les droits de l’homme et l’état de droit, et en fin de compte, les États Membres ont admis qu’ils avaient la responsabilité de protéger.
En ce qui concerne les maladies infectieuses, je crois que le monde commence à comprendre que nous sommes tous dans le même bateau, qu’il s’agisse du syndrome respiratoire aigu sévère ou du VIH/sida.
Les États Membres et le monde intensifient à présent la lutte contre le VIH/sida, à l’avant-garde de laquelle se trouvent l’ONU et ONUSIDA. Il convient également de mentionner la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à laquelle je suis fier d’avoir contribué.
Il me semble également que l’ONU a tendu la main et ouvert grand ses portes à la société civile, aux fondations du secteur privé et aux universités; en partenariat avec ces trois entités, elle s’attaque aux problèmes du monde, reconnaissant que les gouvernements ne peuvent pas le faire tout seuls.
Je pourrais continuer mais je vais m’arrêter ici.
Pour ce qui est du regret, je persiste à dire que c’est la guerre en Iraq, et le fait que les débats et les discussions qui se sont tenus au Conseil de sécurité n’aient pas réussi à l’empêcher. Je suis intimement convaincu que la guerre aurait pu être évitée et que les inspecteurs auraient dû avoir un peu plus de temps.
Et bien sûr, après cela, le [19] août 2003, il y a eu la disparition tragique de mes collègues et amis qui étaient allés en Iraq pour apporter leur aide, parce que nous pensons qu’indépendamment des différences il faut s’efforcer de remettre l’Iraq sur pied...
Question: Tout en mettant l’homme au cœur des activités des Nations Unies par un appel à une nécessaire solidarité ... vous avez demandé aux Africains de prendre leur destin en main;... pensez-vous que votre appel a été bien saisi?...
Le Secrétaire général: Je crois que nous sommes en train de faire des progrès. Il y a des jeunes Africains, des jeunes leaders, qui cherchent à prendre les choses en main; qui ne demandent qu’état de droit; qui sont prêts à prendre des risques et contester les gouvernements si les politiques tournent dans une direction qui n’est pas acceptable. Ils n’ont plus peur. Je crois que cela est sain.
Évidemment, il y a les sociétés civiles qui jouent un rôle important aussi, aujourd’hui, en Afrique et cela est nouveau...
Question: un autre mandat...
Le Secrétaire général: ... Je pense qu’il est non seulement démocratique mais aussi sain de faire un roulement et de changer périodiquement... J’adresse à mon successeur tous mes vœux de succès et je suis sûr que lui aussi apportera sa contribution. C’est quelqu’un de très bien et il devrait réussir...
Question: qu’avez-vous l’intention de faire de ce nouveau départ?
Le Secrétaire général: ... Je voudrais travailler avec les gouvernements africains et d’autres gouvernements sur la question de la sécurité alimentaire, les encourager à prendre au sérieux l’agriculture et la productivité agricole.
Nous sommes le seul continent qui ne peut pas se nourrir. Nous sommes aussi le seul continent qui n’ait pas connu de révolution verte. Nous avons la terre et les compétences, et je pense que nous devrions réellement nous concentrer sur l’agriculture. Cela créerait non seulement des emplois, mais cela nous donnerait également un sentiment de sécurité...
Je vais probablement écrire un peu...
Question: le développement de la justice internationale avec la création de la Cour pénale internationale. Mais ... la realpolitik sur le terrain ... comme au Darfour ou ... l’Ouganda ... sait que les mises en accusation ou les menaces de mise en accusation peuvent compliquer le processus....
Le Secrétaire général: ... question très délicate. Il a toujours existé une tension entre la paix et la justice; la question est de savoir laquelle des deux vient en premier? Et certains diront la paix, la paix réelle est-elle possible sans justice? Mais parfois, la quête de la justice, si elle ne suit pas un ordre approprié, peut compliquer la quête de la paix... naturellement la CPI ne peut pas ... amnistier...
