| L'histoire
des Idrissides (VIII - X siècle)dans le Maghreb commence essentiellement par
cette noble famille dont le père fondateur Idrisse premier est venu au Maroc, ralliant à sa cause de nombreuses tribus Berbères qui le proclameront Roi du Maroc. Avant son arrivée, deux vagues d' arabes étaient parvenues
en Afrique du Nord, dès la fin du VII siècle, l'une dirigée par Oqba Ibn Nafi, le fondateur de Kairouan (670), l'autre par Moussa Ibn Nuçair, |  |
tous deux considérés comme les précurseurs de l'introduction de l'Islam dans cette région, peuplée jusque là du peuple Berber.
Idrisse
premier descendant d'Ali, gendre du prophète(SAWS), a connu d'abord de grandes inquiétudes à la cour de Bagdad où il était recherché comme opposant aux Abbassides (les descendants d’El Abbas oncle du prophète(SAWS)), devenus à leur tour les nouveaux maîtres du monde musulman. Après s'être réfugié en égypte,
Idrisse se dirige vers le Maroc en passant par Tanger et Tlemcen , avant de
s'installer définitivement à Walilah (volubilis) ville adossée au massif de
Zerhoun, sur les bords de l’oued Khoumane. Idrisse était toujours sous la
protection du chef de la tribu des Aourebas, Abou Layla Ishaq ben Abdelhamid.
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Accompagné
de son frère de lait Rached Ben Morched El Koreichi, il trouve un Maroc en
proie à des luttes tribales axées sur les interprétations du Coran, avec au
premier plan le mouvement Kharidjite particulièrement actif. Très vite il fut
reconnu comme descendant du Prophète Muhammad (SAWS), il fut proclamé Imam, six mois
après son arrivée, il prêche l'orthodoxie sunnite et rallie autour de lui la
majorité des tribus du pays. De Walilah, il dirige des expéditions dans tout
le pays, assoit son autorité et augmente sa puissance. Celle-ci inquiète les
Abbassides qui craignent une action de sa part dans l'avenir. C'est ainsi que Haroun
al-Rachid, nouveau Calife Abbasside décide de le supprimer et lui envoie
pour cela un messager, Souleyman Ben Djaber-en-Nabdi-el-Zindi, supposé être un
émissaire de soutien et d'amitié. Celui-ci séjourne le temps nécessaire à
Walilah pour capter sa confiance et parvient à l'empoisonner en 793
grâce à une fiole de musc contenant du poison.
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En
789/90, Idrisse Ier entreprit la conquête de Tlemcen-Agadir
ou il posa les fondations du Masjid El Attiq (la grande mosquée d’Agadir).
C’est la première mosquée construite dans le Maghreb central. Idrisse Ier y
fit édifier un minbar (chair) sur lequel on inscrivit son nom. C’est
seulement à cette époque que Soleiman Ibn Abdallah El Kamel émigra d’Orient
pour venir retrouver son frère Idrisse Ier à Tlemcen. Ce dernier l’installa
dans la région et le nomma émir de Tlemcen. Soleiman Ibn Abdallah El
Kamel est quant à lui à l’origine des Chorfas d’Ain El Hout (village dans
les environs de Tlemcen ) et de Bedjaia (Bougie). Il séjourna et mourut à
Tlemcen. Quant à Idrisse Ier il retourna s’installer comme nous l’avons dit
plus haut à Wallilah (Volubilis). Bien accueilli, usant de son autorité
religieuse, habile à nouer des relations avec les tribus Berbères , il étend
son autorité sur une grande partie du Maroc .
Mais,
trois ans plus tard, en 793 (Ch), Idrisse Ier fut traîtreusement empoisonné sur
ordre du Khalife Haroun Rachid à Bagdad, comme nous l’avons décrit plus
haut. Son agresseur fut rattrapé par son frère de lait Rached à la ville d’El
Hira qui se nomme actuellement Oujda ( racine arabe
Wajada signifiant trouver).
Quelques
mois après la mort d'Idrisse Premier, son épouse Kenza, originaire de la tribu
Aoureba, donne naissance à un garçon surnommé Idrise Ethani ou Idrise II. L'éducation du jeune prince est confiée au fidèle
affranchi de de son défunt père, Rachid, qui le fait proclamer Sultan du Maroc
en 804, à l'âge de 11 ans. Au fil des années, sa sagesse et son sens
politique s'affirment, le nombre de ses fidèles s'accroît, la capacité et la
puissance de son armée se développent. Ne pouvant agrandir la ville de Walilah
(située sur une crête à l'accès difficile) et voulant se doter d'une
capitale, il décide de chercher un lieu remplissant des conditions économiques
et stratégiques les plus adéquates.
