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LE COLLAGE DANS LES ARTS

Juin 1997 Edith SAUREL
SOMMAIRE
1)INTRODUCTION
2) LES ARTS PLASTIQUES ET LA MUSIQUE : DES ARTS DE DECOUVERTE
3) LE CINEMA
4) CONCLUSION
5)BIBLIOGRAPHIE
INTRODUCTION
Le cinéma est le plus récent de tous les arts, cest aussi celui qui mest le plus familier. Par contre la musique et les arts plastiques existent depuis for longtemps ce qui rend leur accès délicat.
Cependant nous nous sommes cantonnés au vingtième siècle pour létude de ces différents arts. Ceci pourrait paraître maladroit puisque chaque art se fonde sur son histoire. Mais le vingtième siècle possède un avantage puisque les arts plastiques et la musique ont tenté à cette époque de sintéresser à laccessibilité du public et ont de plus inventé un style commun totalement nouveau, bannissant les règles classiques. Ce quil y a effectivement dassez saisissant pour le vingtième siècle cest que les arts plastiques, la musique, le cinéma et dailleurs dautres arts (le théâtre, la danse,...) ont pendant le même siècle instauré un mode commun dexpression grâce à la technique du collage, comme si celui-ci était devenu nécessaire. Il est vrai que le cinéma est à part étant donné que pour lui le collage (montage) est apparu seulement vingt ans après sa création. Cependant il devait être dautant plus nécessaire et na pas la même visée.
Effectivement, dans les arts plastiques et la musique, le collage apparaît en grande partie pour contredire la période classique, comme un mouvement révolutionnaire ; alors quen cinéma le collage (montage) constitue une amélioration technique, ce qui est totalement différent.
Mais le collage, quest-ce que cest concrètement ? Une des définitions possibles pourrait être : la réalité qui vient prendre place dans lart. Cette définition est valable pour les trois arts étudiés, mais sous différentes formes. Effectivement tous trois intègrent des éléments de la réalité mais sa représentation finale sera celle de labstraction ( les surréalistes se sont beaucoup intéressés au collage) sauf pour la plupart des films de cinéma. A partir de la réalité (objets de la vie courante pour la peinture, ou chants doiseaux pour la musique par exemple), ces arts ne tentent pas de reproduire une certaine copie de la réalité comme cétait le but de lart auparavant mais de construire une réflexion dapparence abstraite sur le monde. Toutefois une certaine forme de cinéma peut se rapprocher de cette abstraction, les films de Jean-Luc GODARD par exemple, comme nous le verrons dans la partie consacrée au cinéma. Ce type dart fait plus appel à la réflexion quaux sens et cest peut-être aussi pour cela quil trouve difficilement son public.
Paradoxalement le spectateur doit donc avoir un certain bagage culturel pour comprendre le collage alors que sa création fut motivée par une volonté de faciliter laccès à lart. Dautre part la nouveauté du collage produit chez le spectateur novice un déroutement, car nétant pas habitué à ce type desthétique il ne trouve pas ses marques. Et lon sait que le public a besoin dun moment dadaptation pour adopter une esthétique nouvelle, surtout lorsquon connaît son goût pour les oeuvres classiques. Le collage demande donc aux spectateurs une certaine culture alors quauparavant ces derniers pouvaient être touchés par une peinture ou une musique sans connaissance culturelle. Dans toutes ces considérations nous mettons à nouveau le cinéma à part car le collage (montage) en cinéma permet, en général, de mettre en évidence la trame narrative du film. Dailleurs le cinéma est lart populaire par excellence du vingtième siècle.
Le collage permet aussi à tout individu de devenir artiste. Plus besoin de savoir dessiner ou composer. De même pour le cinéma car le montage est plus une question " dinspiration " que de technique. Ce phénomène associé à lintégration dobjets ou de sons ordinaires dans une uvre dart a amené une remise en question philosophique de lart : quest-ce que lart ? Qui est artiste ? (quand peut-on dire que des bouts de bois ou des chants doiseaux enregistrés entrent dans le domaine de lart ?)
Létude du collage dans les arts est donc intéressante puisque elle soulève la question de lart. En ce qui concerne le cinéma ces questions sont apparues après lapparition du montage, puisquil faudra attendre la nouvelle vague pour se demander : quest-ce que le cinéma ?
La notion du collage pose le problème de la frontière entre les arts, ce que ADORNO appelait " leffrangement ". Car lart devenant techniquement accessible à tous, il est possible dêtre, par exemple, musicien pour un peintre et inversement. Une fois de plus nous ne parlerons pas ici de cinéma car la frontière est réelle puisque un peintre pourra plus difficilement passer à lart du cinéma qui est pluridisciplinaire et demande des connaissances variées et spécifiques comme par exemple, la direction des acteurs.
