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ALERTE
ORANGE

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Une politique municipale populiste:

1- après avoir:
- entre 95 et 98, balisé son territoire idéologique;
- mis au pas le personnel municipal (malgré l'opposition courageuse, mais très isolée, de la CGT);
- contrôlé  - par une politique « adéquate » de noyautage et de subventionnement  - l'essentiel du tissu associatif (en détruisant les associations  - notamment à finalité sociale -  dont il ne voulait pas et en réduisant les autres à la marginalité en leur coupant les vivres),
- - et laissé financer par l'Etat  - qu'il ne se privait pourtant pas d'agonir d'injures en plein Conseil municipal -  ou par la CAF l'action sociale de base, assurée, dans des conditions de plus en plus difficiles, par des bénévoles dans les quartiers populaires (sans parler des subventions aux Chorégies, dont la part municipale, par mesure de rétorsion -l' Association des Chorégies lui ayant préféré le député RPR comme Président -,  ne fut plus versée entre 95 et 98: l'Etat, peu rancunier, se substitua à la Ville..); Bompard pouvait donc sans vergogne -et sous les applaudissements de son électorat - baisser les impôts locaux;
2- Bompard consacra les trois dernières années de son mandat à « embellir » Orange en menant tambour battant des travaux de voirie en centre ville, tout en accélérant la ghettoïsation des quartiers populaires laissés par lui à l'abandon;
3- Hostile aux médiations démocratiques, il « privatisa » et dépolitisa peu à peu tous les problèmes en les réduisant à des problèmes de proximité: « Si quelque chose ne va pas dans votre quartier, dans votre rue ou dans votre immeuble, venez me voir ; je vous recevrai dans les quarante huit heures » . Bompard n'a jamais cessé, pendant 6 ans, de mener campagne en faisant périodiquement le tour de tous les quartiers pour aller »à la r « rencontre des orangeois », écouter leurs doléances et imputer à l'incurie de l'Etat et de ses fonctionnaires (police et justice, notamment) les problèmes qu'il ne voulait pas prendre en charge, sauf à augmenter les impôts locaux... Bref: un maire »de proximité » , bon père de famille (« sévère mais juste ») et débonnaire, devenu « apolitique » car  - n'est-ce pas ? -  « mon parti, c'est Orange » , offrant à ses « enfants » des spectacles gratuits et/ou du théâtre de boulevard, tout en renégociant à la baisse le prix de l'eau avec une Com

pagnie par lui choisie.
Conclusion: dans ces conditions, on comprend mieux la participation record (sans précédent dans une Municipale à Orange depuis 1946) aux élections de mars 2001: 76,6%. Les bureaux qui ont le plus voté Bompard sont aussi ceux où la participation a été, sauf exception, la plus forte (entre 78,8% et 85,9% pour un vote Bompard de 62,76 à 64,24%, contre 59,9% sur l'ensemble de la commune). C'est le bureau situé dans le quartier HLM de Fourchesvieilles qui a connu la plus forte abstention (31,7%); c'est aussi celui où Bompard a fait son moins bon score (50,9%). Le bureau le plus favorable à Bompard (65,6%) est implanté dans un quartier de copropriétés situées au nord de la ville, au bord de la RN 7, juste en face du quartier HLM de Fourchevieilles, où habite une population considérée par les « petits blancs » comme dangereuse, parce qu' « immigrée » et encore plus pauvre qu'eux..

Conclusion générale:

Dans une ville, dont la moitié de la population active travaille dans la fonction publique (militaire, territoriale, hospitalière et éducative), et qui est, néanmoins, de tradition radicale et poujadiste, fortement conservatrice, Bompard est le premier maire depuis 40 ans à être réélu, et, qui plus est, dès le premier tour. Orange a longtemps sorti les sortants, quelle que soit leur couleur politique, jusqu'à ce qu'elle ait rencontré quelqu'un qui épouse exactement ses craintes, ses haines et son aspiration à continuer à « vivre comme au bon vieux temps » (càd à l'époque coloniale). L'effondrement de la »Droite républicaine » , précipité par la nullité (symptôme d'un certain désintérêt de la bourgeoisie locale pour les affaires municipales) et par le populisme de ses représentants locaux, a été favorisé par les positions réactionnaires et les calculs politiciens à courte vue du député RPR et de l'appareil départemental de ce parti.
L'hémorragie subie par la Gauche (15,59% en 2001 -à quoi on peut ajouter les 6,7% de la Liste citoyenne -, contre plus de 35% en 95) est due à la faiblesse de son implantation dans les milieux populaires -  ainsi, sans doute, qu'à une certaine défiance de ceux-ci vis-à-vis de la Gauche gouvernante -, à la médiocrité de ses responsables (dont la plupart, comme ceux de la Droite, occupent l'espace public depuis plus de vingt ans, et ont été associés à la défaite de 95) et à l'incapacité d'Alerte Orange à la dynamiser et à la renouveler.
Le pétainisme clochemerlesque a sans doute encore quelques

Les erreurs à ne plus commettre !


1 - Le discours antifasciste peu accessible à des Orangeois qui ne voient pas le rapport entre l'hitlérisme ou le pétainisme historiques et la gestion municipale de Bompard; si pétainisme il y a, il prend, en l'occurrence, plutôt l'apparence débonnaire d'un passéisme plus ou moins folklorique: après tout, excepté ceux qui ont l'outrecuidance de s'opposer au Maire -  et qui en sont punis en se retrouvant privés de salles publiques et/ou de subventions  - tout le monde peut vaquer paisiblement et librement à ses occupations quotidiennes, en fermant les yeux sur la destruction de l'espace public, auquel, d'ailleurs, beaucoup n'ont guère accès ou dont ils se désintéressent...;
2- La méconnaissance des dossiers municipaux et l'absence de toute proposition alternative sérieuse sur ces dossiers;
3- un rapport ambivalent à la politique: un antiélectoralisme, certes très vertueux, mais plus propice à satisfaire la petite bourgeoisie intellectuelle et salariée, qu' à ramener les électeurs des couches populaires dans le giron d'une »république » , dont ils ne voient plus guère en quoi elle peut être un rempart efficace contre la dégradation continue de leurs conditions de travail, d'habitat et de vie. La « citoyenneté participative » doit être notre règle de conduite.

Et maintenant ?

Tout est à reconstruire à Orange pour ses composantes démocratiques et républicaines.
Six élus d'opposition se retrouvent au conseil municipal, issus de trois listes différentes, mais dont les programmes comportaient beaucoup de thèmes communs. Vont-ils pouvoir travailler en- semble ? De quel poids vont-ils peser à la mairie ? N'auront-ils pas besoin d'un soutien citoyen ? Des gens de bonne volonté ne vont pas pouvoir passer encore six ans de la même façon que sous le mandat précédent.
N'est-il pas temps de le construire une opposition crédible à partir des préoccupations des Orangeois et des dossiers qui seront traités au conseil municipal ?
Pourquoi ne pas créer une coordination de soutien aux élus de l'opposition, ouverte à toutes les organisations politiques et citoyennes républicaines et organiser un véritable contre-pouvoir s'appuyant sur des commissions de travail et sur la mobilisation de la population ?
La ville d'Orange aurait ainsi les moyens de reprendre l'initiative quant à la conduite de sa destinée et, dans ce contexte, la vie politique pourrait redémarrer sur des bases contructives
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