La nouvelle histoire du passé et du futur - la Genèse - La Bible: histoire d'un passé pas si divin que cela!

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LA NOUVELLE HISTOIRE DU PASSÉ ET DU FUTUR

3 - La Genèse: chapitre 1

Pour la suite de l'histoire de cette petite planète bleue sur laquelle il s'est sûrement passé quelque chose il y a quelques milliers d'années, il nous faut d'abord quelques indications concernant les traductions de l'Ancien Testament. Car, à part les textes sumériens, c'est quasiment l'écrit historique le plus ancien qui nous est parvenu.
Il ne faut pas oublier qu' il n'y avait pas de plus grand "péché" pour les scribes hébreux qui recopièrent ces textes au fil des siècles que de changer une seule lettre. On peut donc considérer à juste titre qu'il s'agit du document historique le moins déformé et le plus complet , même si les deux premiers rédacteurs (deux, c'est ce qui est admis pour les premiers livres, et l'un d'eux fut sans doute Moïse), pouvaient avoir du mal à expliquer avec le vocabulaire de cette époque, quelques-uns des faits dont ils furent témoins ou que la tradition orale leurs avait légués.

Les versions les plus anciennes connues sont en Hébreux. Elles ont d'abord été traduites en Grec, puis en Latin et beaucoup plus tardivement en Français (ou dans les autres langues modernes). Il n'y a pas de majuscules en Hébreux ancien, pas de voyelles (on peut donc y intercaler celles que l'on veut, au risque de changer le sens), pas de coupure entre les mots et les phrases, et les nombres sont représentés par des lettres. (Si cela vous intéresse, vous pouvez voir ici l'alphabet hébreu moderne). De ce fait, il y a de multiples lectures possibles du texte en hébreux, qui peut aller d'une lecture littérale (c'est ce que nous lisons) à une lecture symbolique ou numérologique. Les spécialistes de cette langue me pardonneront donc de ne donner que la lecture qui a été celle du catholicisme. Dans cet esprit:

Le tableau suivant donne quelques indications sur des mots dont la traduction pose problème.

Hébreu:
(en phonétique "française")

Traductions possibles:
(en gras, celle que nous garderons)

Interprétation usuelle de l'église:

bara

créa
avait créé

( dans le sens de "faire, fabriquer")
avait fabriqué

créa

ivra

créé

créa

ytzèr

produit

créé

Élohîm

Élohim est le pluriel de "El"

 

(Également l'une des 9 classes d'anges, la septième)

- les Élohîm(s) (un "couple", un ensemble. Il s'agit donc d'un nom comme on dirait "les terriens")
- couple
- couple d'anges
- ensemble d'anges

Car si les scribes de la Bible avaient voulu signaler "Un Dieu", ils auraient écrit "El" et non "Élohim"

Dieu.
Néanmoins E. Dhorme n'a pas osé traduire "Élohîm" par Dieu, mais a considéré qu'il s'agissait d'un pluriel de majesté

et il a laissé le terme "Élohîm", ce qui est extrêmement discutable, car cette forme n'existe pas en Hébreux.

b'réshit

- en principe
- pour commencer
- un jour (indéfini)

au commencement

adam

l'humanité, l'humain
(mais surement pas l'homme qui est "ish" et la femme "isha" ou "ishab" féminin de "ish", le mâle qui est "zakar", la femelle qui est "quéna")

l'homme

adama

la terre (l'élément "terre"), le sol
remarquez l'origine du mot "Adam"..
De plus, en hébreu, adama est le féminin de adam

Un mélange dans les traduction entre "la terre" et "La Terre"

ha-arètz (ou haretz)

la planète Terre

La Terre
la terre

tehôm

chaos, ou selon les avis " matrice originelle" ou "âbymes" mais au sens de "fond des mers"

l'abîme

YHWH

Ce tétragramme de consonnes (Y est une consonne en hébreu) n'est pas traduisible. Nous sommes obligés de rester dans le doute. Soit:
- Le dieu
- Le chef
- Un nom propre (Yavhé)

YHWH est peut être originaire de "yihyéb"
signifiant "il est"

Yahvé
Dieu

YHWH Élohîm

Yahvé des Élohîms
(c-à-d: le chef des Élohîms)
Nous trouverons d'ailleurs aussi "IHWH tsévaôt" qui est traduit par "le Dieu des armées", donc "le chef"

Yahvé

éloah ou éloha
(singulier d'Élohîms)

- Un ange
- "Un" des Élohîms
- éloah

Dieu

rouach

- L'esprit
- la respiration.
- Le souffle (mais avec une idée de "bruit")

l'esprit

ibrîm
Ceux d'au-dela..
Hébreux
Hébreux

 

Voici donc la comparaison de ce que donne une traduction "mot à mot" pour les deux premiers versets de la Genèse. Nous garderons cette présentation pour une partie de la suite de l'analyse, c'est-à-dire, en premier la traduction"E. Dhorme", en second une traduction littérale dans laquelle sont inscrit en gras les mots ou les expressions sur lesquels je souhaite attirer votre attention, lorsqu'elle différe. Lorsque nécessaire j'y inclu une reprise du texte hébreu.

Traduction Dhorme
Traduction littérale

1- Au commencement Élohim créa les cieux et la terre.


2- La terre était déserte et vide. Il y avait des ténèbres au dessus de l'Abîme et l'esprit d'Élohim planait au dessus des eaux.

1- Un jour, les Élohîms fabriquèrent (a) (ou: avaient fabriqué) les cieux et la Terre.

2- Mais cette Terre était informe et déserte, et obscurité sur la face du chaos, et le souffle des Élohîms ventait (b) sur la face des eaux.

(a) En réalité le verbe "fabriquer" est à la 3ème personne du singulier, comme toute la suite de la Genèse. Rappelez-vous qu'il s'agit d'un "ensemble d'Élohîms", et non un pluriel de majesté. Mais une traduction où serait écrit "les Élohîms créa..." choquerait l'œil du lecteur; j'ai donc mis les verbes au pluriel.
(b) "planait" est également valable car le même mot "merachèphèt" est utilisé pour l'aigle qui plane.

1 - b'réshit bara élohîm è-ha-shamaïm vê-ha-arètz.
2 - va ha-arètz haïta tohou va bohou va choshèk al-pnei tehôm, va rouach élohîm merachèphèt al-pnet ha-maïm

 

Déja nous voyons que les traducteurs ont pris quelques libertés, sans doute pour amener plus de poésie à ce récit magnifique. Remarquez que c'est le "souffle (bruyant)" des Élohîms qui "vente (remue du vent)" au dessus de l'eau, mais même si l'on prend l'interprétation classique de "planait au-dessus des eaux", c'est aussi étonnant car c'est bien de "voler" qu'il s'agit... Un pur esprit vole t'il?

Remarquez aussi: "Mais cette Terre était informe et déserte, et obscurité sur la face du chaos".. La traduction au "mot à mot" laisse entendre que "la Terre" avait déja été appelée ainsi (comme dans le verset 1) et qu'il ne s'agit pas du "sol", bien que le nom de "Terre " ne soit "officiellement" donné que le 3ème jour (verset 10).. D'autre part on pourrait comprendre "sur la face du chaos" par "sur le lieu du chaos".. A retenir!

De toute façon, on parle (et on y parlera) surtout d'une remise en état!

Alors si vous voulez bien, nous allons reprendre ensemble quelques passages significatifs de l'Ancien Testament et continuer à les analyser. Un peu de patience, vous verrez plus loin où je veux en venir... à moins que vous ne vous en doutiez déjà !

 

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