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Quelques éléments de réflexion et de débat sur l’évolution du Système International qui serait souhaitable pour répondre au défi de la responsabilité de protéger
1°)
Placer la recherche d’une nouvelle interprétation des règles de droit dans
l’après sommet UN 2005 (donc se situer dans le contexte nouveau de la
responsabilité de protéger) autorise entre autres avantages un retour à une
unité de vision partagée par l’ensemble des Pays de pensée occidentale. On
arriverait donc à une meilleure convergence lors des travaux à venir.
2°)
Certes, il faudrait regrouper bien des négociations qui aujourd’hui sont
traitées de manière indépendantes, cependant, je pense que cela ne sera réalisable
qu’une fois levé le blocage principal, celui de la légitimité du principal
organe de décision en matière de sécurité, et seule sa résolution
autorisera d’aller de l’avant sur les autres sujets.
Ce
blocage se cristallise au niveau du Conseil de Sécurité et le résultat des négociations
à ce niveau feront des Nations Unies un lieu où tous se reconnaîtront si sa
composition reflète plus qu’aujourd’hui la situation du monde actuel, ou
non.
Le
Constat
Ce
n’est pas tant le nombre de Pays représentés (car il faut conserver une
capacité de réaction) que le nombre de Permanents qui pose un problème de légitimité.
Aujourd’hui,
le nombre de Pays de pensée occidentale est de 4 contre un seul de pensée non
occidentale, nord sud, mais l’équation se décline aussi en développés en développement, riche pauvre.
De
là en découle une cascade de conséquences dont les plus visibles seraient,
devant l’impossibilité d’une expression de la diversité, la création de
blocs par trop hétérogènes qui dans leur recherche d’un point de vue commun
additionnent des points non négociables, d’où des difficultés de
progression sur de nombreux autres sujets.
Ces
blocages risquent de persister tant que cette diversité de la communauté
internationale ne se verra pas reconnue.
Dans
ce processus de reconnaissance de la diversité, les Pays de l’Union européenne
ont un rôle particulier à jouer et ceci à deux niveaux :
-
Premièrement,
un accord entre eux à 25 serait un
premier signal positif sur la question
-
Deuxièmement,
des mécanismes de décision propre à l’Union européenne ou certains de ceux
qui ont été pensé pour elle pourraient trouver matière à s’exercer lors
de la levée du blocage au conseil de sécurité et de son évolution.
De
plus
- L’arrivée de gouvernements nouvellement élus en son sein ouvre la possibilité d’une nouvelle tentative de coordonner les positions sur ce sujet
- Le récent accord au sein du FMI ouvre une possible voie d'accord pour une évolution par étapes
L’Union
Européenne
Premièrement,
si l’on se place dans le cadre international, tous s’accordent sur la nécessité
d’un changement.
En
second, dans le cadre de leurs relations extérieures communes, une prise de
position en faveur des grands Pays émergents devrait également pouvoir être
trouvée.
Troisièmement,
si on remplace le cadre européen par celui plus large occidental tout en
prenant en compte la situation actuelle de chaque Etat avec ses intérêts
propres et que l’on se pose la
question qu’ai-je à gagner à rendre possible un déblocage la situation ?
La
réponse devrait être, j’ai tout à y gagner.
Si l’on retient le principe de mieux refléter la diversité du monde actuel,
la question pour le camp occidental est : un permanent occidental de plus ?
à ce stade, répond-il à ce besoin de diversité?
Et
là, sans délégitimer le principe de démocratie, les caractères
démographiques, économiques et de reconnaissance politique qui bien sûr
interviendront ultérieurement dans
le choix des Pays, c’est l’équation 4 / 1 qui est primordiale à toute réflexion
occidentale, et c’est l’évolution de cette équation que regardera le reste
du monde pour valider ou non l’évolution.
Quelle
démarche pourrait être entreprise
Le
choix d’un Pays sur une base régionale ne pourrait se faire car le nouveau
permanent se doit une responsabilité universelle, il ne peut donc être élu
sur une base régionale.
De
même, une régionalisation au sein du conseil de sécurité se heurte au fait
que toute décision d’intervention dans des opérations faisant intervenir des
troupes engage un Pays, un groupe de Pays ne saurait à ce jour décider pour
lui.
Ces
nouveaux Pays membres pourraient être soit nommément désignés dans le texte
soit si ce n’était le cas désignés par le double filtre d’un vote de l’Assemblée
générale des Nations Unies (majorité ou majorité qualifiée…) et de
l’accord du Conseil de sécurité où les membres permanents disposeraient de
leur droit de véto.
Emergent
alors trois Pays : Afrique du Sud, Brésil et Inde qui disposeraient une
fois confirmés, de tous les droits actuels des Pays membres permanents.
Un
minimum de changements donc pour cette première étape qui devrait être considérée
comme suffisante car elle répond aux attentes de garder un CS à taille imitée
exposée par certains permanents, et de répondre aux souhaits de
diversification vers les Etats du Sud exprimée par beaucoup d’autres.