La question de lart que soulève le collage vient aussi du fait que le concept de la beauté nest plus un critère artistique. Avec le collage on est passé du critère de la beauté à celui du caractéristique alors quauparavant la première valeur dune uvre dart était sa beauté. Le collage remet donc en cause lharmonie qui révèle une fausse réalité alors que le collage, lui, permet en montrant la dysharmonie, de faire apparaître une certaine réalité du monde et met en relief la question de la vérité. La philosophie et notamment ADORNO se demandera donc si lart doit nous faire oublier la vie ou sil doit nous la faire comprendre en la montrant telle quelle est.
Le collage permet aussi de mettre en reflet " les passages " dans chaque art. Ainsi en arts plastiques seront visibles les jointures des éléments constitutifs de luvre ; le collage rompt lillusion. Ce quon cachait auparavant (la technique artistique) est à présent montré et constitue même la part essentielle de loeuvre. Le collage nous fait prendre conscience de ce quest la création.
Cest surtout après la première guerre mondiale que le collage prend toute sa forme car des questions sont alors en suspens : peut-on encore faire de lart après ce quil sest passé ? Le collage permet alors aux artistes de montrer leur désarroi et celui du monde. Les artistes ne peuvent plus croire à la civilisation donc à lart.
Enfin, avec le collage le spectateur devient plus actif du fait que cette esthétique nécessite une réflexion et un discours de luvre.
Il ne faut pas omettre non plus la provocation qui est importante dans le collage puisque les oeuvres qui sy rattachent aiment choquer. Dailleurs le but du collage est " daccrocher " le regard ou loreille du public.
Il est donc difficile de comparer le collage cinématographique à lesthétique du collage dans les arts plastiques et la musique tant il se distingue par sa finalité même : le cinéma sans montage ou sans collage ne serait pas envisageable et cest pourquoi le montage est apparu très tôt alors que les autres arts peuvent exister sans cette manipulation particulière.
Le cinéma possède la richesse denglober dautres arts comme les arts plastiques et la musique et cest pourquoi il est intéressant pour toute personne aimant le cinéma de mieux connaître les autres arts ; même si ce nest pas la peinture ou la musique la plus avant-gardiste du vingtième siècle qui est le plus souvent intégrée au cinéma.
Le collage, cest une multitude de mouvements et de caractéristiques propres, cest pourquoi nous allons lanalyser plus en détail dans chaque discipline : arts plastiques, musique et cinéma.
Les arts plastiques
Le collage en arts plastiques apparaît vers 1912, même si auparavant on avait pu voir ses prémices dans certaines oeuvres.
Définition du collage en arts plastiques dans le dictionnaire du Petit Robert : " composition artistique faite de diverses matières, et principalement de papiers collés ".
Pour un novice en peinture, le collage constitue une nouvelle forme dart mais une difficulté à comprendre son origine apparaît lorsquon ne connaît pas lhistoire de la peinture. Une raison assez évidente peut pourtant être soutenue : lapparition de la photographie a donné à la peinture le sentiment quelle devenait inutile. Les arts plastiques ont donc cherché une nouvelle forme à donner à leur art pour sen distinguer. La photographie a permis à la peinture de ne plus faire de documentaire (portrait...). La peinture et la photographie se sont sur certains points alliées pour faire des oeuvres tels les photomontages dans lesquels excellera par exemple John HEARTFIELD pour dénoncer le système nazi.
Le collage en arts plastiques instaure de nouvelles règles, ou plutôt en abolit certaines puisquil remet en cause les lois de la peinture dite classique. Ce qui est surtout nouveau est lintégration de " morceaux de réalité " dans une peinture. Les artistes vont chercher des objets ordinaires (papiers de différentes formes et qualités, bout de bois...) afin de les intégrer dans une peinture ou même de les assembler entre eux ce quon nommera alors " assemblage " ou alors " construction " lorsque luvre sétend davantage dans lespace. Dautre part, il y a très souvent disparition du cadre. Cette apparition de la réalité amène une remise en question de la peinture, qui auparavant était censée être illusion de la réalité. Le collage abolit donc comme critère de qualité : lillusion. Ce critère avait déjà été rejeté auparavant par le mouvement cubiste, apparu vers 1906 privilégiant les formes géométriques aux formes naturelles.
