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ONU XXI  - Rapport Sachs - les grandes lignes - réflexions et enseignements  http://membres.lycos.fr/afnulorraine

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ONU XXI DEV quelques enseignements du Rapport Sachs

 

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Journée débat sur le rapport à Sciences po  pdf

 

Rapport Sachs - grandes lignes du rapport 

quelques enseignements et réflexions sur comment

 « Investir dans le développement : un plan pratique pour atteindre 

les objectifs du Millénaire pour le développement » 

 

Ces quelques enseignements et réflexions ont pour but de toucher un plus large public - PF

 

l'Intégralité du rapport à lire est disponible à -  http://unmp.forumone.com/french.html

plus d'information Rapport Sachs 2 - Différenciation - Priorités dans chaque Région

 

   PLAN - ODM La plus grande des causes mondiale 

Introduction

RECOMMANDATIONS


1) Mettre en place ces stratégies en 2006 au plus tard

2) Poser fermement le principe d’une forte augmentation

3) Processus transparents et inclusifs

4) Réalisation accélérée des ODM

5) Lancer dès 2005 – des mesures à gains rapides – une formation massive

6) Adapter les stratégies nationales aux initiatives régionales

7) APD tendre vers 0,7% - une Aide harmonisée prévisible et prenant surtout la forme d’un soutien budgétaire  

8) Ouvrir les Marchés – Investir

9) Mobiliser une aide à la recherche- au développement scientifique

10) Coopérer étroitement au niveau du pays


I) Les ODM  

I A) L’extrême pauvreté  

les stratégies de développement doivent prendre en considération leurs effets possibles sur la réduction des risques de conflit (ou leur augmentation accidentelle)

I B) Il existe d’importantes disparités dans le degré de réalisation des différents OMD:

I C) le marché a tendance à contourner le village  

La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement est dans une large mesure liée à la réalisation d’investissements essentiels d’équipement et de capital humain 

qui permettront aux pauvres de rallier l’économie mondiale, tout en leur donnant les moyens d’exercer leurs droits économiques, politiques et sociaux

I D) Quatre raisons expliquent le retard pris dans la réalisation des ODM

I D 1°) Les défaillances de gouvernance

1 D 2°) Les pièges de la pauvreté  

La solution, pour rompre le piège de la pauvreté, est d’accroître le stock de capital de l’économie, à un point où l’enchaînement de facteurs négatifs s’interrompt et où une croissance économique auto-entretenue peut prendre la relève.

I D 3°) Les poches de pauvreté

I D 4°) Les domaines négligés par les politiques

      I  E ) Les moyens de mener une vie productive

- capital humain

- services d’infrastructure essentiels

- droits politiques, sociaux et économiques essentiels


II)  Processus en vue d’une réalisation des OMD au niveau du pays 

     II A ) Des objectifs pratiques

Il est indispensable que les contraintes techniques qui pèsent sur la réalisation des OMD ne soient pas confondues avec les contraintes financières

Les étapes pratiques à franchir pour réaliser les OMD dans chaque pays peuvent et doivent être déterminées, les moyens de les atteindre planifiés et appliqués par des mesures précises et bien ciblées, allant de pair avec un soutien suffisant de la communauté internationale

                II A 1°)  Partir de 2015 et remonter dans le temps

- Cartographier l’extrême pauvreté

- Bilan des besoins afin de recenser les investissements publics

- Convertir ce bilan des besoins en un cadre d’action

- Élaborer une stratégie de réduction de la pauvreté, reposant sur les OMD

  II A 2°) Des mesures à gains rapide

Investissements publics prioritaires pour donner aux pauvres les moyens d’agir

II B ) Méthodes

II B 1°)  Systèmes de soins : Assurer un accès universel aux services essentiels par un système intégré de soins au niveau du district

II B 2° )  Éducation : Assurer l’universalité de I’enseignement primaire, élargir l’enseignement secondaire et développer l’enseignement supérieur

II B 3°)  Égalité des sexes : investir pour éliminer des préjugés trop répandus

II B 4°)  Environnement :  investir dans une meilleure gestion des ressources

               II B 5°)  La science, la technologie et l’innovation : créer un potentiel national

II C )  Interdépendance des modules d’investissement

        II C 1°)  Augmentation d’échelle  

- mettre en oeuvre simultanément des interventions à une échelle très ambitieuse - atteindre une grande proportion de la population assez vite

Le niveau de planification est beaucoup plus complexe que pour un simple projet isolé

- nécessite des investissements initiaux consacrés 

à l'amélioration de la gestion du secteur public, la création ou la rénovation d’une infrastructure, surtout, la formation et la conservation d’un nombre suffisant de travailleurs qui fourniront les services sur le terrain.

              II C 2°)  Une bonne gouvernance est nécessaire pour réaliser les OMD


III) Recommandations au système international concernant l’aide à apporter au niveau du pays

III A ) Réformer le système de l’aide

III A 1°) La situation actuelle

- Le financement du développement est de très mauvaise qualité

- La plupart des processus de développement ne concernent que le court terme

- L’aide au développement n’est pas conçue pour atteindre les OMD

III A 2°) Quelques mesures essentielles pour améliorer la fourniture de l’aide

- Mesurer la cohérence des politiques au regard des OMD

- Fixer les niveaux de l'aide en fonction d’une évaluation précise des besoins  

- Approfondir et étendre l’allégement de la dette et 

   accorder des dons plutôt que des prêts 

- une Aide harmonisée prévisible et prenant surtout la forme d’un soutien budgétaire  

 

- Renforcer le Groupe des Nations Unies pour le développement et 

                   le système du Coordonnateur résident 

 

- Une percée sur le front du commerce mondial 

Agriculture - Marchandises non agricoles - Services

III B )  Autres mesures essentielles

III B 1°) Traitement spécial et différencié

III B 2°) Compétitivité des exportations des pays en développement

III B 3°) Institutions régionales

III B 4°) Mobiliser la science et la technologie au niveau mondial pour la réalisation des OMD

III B 5°) Une stratégie internationale d’atténuation du changement climatique

III B 6°) Sélectionner les pays à réalisation accélérée des OMD

III B 7°) Établir des Stratégies de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD

III B 8°) Faire participer les grands pays à revenu moyen à la réalisation des OMD


IV)   Les coûts et les avantages de la réalisation des OMD

IV  A )  Les coûts

IV A 1°) Quantifier les besoins d'équipement, de formation de ressources humaines et les besoins financiers

IV A 2°) Étoffer l'enveloppe financière consacrée à la réalisation des OMD

Pour financer ces investissements, nous supposons une forte augmentation de la mobilisation des ressources intérieures

IV A 3°) Cette augmentation ne suffira pas - augmentation de l'APD

Comme nos calculs des besoins d'APD laissent de côté plusieurs catégories importantes d'aide qui persisteront sans doute à l'avenir … grands ouvrages d'équipement, dépenses nouvelles consacrées à l'adaptation aux changements climatiques, reconstruction après les conflits, et autres grandes priorités géopolitiques 

nous estimons que les donateurs devraient s'engager à atteindre enfin l'objectif établi de longue date de 0,7 % du PNB en 2015. 

Environ trois quarts de cette APD seraient alors orientés vers la réalisation des OMD, le reste vers d'autres besoins

IV A 4°) des mécanismes de financement novateurs sont à l'étude

IV B ) Les avantages attendus

- des dizaines de millions de vies seraient sauvées, les améliorations étant surtout  

                     constatées en Afrique 

- des millions d'enfants auront la possibilité d'aller à l'école 

- des centaines de millions de femmes et de filles de plus qui vivront enfin dans la 

                      liberté 

- inversion de la dégradation de l'environnement 

- les OMD sont également un élément essentiel de l'Agenda mondial pour la 

                      sécurité


Conclusion 

l'augmentation de l'aide au développement ne représente qu'un demi pour cent du revenu total des pays riches

il reste que l'augmentation des investissements doit s'accompagner d'une réforme des institutions, 

de l'adoption de bonnes politiques 

et d'efforts accrus pour que les gouvernements rendent mieux compte de leurs actes

 

 

 