Il y a eu d’autres situations où nous savions que certaines des personnes avec lesquelles il valait la peine de négocier avaient commis des crimes et se retrouveraient finalement sur le banc des accusés. Nous avons pourtant trouvé un moyen de négocier avec elles pour établir la paix.
La situation dans [les] Balkans offre un bon exemple. Certaines des parties aux négociations étaient frappées d’une interdiction de voyager mais nous faisions des exceptions et nous les faisions venir par avion à Genève de façon que des négociations puissent avoir lieu afin de résoudre le conflit...
La même question se pose également avec le Soudan. Des actes d’accusation ont été émis et on a l’impression que certains officiers supérieurs de l’armée et d’autres personnes craignent que si un grand nombre de forces internationales des Nations Unies devaient arriver dans le pays, ce serait pour les arrêter...
Je n’ai pas de formule toute prête... Mais dans une situation de guerre et dans le cadre d’un processus de maintien de la paix, il faut un jugement très, très aiguisé et très fin, pour savoir dans quel ordre doit se faire la quête de la paix et de la justice.
Question: ... satisfait des services des forces de maintien de la paix des Nations Unies...
Le Secrétaire général: ... si tous les déploiements requis devaient se concrétiser, y compris au Darfour, nous atteindrions probablement plus de 120 000 à 140 000 soldats, ce qui est énorme pour l’ONU.
Nous ne sommes pas une grande organisation militaire. Nous fournissons des services d’appui et d’assistance à ces opérations avec un personnel relativement peu nombreux... selon une étude réalisée par la Rank Corporation... l’ONU mène les opérations de maintien de la paix mieux que le Gouvernement des États-Unis et d’autres...
Cela dit, je tiens à préciser que nous avons presque atteint la limite de nos capacités. J’ai fait part de cette situation au Conseil [de sécurité] en indiquant qu’il devait faire attention à ne pas nous donner trop à faire. Il y a une limite à ce qu’une organisation relativement petite peut accepter. Nous avons aussi eu quelques problèmes au sein des opérations de maintien de la paix...
Comme vous le savez, l’ONU ne possède pas sa propre armée. Nous empruntons les contingents aux gouvernements et nous les empruntons aux gouvernements qui sont disposés à nous en fournir. Certains contingents sont beaucoup mieux commandés que d’autres. Nous avons eu des problèmes avec certains soldats et une poignée de civils, nous en avons licencié certains et renvoyé des soldats chez eux.
Je souhaiterais, lorsque l’on rapporte ces faits, que l’on dise un contingent de tel ou tel pays, un soldat de tel ou tel pays a fait ceci ou cela et non pas que l’ONU est impliquée. En réalité, ce qu’il est même intéressant de savoir, c’est que lors de deux incidents récents, nous n’avons même pas pu imposer des sanctions disciplinaires aux coupables, nous avons dû demander au gouvernement concerné de le faire...
C’est pourquoi, je vous demanderai instamment de bien vouloir parfois, si vous le pouvez, approfondir les choses. Cela nous aide aussi à exercer des pressions sur les gouvernements concernés pour qu’ils forment leurs soldats et leur apprennent à avoir une attitude responsable et pour qu’ils sachent aussi que nous allons suivre la situation pour savoir s’ils vont imposer ou non des sanctions disciplinaires aux soldats responsables à leur retour chez eux. C’est pourquoi je plaide pour un peu plus d’équité...
je pense que malheureusement les opérations de maintien de la paix vont se poursuivre... parce que les opérations de maintien de la paix et les déploiements de contingents sont le reflet du monde dans lequel nous vivons, des turbulences et des conflits qui le caractérisent, et nous préférerions de beaucoup ne plus avoir à intervenir.... Merci beaucoup et bonne chance.