A ce propos citons Bernard HEITZ qui parle à travers PICASSO de la réalité en peinture : " Pour lui, nul besoin de " faire semblant ", la photographie peut sen charger. Ce qui importe, cest de faire ressortir la personnalité de celui ou celle quil couche sur la toile, dexplorer ses sentiments à un moment donné. Quil casse, déstructure ou métamorphose les visages, quil réduise les formes à leur plus simple expression ou à des figures géométriques, quil jette aux orties toutes les lois de la perspective, on retrouve toujours, derrière lapparence, la même écriture. Celle dun homme totalement libre qui obéit à ses sentiments, ses intuitions, tout en
respectant profondément la personnalité de ceux quil peignait. " (1)
Une des grandes caractéristiques du collage en peinture est sa composition déléments hétérogènes. Le collage en art plastiques permet aux artistes une grande multiplicité de matériaux puisquils peuvent puiser dans la vie courante. Ainsi SCHWITTERS intégrera à ses oeuvres des déchets industriels afin de dénoncer la destruction des matériaux. Mais on peut relever certaines caractéristiques dans le collage en peinture. Par exemple on remarque un intérêt pour les instruments de musique et les natures mortes qui sont très présents dans ces oeuvres. Dautre part des lettres peuvent apparaître dans les peintures, notamment des articles de journaux ; on note aussi un intérêt des contrastes :vide/ plein, des ombres, de la géométrie, du jeu de lillusion et de la contre illusion...Notons quune contradiction apparaît dans les collages puisque ceux-ci prônent la planéité colorée par réaction au trompe lil mais ils favorisent également la création de lassemblage et des constructions.
Le grand bouleversement du collage se situe aussi au niveau du statut de lartiste. Effectivement le collage permet à quiconque de devenir artiste puisquil ny a plus besoin dapprentissage technique, la sensibilité artistique suffisant. Dailleurs de nombreux surréalistes non plasticiens ont fait des collages. Dautre part une même uvre va parfois être faite par plusieurs personnes : invention de luvre collective. Le statut de lartiste plasticien est donc complètement bouleversé. De plus une nouvelle caractéristique apparaît dans le travail de lartiste : la notion de jeu du fait du côtoiement de toutes ces formes hétéroclites quon peut agencer sans suivre aucune règle précise.
Le statut du spectateur change aussi puisquil est plus actif, laspect tactile du collage lui donnant envie de toucher luvre. De plus le collage est fait de tel sorte quil accroche lil du spectateur grâce aux reliefs, aux jointures visibles des éléments montrant ainsi les " cicatrices " de la création. Effectivement, bien souvent le travail de lartiste nest plus caché. PICASSO a par exemple fait un collage avec des épingles ou MATISSE avec des punaises ; on ne cache plus lorigine de la création et on la met même en valeur. Cela nest pas valable pour tous les artistes ; ERNST fait lui aussi des collages (surtout des photomontages) mais crée une image unique (photographie de son collage).
Le statut de lobjet artistique évolue également puisque luvre est souvent éphémère : les matériaux utilisés peuvent vieillir et se désagréger. Les constituants de luvre ont donc un futur mais aussi un passé : ils ont pu être utilisés par une ou plusieurs personnes de la vie quotidienne...
Lappellation uvre dart : uvre éternelle, disparaît donc.
(1) Bernard HEITZ dans la revue " Télérama ", numéro 2440, 16 octobre 1991, p.13
Autre fait : plus de calcul de perspective, les éléments sont jetés au hasard même si ce hasard est réfléchi.
La naissance du collage est donc une réaction contre lacadémisme du dix-neuvième siècle, mais il y eu des mouvements précurseurs : MANET par exemple ou même CEZANNE avec qui de nouvelles recherches picturales ont commencé ; mais surtout avec limpressionnisme où lillusion de la réalité laisse déjà la place à la sensibilité, à latmosphère. Dailleurs, les impressionnistes commencent à faire des collages puisquil y aura parfois du vrai sable dans leur peinture.
Mais ce sont essentiellement les cubistes et les futuristes qui sont les précurseurs du collage. PICASSO et BRAQUE étant considérés comme les inventeurs du collage, PICASSO introduisant en 1912 dans sa Nature Morte à la chaise cannée un véritable morceau de toile cirée ; et Braque collant dans son Compotier et verre des fragments de papier faux-bois à la même époque.
On peut distinguer trois types de collage. Premièrement le collage cubiste (1912-1918) qui utilise peu le collage dobjets et de papiers mais sintéresse davantage à lillusion picturale. Deuxièmement le collage dadaïste et surréaliste (1918-1931), dans lequel saffirme deux tendances : une tendance poétique et une tendance politique. La tendance poétique utilise un très grand nombre de papiers, dobjets et donne donc naissance à des assemblages très hétérogènes. Cest le caractère de lirrationnel qui intéresse surtout les dadaïstes et les surréalistes : le fait de pouvoir rassembler des éléments divers de la réalité sans rapport apparent. La tendance politique produit, elle, des oeuvres à finalité sociale (contre le nazisme par exemple). DALI et ERNST sont des figures importantes de ce mouvement surréaliste. Le collage surréaliste donnera naissance dans les années cinquante au " pop art " (mouvement dénonçant limpact du média en insérant par exemple des éléments de publicité dans une uvre dart). Troisième forme de collage : le collage constructiviste (de 1920 à 1930 environ). Ce type de collage sintéresse à des formes géométriques abstraites grâce à divers matériaux. Deux tendances sinscrivent là aussi : le constructivisme russe et le groupe De Stijl. Le constructivisme russe, mouvement davant-garde mis en place par TATLINE et RODTCHENKO, sintéresse davantage à la recherche quà lart en tant que tel, dailleurs certaines " constructions " seront utilisables dans la vie courante (le mobilier par exemple), on favorise le design au détriment de la peinture même. Le constructivisme Stijl apparu en Hollande au même moment représenté par MANDRIAN et DOESDURG est plus particulier, puisquil définit un certain type duvre ou dartiste. Comme dans le constructivisme russe lart se rapproche ici aussi des arts appliqués puisquil sinstalle dans la vie courante sans pour autant être utilitaire. On peut définir le constructivisme comme de lart abstrait géométrique appelé aussi " art constructif ". On retrouvera la synthèse de ces deux mouvements de constructivisme dans lécole dart : " le Bauhaus " en Allemagne.