ODM   Introduction

La plus grande des causes mondiale


« Ses 10 équipes de travail, son secrétariat et le vaste ensemble de participants  

venus des universités, des milieux gouvernementaux, des organismes des Nations Unies, des institutions financières internationales, des organisations non gouvernementales, des organismes donateurs 

et du secteur privé…

ont, ensemble, créé un réseau 

de praticiens et de spécialistes du développement, 

dans un grand nombre de pays, disciplines et organisations…

Entreprise mondiale, au service de la plus grande des causes mondiales, 

la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement ( OMD)…

Il faut mentionner un autre aspect du Projet :

 l’occasion rare et puissante de donner enfin voix au chapitre aux plus pauvres, à ceux qui ne peuvent s’expri­mer, dans le monde, et dont les espoirs, les aspirations et les besoins essentiels sont si importants…

Nous avons vu des gens qui parvenaient à préserver leur volonté, leur intégrité, leur engagement et leur confiance dans l’avenir, alors même qu’il ne leur restait presque plus rien ... L’esprit humain est authentiquement indomptable…

L’extrême pauvreté … nous avons confiance qu’on pourra enfin en venir à bout à l’avenir »

 

"Jeffrey D. Sachs Janvier 2005"


RECOMMANDATIONS


  1) Mettre en place ces stratégies en 2006 au plus tard

- S’il existe déjà un document de réduction de la pauvreté, il doit être adapté aux OMD


2) Poser fermement le principe d’une forte augmentation

- des investissements publics

- de la création de capacités

- de la mobilisation de ressources intérieures et

- de l’aide publique au développement

- supplément de ressources … de l’ordre de quatre points … du PNB en 2015

- calculer l’APD nécessaire


3) Processus transparents et inclusifs

- une Stratégie de réduction de la pauvreté adaptée

- gouvernements/société civile/secteur privé intérieur/partenaires internationaux

- s’appuyer sur une analyse des investissements détaillée

- large place à la productivité rurale, à la productivité urbaine, à la santé

- à l’éducation, à la viabilité environnementale

-   à la science, la technologie, et l’innovation

- mécanisme de gestion transparente et décentralisée

- renforcement de la conduite des affaires publiques

- participation de la société civile

- promotion des droits de l’homme

-  promotion du secteur privé

- ressources nécessaires pour le suivi et l’évaluation

- décrire une stratégie de sortie pour mettre un terme à la dépendance à l’égard de l’aide


4) Réalisation accélérée des ODM

sélectionner une bonne dizaine de pays, en raison de la qualité de leur gestion, 

et de leur capacité d’absorption


5) Lancer dès 2005 – des mesures à gains rapides – une formation massive

- un groupe de mesures produisant des gains rapides pour sauver et améliorer des millions de vies et promouvoir la croissance économique

- un effort massif pour accroître le niveau de connaissances spécialisées existant au niveau local

Formation massive de travailleurs communautaires

- en santé publique, éducation, agriculture, équipement,

- en gestion publique

Mesures produisant des gains rapides

éliminer les droits payés par le patient dans les services de soins de santé de base - utilisation des combinaisons de thérapies efficaces contre le sida, la tuberculose et le paludisme

éliminer les frais de scolarité et les frais d’achat d’uniformes scolaires - repas scolaires gratuits à tous les enfants, en utilisant pour cela des aliments produits localement - programmes nutritionnels communautaires à l’intention des femmes enceintes et qui allaitent

donner aux femmes les moyens de jouer un rôle - campagnes nationales de réduction de la violence contre les femmes - législation garantissant aux femmes et aux filles l’exercice du droit de propriété et du droit d’hériter

rôle de la science dans la formulation des politiques nationales - mieux propager les connaissances et les services essentiels dans le milieu rural

fournir un appui local - financement de l’amélioration communautaire des zones de taudis - élargir l’accès à l’électricité, l’eau et les moyens d’assainissement, ainsi qu’à l’Internet - reconstituer l’azote des sols et les autres éléments nutritifs du sol - distribuer gratuitement des moustiquaires traitées aux insecticides - administrer régulièrement, chaque année, un vermifuge  


6) Adapter les stratégies nationales aux initiatives régionales

-   Être encouragés à produire et à appliquer des mécanismes d’examen collégial pour favoriser l’adoption    

     des pratiques optimales et de bonnes méthodes de gestion

-   Identifier, organiser et appliquer des grands projets d’équipement prioritaires transfrontaliers (réseaux routiers, chemins de fer, gestion des bassins versants)

-   Recevoir un appui direct des donateurs en vue de la réalisation des projets transfrontaliers.


7) APD tendre vers 0,7%

- Les pays riches devraient porter leur APD de 0,25 % de leur PNB en 2003, 

à 0,44 % en 2006 et à 0,54 % en 2015 

- La qualité de cette APD étant améliorée et incluant

une Aide harmonisée prévisible et prenant surtout la forme d’un soutien budgétaire

   L’APD devrait reposer sur les besoins effectifs, correspondant aux OMD, et à la volonté des pays d’utiliser l’APD efficacement.

   Les critères d’évaluation de la viabilité de l’endettement d’un pays doivent être compatibles avec la réalisation des OMD.

   L’aide devrait être orientée vers les stratégies de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD plutôt que vers des projets choisis par les donateurs.

   Les donateurs devraient mesurer et publier la part de leur APD qui concourt effectivement à une augmentation massive des investissements consacrés aux OMD.

   Les pays à revenu moyen devraient saisir l’occasion de devenir eux-mêmes des fournisseurs d’APD et d’appui technique aux pays à faible revenu.


8) Ouvrir les Marchés - Investir

- les pays riches devraient ouvrir leurs marchés aux exportations des pays en

 développement

- investir dans des infrastructures indispensables au commerce international

telles que le réseau électrique, le réseau routier et les ports


9) Mobiliser une aide à la recherche- au développement scientifique

à l’échelle mondiale afin de répondre aux besoins propres des pauvres

dans les domaines de la santé publique, de l’agriculture, de la gestion de l’environnement, de l’énergie et du climat.


10 Coopérer étroitement au niveau du pays

pour améliorer la qualité des conseils techniques dispensés

- Les équipes dans le pays sont renforcées et financées

- renforcer la coordination, au niveau des sièges et au niveau du pays, entre les organismes, fonds et programmes des Nations Unies pour réaliser les ODM.

   

 

 

 

I)  Les ODM

I A) L’extrême pauvreté


L’extrême pauvreté peut en effet être définie comme “pauvreté mortelle” puisqu’elle prive les individus des moyens de rester en vie, aux prises avec la faim, la maladie et les menaces environnementales

Dans les ménages tombés dans la misère, l’espérance de vie est souvent inférieure de moitié environ à ce qu’elle est dans le monde riche, 40 ans au lieu de 80

On estime que le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a diminué de 130 million

Des recherches montrent l’existence d’une relation causale forte entre la pauvreté ou la brusque réduction du revenu et le déclenchement d’un conflit. 

En moyenne, une baisse brutale de cinq points de pourcentage de la croissance économique accroît le risque de guerre civile de 50 % environ.

Le risque de conflits violents entre groupes sociaux diminue à mesure que le revenu national augmente. Alors que les conflits violents résultent manifestement de la conjugaison de plusieurs facteurs, la pauvreté crée des conditions qui peuvent faire éclater ou entretenir un conflit.

Les conséquences sont doubles: 

- il est particulièrement important d’investir dans le développement afin de réduire les probabilités de guerre

- les stratégies de développement doivent prendre en considération leurs effets possibles sur la réduction des risques de conflit (ou leur augmentation accidentelle)


Mais la réalisation des OMD est loin de progresser de façon uniforme, selon les pays et selon les objectifs eux-mêmes. … Dans un pays, les disparités sont les plus marquées dans les zones rurales, mais la pauvreté urbaine est également très répandue, en augmentation


I B) Il existe d’importantes disparités dans le degré de réalisation des différents OMD:


   Objectif 1 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim      Le nombre et la proportion de personnes                            sous-alimentées diminuent dans la plupart des régions du monde.


   Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

L’enseignement primaire progresse dans la plupart des régions,


   Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes 

L’égalité des sexes demeure un objectif qui n’est pas atteint,


   Objectif 4 : Réduire la mortalité infantile

   Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle

Les taux de mortalité maternelle restent à un niveau inacceptable 

dans toutes les régions en développement, ce qui reflète le faible intérêt que les pouvoirs publics portent aux besoins des femmes


   Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies

  Le VIH/sida concerne désormais 40 millions de personnes

L’incidence de la tuberculose, qui demeure très élevée, augmente du fait que cette maladie est une infection opportuniste associée au sida.