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10739.doc.htm
151106 KA - Nairobi - Conférence sur le changement climatique
"... Nous tous, qui sommes ici présents, tenons à améliorer la condition humaine. Nous voulons tous voir le jour où chacun, et pas seulement un petit nombre de favorisés, pourra vivre dans la dignité et envisager l’avenir avec espoir. Nous voulons tous créer un monde d’harmonie entre les êtres humains et entre eux et l’environnement naturel dont dépend la vie. Cette vision... est aujourd’hui gravement compromise ....
Le changement climatique ne concerne pas seulement l’environnement, comme un trop grand nombre de personnes le croient encore. C’est une menace généralisée... pour
la santé, puisque dans un monde plus chaud, les maladies infectieuses, comme la malaria et la fièvre jaune, se propagent davantage et plus vite.
l’approvisionnement alimentaire mondial, des températures et des périodes de sécheresse prolongées rendant les régions fertiles impropres à l’élevage et à la culture
le sol même sur lequel vit près de la moitié de la population mondiale –par exemple, des villes côtières, telles que Lagos ou Le Cap, risquent d’être inondées par une élévation du niveau de la mer causée par la fonte des calottes glacières et des glaciers.
Des milliards de dollars de dégâts causés par des catastrophes provoquées par des intempéries.
La destruction d’écosystèmes vitaux tels que les forêts et les récifs de corail.
Des ressources en eau qui disparaissent ou qui sont polluées par l’intrusion d’eau salée.
Le changement climatique constitue aussi une menace pour la paix et la sécurité.
Par exemple, des modifications du régime des pluies peuvent accroître la rivalité à laquelle donne lieu l’accès aux ressources ... entraîner des tensions et des migrations potentiellement déstabilisantes... tendance que l’on peut déjà constater et il se pourrait bien qu’elle se précise...
le consensus scientifique non seulement fait de plus en plus d’adeptes, mais se fait aussi plus alarmiste.
Un grand nombre de chercheurs, connus pour être circonspects, déclarent désormais que les tendances au réchauffement se rapprochent dangereusement d’un point de non-retour.
Les économistes pourraient bien en venir à penser de même... Nicholas Sterne... a prévenu que le changement climatique pourrait réduire de 20% les échanges commerciaux dans le monde et provoquer des désordres économiques et sociaux comparables à ceux des deux guerres mondiales et de la Grande Dépression
Mais tout n’est pas perdu, nous pouvons encore réagir.
Nous avons commencé à utiliser les combustibles fossiles de façon plus propre et plus efficace. L’énergie provenant de sources renouvelables est de plus en plus largement disponible à des prix compétitifs...
Sous l’impulsion du Protocole de Kyoto, les apports financiers internationaux générés par le carbone pourraient rapporter 100 milliards de dollars par an aux pays en développement...
Mais il nous faut trouver davantage de solutions « vertes » pour faire face à l’intensification de la demande en énergie. Et il nous faut aussi prendre les mesures d’incitation appropriées pour compléter ce qui a été fait jusqu’ici ...
Le changement climatique offre de véritables possibilités de faire progresser le développement et de mettre nos sociétés sur la voie d’un développement plus durable.
De faibles émissions ne sont pas nécessairement synonymes d’une faible croissance et n’empêchent pas un pays de se développer. Cessons donc d’être négatifs...
Il est de plus en plus évident qu’il sera beaucoup moins coûteux de réduire les émissions maintenant que de s’adapter plus tard aux conséquences.
Mais, alors même que nous cherchons à réduire les émissions, nous devons en même temps faire beaucoup plus pour nous adapter au réchauffement de la planète et à ses effets.
Ce sont les pays les plus pauvres du monde, dont beaucoup se trouvent en Afrique, qui pâtiront le plus des conséquences du changement climatique.
Les populations démunies sont déjà les plus exposées à la pollution, aux catastrophes et à la dégradation des ressources naturelles et des sols. Elles dépendent directement de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche pour leur subsistance.
