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Il y a 400 ans les derniers Andalous restés en Espagne
après la chute du royaume de Grenade furent chassés
par le roi Philippe II. Leur refuge sera l’embouchure
de Oued Bouregrag...
Leur histoire commence en 1610 dans un petit village au sud-ouest de l’Espagne du nom de Hornachos. Restés dans le pays après la chute du royaume de Grenade ils furent chassés par le roi Philippe II. Le 22 septembre 1609, ce dernier "signe un décret qui consacre la naissance du premier Etat raciste de l'histoire. Désormais, aucun membre de la 'nation morisque' ne pourra résider sur les territoires soumis à l'autorité espagnole, sous peine de mort. Le principal responsable de ce décret n'est évidemment pas le roi, mais le duc de Lerma" .
Les Morisques trouvent refuge dans l’embouchure de Oued Bouregrag à Rabat et Salé. La vieille ville garde leur traces quoique diluées dans le temps et l’espace d’un pays musulman et andalous qu’est le Maroc.
Des noms, dont Piro, Carracso (déformation de Carrasco), Ronda, Palomino, Moreno ou Blanco, ou des objets dans les ruelles de la médina témoignent des origines lointaines. Les Morisques ne font de bruit qu’en harmonie avec les choeurs musicaux du pays et gardent leur mémoire dans l’intimité de leurs familes et foyers.
Dès leur débarquement dans
la région, ils fondèrent la république
corsaire de Salé qui resta un demi-siècle
dans le fléau des flottes chrétiennes,
espagnoles, françaises ou hollandaises. Avec
eux Salé qui fut séparée d’un
fleuve de Rabat, s’est écartée encore
plus lorsque les trois mille Andalous s’y installèrent
avec leurs coûtumes et pratiques religieuses qui
scandalisèrent les habitants.
D’une part, on les acueuillit comme frères
et soeurs de la même foi, d'autre part leurs moeurs
imprégnés de la vie en Espagne étaient trop libéraux
pour les musulmans piétistes de Salé. Ainsi, chassés
de l’Espagne parce qu’ils étaient musulmans aux yeux
des espagnols.
Le sentiment d’être rejeté les poussa à s’installer dans le ribat abandonné de l’autre côté du Bouregrag. Mouley Zaidan, Sultan de Marrakech, leur accorda la responsabilité de la Casbah. En 1627, ils proclamèrent leur indépendance. Distingués par leur talent d’organisation, et réunissant au sein de leur communauté commerçants, médecins, artisans, savants etc..., ces fils de Hornachos fondèrent une république pirate avec le renfort des nouveaux exilés qu'ils encouragèrent d‘arriver.
La petite république vit son premier
examen avec une guerre civile entre 1636 et 1641, lorsque
les gens de la médina se révoltèrent
contre ceux de la forteresse pour récupérer
le pouvoir politique. Vaincus, les Hornachos fuyèrent
de l’autre côté du fleuve pour vivre
là-bas pendant 140 ans avec l’appui des
Vargas (dont Brahim Vargas premier gouverneur de la
républquie de Salé) .
Aujourd’hui largement ignorée,
leur mémoire vit de leurs noms, des quelques
têtes et de quelques foyers gardant toujours des
témoignages au fond de leur intimité.
L’influence des Morisques devient plutôt
perceptible à une deuxième et troisième
vue de la médina de Rabat. Des noms de personnes
ou d’objets surgissent comme cantines pour bars,
ou "harira bofortuna" pour soupe "buena
fortune", et des formes architecturales qui rappellent
l’origine andalouse deviennent visibles. A Rabat,
la longue muraille rougeâtre qui ferme le sud
de la ville et porte le nom de la muraille andalouse,
témoigne de ce passage.
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