Le paludisme, dû à un parasite lié aux conditions d’environnement, demeure une menace pesant gravement sur la santé dans de nombreuses régions tropicales


   Objectif 7 : Assurer un environnement durable 

La part de la population ayant accès à l’eau salubre a sensiblement augmenté.

L’objectif qui concerne l’assainissement ne sera pas atteint.

Environ 900 millions de personnes vivent dans des taudis, les progrès sont absents ou lents.

Toutes les régions en développement ont connu, au cours de la décennie passée, une très nette dégradation de l’environnement,

     qui ne peut que s’aggraver du fait du changement climatique mondial à long terme.


Le manque de données et d’indicateurs de qualité sur l’environnement dissimule l’ampleur de la dégradation environnementale dont pâtissent la plupart des pays en développement depuis plus d’une décennie 

(Chaque année, le déboisement concerne près de 15 millions d’hectares de forêts )


   Objectif 8 :Mettre en place un partenariat mondial pour le développement


I  C) le marché a tendance à contourner le village


qu’il laisse pratiquement sans revenu monétaire, sans moyen facile d’en gagner, avec une productivité faible et de mauvaises liaisons avec l’économie de la région et l’économie mondiale.

Le village a beaucoup de mal à survivre avec sa seule production vivrière.

Les habitants du village n’ont pas assez d’argent pour épargner.

Et comme l’infrastructure et la main-d’œuvre qualifiée font défaut, les investisseurs privés ne viennent pas. Les jeunes hommes, les jeunes femmes, en particulier ceux qui savent lire, partent pour la ville. Les plus instruits quittent le pays.

Un grand nombre des plus vastes agglomérations urbaines des pays à faible revenu ne sont en fait que des villages considérablement étendus

Les habitants des zones de taudis sont pour la plupart privés de la possibilité d’exercer leurs droits politiques, sociaux et économiques.


Pourtant, des mesures pratiques peuvent être prises pour inverser ces tendances catastrophiques.

Les villages et les villes peuvent s’intégrer à la croissance économique mondiale s’ils sont dotés de l’infrastructure et du capital humain


La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement est dans une large mesure liée à la réalisation d’investissements essentiels d’équipement et de capital humain qui permettront aux pauvres de rallier l’économie mondiale, 

tout en leur donnant les moyens d’exercer leurs droits économiques, politiques et sociaux, qui les aideront à faire le meilleur usage possible des équipements et du capital humain, quel que soit l’endroit où ils choisissent de vivre


D) Quatre raisons expliquent le retard pris dans la réalisation des ODM


la mauvaise gouvernance, caractérisée par la corruption, la médiocrité des choix de politique économique et le non respect des droits de l’homme

le piège de la pauvreté, quand l’économie locale et l’économie nationale sont trop pauvres pour réaliser les investissements nécessaires

Parfois des progrès sont accomplis dans une partie du pays mais pas dans d’autres, de sorte qu’il subsiste des poches de pauvreté

des domaines où  certaines politiques sont oubliées,


I D 1°) Les défaillances de gouvernance

Si pauvre qu’il soit, aucun pays ne peut s’arroger le droit de maltraiter ses citoyens, de leur dénier la protection qu’offre l’égalité devant la loi, ou d’en faire des victimes de la corruption, d’une mauvaise gestion et d’une politique économique irrationnelle.

Pour réaliser les OMD, les gouvernements doivent travailler activement avec leurs mandants, en particulier avec les organisations de la société civile et avec le secteur privé.

Les organisations de la société civile peuvent aider à définir les grandes politiques, à fournir les services, à défendre les droits de l’homme et à superviser l’action du gouvernement dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion.

Et le secteur privé est tout simplement le lieu privilégié de la création d’emplois et de la croissance des revenus à long terme


Pour qu’il y ait développement économique, il faut que les gouvernements fassent respecter la Légalité, suivent une politique économique rationnelle, procèdent aux investissements publics appropriés, gèrent la fonction publique, protègent les droits de l’homme et soutiennent l’action des organisations de la société civile et notamment les associations qui représentent les pauvres pour qu’elles puissent participer aux grandes décisions nationales.


1 D 2°) Les pièges de la pauvreté

Beaucoup de pays pourtant bien gouvernés sont trop pauvres pour s’en sortir seuls

Les raisons en sont claires. Ces pays manquent d’équipement de base, de capital humain, de moyens d’administration publique les bases mêmes du développement économique et de la croissance entraînés par le secteur privé.

En outre, des dizaines de pays pauvres très endettés ou à revenu moyen sont contraints par les pays créanciers de consacrer des proportions importantes de leurs recettes fiscales pourtant limitées au service de la dette extérieure, ce qui compromet leur aptitude à financer des investissements essentiels dans le capital humain et l’infrastructure

  Rompre le piège de la pauvreté 

Quand le stock de capital d’un pays (c’est-à-dire son capital physique, naturel et humain) est faible, l’économie reste improductive. Les ménages sont appauvris et l’environnement se dégrade

  Faiblesse de l’investissement étranger.

  Conflits violents. La rareté des ressources peut souvent aviver les tensions latentes entre groupes concurrents.

   Exode des compétences.

  Naissances imprévues ou mal planifiées et accroissement rapide de la population.

  Dégradation de l’environnement.

Tous ces facteurs négatifs renforcent et amplifient la pauvreté.

La solution, pour rompre le piège de la pauvreté, est d’accroître le stock de capital de l’économie, à un point où l’enchaînement de facteurs négatifs s’interrompt et où une croissance économique auto-entretenue peut prendre la relève.

Il faut pour cela un “coup de collier”, c’est-à-dire des investissements importants à réaliser entre actuellement et 2015 dans l’administration publique, le capital humain (alimentation, santé et éducation) et les infrastructures essentielles (le réseau routier, le réseau électrique, les ports, l’eau et l’assainisse­ment, l’obtention de terrains pour la construction de logements à bon marché, une bonne gestion de l’environnement).

Ce processus pourrait être soutenu par une réduction volontaire de la fécondité, qui permet d’accroître les investissements consacrés à la santé, à l’alimentation et à l’éducation de chaque enfant.


Les ODM offrent un cadre solide pour déterminer quels investissements doivent être réalisés. Ils montrent quels doivent être les objectifs de l’investissement public 

canalisations d’eau, moyens d’assainissement, amélioration des taudis, moyens d’éducation et de santé, gestion de l’environnement, équipement de base et 

qui sont susceptibles de réduire la pauvreté monétaire et les inégalités entre les sexes, d’améliorer le capital humain et de protéger l’environnement


La situation géographique du pays rend parfois plus probable le piège de la pauvreté 

   Pays sans littoral - Petits pays insulaires - Faiblesse et instabilité de la pluviométrie.

   Pauvreté ou épuisement des sols. Conditions sanitaires défavorables: Paludisme sida

Autres

   Manque de ressources énergétiques

   Exiguïté du marché intérieur et absence d’intégration régionale.

   Vulnérabilité aux risques naturels (tempêtes tropicales, séismes, érup­tions volcaniques).

  Frontières artificielles, qui traversent des groupes culturels ou ethniques.

  Proximité de pays en guerre.

Les pays qui sont éloignés des grands marchés peuvent en être rapprochés par des investissements adéquats dans le réseau routier et ferré.

Les pays où les sols sont épuisés ou qui n’ont pas assez de pluies peuvent remédier à ces inconvénients par des mesures particulières de refertilisation des sols et de gestion des eaux à usage agricole (irrigation et collecte des eaux).

Les pays souffrant du paludisme et d’autres maladies endémiques peuvent lutter contre ces maladies par des mesures de prévention et de contrôle.


La vulnérabilité de l’Afrique est très forte mais elle n’est pas insurmontable


En fait, notre message est que la vulnérabilité géographique peut et doit être compensée par des investissements consacrés aux infrastructures, à l’agriculture et à la santé publique.

Pourtant ces investissement sont trop coûteux pour les pays les plus pauvres qui ne peuvent y pourvoir seuls et il faut donc augmenter l’aide fournie par les pays donateurs.


I D 3°) Les poches de pauvreté

La plupart des pays connaissent une disparité considérable des revenus des ménages, de sorte que même des pays à revenu moyen peuvent compter de très nombreux ménages extrêmement pauvres.

Dans beaucoup de cas, les handicaps géographiques (éloignement des marchés) sont encore aggravés par le fait que les minorités ne peuvent participer à la vie politique du pays.