Pour ces populations, s’adapter est une question de survie pure et simple. Intégrer les risques que présente le changement climatique dans les stratégies et programmes visant à atteindre les objectifs du développement énoncés dans la Déclaration du Millénaire doit devenir une de nos premières priorités.
Le message est clair. Le changement climatique mondial doit prendre place parmi les menaces –conflit, pauvreté, prolifération des armes meurtrières– qui ont monopolisé l’attention des politiques jusqu’ici. Et les Nations Unies offrent au monde les moyens dont il a besoin pour y faire face.
Les initiatives régionales et nationales ont leur mérite. Mais la Convention-cadre des Nations Unies est le dispositif dans lequel une réponse vraiment mondiale est formulée....
Ce mécanisme montre de façon exemplaire comment, sous l’impulsion de l’Organisation des Nations Unies, une collaboration peut être instaurée entre les pouvoirs publics et le secteur privé. .. Les organismes des Nations Unies continueront à mettre en œuvre leurs connaissances spécialisées.
Mais c’est avant tout aux États qu’il importe d’agir –c’est-à-dire, pour le moment, ceux qui sont le plus responsables de l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ils doivent faire beaucoup plus pour faire baisser le niveau de leurs émissions.
Le Protocole de Kyoto a été un progrès décisif, mais beaucoup trop modeste.
Et quand on étudie les possibilités d’aller plus loin, on constate un manque effrayant de volonté politique.
Cependant, on ne peut laisser les émissions continuer d’augmenter de façon débridée dans les pays en développement. Nombre d’entre eux ont pris des mesures notables pour faire face au changement climatique... Mais il faut encore faire davantage.
Les entreprises doivent aussi jouer leur rôle.
Les changements dans leur attitude et dans la façon dont les investissements privés sont dirigés seront au moins aussi importants pour gagner la bataille du climat que l’action directe des pouvoirs publics...
les citoyens ont aussi un rôle à jouer.
Une simple ampoule électrique consommant peu d’énergie utilisée à la cuisine n’a peut-être l’air de rien, mais si on la multiplie par 2 millions, les économies sont considérables.
Le pouvoir des électeurs pourrait être tout aussi décisif si les mesures de lutte contre le changement climatique influaient davantage sur leur choix que cela n’est le cas aujourd’hui.
Un changement de cap est encore possible pour chacune de nos sociétés. Au lieu d’être économiquement sur la défensive, faisons preuve d’un plus grand courage politique... Il ne s’agit pas de savoir si ce changement a bien lieu, mais si nous sommes capables de changer nous-mêmes assez vite face à l’urgence de la situation..."
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10733.doc.htm
131106 KA - Alliance des civilisations - Istanbul -
"... depuis des siècles, le peuple turc a appris à négocier les courants de cette frontière entre l’Europe et l’Asie, et entre le monde islamique et l’Occident, et ce qui a contribué à sa prospérité...
Le rapport souligne avec justesse que la fusion des différences, qu’elles soient d’opinion, de culture, de croyance ou de mode de vie, a été depuis toujours le moteur du progrès humain...
Malheureusement... c’est la montée de l’intolérance, de l’extrémisme et de la violence à l’égard d’autrui qui marque notre ère de mondialisation. Loin de faire naître la compréhension et l’amitié mutuelles, le raccourcissement des distances et l’amélioration des communications ont souvent engendré la tension et la méfiance...
La mondialisation ... Les attaques terroristes du 11 septembre, la guerre et les troubles au Moyen-Orient, des propos et des dessins ... n’ont fait que renforcer ce sentiment.... Les relations entre les fidèles des trois grandes religions monothéistes en ont été fortement éprouvées.
Aujourd’hui, à l’heure où les migrations internationales amènent un nombre sans précédent de personnes de religions et de cultures différentes à vivre côte à côte... Certains groupes semblent impatients de fomenter une nouvelle guerre de religion, à l’échelle mondiale cette fois-ci...
