- raymond aron introduction à la philosophie politique démocraties representatives et democraties populaires : idees, principes, realites, - l'exercice du pouvoir et ses antinomies marxisme et lenenisme, millenarisme et revolution - http://membres.lycos.fr/afnulorraine
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Raymond Aron - "introduction à la philosophie politique" Le livre de poche 1977 |
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P 165 - " Si l'on veut dire que chaque homme pense nécessairement d'une certaine façon en fonction de sa situation, c'est en toute rigueur impensable car, dans cette hypothèse, il n'y aurait aucune possibilité de vérité et chaque pensée serait le reflet d'une situation" P135 - Système démocratique " acte d'accusation ...les régimes démocratiques sont des oligarchies, comme tous les régimes ...cela tend à affaiblir les pouvoirs, à décomposer l'unité nationale, à rendre extrêmement difficile une politique étrangère ... les régimes démocratiques sont des régimes faibles, contradictoires ..." "...les mérites ... ils sont immenses à une condition ... à condition que l'on ne cherche pas un régime parfait. ... tous les régimes politiques sont ... marqués d'imperfection parce qu'ils sont à l'image de la nature humaine. ... P 136 - "Parmi les bons régimes, la démocratie est, selon Platon, le plus mauvais, mais, parmi les régimes corrompus, la démocratie est le moins mauvais. ... En effet, si l'on part de l'idée des pessimistes que tout pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument, on conclura que, le pouvoir démocratique étant le plus faible et le plus limité, c'est celui qui corrompt le moins et qui commet le moins d'excès." (*) "... traduire la même idée en termes optimistes, ... la démocratie est, jusqu'à présent, le régime qui, de beaucoup, a introduit le système de pouvoir le plus constitutionnel, c'est-à-dire qui a le plus réduit le côté arbitraire du gouvernement. C'est celui qui, de beaucoup, a donné aux individus et aux citoyens le plus de garanties par rapport à l'Etat" "... il ne faut pas pousser l'optimisme trop loin... P 137 "Il n'y a aucune raison pour que le régime le plus conforme à nos préférences morales soit, du même coup, celui qui est appelé à triompher dans l'histoire" P 203 " La démocratie est ... un régime non naturel ... où la société accepte que celui qui commande n'ait pas plus de qualités que celui qui obéit, ce qui est évidemment vrai mais d'une vérité difficile à faire accepter et qui rend le fonctionnement des sociétés beaucoup plus délicat." P 209 " ...il est de l'essence de la démocratie d'être un équilibre instable entre des forces contraires. L'idéal de la démocratie ne peut être que l'équilibre, ce qui est déjà un petit peu un idéal sceptique, car c'est un idéal peut-être de sagesse, mais ce n'est pas un idéal de bien absolu. L'idéal de la démocratie, c'est que les diverses forces aux prises établissent une espèce d'équilibre, que les différents intérêts trouvent des compromis et que les choses évoluent lentement, en écartant les formes historiques dépassées, mais sans excès de violence ou de hâte." P126 " la compétition pour l'exercice du pouvoir tend à accentuer l'évolution des sociétés industrielles dans un sens égalitaire..." P127 " La plus grande erreur des libéraux, me semble-t-il, est d'avoir cru que le libéralisme politique et le libéralisme économique allaient de pair. Je pense que le libéralisme politique, si on définit ainsi le système électoral, parlementaire, de compétition pour l'exercice du pouvoir, conduit de manière presque fatale à un système d'économie partiellement dirigée et partiellement socialiste. ..." P128 " Je ne voudrais pas pousser l'idée jusqu'à un point extrême, mais, en restant dans la modération, disons qu'il semble que le système de compétition ... tend à rendre difficile le fonctionnement d'un système d'économie libérale, l'essence de l'économie libérale étant de laisser les cruautés du progrès économique s'exercer par la force aveugle du marché." P129 " pour qu'il n'y ait pas trop d'ennemis, il ne faut pas qu'il y ait trop de groupes qui soient exclus ou qui se considèrent P130 comme exclus des bénéfices du système (**). Il faut qu'il y ait une prospérité suffisante ... suffisamment croissante et une répartition suffisamment tolérable de cette prospérité entre les différents groupes. Il faut enfin - et cette raison est la plus importante - que les dirigeants, les meneurs de jeu acceptent le règles... La menace qui pèse sur le système de la compétition avec des groupes organisés, c'est le chaos. Le danger, c'est qu'il n'y ait plus que des groupes qui ignorent les nécessités de l'unité nationale et que les partis soient divisés sur tout, y compris sur la politique étrangère." P 137 " Personnellement, je pense que le régime démocratique est, par rapport aux valeurs individuelles, par rapport au destin de l'individu, le meilleur régime possible..."
(*) P80 " l'existence d'un n°1 non discuté est évidemment un facteur de stabilité ... inconvénient ... si le système de transmission ne joue pas, on peut avoir d'impitoyables querelles entre les prétendants ..., et on retombe dans les inconvénients de l'instabilité" P91 "Mais en fait le monarque français de la fin du XVIIe siècle était devenu un pouvoir suprême faible, parce que les corps intermédiaires, les groupes, les villes, les provinces avaient tous des privilèges, des intérêts acquis."
(**) P93 "sur le plan purement théorique: aucun régime ne se définit par le fait qu'il ne se défend pas. ... Le principe, c'est d'abord d'organiser une compétition pacifique pour l'exercice du pouvoir. L'organisation de la compétition pacifique, par définition, est faite pour ceux qui acceptent la compétition pacifique. A partir du moment où des individus ou des groupes disent qu'ils sont contre le système et qu'ils le détruiront, ceux qui veulent du système ont parfaitement le droit de se défendre. Ce n'est pas contraire aux principes. P95 "... ce qui est le plus difficile à régler pacifiquement, ce ne sont pas les conflits qui sont graves par essence : ce sont les conflits qui portent sur l'ordre politique lui-même. La démocratie devient difficile à faire fonctionner lorsque ce qui est l'enjeu du conflit, c'est le régime même de la compétition, c'est-à-dire à partir du moment où les hommes se divisent sur la question de savoir si l'on est pour ou contre le système de la compétition pacifique. ... le problème essentiel ... est plutôt de savoir si l'existence même d'un régime de compétition pacifique ne tend pas à créer des hommes qui veulent détruire le régime." Quels seraient "... les ennemis de la démocratie. ... le groupe des anciens privilégiés ... puisque le régime de compétition était introduit par une nouvelle classe sociale et avait pour résultat de détruire ou tout au moins réduire la puissance des anciens privilégiés ...les représentants des masses populaires ... lorsque ces masses ou leurs représentants croient que l'exercice de la compétition ne leur permettra pas de lutter contre l'inégalité sociale ... ceux qui n'ont pas ou qui ne se croient pas de chances dans ce régime de compétition politique et qui peuvent mobiliser tous les mécontentements. ... qui se croient victimes du système pour espérer une amélioration de leur sort contre le système."
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- ps: lire l'ensemble de l'ouvrage serait infiniment plus enrichissant et montrerait dans sa totalité la puissance de réflexion
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