La principale implication est qu’il faut s’assurer que les investissements indispensables consacrés aux infrastructures, au capital humain et à l’amélioration de l’administration publique, aillent bien aux régions en retard, aux quartiers de taudis et aux groupes sociaux exclus du processus politique et de l’activité économique


I E 4°) Les domaines négligés par les politiques

Certains objectifs ne sont pas atteints simplement parce que les hommes politiques 

ignorent les problèmes, ne savent que faire, ou négligent les grandes questions publiques

parité entre les sexes.

politique de l’environnement

l’accès aux soins obstétricaux d’urgence

les adolescents

santé infantile et néonatale


I  E ) Les moyens de mener une vie productive


Les principaux éléments d’un capital humain adéquat sont les suivants:

  Une bonne alimentation de base.

  Un système de soins permettant à chacun de vivre plus longtemps et en bonne santé.

  La santé de la sexualité et de la procréation.

  Le fait de savoir lire et compter et d’avoir les qualifications élémentaires qu’appellent les emplois au XXle siècle.

  Des connaissances techniques et suffisamment d’esprit d’entreprise pour adopter les connaissances technologiques et scientifiques existantes mais sous-utilisées néces­saires pour une compréhension nouvelle du monde.

Les services d’infrastructure essentiels sont les suivants:

  De l’eau potable et des moyens élémentaires d’assainissement.

  Un environnement naturel préservé et géré de façon durable.

  Des intrants agricoles, notamment les éléments nutritifs du sol, un apport fiable d’eau pour l’agriculture et des variétés de semences améliorées, à quoi il faut ajouter des vaccins, des produits pharmaceutiques vétérinaires et l’alimentation du bétail.

  De l’énergie, et notamment l’électricité et les combustibles sûrs pour les réchauds.

  Des routes revêtues et des services de transport sûrs et fiables

  Des techniques informatiques modernes.

Les droits politiques, sociaux et économiques essentiels sont les suivants:

  Égalité des droits, notamment les droits à la procréation, pour les femmes et les filles.

  Protection contre la violence, en particulier pour les filles et les femmes.

  Possibilité pour chaque citoyen de participer à la vie publique, souvent par le canal d’organisations de la société civile.

  Accès égal de tous aux services publics

  Sécurité d’occupation et droits de propriété du logement de l’entreprise et des autres actifs productifs

 

 

 

 

ODM

II) Processus en vue d’une réalisation des OMD au niveau du pays

 

  II A ) Des objectifs pratiques

 


Il est indispensable que les contraintes techniques qui pèsent sur la réalisation des OMD ne soient pas confondues avec les contraintes financières

Les OMD peuvent encore être atteints d’ici à 2015 si toutes les parties consentent les efforts voulus


La mise en oeuvre de l’ensemble complet des interventions et des mesures à prévoir prendra du temps et concernera plusieurs secteurs à la fois

Nous engageons instamment tous les pays à revenu faible à accroître leur action de mobilisation des ressources pour la réalisation des OMD 

en consacrant des recettes publiques aux investissements prioritaires

Nous exhortons les donateurs à honorer enfin les engagements pris de longue date d’

accroître nettement l’aide


 Les étapes pratiques à franchir pour réaliser les OMD dans chaque pays peuvent et doivent être déterminées, les moyens de les atteindre planifiés et appliqués par des mesures précises et bien ciblées, allant de pair avec un soutien suffisant de la communauté internationale


II A 1°)  Partir de 2015 et remonter dans le temps

Nous recommandons une démarche en quatre étapes, chaque pays devrait :

   Cartographier l’extrême pauvreté dans ses diverses dimensions essentielles (par région, par localité et par sexe) en utilisant au mieux les données disponibles. Sur la base de ces cartes de la pauvreté, entreprendre un

   Bilan des besoins afin de recenser les investissements publics précis nécessaires pour atteindre le OMD.

   Convertir ce bilan des besoins en un cadre d’action étalé sur 10 ans, comprenant 

        - les investissements publics, 

        - les mesures de meilleure gestion publique, et

        - le financement.

  Élaborer une stratégie de réduction de la pauvreté, reposant sur les OMD, sur trois à cinq ans, s’inscrivant dans ce cadre d’action de 10 ans.


  Cette stratégie de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD devrait être un document détaillé, opérationnel, attaché à un plan de dépenses à moyen terme, capable de traduire la stratégie en ensembles de dépenses budgétaires.


L’élaboration de la stratégie de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD doit être un processus ouvert, consultatif, impliquant les principaux acteurs intérieurs et étrangers. 

Chaque pays devrait donc convoquer un groupe de planification de la réalisation des OMD, qui serait présidé par le gouvernement du pays, mais inclurait aussi les donateurs bilatéraux et multilatéraux, les représentants des institutions spécialisées des Nations Unies, les autorités provinciales et locales, les personnalités de la société civile nationale, y compris les associations de femmes qui, traditionnellement, sont sous-représentées.

l’accent étant mis sur la transparence, l’obligation de rendre des comptes, les droits de l’homme et l’obtention de résultats.

En outre, il faut prévoir une stratégie applicable clairement au secteur privé, pour stimuler la croissance économique de façon qu’à plus long terme les pays puissent enfin se passer de l’aide des donateurs.


Si un pays a déjà rédigé son Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), celui-ci devrait être révisé de façon à être assez ambitieux pour comprendre la réalisation des OMD.

Si un pays est en guerre ou sort d’un conflit, nous suggérons que les stratégies de développement soient assorties d’une aide humanitaire d’urgence, en particulier pour les personnes déplacées.


II A 2°) Des mesures à gains rapides

À première vue, la liste de ce qu’il faut faire peut paraître longue.


Investissements publics prioritaires pour donner aux pauvres les moyens d’agir... qui amélioreraient sensiblement le bien-être de millions de personnes, dans le monde, et qui mettraient beaucoup de pays sur la voie de la réalisation des OMD


 Avec des ressources adéquates, ces mesures à gains rapides sont notamment les suivantes:

   Il faudrait éliminer les frais de scolarité et les frais d’achat d’uniformes scolaires, pour que tous les enfants, en particulier les filles, puissent aller à l’école, même si leur famille est pauvre. ( aide des donateurs)

   Il faudrait fournir aux agriculteurs paupérisés de l’Afrique subsaharienne des moyens peu coûteux de reconstituer l’azote des sols et les autres éléments nutritifs du sol

   Il faudrait fournir des repas scolaires gratuits à tous les enfants, en utilisant pour cela des aliments produits localement, et en leur donnant ainsi des rations à emporter à domicile

   Il faudrait mettre en oeuvre des programmes nutritionnels communautaires à l’intention des femmes enceintes et qui allaitent et des enfants de moins de 5 ans, pour soutenir l’allaitement maternel, faciliter l’accès à des compléments alimentaires produits localement, fournir des micro nutriments supplémentaires (surtout le zinc et la vitamine A) aux femmes qui allaitent et aux enfants de moins de 5 ans

   Il faudrait administrer régulièrement, chaque année, un vermifuge à tous les enfants d’âge scolaire dans les zones touchées pour améliorer leur santé et leurs résultats scolaires

   Il faudrait former en grand nombre, dans les villages, des agents sanitaires, et des agents travaillant dans l’agriculture et l’équipement (par des programmes d’un an) pour mieux propager les connaissances et les services essentiels dans le milieu rural

   Il faudrait distribuer gratuitement des moustiquaires traitées aux insecticides, de longue durée de vie, pour que tous les enfants soient protégés du paludisme dans les zones impaludées, afin de réduire considérablement le fardeau imposé par cette maladie

   Il faudrait éliminer les droits payés par le patient dans les services de soins de santé de base, dans tous les pays en développement, ceux-ci étant financés par une augmentation des ressources intérieures et l’aide consacrée à la santé publique

   Il faudrait élargir l’accès aux informations et aux services de soin, notamment élargir l’utilisation des combinaisons de thérapies efficaces contre le sida, la tuberculose et le paludisme

   Il faudrait monter un financement de l’amélioration communautaire des zones de taudis et consacrer à la construction de logements à bon marché les terrains publics inoccupés

   Il faudrait élargir l’accès à l’électricité, l’eau et les moyens d’assainissement, ainsi qu’à l’Internet, dans tous les hôpitaux, toutes les écoles, et les autres établissements de services sociaux, en utilisant des groupes électrogènes au diesel, non rattachés au réseau, des panneaux solaires et autres technologies appropriées.