Surtout,
elle rééquilibre l’équation des permanents, redonnant une nouvelle légitimité
au CS, rendant possible de nouvelles interprétations dans son processus décisionnel.
Car
dès lors que le CS est redevenu représentatif de la diversité actuelle du
monde, une évolution de la lecture du caractère légitime ou non des opérations
décidées par lui est rendue possible et acceptable par la communauté
internationale dans le cadre de notre sujet qui est la responsabilité de protéger
les populations menacées.
En
cas de menace et après le respect du protocole d’alerte, (*
)
Apparaîtrait
au moment du vote en plus du oui et du non, une abstention dite constructive (
je ne dis pas non mais je ne m’engage pas moi même dans l’opération)
Pourrait
être reconnu comme légitime et opération de l’ONU
-
vote du
CS à l’unanimité
-
majorité
du conseil, majorité des permanents et abstention
-
majorité
du conseil, majorité des permanents, un permanent dit non
Zone
grise où une décision prise suite à la demande de l’organisation régionale
impliquée serait ONU, elle serait légitime et non ONU dans le cas contraire
-
majorité
du conseil, majorité des permanents, deux permanents disent non
Pourrait
être reconnu comme légitime et non opération de l’ONU une opération menée
par un groupe de Pays
-
majorité
du conseil, majorité des membres permanents
-
majorité
du conseil, nombre de oui permanents supérieurs aux non mais sans majorité
-
une
requalification ultérieure étant toujours possible
Enfin
le processus de décision plus efficace rendrait l’autorité au CS
-
Qui
autoriserait une intervention régionale ou
une intervention internationale selon le contexte
-
Qui
pourrait re-qualifier une intervention régionale compromise par le belligérants
en une intervention internationale
-
L’accord
de l’Etat ou des Etats parties étant recherché mais non indispensable
Voir
le tableau résumant une première série de situations (**)
Cette
évolution au sein du CS est à replacer dans un ensemble de progrès à réaliser,
dont une reconnaissance de la légitimité de l’Assemblée Générale, de l’Ecosoc
dans les domaines socio économiques et pour la réalisation des Objectifs du
millénaire, sans oublier l’environnement et les changements climatiques.
De
plus, une fois cette interprétation et ce système de décision acceptée et
rodée, une nouvelle étape de la composition du CS pourrait avoir lieu ( évaluation
cinq ans, décision dix ans) avec comme objectifs possible, fermer la césure
provoquée par la seconde guerre mondiale, une reconnaissance du Moyen
Orient/Asie centrale, un second siège pour l’Afrique… et selon le contexte
de l’époque…
PF 27/04/06
*
Protocole d’alerte Responsabilité de protéger
Une bonne codification de la mise en œuvre devrait éviter des dérives de part et d’autre
- d’abord
un constat que des populations subissent une violation massive ( par le SG suite
à des rapports d’experts
- puis le CS juge du contenu et décide si il y a violation ou pas.
En fonction de ce constat il décide du déclenchement ou non de la mise en œuvre de cette responsabilité et c’est au CS de dire comment intervenir ( casques bleus, corridor humanitaire, équipes d’observateurs ... ) cf onu futur 2
Tableau - Prise de décision dans le cadre de la responsabilité de protéger |
Protocole d’alerte respecté – Rapport du Secrétaire général –
|
Opération ONU |
CS à l’unanimité |
|
|
Majorité du Conseil Majorité des permanents et abstentions |
|
|
|
Majorité du Conseil Majorité des permanents avec un permanent qui dit non |
|
|
|
Majorité du Conseil Majorité des permanents et deux permanents qui disent non |
Décision suite à une demande de l’Organisation régionale concernée |
|
|
Opération légitime |
Majorité du Conseil Majorité des permanents et deux permanents disent non |
Pas de demande de l’Organisation régionale concernée |
|
Majorité du Conseil, Majorité des permanents |
|
|
|
Majorité du Conseil, Nombre de oui permanents supérieur au nombre de non permanents mais sans majorité du fait d’abstentions |
Décision suite à une demande de l’Organisation régionale concernée |
L’autorité de la décision d’une opération revient au
Conseil de Sécurité
|
Décision du CS Choix d’une |
Intervention
régionale |
Réussite |
Intervention
régionale |
|
|
Echec |
Requalification
en Intervention internationale possible |
|||
|
Intervention internationale |
|
|
IR
possible |
|
|
Réussite |
Requalification
en Intervention régionale possible |
|||
Responsabilité de Protéger autres sites
droit de véto - propositions défendues par la France
Union européenne
http://europa-eu-un.org/articles/fr/article_4591_fr.htm
Commission indépendante internationale de l'intervention et de la souveraineté des états créée par le gouvernement canadien
http://www.dfait-maeci.gc.ca/foreign_policy/ICISS_synopsis-fr.asp grandes lignes du rapport canadien
http://www.rifm.net/fr/ev-28733-201-1-DO_TOPIC.html le rapport en ligne