Parmi ces trois grandes formes de collage (cubiste, surréaliste et constructiviste) existent bien sûr différentes catégories de collages tel le décoratif élémentaire (répétition régulière ou non dun élément), le réalisme social ou naturaliste, lélémentaire/primaire, le monstrueux..., chacun de ces types pouvant bien sûr se mélanger.
Les trouvailles du collage dureront environ jusque 1942 avec MATISSE ayant comme dernière invention " les grandes gouaches découpées ". Mais les collages continueront jusque 1970 et même plus tard avec notamment des affinements. De plus le collage va être linvestigateur de nouvelles formes, dune nouvelle façon de penser lart.
Les arts plastiques, grâce au collage, voulaient toucher un public plus vaste, mais cest finalement le contraire qui sest produit tant le collage est complexe, moderne et demande réflexion (notamment sur lart et sa transfiguration) et analyse, il implique donc une attention du spectateur importante quil na pas forcément envie de faire.
La musique
Le collage en musique constitue également une rupture dans lhistoire de la musique puisquil rompt avec les règles classiques. La naissance du collage vient dune réaction contre le romantisme, donc dun refus des formes traditionnelles mais aussi dune extension du monde sonore au vingtième siècle. Il y a donc recherche dune nouvelle temporalité. Auparavant la temporalité était constituée dune pulsation régulière correspondant au battement du cur ; au vingtième siècle il y a éclatement de cette temporalité et cest pourquoi on assistera à une évolution de la directionnalité vers la stasis. Avant 1910, les oeuvres étaient directionnelles, cest à dire que le conflit du début par, devait être résolu à la fin de luvre. On assiste en fait à des étapes transitoires entre la directionnalité et la stasis (la stasis donne limpression que le temps est figé). Certains compositeurs tels SCHONBERG, WEBERN, BOULEZ maintiendront la directionnalité dans leurs oeuvres tout en pratiquant la stasis ; dautres comme MESSIAEN ou CAGE mettront totalement fin à la directionnalité pour donner à leurs oeuvres une impression déternité. Cest SCHONBERG qui révolutionnera la musique en introduisant le système atonal, et mettra donc fin au règne de lharmonie au profit de lexpressivité ( le début de latonalité avait déjà commencé depuis 1860 avec WAGNER et STRAUSS). Début des années vingt SCHONBERG créa la méthode dodécaphonique. Au début, très peu de compositeurs se conformèrent à cette méthode, seul BERG et WEBERN qui furent ses élèves sy essayèrent, mais vingt ans plus tard de très nombreux compositeurs adoptèrent cette méthode.
Puis dautres styles harmoniques prirent forme comme la polytonalité avec BARTOCK ou la musique micro tonale. Dautre part on assista à un retour du classicisme avec STRAVINSKI qui innova comme les autres dans la recherche de nouvelles formes dharmonie ou de non harmonie mais sinspirant des schèmes classiques. Sa musique jugée trop choquante fut interdite jusqu'à sa mort.
Après la deuxième guerre mondiale cest la naissance de la musique concrète avec SCHAEFFER et HENRY , musique dite réaliste ; les artistes sont à lécoute des sons qui se trouvent dans la réalité, dans le monde et découvrent leur richesse. Sinon ce sont les instruments à percussions qui sont privilégiés étant donné le goût pour la musique ancienne et loriginalité du son pur. La musique concrète donnera naissance à la musique électronique ayant comme initiateur laméricain VARESE.
Autres tendances avec MESSIAN et plus tard BOULEZ, maîtres du sérialisme, qui introduisent un nouveau type de temporalité difficile à cerner et à comprendre pour lauditeur, cest pourquoi il sera tellement difficile à la musique contemporaine de trouver son public. Ce type de musique est surprenante pour lauditeur car il est difficile de se créer des images concrètes sur celle-ci, alors que la musique romantique par exemple était très suggestive. Une autre innovation est la musique aléatoire avec John CAGE où des sons sont par exemple sélectionnés en fonction dun jet de dés. Dautre part CAGE sest intéressé au silence et dans une de ses oeuvres intitulée 4 minutes 33, on " entend " 4 minutes 33 de silence, il a produit cette " uvre " afin de rendre compte à lauditeur, par le silence, des sons qui lentourent et de lui montrer ainsi que le compositeur nest quun organisateur de ces sons. Les expériences du domaine musical au vingtième siècle sont donc diverses.