Le Groupe ne s’est cependant pas laissé prendre au piège, refusant de voir le monde implicitement divisé en civilisations nettement distinctes et séparées. Comme vous l’avez noté si à propos, il s’agit là d’un anachronisme.
Aujourd’hui, force nous est de constater que nous ne vivons pas dans des civilisations différentes, comme le faisaient nos ancêtres. Les migrations, l’intégration et la technique ont rapproché les différentes races, cultures et ethnies, faisant tomber les vieilles barrières et apparaître de nouvelles réalités. Nous vivons, comme jamais auparavant, côte à côte, soumis à de nombreuses influences et idées différentes.
La diabolisation de l’« autre » s’est révélée la voie facile... Après tout, comme vous le dites dans votre rapport,
le mécontentement qui règne dans le monde islamique se nourrit des imperfections mêmes de l’Oumma musulmane.
Cela étant, l’Occident prête aussi le flanc aux critiques en tenant ce qui est perçu comme un double langage sur les questions des droits de l’homme et de la démocratie.
En ce XXIe siècle... Notre discours est devenu notre prison, paralysant les échanges et entravant la compréhension.
Ainsi, pour beaucoup de gens dans le monde, en particulier les musulmans, l’Occident est une menace pour leurs croyances et leurs valeurs, leurs intérêts économiques et leurs aspirations politiques. Toute preuve du contraire ne rencontre que mépris ou incrédulité.
De la même façon, nombreux sont les Occidentaux qui considèrent l’islam comme une religion d’extrémisme et de violence, même si ces deux mondes entretiennent depuis toujours des relations dans lesquelles le commerce, la coopération et les échanges culturels ont occupé une place au moins aussi grande que les conflits.
Il nous faut absolument vaincre ces ressentiments, et établir des relations de confiance entre nos sociétés.
Pour commencer, nous devrions réaffirmer, et démontrer, que le problème n’est pas le Coran, la Torah ou la Bible.... j’ai souvent dit que le problème n’est pas la foi mais les croyants et la façon dont ils se comportent les uns envers les autres.
Nous devons mettre en avant les valeurs de base communes à toutes les religions, c’est-à-dire la compassion, la solidarité, le respect de la personne,
la règle d’or « Ne fais pas à d’autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ».
En même temps, débarrassons-nous des stéréotypes, gardons-nous des généralisations et des idées préconçues... à partir des crimes commis par des individus ou de petits groupes.
Désapprendre l’intolérance est en partie une question de protection juridique.
Cela fait longtemps que le droit à la liberté de religion et le droit de ne pas faire l’objet de discrimination pour cause de religion sont consacrés par le droit international et ont été incorporés dans le droit interne.
Mais, comme votre rapport le donne à penser, le droit n’est qu’un point de départ.
Toute stratégie visant à établir des passerelles doit dépendre fortement de l’éducation -pas seulement sur l’islam ou le christianisme, mais sur toutes les religions, traditions et cultures,
de façon à ce que les mythes et les distorsions puissent être perçus comme tels.
Nous devons créer des possibilités pour les jeunes gens,
leur offrir une solution de rechange crédible au chant des sirènes appelant à la haine et à l’extrémisme.
Nous devons leur donner vraiment la possibilité de contribuer à l’amélioration de l’ordre mondial, de façon à ce qu’ils ne ressentent plus l’envie de le saccager.
Nous devons préserver la liberté d’expression
tout en travaillant avec nos frères et sœurs dans les médias en vue d’empêcher qu’elle ne serve à propager la haine ou à infliger l’humiliation...
S’agissant de toutes ces questions, il faut que quelqu’un montre l’exemple.
Les autorités publiques
devraient non seulement sensibiliser la population, mais aussi jouer un rôle de chef de file pour condamner l’intolérance et l’extrémisme.
Il leur incombe de faire en sorte que les engagements de non-discrimination soient consacrés dans la législation et que la loi soit appliquée.
Mais leur responsabilité ne nous exonère pas de la nôtre.