L'édification d'une cité prestigieuse s'imposait pour fixer l'Islam parmi les tribus unifiées autour de lui. Il voulu concentrer les forces du jeune état islamique et réaliser le brassage des différentes ethnies pour en
faire une nation. Idrisse II succéda donc à son père. Il continua son œuvre
dans le raffermissement de la dynastie Idrisside issue de Ali et
Fatima Zahra. Il partit lui aussi pour Tlemcen en l’an 814(Ch) ou il séjourna
pendant trois années. Il élargit ainsi le royaume vers le sud et l’est.
Contrôlant le carrefour de toutes les routes marocaines. A Tlemcen, Il épousa
la fille de son cousin Muhammad Ibn Soleiman et repartit à Fès pour donner à
la ville ses véritables dimensions. Quant à Muhammad Ibn Soleiman après un règne
très court , il mourut à Tlemcen et fut enterré à Ain
El Hout . La succession de l’émirat échut à son fils Ahmed Ibn
Soleiman qui devint à son tour émir de Tlemcen. A sa mort il laissa dix
enfants : Ahmed , Aissa, Idriss, Ibrahim, Hassan, Ali, Hossein, Abdellah,
Soleiman et Mohammed. IbnHazm ( Abu Muhammed Ali ibn Hazm 994-1064, outre ses
fonctions de vizir auprès des derniers Omeyyades, fut un théologien et un
historien de grande érudition. ) confirme dans ses écrits le règne des
émirs Soleimanites dans le Maghreb central. En 931 c’est à dire en 319
de l’hégire, les Fatimides occupèrent Tlemcen et chassèrent le dernier émir
Idrissi-Soleimanite, El Hassan Ibn Abou Aich Ibn Aissa Ibn Idrisse Ibn Mohammed
Ibn Soleiman. La conquête du Maghreb central par les Fatimides (dynastie de califes shiites qui régnèrent en Afrique du Nord et en égypte de 910 à 1171)
chassa tous les descendants de Mohammed Ibn Soleiman.
Ces derniers embrassèrent alors la cause des Omeyyades de Cordoue et se réfugièrent
en Andalousie. La chute de Cordoue en 1091 vit la fin des Omeyyades. Certain des
Chorfas Soleimanites rentrèrent au Maghreb et s’établirent
dans le Souss( Maroc), le Riff marocain, ainsi qu’a Bejaia (Algérie), ainsi
dans le sud Algérien. A titre d’information historique, rappelons qu’en
1437(Ch) il y eut une découverte miraculeuse ; celle du corps du Chérif
Moulay Idrisse II retrouvé intact et reconnu par
toutes les autorités ainsi que par le chef de la famille Idrisside, le chérif
Djouti El Imrani. Cet événement a eu lieu dans le sanctuaire lui-même, près
de la mosquée des chorfas de Fès. Cette découverte rehaussa le prestige de la
famille Idrisside pendant la période des troubles sociaux, religieux et
politiques qu’a connu le Maroc dans la deuxième moitié du XVe siècle sous
les Bani-Ouattas.
La
zaouïa de
Moulay
Idrisse II
est un lieu
sacrée à Fès elle a été construite au
IXe siècle puis renouveler 1437. Le sanctuaire est interdit aux non-musulmans.