   Il faudrait réformer ou appliquer effectivement la législation garantissant aux femmes et aux filles l’exercice du droit de propriété et du droit d’hériter

   Il faudrait lancer des campagnes nationales de réduction de la violence contre les femmes

   Il faudrait établir dans chaque pays un bureau de conseiller scientifique du président ou du premier ministre, afin de renforcer le rôle de la science dans la formulation des politiques nationales

   Il faudrait donner aux femmes les moyens de jouer un rôle central dans la formulation et le suivi des stratégies de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD, ainsi que dans d’autres processus essentiels de réforme des politiques, en particulier au niveau des administrations locales

   Il faudrait fournir un appui local à la plantation d’arbres, pour re fertiliser les sols, obtenir du bois de feu, créer des zones ombragées, fournir du fourrage, protéger les bassins versants, mettre en place des coupe-vent et produire du bois d’œuvre

Ces mesures auraient un impact très grand et peuvent être immédiatement appliquées.

 

 

II B ) Méthodes


L’ensemble d’interventions devrait ici inclure 

- une amélioration de la sécurité d’occupation des habitants des taudis

- une action visant à aider les pauvres à construire eux-mêmes des logements neufs adéquats

- un renforcement de l’urbanisme

- une expansion des services infra structurels urbains indispensables


II B 1°) Systèmes de soins : Assurer un accès universel aux services essentiels par un système intégré de soins au niveau du district


le système de soins atteint bien tous les groupes de la population, notamment les pauvres et les laissés pour compte

Pratiquement, les investissements et les mesures à prendre pour obtenir un système de soins qui fonctionne comprennent notamment

-  la fourniture de quantités suffisantes de médicaments essentiels, la construction de cliniques et de laboratoires

- le renforcement des systèmes de gestion, ainsi que la formation et la conservation de soignants compétents et motivés

- on s’accorde au niveau international que les travailleurs communautaires devraient être formés à reconnaître et à traiter la diarrhée, la pneumonie et le paludisme chez les enfants


II B 2° ) Éducation : Assurer l’universalité de I’enseignement primaire, élargir l’enseignement secondaire et développer l’enseignement supérieur


transformation sociale et politique qui puisse étayer une société égalitaire et sans exclusive

Pour commencer, les gouvernements devraient créer et renforcer les règles et les droits qui permettent aux parents et aux collectivités locales d’exiger que les établissements locaux rendent des comptes, améliorent le contenu, la qualité et la pertinence des programmes d’enseignement tout en éliminant les stéréotypes 

Les autorités doivent également reconnaître que les organisations de la société civile sont des participants légitimes aux débats sur le système éducatif


II B 3°) Égalité des sexes : investir pour éliminer des préjugés trop répandus


un accès égal aux actifs que sont la terre et le logement, une augmentation de la scolarisation primaire des filles et un élargissement de leur place dans l’enseignement secondaire, l’égalité d’accès au marché du travail

Pour chercher à résoudre ces problèmes systémiques, il est impératif de collecter des données ventilées par sexe afin de mieux suivre les progrès accomplis


II B 4°) Environnement :  investir dans une meilleure gestion des ressources


On peut citer en exemple d’investissement direct dans une bonne gestion de l’environnement: le reboisement, le traitement des eaux usées, la lutte contre la pollution chimique et la préservation d’écosystèmes d’importance 

les pays devront ne pas oublier qu’ils doivent de plus en plus s’adapter aux effets du changement climatique


II B 5°) La science, la technologie et l’innovation : créer un potentiel national


Plusieurs mesures pratiques sont susceptibles d’accroître le potentiel scientifique d’un pays: 

- la création d’organes consultatifs scientifiques auprès du gouvernement central

- l’utilisation du développement infra structurel comme moyen d’acquérir des connaissances technologiques

développement des facultés des sciences et de la technologie dans les universités et les instituts de technologie, ...  renforcement de l’orientation vers le développement et l’entreprise des programmes d’enseignement scientifique et technologique  ...  promotion des possibilités d’application commerciale des compétences scientifiques et technologiques

 

 

II C ) Interdépendance des modules d’investissement


 Par exemple, réduire le temps que les femmes et les filles passent à des corvées domestiques de façon à ce qu’elles puissent participer à une activité économique productive et aller dans un établissement scolaire ...


II C 1°) augmentation d’échelle pour réaliser les OMD il faut 

mettre en oeuvre simultanément des interventions à une échelle très ambitieuse

atteindre une grande proportion de la population assez vite


Cette augmentation d’échelle doit être planifiée avec soin et supervisée pour que l’application soit réussie et viable à terme.   

  Le niveau de planification est beaucoup plus complexe que pour un simple projet isolé

   suppose de bonnes relations de travail au sein des pouvoirs publics, du secteur privé, des ONG et de la société civile et entre eux

   adoption de mécanismes de fourniture de services susceptibles d’être reproduits et adaptés localement

quatre types de mesures bien précises sont nécessaires

    fixation d’objectifs et de plans de travail concrets. L’augmentation d’échelle suppose l’établissement de calendriers, de plans de travail, assortis de dates de livraison précises des activités prévues.

    renforcement de la capacité nationale et locale de gestion des affaires publiques, de gestion des ressources humaines et de

   création d’équipements

   mesure des progrès réalisés, de façon à permettre des corrections à mi ­parcours.


succès de l’augmentation d’échelle: 

nécessite des investissements initiaux consacrés 

- à l’amélioration de la gestion du secteur public (par une action de formation, par l’informatique, par le versement de traitements plus élevés aux fonctionnaires), 

- la création ou la rénovation d’une infrastructure (réseau routier, établissement de soins, écoles) et, 

- surtout, la formation et la conservation d’un nombre suffisant de travailleurs (par exemple les enseignants et les travailleurs sanitaires communautaires), qui fourniront les services sur le terrain.

Deux autres conditions sont nécessaires

- la participation des collectivités locales, qui doivent maîtriser le processus, et 

- un financement prévisible, à long terme, fourni par les donateurs, assorti d’une assistance technique. 


 Les collectivités locales doivent être à la fois les architectes et les bénéficiaires de cette augmentation d’échelle en participant à la conception des programmes et des services.

 il est essentiel de décentraliser les efforts de formation, en utilisant les notions d’enseignement à distance, par radio ou à l’aide d’ordinateurs.

 Les investissements consacrés aux services statistiques ne doivent pas être négligés, car il faut disposer des données nécessaires à une bonne planification

 La normalisation permet aussi la comparaison des résultats obtenus entre régions, ce qui peut conduire à une amélioration du contrôle de la qualité


II C 2°) Une bonne gouvernance est nécessaire pour réaliser les OMD

• Promotion de la légalité.

   Une administration publique comptable de ses actes et efficace.

   Adoption de politiques économiques judicieuses.

   Soutien fourni par la société civile, veiller à ce que la société civile ait bien la liberté politique nécessaire pour exprimer son avis, puisse participer à l’organisation et à l’examen des stratégies reposant sur les OME


deux causes profondes à la “mauvaise gouvernance”

- une équipe dirigeante réellement “corrompue”,. L’État est alors dirigé pour la seule fin d’un pillage exercé par une élite peu nombreuse, un groupe d’intérêts ou un groupe ethnique particulier.

- l’État n’a pas les ressources financières ni la capacité technique nécessaires pour gérer au mieux l’administration publique

 

 

 

 

 

III) Recommandations au système international 

concernant l’aide à apporter au niveau du pays

 

III A ) Réformer le système de l’aide


Selon nos observations dans les pays pilotes, le Projet Objectifs du Millénaire mis en place par les Nations Unies a constaté que les institutions multilatérales et bilatérales n’avaient pas encouragé les pays à considérer sérieusement les OMD comme des objectifs opérationnels.

 

Heureusement, les institutions de Bretton Woods commencent maintenant à s’intéresser à l’idée de fonder les programmes de pays qu’elles soutiennent sur Les OMD, et il est important qu’elles poursuivent dans cette voie.


