Association Marine de Loire : Naufrage de la Dame Crue le 16/11/96


NAUFRAGE DU 16 NOVEMBRE 1996

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 Cette nuit là, il y a eu une montée des eaux extrêmement brutale. En 8 heures de temps, le niveau de l'eau a pris plus d'un mètre. La force du courant était impressionnante. L'eau a vraissemblablement arraché la piautre, puis elle a pénétré dans la coque par le puits du moteur. La Dame Crue à demi remplie d'eau a ensuite dérivé jusque 100 mètres plus bas, malgré une ancre à l'arrière. Naufrage
 Arrivé à 8h45, je trouvai la Dame Crue presque complètement immergée. Je decidai de me rendre sur le bateau, pour tenter quelquechose. Une planche qui trainait me donna un appui supplémentaire en amont pour lutter contre le courant. Je fis ainsi 30 mètres sur un sol irrégulier, quelquefois de l'eau jusqu'au ventre, en faisant extrêmement attention à chaque pied que je posais par terre. Arrivé au bateau, je vis de l'eau qui passait par dessus les bords, finissant de remplir la coque. Je grimpai à bord; des éléments de plancher flottaient ça et là, et tout ce qui trainait de cordages, perches, vergue s'apprêtait à rejoindre la rivière. La piautre et les ménicles étaient en vrac, plaqués sur un flanc du bateau. L'ensemble était instable, et par moment, on ne savait pas trop si la coque touchait ou pas au fond; Puis il cognait et se stabilisait.
Naufrage  Partout autour, la vitesse et le bruit de l'eau donnait une sorte de vertige. Je reconnus la silhouette de Jean Luc sur la rive. Du bord, il me cria une question saugrenue, que j'eus du mal à entendre à cause du tumulte des eaux : "qu'est ce qui s'est passé ?". Ce a quoi je répondis : "je l'ai trouvé là...coulé".
 Tout en restant extrêment attentif à ce qui se passait autour, je reunis ce qu'il fallait pour confectionner une longue corde, et ramener le bateau près du bord. J'en attachai une extrêmité à la bite arrière gauche du bateau, puis j'enroulai le restant avec précaution autour de mon avant-bras pour être certain qu'elle ne s'emmelle pas, lorsque je serai au milieu du courant. Naufrage
 En la déroulant au fur et à mesure que j'avançais, je réussis à rejoindre la rive...mais il me manquait dix mètres pour pouvoir l'arrimer. J'appelai un blésois qui promenait son chien à la rescousse, en attendant que Jean Luc aille chercher une rallonge...il rechigna un peu parcequ'il risquait de se mettre un peu les pieds dans l'eau...puis il accepta. Sans lui, je n'aurai jamais pu retenir la corde, qui offrait une très grande résistance au courant (nous aimerions bien retrouver ce blésois). Enfin Jean Luc arriva, et on a pu attacher le bateau à l'anneau d'une bouche d'égout. Le bateau continua de dériver, et la corde se tendant se hissa hors de l'eau. Le bateau s'inclina alors à 45 degrés au dessus des flots, et nous eûmes très peur qu'il se couche sur le flanc. Mais cela ne se produisit pas; au contraire, il se redressa lentement, car il flottait, même rempli d'eau. La corde tenait bon; nous somme partis chercher du secours.
 Les pompiers arrivés sur les lieux arrimèrent une seconde corde à l'avant, puis tranchèrent celle nouée à l'arrière. Ils tentèrent de récupérer ce qui se trouvait dans les coffres; mais c'était dangeureux; et ils ne voulaient pas prendre le risque de se faire coincer en entrant dans les coffres.
 De nombreux blésois participèrent à la maneuvre, pour tirer sur la corde et rapprocher le bateau du bord. La Dame Crue a alors pivoté, s'est mis le nez face au courant en se penchant à nouveau; puis petit a petit, il a regagné la rive. OUF !!!
Merci les pompiers ! Sans vous la Dame Crue ne serait plus qu'un tas de bois éparpillé aux quatre coins de la Loire !



Communication
15 novembre 2000