Ces genres musicaux sapparentent à un collage déléments hétéroclites, comme pour la peinture mais cest cette fois-ci des sons qui remplacent les papiers ou les objets et de même le caractéristique prend le dessus par rapport à lharmonie. Autre point commun : lintrusion de morceaux de réalité dans les oeuvres musicales : chants doiseaux, bruits divers enregistrés...(exemple : La symphonie bureaucratique de SATI dans laquelle on entend des bruits de machine à écrire). La musique se pose donc elle aussi la question de la transfiguration du réel. Cest aussi la question de lart et par conséquent de la musique qui est posée par le collage dans certaines oeuvres musicales. Il y a interrogation sur la musique et cest pourquoi les artistes introduiront souvent dans leurs compositions des musiques anciennes, tel le folklore très présent chez STRAVINSKI quil considère comme une musique pure. En introduisant des morceaux de réalité, la question de linspiration musicale est également posée. Dautre part, du fait dun refus de lillusion, la musique veut être une vraie copie du monde et non un symbole, elle veut le refléter tel quil est. Ainsi il ny a plus de lien, de passage dans les oeuvres mais collage afin dévoquer la dysharmonie du monde.
Le collage en musique consiste donc à introduire une dissonance dans une dissonance (à son état pur la musique est dissonante, non harmonieuse). Par le collage les artistes reviennent donc à létat pur de la musique. Autre changement important, le rôle de linterprète est diminué au profit du compositeur puisque cest lui qui va coller ces morceaux sonores. Le statut de lauditeur a lui aussi changé car il est plus attentif au fonctionnement de luvre quà lémotion quune uvre musicale produisait automatiquement auparavant.
Le collage en musique donnera naissance à une multitude de genres musicaux avec cette interrogation permanente du son et de la temporalité. Les raisons du collage en musique et de la dysharmonie viennent comme pour la peinture de létat de la société du vingtième siècle (et notamment les deux guerres mondiales) et donc du besoin den parler.
Notons que si à lécoute la musique du vingtième siècle semble être déstructurée, cela nest quune apparence car les partitions de ces musiciens sont en général très élaborées. Alors, est-ce nous qui ne sommes pas habitués à cette évolution de la temporalité ou ces oeuvres ne sont que de simples expériences ? Lhistoire le dira. Citons pour illustrer ce propos, Claude SAMUEL : " Les mélomanes les plus réfractaires à la musique nouvelle shabituent rapidement à lacidité de certaines harmonies ou à des orchestrations insolites, mais ils nacceptent pas une forme musicale qui va à lencontre de toute une éducation auditive et intellectuelle. " (1)
le cinéma
Le cinéma possède une des mêmes caractéristiques importantes du collage en arts plastiques et en musique, puisquil intègre des morceaux de réalité quil colle grâce au montage. A la différence des autres arts cette réalité (êtres humains, paysages, objets réels...) est transformée par la fiction et par les mouvements de caméra (gros plans, travellings...), mais cest à partir delle que le cinéma peut exister. De plus elle est plus au moins transformée selon le type de cinéma : dans le cinéma néoréaliste, le documentaire et le cinéma davant-garde (son en prise direct, nombre réduit de gros plans...), on tente le plus possible de restituer la réalité. Dailleurs le côté réaliste est dans certains films de la nouvelle vague poussé à lextrême et notamment chez GODARD où il y a parfois des contre-jours, des voix presque inaudibles (son en prise directe), beaucoup de plans généraux... Comme en peinture ou en musique il y a une volonté dêtre en accord avec le monde réel, de ne pas mentir.
La question du réalisme, le cinéma se lest donc beaucoup posée. Mais cela ne suffit pas pour parler de collage. Car pour sintéresser au collage en cinéma il faut forcément évoquer le montage. Le montage nexiste pas depuis la création du cinéma mais vingt ans après, vers 1915. Auparavant nexistaient pas vraiment les rushes : ce qui était filmé nétait pas retouché. Bien sûr avant 1915 sont apparus les prémices du montage avec notamment PORTER et son film Attaque dun train pour des bandits ou avec MELIES où il y avait plutôt collage que montage lorsquil faisait des trucages dans ses films ; mais cest vers 1915 avec GRIFFITH quil devient vraiment intégré et essentiel à la dramaturgie.
Le montage, comme le collage en peinture ou en musique consiste aux mêmes opérations techniques : sélection, assemblage et raccordement, sa fonction est aussi de choisir et de mettre en ordre le réel. Une différence pourtant essentielle apparaît : en cinéma le rôle du monteur consiste à cacher lopération du collage (la plupart de temps) contrairement aux autres arts mettant souvent en évidence lopération du collage comme on la vu précédemment. Effectivement le montage en cinéma a comme fonction première de permettre au spectateur de bien percevoir le film et son histoire.