III A 1°) La situation actuelle 


Une APD de mauvaise qualité a donné naissance à l’idée fausse que l’aide ne marche pas, et cela a compromis l’appui que l’opinion publique peut donner, à long terme, à la notion d’aide au développement

Pour les pays à faible revenu, 24 % seulement de l’aide bilatérale peut effectivement financer des investissements réalisés sur le terrain 


Le financement du développement est de très mauvaise qualité

   Elle vise l’assistance technique et l’aide d’urgence plutôt que les investissements dans la création de capacités à long terme et le soutien institutionnel

   Elle est trop souvent dirigée sur des pays mal gouvernés pour des raisons géopolitiques

   Ses résultats ne sont presque jamais évalués ou documentés systématiquement


Les partenaires de développement n’examinent pas de façon systématique les besoins au niveau du pays  

   il  n’y a pas de critères clairs pour évaluer les types ou les montants d’aide au développement dont chaque pays a besoin. Il n’y a pas de cadre analytique établi, par exemple, pour distinguer entre les pays ayant un gouvernement corrompu et ceux qui au contraire ont un gouvernement soucieux de développement mais trop fragile

La plupart des processus de développement ne concernent que le court terme

   les Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté, ordinairement, n’ont qu’un horizon de trois ans Dans de nombreux cas, les cycles de planification sont plus courts encore, en réalité, car ils sont dictés par les réunions  annuelles des Groupes consultatifs


L’incohérence des politiques suivies

Par exemple, un gouvernement peut apporter une aide à l’agriculture dans un pays exportateur de denrées alimentaires tout en élevant des obstacles à l’accès des mêmes exportations agricoles à son propre marché


L’aide au développement n’est pas conçue pour atteindre les OMD                                                                      Les principales priorités des OMD sont systématiquement oubliées                                                                       L’allégement de la dette n’est pas calculé pour répondre aux OMD     

   ce qui exclut tout espoir de vraie viabilité à long terme

   Les objectifs d’allégement de la dette reposent sur des indicateurs arbitraires (comme les rapports endettement-exportations) plutôt que sur les besoins calculés d’après les OMD


L’aide technique à un changement d’échelle pour réaliser les OMD est insuffisante

   De façon générale, les organismes techniques des Nations Unies sur le terrain ne sont pas préparés à aider les pays à changer l’échelle de leurs programmes nationaux  

   il arrive souvent que les organismes des Nations Unies ne soient pas inclus dans les activités locales des institutions de Bretton Woods et des banques régionales de développement, qui tendent à être mieux en mesure de conseiller les gouvernements car elles fournissent les ressources les plus importantes


   Les investissements publics ne peuvent être portés à l’échelle voulue sans une aide publique au développement considérablement accrue

   un souci de viabilité à long terme et de création durable de capacités dans les pays les plus pauvres devrait amener à soutenir le financement des dépenses récurrentes telles que les traitements et les dépenses d’entretien

  de l’intégration régionale, à la gestion de l’environnement, au progrès technologique, à la promotion de l’égalité des sexes et même à des interventions essentielles telles que la construction d’un réseau routier, l’électricité, le logement, la lutte contre les maladies, la fertilisation des sols et la santé en matière de sexualité et de procréation


III A 2°)  Quelques mesures essentielles pour améliorer la fourniture de l’aide

 liste de 10 principes


1°) Confirmer les OMD comme cibles opérationnelle concrètes pour les pays concernés

2°) Différencier l’aide apportée par les donateurs en fonction des besoins de chaque pays

Il faut spécialement prêter attention aux pays en guerre et aux pays ayant des besoins particuliers tels que les pays sans littoral et les petits États insulaires

3°) Prévoir des plans-cadres de 10 ans, dans lesquels inscrire des stratégies de 3 à 5 ans 

Ce cadre servirait alors de guide pour 1’établissement d’une stratégie plus détaillée. Les organismes multilatéraux et bilatéraux devraient organiser leur activité technique autour de l’idée d’aider les pays à élaborer et appliquer les stratégies de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD

4°) Fixer les niveaux de l'aide en fonction d’une évaluation précise des besoins

Le Projet Objectifs du Millénaire des Nations Unies, qui est le partenaire d’instituts locaux de recherche, a entrepris les premières évaluations des besoins d’investissements,

Ces premières estimations doivent être affinées mais les résultats montrent d’ores et déjà que le coût total des investissements dans les pays à faible revenu seraient de l’ordre de 100 à 110 dollars par habitant par an

Pour assurer la viabilité des programmes, l’aide au développement devrait inclure les dépenses de fonctionnement (dépenses récurrentes telles que les traitements des fonctionnaires, les opérations et l’entretien dans le secteur public) s’ajoutant aux dépenses d’équipement

5°) Approfondir et étendre l’allégement de la dette et accorder des dons plutôt que des prêts

La “viabilité de la dette à terme” devrait être redéfinie comme “le niveau d’endettement compatible avec la réalisation des OMD”

Le corollaire, pour les pays à revenu faible, est que l’APD actuelle et future devrait prendre la forme de dons plutôt que de prêts.

6°) Renforcer le Groupe des Nations Unies pour le développement et le système du Coordonnateur résident  

7°) Simplifier et harmoniser les pratiques de l’aide bilatérale pour soutenir les programmes de pays

8°) Réfléchir aux priorités oubliées et aux biens publics négligés

priorités oubliées comme la santé maternelle, l’égalité des sexes et la santé de la procréation,

biens publics négligés, notamment le potentiel scientifique à long terme, la gestion de l’environnement, l’intégration régionale et les équipements trans­frontières,

9°) Mesurer la cohérence des politiques au regard des OMD

Les donateurs devraient évaluer leurs politiques de développement, leurs politi­ques étrangères et leurs politiques financières en faisant expressément référence

• Certains pays ont fait des progrès à cet égard en amorçant la rédaction de rapports d’autoévaluation dans l’optique de l’Objectif 8, mais des groupes techniques indépendants devraient publier des évaluations indépendantes

10°) Une percée sur le front du commerce mondial

Le commerce est l’une des questions internationales relatives au développement les plus politiquement chargées

le slogan “du commerce et pas de l’aide” est tout à fait mal inspiré, en particulier s’agissant des pays les plus pauvres. Les réformes du commerce doivent compléter d’autres parties de la politique de développement telles que l’investissement d’équipement et des programmes sociaux pour assurer la constitution d’une main d’oeuvre en bonne santé et instruite.


Monterrey

une politique du commerce international qui serait fondée sur les OMD devrait aborder deux grandes questions générales:

  L’amélioration de l’accès aux marchés des pays riches pour les pays pauvres et l'amélioration de leurs termes de l’échange.

  Amélioration de la compétitivité de l’offre, pour faciliter les exportations des pays à faible revenu, par une augmentation des investissements d’équipement (réseau routier, électricité, ports) et par la facilitation du commerce


Agriculture

  Parmi les problèmes du commerce des produits agricoles, la priorité la plus élevée devrait aller à l’amélioration de l’accès aux marchés

  Un engagement contraignant d’abolir les subventions à l’exportation et les dispositifs de prix à deux niveaux devrait également être pris à court terme


Marchandises non agricoles

  Les exportations des pays en développement vers les pays développés se heurtent à des tarifs douaniers qui en moyenne sont quatre fois plus élevés que ceux aux­quels se heurtent les exportations des autres pays développés. 

  Les pays en développement souffrent également de leur propre protectionnisme, qui également limite les possibilités d’accroître les échanges entre eux.

  Un objectif à moyen terme serait de faire que les droits de douane ne dépassent pas 5 % d’ici à 2010


Services

  La libéralisation des services nécessite beaucoup d’attention, quant à la nature, au rythme et à l’échelonnement des réformes.


III B )  Autres mesures essentielles


III B 1°) Traitement spécial et différencié


  Le traitement spécial et différencié est utile pour les pays en développement qui de façon générale n’ont que des moyens très limités de tirer parti des nouvelles possibilités commerciales et ne peuvent guère supporter les coûts d’ajustement,

  Il  faut prévoir une période d’ajustement plus longue à la libéralisation des échanges, et une amélioration technologique


III B 2°) Compétitivité des exportations des pays en développement


  Les pays devraient continuer à viser l’ouverture du régime commercial. Mais ils doivent également continuer à recevoir une aide additionnelle pour pouvoir surmonter les obstacles qui pèsent sur la production du côté de l’offre ( productivité agricole, équipement )

  La compétitivité des exportations ne doit pas être obtenue d’une façon qui encourage des pratiques discriminatoires et coercitives d’utilisation de la main-d’œuvre, et ne porte pas atteinte à l’environnement nature

  Les stratégies nationales doivent être liées entre elles et avec des mécanismes internationaux de coordination en vue de la fourniture de biens publics régionaux et mondiaux.