Chacun d’entre nous, à titre individuel, contribue à créer le climat politique et culturel dans sa société.
Nous devons toujours être prêts à rectifier les stéréotypes et les images déformées, et à prendre la parole pour défendre les victimes de la discrimination.
Ce sont toutes là des leçons importantes... Mais, comme vous le soulignez justement, elles n’auront guère d’effet si le climat actuel de crainte et de suspicion continue d’être alimenté par les événements politiques...
... le conflit arabo-israélien ... comme je l’ai déclaré à l’Assemblée générale en septembre... Aucun autre conflit n’est aussi chargé symboliquement et émotionnellement pour des personnes éloignées du champ de bataille.
Tant que les Palestiniens vivront sous l’occupation, exposés à des frustrations et des humiliations quotidiennes, tant que des Israéliens sauteront dans des autobus et dans des salles de bal, les passions seront partout enflammées...
Certes, l’absence de solution ne doit pas servir d’excuse pour négliger d’autres questions. Mais, de toute façon, le lien est incontournable.
Je pense qu’il est indispensable de travailler sur deux fronts à la fois
- s’efforcer à la fois d’améliorer la compréhension sociale et culturelle entre les peuples
-et de résoudre les conflits politiques, au Moyen-Orient et ailleurs...
Dans le peu de temps qui me reste à assumer les fonctions de Secrétaire général, je m’efforcerai, en consultation avec mon successeur, d’établir un mécanisme approprié pour assurer le suivi des recommandations qui y sont énoncées et les appliquer..."
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/SGSM10733.doc.htm
131106 KA - Alliance des civilisations - Istanbul - Europe
"... En Europe particulièrement, les gouvernements ont mis du temps à comprendre qu’il était nécessaire d’élaborer des stratégies pour intégrer les nouveaux arrivants et leurs enfants dans la société d’accueil, surtout lorsque ces nouveaux arrivants se distinguent des anciens par la religion ou la couleur de la peau...
ces gouvernements attendaient des nouvelles communautés qu’elles se conforment à une vision statique de l’identité nationale du pays au lieu d’accepter de repenser dans quelle mesure les valeurs et la culture doivent être partagées par les différentes communautés qui vivent ensemble dans un État démocratique...
En conséquence, de nombreux immigrants de la deuxième ou de la troisième génération ont grandi dans des ghettos, se heurtant souvent à un taux de chômage élevé, une pauvreté relative et à la criminalité, et ils sont considérés par leurs voisins... avec un mélange de crainte et de mépris..."
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=13213&Cr=Alliance&Cr1=
131106 Alliance des civilisations - Istanbul -
"... « Bien que la religion soit souvent exploitée, de façon cynique, pour attiser les passions... le fond de la question est politique », affirme le Rapport rendu public aujourd'hui à Istanbul ...
A cet égard, le Rapport pointe en premier lieu vers
le conflit israélo-palestinien en tant que « symbole de ce fossé »...
la répression de l'opposition non violente et
la lenteur des réformes dans certains pays musulmans
comme facteur clef de la montée de l'extrémisme...
Parmi les solutions proposées par le Groupe de haut niveau à l'origine du Rapport, figurent tout d'abord « la création d'un Haut Représentant destiné à assister le Secrétaire général à désamorcer les crises à l'intersection de la religion et de la politique »...
Le Rapport ... appelle par ailleurs à la convocation d'une conférence sur le Processus de paix au Moyen-Orient, le plus rapidement possible, ainsi que d'une conférence régionale sur le Moyen-Orient.
Il propose ... au niveau politique le soutien à l'expansion du pluralisme politique dans les pays musulmans...
appelle notamment les partis dirigeants dans le monde musulman à ouvrir un espace à la pleine participation des partis politiques non violents, qu'ils soient religieux ou séculaires,
et appelle les gouvernements étrangers à être cohérents dans leur soutien au pluralisme, en respectant... le résultat des élections..."