Il faut rappeler ici lexistence du montage expressif qui selon la définition de Marcel MARTIN : " vise à exprimer par lui-même, par le choc de deux images, un sentiment ou une idée " (1). Ce type de montage a été utilisé plus rarement, principalement dans des films muets ou dans des films davant-garde. Et, cest aussi cela que voulait évoquer GODARD lorsquil déclare :
" Le montage, le cinéma ne la jamais trouvé, la Tobis et RCA ne lui ont pas laissé le temps, et quelque chose sest perdu en route, son langage, et cest la langue, les mots qui ont pris le dessus (...) ".(1) Le montage expressif se rapprocherait davantage du collage en arts plastiques et musique, mais cest le montage narratif qui domine largement lhistoire du cinéma. Cependant il est évident que dans le montage narratif il y a aussi du montage expressif (même si insuffisamment selon GODARD) puisque le montage est très souvent porteur de sens. Il apporte au spectateur, au delà de la compréhension, une idée, un sens, une émotion. Dans linvisible, la cicatrice, se produit quelque chose.
Les techniques propres au montage sont diverses : montage cut ou fondu-enchainé, par exemple, où il ny a pas de souci de raccord entre deux images (montage qui se produit en général après une séquence) ; à lintérieur dune séquence il y a par contre et surtout pour le montage narratif raccord entre deux plans. Ces raccords sont diverses : la caméra se situe entre deux plans à moins de 30°, le regard ou le mouvement dun acteur simule le changement de plan... Le but du montage narratif est quil ny ait pas de faux raccord afin de donner une impression de réalisme ; il doit être le plus discret possible afin que le spectateur ne le remarque pas.
Le montage au cinéma est essentiel, cest aussi de lui que dépend la réussite dun film. Et, cest pour cela que même si cest une personne ou une équipe spécifique qui soccupe du montage dun film, le réalisateur sera toujours concerté, sauf pour certains films commerciaux où le montage est évident puisque il ne vise quà satisfaire pleinement le spectateur, sans se soucier de la réflexion quil peut engendrer.
Le montage en cinéma se compose de deux éléments : le son et limage. Le son joue également une place très importante et multiple dans un film, et cest pourquoi un montage son appelé mixage sera à effectuer en parallèle au montage de limage. Le cinéma est donc un collage propre puisquil est constitué déléments hétérogènes et de plus se compose déléments iconiques et sonores.
Le montage son dans un film se rapproche du collage en musique puisque le film est constitué de bruits de la vie courante (grincement dune porte, rires...) et de musique . Ces deux constituants du son sont alternés ou juxtaposés selon les moments du film. Le montage en cinéma pose la question de la durée, comme pour le collage en musique. Effectivement il
fait éclater la temporalité puisque grâce au montage on peut passer dune année à lautre par exemple. Il casse donc le temps réel pour entrer dans un temps fictif qui peut être très variable ( un film de deux heures pouvant représenter cinq minutes de temps réel - un héros qui rêve - jusqu'à plusieurs siècles ). Comme pour la musique contemporaine le film est fragmenté dune façon variable. Pour rapprocher davantage la musique contemporaine et le cinéma, notons qu Erik SATIE composa une musique pour le film de René CLAIR, Entracte. Toutefois ces compositions sont rares car la musique de film est souvent considérée comme un art mineur
( Eric SERRA ne doit pas être très bien considéré dans le monde musical), et demande peut-être une autre approche de la musique. Pourtant le mixage dans un film est déterminant, Claude BAIBLI le montre bien : " Le cinéma fait plus souvent penser à la photographie quà la musique. Et pourtant le découpage visuel du temps, lorganisation des figures ou des configurations en mouvement procèdent dun tempo très étudié, dun rythme apte à signifier au delà des apparences. Laccès aux réalités sous-jacentes présuppose un réglage temporel de chaque élément significatif (audible ou visible), une mise en place des intervalles, un assemblage ordonné du synchrone et du successif. Cest dire si le montage, ultime arrangement des sons devant limage déjà rythmée par le découpage, suit nécessairement une organisation de type musical, la seule qui puisse donner à lémotion sa vraie durée. " (1)
Parlons plus en détail du montage expressif puisque celui-ci se rapproche du collage en arts plastiques. Ce sont les avant-gardistes des années vingt et les surréalistes qui lont le plus utilisé. EINSENSTEIN en est un exemple convaincant, ne se souciant pas dans le montage du réalisme entre deux plans et faisant donc beaucoup de faux raccords. Effectivement EISENSTEIN préférait le montage métaphorique au montage narratif car son intérêt se situait dans le message du film. Pour lui, limportant nest pas dans le montage, mais dans le cadre. Et, cest pourquoi il donne par contre une importance à limage en tant que telle (plans dessinés préalablement) et cest pour cela que son cinéma se rapproche des arts plastiques. Sa conception du cinéma évoque le collage en arts plastiques étant donné que lui aussi montre " lentre-deux " puisquil y a faux-raccord. EISENSTEIN sexprime à ce propos : " De mon point de vue, le montage nest pas une idée composée de fragments mis à la suite, mais une idée qui naît du choc entre deux fragments indépendants (...). Comme exemple de conflit on pourrait donner :
(1) Claude BAIBLI, Les Conceptions du montage, revue " CinémAction " numéro 72, éditions Corlet et Télérama, 1994, p.177
2. Le conflit des surfaces
3. Le conflit des volumes
4. Le conflit spatial
5. Le conflit des éclairages
6. Le conflit des rythmes
7. Le conflit entre le matériau et le cadrage (déformation spatiale par le
point de vue de la caméra)
lobjectif)
9. Le conflit entre le processus et sa temporalité (ralenti, accéléré)
10. Le conflit entre lensemble du complexe optique et un tout autre
domaine " (1)
Ainsi, ces différents conflits chers à EISENSTEIN nous renvoient au collage en peinture qui privilégie les contrastes ou conflits entre les volumes, les surfaces et couleurs (éclairage chez EISENSTEIN), lexpression plutôt que la beauté (notion du pathétique chez EISENSTEIN).