III B 3°) Institutions régionales


  Les voisins immédiats d’un pays sont généralement ses principaux partenaires commerciaux. Ces liens peuvent être renforcés par une infrastructure régionale mais aussi par la coopération sur les politiques suivies, 

  ces deux éléments sont d’importance critique pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté quand la population du pays est faible, qu’il est sans littoral, insulaire en développement, ou fortement dépendant de ses voisins pour l’alimentation, l’eau ou l’énergie.

  De même, les bassins versants trans frontières, la désertification, la pollution de l’air et la diversité biologique sont des problèmes qui ne peuvent être traités que dans le cadre de stratégies régionales. 


 Comme bien souvent les conflits locaux ont des répercussions sur des régions entières ou sont alimentés par des tensions régionales, la gestion des conflits suppose une coopération régionale intensifiée pour déceler les risques de conflits avant qu’ils n’éclatent et pour mettre en oeuvre des réponses coordonnées, par les pays voisins, pour y mettre un terme.


Pour répondre à ces besoins, nous recommandons que quatre types de biens publics régionaux bénéficient d’une aide internationale et soient intégrés dans les stratégies nationales de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD:

• L’équipement de transport, de l’énergie et de gestion de l’eau.

• Les mécanismes de coordination de la gestion des problèmes environnementaux transfrontières.

• Les institutions de coopération économique, notamment pour la coordination et l’harmonisation des politiques et procédures commerciales.

• La coopération politique pour le dialogue régional et la recherche de consensus,

cela n’est possible qu’avec un financement extérieur


III B 4°) Mobiliser la science et la technologie au niveau mondial pour la réalisation des OMD


Pour résoudre les problèmes scientifiques les plus pressants, il faut accroître le financement public consacré directement à la recherche

Ces technologies ne sont pas gratuites. Elle sont le fruit d’énormes investissements sociaux consacrés à l’éducation, la découverte scientifique et des projets technologiques bien définis. Il faut renforcer les institutions d’enseignement supérieur. 

Un effort mondial particulier est nécessaire pour orienter la recherche-développement vers des problèmes qui se posent expressément dans les pays pauvres

Médicaments, nouveaux vaccins, une amélioration des variétés agricoles et des systèmes de culture

Une estimation préliminaire amène à retenir le chiffre d’au moins 7 milliards de dollars par an

santé publique 4 milliards / gestion des ressources naturelles - recherche agricole internationale (GCRAI) un milliard  / amélioration des techniques énergétiques un milliard  / changements climatiques un milliard 


Les entreprises privées, concentrent leurs activités d’innovation sur les problèmes et les projets des pays riches, car c’est là que les chances de profit existent


III B 5°) Une stratégie internationale d’atténuation du changement climatique


problème important et urgent - il faut commencer en 2005

Il faut d’abord bien comprendre le changement climatique et bien connaître les stratégies d’adaptation possibles

mais il faut aussi atténuer les effets du changement climatique en stabilisant les émissions de gaz à effet de serre, en encourageant la séquestration du carbone et en aidant les pays à s’adapter aux effets de ce phénomène

Comme il a été décidé à Johannesburg, c’est aux pays qui causent les problèmes qu’il incombe au premier chef d’atténuer les effets du changement climatique et de modifier les autres formes non viables de production et de consommation, par exemple la surpêche

Ces pays sont avant tout les pays riches et certains des pays à revenu intermédiaire à croissance rapide.

Mais la nécessité d’horizons à assez long terme ne doit pas se confondre avec la nécessité d’une action urgente

Des mesures immédiates sont nécessaires pour atténuer la gravité des problèmes environnementaux à long terme, comme le changement climatique et l’épuisement des ressources halieutiques.

Il faut également prendre rapidement des décisions précises pour accélérer la réalisation des OMD.

Ce n’est qu’en agissant maintenant que l’on pourra former un nombre suffisant des médecins et des ingénieurs indispensables, accroître la capacité de fourniture des services et créer les équipements nécessaires nour atteindre les OMD.

Nous recommandons que tous ces efforts soient entraînés par le Secrétaire général de l’ONU, les contributions des différents organismes des Nations Unies étant coordonnés sous l’impulsion renforcée du Groupe des Nations Unies pour le développement.


III B 6°) Sélectionner les pays à réalisation accélérée des OMD


un grand nombre de pays à faible revenu sont assez bien gouvernés et ont donc le potentiel voulu pour absorber des programmes d’investissement plus ambitieux.

une augmentation massive de l’aide au développement

Plusieurs critère

Parmi eux figurent les pays qui ont atteint le point d’achèvement au titre de l’Initiative PPPE (pays pauvres très endettés),

ou encore ceux dont l’équipe commune Banque mondiale-FMI a jugé favorablement le degré de réalisation des Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP

C’est avec ces pays où la réalisation des OMD serait accélérée de façon à montrer… que les bons résultats sont effectivement récompensés avec un soutien financier compatible avec les OMD.


III B 7°) Établir des Stratégies de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD


Une telle stratégie devrait prévoir une augmentation des investissements au niveau du village, de la ville et de la grande métropole, un scénario de financement et une stratégie relative à la gouvernance afin d’assurer l’application du programme, la corruption étant réduite au minimum et le respect des droits de l’homme assuré.

Le pays concerné devrait prendre l’initiative et contrôler lui-même l’élaboration de la stratégie

Les contributions des institutions internationales devraient être coordonnées par l’Équipe des Nations Unies dans le pays; et celle-ci devrait collaborer étroitement avec les institutions financières internationales.


formation professionnelle avant l’emploi afin d’éliminer les contraintes dues aux ressources humaines qui risquent de retarder,

          Formation de spécialistes, dans les villages, de la santé publique, de la fertilisation des sols, de l’irrigation, de la remise en état des sols, de l’eau potable, de l’assainissement, de l’approvisionnement en électricité, de la réparation des véhicules à moteur, de l’entretien des routes et de la gestion des forêts.

          La formation de personnes capables de gérer la planification des investissements, la budgétisation, les systèmes informatiques, la cartographie de la pauvreté, et de réaliser des bilans des besoins sectoriels.

          La formation d’enseignants, de médecins et d’autres spécialistes qui fourniront des services d’éducation et de santé publique.

          La formation de spécialistes de l’urbanisme, des équipements et des services urbains (approvisionnement en électricité, transport, distribution d’eau, gestion des déchets, zonage industriel) ainsi que les agents de développement communautaire pour promouvoir la participation locale, l’égalité des sexes et la défense des droits des minorités.


Lancer des initiatives entraînant des gains rapides

  Nous avons recensé un grand nombre de ces gains rapides supplémentaires. Les organismes des Nations Unies compétents, aux c6tés des organismes bilatéraux et des institutions de Bretton Woods, devraient saisir l’occasion de lancer ces initiatives en 2005

  des objectifs ambitieux et précis devraient être fixés à un horizon de trois ans


III B 8°) Faire participer les grands pays à revenu moyen à la réalisation des OMD dans le monde


Les grands pays à revenu moyen — comme l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la Malaisie et le Mexique disposent déjà des connaissances spécialisées qui seraient d’intérêt direct pour les pays plus pauvres

  Par exemple, la Chine devrait aider à diffuser largement en Afrique, dans les années qui viennent, ces médicaments antipaludéens à base d’artémisinine. La Chine peut également aider les pays à développer leur transport et d’autres équipements. 

  Le Brésil peut contribuer au développement des pays africains lusophones, notamment par la formation de spécialistes parlant portugais. 

  La Malaisie peut promouvoir une plus grande compétitivité des exportations manufacturières à base de main-d’oeuvre et renforcer les dispositifs de diffusion de conseils scientifiques. 

  L’Afrique du Sud a récemment acquis une expérience unique en son genre de l’augmentation d’échelle rapide des équipements et des services de distribution d’eau et d’électricité dans les campagnes. Ce pays pourrait aider d’autres pays d’Afrique à mettre en oeuvre d’ambitieux plans d’équipement. 

de très vastes possibilités, à saisir en 2005, de coopération entre pays en développement


Les pays à revenu moyen se trouvent eux-mêmes aux prises avec les difficultés de l’élimination de l’extrême pauvreté dans leurs propres territoires mais, dans le même temps, ils commencent à devenir des pays donateurs. 

Des dons pour alléger le fardeau de la dette des pays à revenu moyen très endettés pourraient contribuer à ce processus.