L'enceinte de la zaouïa est sacrée aucun musulman ne pouvait être arrêté. car il y est protégé et bénéficie du droit d'asile Fès étant considérée comme la
ville de Moulay Idrisse .De nos jours de nombreux habitants de Fès connaissent encore par cœur ce que les chroniqueurs rapportent comme étant les paroles de Idrisse II, au
moment de déposer la première pierre de
l'édifice:
"O
Dieu, tu sais que je n’ai pas construit cette ville par recherche de
brio , ou par vanité, ou
par désir de renommée et d’orgueil. Cependant je voudrais que tu sois
adoré , que ton livre saint y soit récité et ta loi
appliquée tant que durera le monde. O Dieu, guide vers le bien ceux qui
y habitent et aide les à l’accomplir, cache à leurs yeux le glaive de
l’anarchie et de la dissidence…" Idris II
Nous
savons que Abdellah El Kamel Ibn Hassen El Mouthanna, Ibn Hassen Essebt, Ibn Ali
et Fatima Zohra , laissa en postérité sept fils :Mohammed Ennefs
Ezakia, Moussa, Ibrahim, Aissa, Idrisse, Yahia, et Soleiman. De plus, Idrisse , Soleiman, et Aissa avaient la même mère : Attika el Mekhzoumia ;
tandis que Moussa, Mohammed Ennefs Ezakia et Ibrahim avaient eux aussi une même
mère : Hind bent Abi Obeida Ibn El Djarrah Essahabi (compagnon du Prophète
Mohammed )Rappelons que Abdallah El Kamel était
la personnalité les plus en vue pour accéder au Khalifat Abbasside. Il représentait
la famille des Alides, cousins des Abbassides. Ces derniers ayant détrôné les
Omeyyades en 750 (Ch) pour venger les Hachémites tués par les tenants de
l’ancien régime, étaient devenus à leur tour ennemi des Alides et les
combattaient partout. C’est ce qui explique les luttes fratricides et la fuite
des vaincus à travers le monde islamique.
Nous tenons à mentionner qu’a Ain El Houts existe aussi le tombeau de Muhammad Ben Ali descendant en ligne direct, à
la cinquième génération, de Abd Allah Ben Mansour Ce Saint homme vivait
vers 1700 de notre de l’ère Chrétienne, sa mort se situe aux environs de
1755-56. C’était un savant, il était considéré comme un des principaux
Eulamas de son temps. Son mausolée se trouve près de Sidi Abdallah Ben Mansour
sur la colline de Ain El Houts.
Ainsi,
le deuxième khalife Abbasside Djaafar El Mansour fit arrêter en 762 (Ch)
Abdallah El Kamel et les enfants de Hassen El Mouthenna, les transféra de Médine
à Koufa ou il les fit exécuter après mille humiliations. Les Alides étaient
alors en pleine révolte contre le régime arbitraire et abject du khalife.
Ainsi Mohammed Ennefs Ezzakia surnommé le Mahdi se souleva avec un groupe de
partisans dans le Hedjaz, passa à l’action, mais fut tué à son tour le
06/12/762 (Ch).
Son
frère Ibrahim, révolté à Bassora ( Iraq), connut lui aussi le même sort, un
mois plutôt, le 6 novembre 762 (Ch).
Mohammed
Ennefs Ezakia avait une réputation de Sainteté qui lui valut le surnom de Nefs
Ezakia, c’est à dire l’âme pure. Il était l’auteur d’un ouvrage théologique El Kittab Essayar.
Par
ailleurs nous avons vu que les « chérif » Idrisse I et Soleiman,
tous deux fils d’Abdallah El Kamel avaient bel et bien résidé dans cette
contrée. Ils ont donc dirigé le Maghreb El Aksa à Wallilah d’un coté et Le
Maghreb El Aousat à Tlemcen de l’autre.. Ils seraient donc les ancêtres de
Ahl Ain El Hout et Ahl Bedjaya en l’occurrence Sidi Abdallah Ben Mansour et sa
descendance, cela d’une façon logique et historique. La présence de ces
Chorfas remonte donc au VIIIe (8e) siècle en Afrique du Nord. Pour
certains biographes dont les sources d’information sont occultes, Sidi
Abdallah BenMansour aurait pour ancêtre Mohammed Ennefs
Ezakia, frère d’Idrisse premier et de Soleiman.
Abdallah
El Kamel d’après Ibn Ishak et de Ali Ben Ferhoun laissa six enfants dans la
presqu’ile de Sous et à Zerhoun ou est enterré Sidi Moulay Idrisse I.
Le
troisième de ses enfants était Muhammad Soleiman dont le tombeau est à Ain El
Hout (Tlemcen) par lesquels la noblesse s’est répandue en Algérie ;
Tlemcen et Bedjaya en particulier.
Les
Ahl Ain El Hout ont pour ancêtres Abdallah,
Ben Mohammad, Ben Ahmed, Ben Ali, Ben Daoud, Ben Mohammad, Ben Ahmed, Ben Ali, Ben
Idrisse II , Ben Idrisse I, Ben Ahmed Ben Soleiman, Ben Abdallah El Kamel,
Ben Hassen El Muthanna, Ben El Hassen Es- Sebt, Ben Fatima fille de Rasul Allah
. ( Que la Paix et la bénédiction De Dieu soit sur lui)
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