Comme dans le collage en musique ou en peinture, la technique du montage en cinéma ne requiert pas un long apprentissage. La technique existe certes, mais elle est facile à intégrer, toute la difficulté repose dans le choix artistique. Le montage en cinéma est un critère de qualité pour luvre puisquil permet de raccourcir ou dallonger une image pour quelle soit meilleure. Dailleurs HITCHCKOCK a avoué que dans La Corde, sil ne sétait pas fixé cet objectif de non-montage, des scènes auraient dû être coupées.
Le montage peut transformer le sens dune histoire. A ce propos citons KOULECHOV qui démontre bien la perversité du montage dès 1917 : " Grâce au seul montage, nous montrions une fille vivante, mais une fille qui nexistait pas réellement, puisque nous avions filmé les lèvres dune femme, les jambes dune autre, le dos dune troisième, les yeux dune quatrième. Nous avons collé ces plans, fixant une certaine relation entre eux, et nous avons obtenu un personnage entièrement nouveau, en nemployant rien quune matière réelle. Cet exemple montrait que tout le pouvoir de leffet filmique se trouve dans le montage. " (2)
Ainsi un documentaire qui est sensé restituer des éléments de la réalité transforme bien souvent lui aussi ces éléments de réalité, comme dans les
(1)EISENSTEIN cité dans Esthétique du film, éditions Fernand Nathan, 1983, p.60
(2) Lev KOULECHOV cité dans Les conceptions du montage, revue " CinémAction ", Editions Corlet et Télérama, 1994, p.34
reportages parfois controversés du journal de télévision. Le montage est
donc un transformateur de réalité et cest pourquoi André BAZIN dans Quest-ce que le cinéma déclare : " Quand lessentiel dun événement est dépendant dune présence simultanée de deux ou plusieurs facteurs de laction, le montage est interdit. Il reprend ses droits chaque fois que le sens de laction ne dépend plus de la contiguïté physique même si celle-ci est impliquée ". (1)
Le montage en cinéma pose le problème de lunité, car il doit toujours y avoir unité de sens dans lhistoire dun film et cest par le montage que cela est rendu possible. Comme en peinture ou en musique, le collage doit restituer un sens à luvre sinon elle devient inintéressante puisque incompréhensible.
Le cinéma est lart le plus réaliste dans la mesure où cest un art du mouvement visible. Même si certains tel Chris MARKER qui a réalisé un photo-roman au cinéma (La Jetée où il ny a quun seul plan de cinéma) en faisant un montage dimages fixes, cela reste exceptionnel et extrême (on retrouve ce procédé dans Mon Oncle dAmérique de RESNAIS mais il ne constitue pas lensemble du film). Autre cas de montage marginal avec PELICHIAN qui disait : " Pour moi le montage nest pas le collage mais plutôt le décollage, ce nest pas la jonction mais plutôt la disjonction ". Et, effectivement dans Les Habitants, les plans ou chaînes de plans ne sont pas mis bout à bout mais PELICHIAN intercale dautres plans entre. Son montage est fait par blocs ou chaînes, un bloc constituant un certain type de cadrage ou un certain contenu de limage.
On peut également parler de collage au cinéma lorsque des éléments extérieurs aux rushs, ou à la fiction sont incorporés. Cest le cas par exemple dextraits danciens films intercalés dans la fiction, dans Mon Oncle dAmérique de RESNAIS par exemple ou avec lapparition de la voix off dans les années cinquante. Autre cas, cette fois-ci extrême avec GODARD qui ajoute des éléments à la fiction (personnage totalement extérieur à la fiction entrant dans lécran) afin de donner sens à une scène de la fiction. Le montage au cinéma permet aussi de parler de lineffable tel limaginaire des personnages. Par exemple dans Mon Oncle dAmérique de RESNAIS ou dans beaucoup de films de BRESSON, les fantasmes des personnages sont montrés grâce à leur collage dans la fiction. On peut également parler de montage dans le plan lorsque deux éléments distincts se situent dans un même plan.