 

 

 

IV   Les coûts et les avantages de la réalisation des OMD

 

 

IV  A )  Les coûts


IV A 1°) Quantifier les besoins d'équipement, de formation de ressources humaines et les besoins financiers


Dans l'esprit du Consensus de Monterrey, les pays en développement devront plus activement mobiliser leurs propres ressources pour financer leur stratégie de réduction de la pauvreté reposant sur les OMD, en faisant appel aussi largement que possible aux recettes publiques, aux contributions des ménages et à l'investissement privé. 


Dans un grand nombre de pays à faible revenu et pratiquement dans tous les pays les moins avancés, les ressources intérieures à elles seules ne suffiront pas pour atteindre les objectifs des OMD

des évaluations des besoins devront être effectuées au niveau de chaque pays


IV A 2°) Étoffer l'enveloppe financière consacrée à la réalisation des OMD


Pour le Ghana, les investissements publics annuels nécessaires pour atteindre les OMD représentent 80 dollars par habitant en 2006, ce chiffre montant progressivement jusqu'à 124 dollars en 2015

Les évaluations des besoins pour d'autres pays à faible revenu montrent un niveau semblable d'investissement à réaliser

II est à noter que ce chiffre n'inclut pas la coopération technique consacrée à la création de capacités et à d'autres objectifs, ne comprend pas non plus l'aide d'urgence, et d'autres formes d'APD qui ne financent pas directement les coûts en capital et dépenses de fonctionnement résultant des interventions de réalisation des OMD


Pour financer ces investissements, nous supposons une forte augmentation de la mobilisation des ressources intérieures

une augmentation des dépenses publiques consacrées aux OMD, de quatre points de pourcentage du PIB jusqu'en 2015

Il faudra trouver ces ressources supplémentaires en élargissant la matière fiscale, par exemple au moyen d'une taxe à la valeur ajoutée, mais aussi en redéployant des dépenses actuellement peu prioritaires vers des investissements urgents dans la réalisation des OMD


IV A 3°) Cette augmentation ne suffira pas - augmentation de l'aide publique au développement


Nos résultats donnent à penser que dans un pays typique à faible revenu, où le revenu moyen par habitant est de 300 dollars en 2005, le financement extérieur des interventions publiques devra être de l'ordre de 10 à 20 % du PNB

Pour ces pays, le coût de la réalisation des OMD devra être réparti à peu près également entre un financement intérieur et l'APD. 

Pendant ce temps, les pays à revenu moyen pourront financer essentiellement tous les investissements nécessaires pour les OMD sans avoir recours à un financement extérieur à moins qu'un endettement excessif ne les en empêche.

Des niveaux, modestes d'APD seront peut-être nécessaires pour aider certains pays à revenu moyen à venir à bout de " poches de pauvreté " particulièrement récalcitrantes.

Dans certains cas, il faudra peut-être ajuster les besoins d'excédent budgétaire primaire pour permettre aux pays d'accroître les investissements publics consacrés aux OMD


Selon nos estimations, le coût total du déficit de financement des OMD dans l'ensemble des pays à faible revenu serait de 73 milliards de dollars en 2006, ce chiffre augmentant progressivement à 135 milliards de dollars en 2015

Au total, nous constatons que les besoins d'APD pour réaliser les OMD sont de l'ordre de 121 milliards de dollars en 2006, ce chiffre passant à 189 milliards de dollars en 2015, compte tenu des augmentations du cofinancement national.

Nos résultats montrent que d'ici à 2015 de nombreux pays auront comblé leur déficit de financement des OMD


pour rendre précisément l'aide au développement inutile, il est essentiel qu'elle soit poursuivie. 


trois ajustements

D'abord, nous reconnaissons qu'en dehors des OMD, I'APD prend d'autres formes dont la poursuite est justifiée.

 Deuxièmement, nous admettons qu'une partie des besoins découlant des OMD seront satisfaits par la re programmation d'une partie de 1'aide actuelle, plutôt que par une augmentation de celle-ci. 

Troisièmement, nous admettons que certains pays, mal gouvernés, ne recevront pas un supplément d'aide


Moyennant ces trois corrections

nous suggérons que le niveau plausible du montant total de l'APD, pour les OMD, nécessaire durant les 10 prochaines années sera de 135 milliards de dollars en 2006, pour s'élever à 195 milliards de dollars en 2015.

Ces chiffres représentent 0,44 et 0,54 % du PNB total des donateurs.

Ces estimations de I'APD donnent à penser que les donateurs devraient se préparer à doubler, entre 2006 et 2015, par rapport aux niveaux actuels


Comme nos calculs des besoins d'APD laissent de côté plusieurs catégories importantes d'aide qui persisteront sans doute à l'avenir … grands ouvrages d'équipement, dépenses nouvelles consacrées à l'adaptation aux changements climatiques, reconstruction après les conflits, et autres grandes priorités géopolitiques - nous estimons que les donateurs devraient s'engager à atteindre enfin l'objectif établi de longue date de 0,7 % du PNB en 2015. 

Environ trois quarts de cette APD seraient alors orientés vers la réalisation des OMD, le reste vers d'autres besoins


Tout comme les pays en développement doivent honorer leurs engagements d'améliorer la façon dont ils se gouvernent, les pays riches doivent remplir les promesses faites à Monterrey,

Cinq pays riches ont déjà atteint l'objectif de 0,7 %, tandis que six autres se sont engagés à le faire à une date déterminée

pour rendre précisément l'aide au développement inutile, il est essentiel qu'elle soit poursuivie. 


IV A 4°) des mécanismes de financement novateurs sont à l'étude


ils permettraient de surmonter les contraintes budgétaires impliquées par une augmentation rapide des volumes de l'aide. Parmi ces initiatives on mentionnera la Facilité de financement internationale (FFI) proposée par le Gouvernement britannique, qui à nos yeux paraît la proposition la plus élaborée à ce stade pour réaliser une augmentation rapide de l'aide au développement.

limitée dans le temps; …Ce serait un moyen de lever des fonds supplémentaires sur les marchés internationaux de capitaux en émettant des obligations qui seraient gagées sur des engagements juridiquement contraignants pris, pour le long terme, par les donateurs


IV B ) Les avantages attendus


ceux de la réduction spectaculaire de la pauvreté sous toutes ses formes


des dizaines de millions de vies seraient sauvées, les améliorations étant surtout constatées en Afrique.

des millions d'enfants auront la possibilité d'aller à l'école

les centaines de millions de femmes et de filles de plus qui vivront enfin dans la liberté

dans une plus grande sécurité, avec des chances d'épanouissement meilleures

inversion de la dégradation de l'environnement 


Les OMD sont également un élément essentiel de l'Agenda mondial pour la sécurité


… Ce n'est qu'en réduisant la pauvreté et en améliorant la gestion de l'environnement au cours des décennies qui viennent qu'on pourra éviter une augmentation du nombre de conflits et d'États défaillants.

les risques et les avantages toucheront le monde entier, de sorte qu'une action dirigeante et responsable authentiquement internationale s'imposera aussi bien pour ce qui est du développement que de la sécurité.



Conclusion


Les coûts de la réalisation des OMD, heureusement, peuvent parfaitement être couverts, et restent tout à fait dans la limite de l'engagement de 0,7 % du PNB pris à Monterrey et à Johannesburg. En fait,

l'augmentation de l'aide au développement ne représente qu'un demi pour cent du revenu total des pays riches

Bien entendu, l'argent n'est pas tout et ne suffit pas à atteindre les OMD;

il reste en effet que l'augmentation des investissements doit s'accompagner d'une réforme des institutions, 

de l'adoption de bonnes politiques 

et d'efforts accrus pour que les gouvernements rendent mieux compte de leurs actes

Pour les pays où ces réformes ont déjà conduit à l'adoption de bonnes politiques, les pays riches devraient, dans l'esprit du Consensus de Monterrey, honorer leur engagement d'accroître I'APD, en faveur de ces pays, de façon à progresser vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.


Pour assurer le succès, il faut, dès 2005, commencer à développer les capacités, à améliorer les politiques suivies et à réaliser les investissements nécessaires 

En 2005, tous les pays doivent sérieusement s'interroger sur leur façon de tenir leur promesse, et prendre des mesures pratiques pour accélérer leur action avant que la réalisation des OMD ne devienne impossible.


les objectifs du Millénaire pour le développement ne sont qu'une étape vers l'élimination complète 

de l'extrême pauvreté   -  En 2025, elle devrait pratiquement avoir été éliminée

 

 

 


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