GODARD est très pessimiste quant à lutilisation du montage au cinéma. Il relate dans un discours fait en 1995 que pour lui il ny a pas vraiment montage au cinéma dans le sens où le montage tel quil est actuellement ne sert quà rapporter une fiction au spectateur (ce qui nous renvoie au montage narratif) alors quil aurait dû permettre dintroduire un sens au monde, de le montrer tel quel. Selon lui le montage en cinéma devrait servir à faire voir le monde tel quil est à travers une fiction. Cela na jamais été le cas selon lui et cest pourquoi il pense quil ny a pas de montage au cinéma. Ce type de montage se rapprocherait alors davantage du cinéma de EISENSTEIN, montage expressif évoqué plus haut , même si il ne correspond pas au montage idéal puisque selon GODARD " le montage, le cinéma ne la jamais trouvé " (1). Actuellement on peut retrouver du montage expressif dans les oeuvres de TARKOVSKI qui sont essentiellement basées sur le symbolisme.
Le montage permet aussi de donner un style au film (par le rythme par exemple) et cest pourquoi le collaboration cinéaste/monteur est si importante. Dailleurs bien souvent le réalisateur filme en fonction de lidée de montage quil en a déjà.
A partir des années quarante, des réalisateurs comme RENOIR, WELLS ou HITCHCKOCK se sont révoltés contre limportance jugée trop excessive quon accordait au montage. Aussi ils se sont essayés à lutiliser moins et de ce fait ont favorisé les plans - séquences. Les cas les plus extrêmes étant La Corde dAlfred HITCHCKOCK, puisque le film ne comporte que neuf plans et Octobre de EISENSTEIN où on retrouve au contraire trois mille plans pour un film de cent minutes (la norme dite classique est de six cents plans pour quatre-vingt-dix minutes de film). Mais actuellement cette guerre entre le montage et le non-montage (défendu par le théoricien André BAZIN) est passée et les films comportent à la fois des plans très longs et très courts.
Actuellement le découpage dun film est très à la mode. Dans les universités, les écoles, lanalyse de film devient courante, et de ce fait beaucoup de gens sintéressent au montage dun film. De plus en plus, le spectateur comprend son importance, toutefois le monteur semble rester dans lombre. Qui connaît le nom du monteur du film quil vient de voir, ou même le nom dun seul monteur ? Il y a donc injustice de ce côté là même si le réalisateur participe bien souvent lui aussi au montage.
(1) Jean-Luc GODARD, " A propos de cinéma et dhistoire ", discours prononcé lors de lattribution du prix Adorno à Francfort le 17 septembre 1995, dans la revue " Trafic ", printemps 1996, p. 30
CONCLUSION
Au cinéma on décompose et on recompose le réel par le montage, comme dans les collages en peinture ou en musique. Le collage existe aussi dans dautres domaines artistiques qui nont pas été évoqués ici tel la littérature (FLAUBERT), le théâtre (Le Happening)...
Ce qui a été le plus surprenant dans létude du collage a été de voir ces arts en quête de renouveau, de réflexion sur eux-mêmes alors que le cinéma lui venait de naître.
Le collage est le reflet de notre époque elle aussi fragmentée. Laccumulation dinformations diverses par différents médiats : télévision, journaux...pour la retransmission des actualités (donc de morceaux de réalité choisis) en est un exemple flagrant. La psychanalyse qui a pris naissance dans le même siècle nous a démontré que les rêves étaient une accumulation de fragments de la mémoire. Il était donc normal que lart se pose la question du collage.
Le collage a permis aux artistes dêtre polyvalents, un écrivain devenant peintre, un peintre devenant musicien... On peut se demander si cette redéfinition est positive. Cependant cette tendance ne sest pas généralisée et paraît terminée, lartiste semble donc ne pouvoir réellement exceller que dans un art. Dailleurs même si certains artistes ont été pluridisciplinaires, leur renommée était bien souvent plus reconnue dans un domaine propre.
Le cinéma est un art déquipe : il y a le décorateur, le photographe, les acteurs, le monteur, le cameraman etc. ; cest donc dautant plus un art du collage. Sa réussite dépend de chaque membre de cette équipe alors que le peintre par exemple se suffit à lui même.
Le rapprochement de ces arts distincts : cinéma, musique et peinture nous a permis de comprendre que lart se posait souvent les mêmes questions et ainsi nous avons pu évaluer lutilité quant à la connaissance de tous les domaines de lart. Nous avons pu également prendre connaissance de la richesse de lart du vingtième siècle et surtout mieux la comprendre en prenant conscience que ce sont des arts qui doivent être bien souvent étudiés pour pouvoir être appréciés.