
I / LES ORIGINES DE LA CIVILISATION OTTOMANE
C'est à l'aube du XIV ème que les Ottomans, venus des confins de
l'Anatolie, firent irruption dans l'Histoire et que débuta leur extraordinaire
épopée. Ils n'étaient alors qu'un obscur émirat turkmène aux frontières
des mondes byzantin et islamique. Ils créèrent un Empire qui anéantit Byzance
et prit sa relève. Les Ottomans régnèrent six siècles, étendirent leur
domination sur trois continents et firent trembler l'Europe.
Les Turcs étaient originaires de l'Asie centrale. Ils avaient fondé un
premier empire, celui des Seljoukides, qui fut détruit en 1292 par les Mongols
de Gengis-Khan. L'une des tribus turques, les Ottomans se déplacèrent alors
vers l'ouest, occupant la Bithynie et Brousse en 1325.
Les Ottomans sont issus d'une tribu turque d'Asie centrale appartenant à la
branche Oghuz.
Durant le XIV ème, ils se rendirent progressivement maîtres d'une grande
partie de l'Asie Mineure, de plusieurs îles grecques puis, ils attaquèrent les
peuples slaves des Balkans et les soumirent, s'emparèrent de la Thrace :
l'Empire byzantin fut dès lors réduit à un petit territoire autour de
Constantinople, qui devait résister 90 ans encore à la pression quasi
incessante des Turcs.
II / L'APOGEE TURC : SOLIMAN LE MAGNIFIQUE
1 / LE REGNE DE SOLIMAN
Soliman succéda sans difficulté à son père Selim qui l'avait associé
depuis quelques années à la direction des affaires. Son règne commença par
une série de coups d'éclat : prise de Belgrade en 1521; prise de Rhodes, où
la forteresse des chevaliers de Malte était l'une des dernières citadelles chrétiennes
du Levant, en 1522; grande victoire de Mohacs sur les Hongrois en 1526.
L'époque de Soliman correspond au maximum d'extension territoriale de
l'Empire; elle est aussi celle où la construction politique ottomane atteint à
sa plus grande perfection.
Soliman fut d'abord un législateur, le kanuni, servi par de
remarquables juriste. Son code, le Kanuname, fur un des recueils de lois les
plus remarquables de l'Histoire. Pour assurer l'exécution des lois, Soliman et
son grand vizir ( jusqu'en 1536 le remarquable Ibrahim ) multiplièrent le
nombre des fonctionnaires formés dès l'enfance par une méthode analogue à
celle qui présidait au recrutement des janissaires, le devchirme " .
S'appuyant sur ces fonctionnaires, Soliman renforça sa tutelle sur la féodalité
des timariotes : le règlement de 1530 disposa que les fiefs militaires seraient
désormais attribués à Istanbul par le sultan ou son administration.
Il s'agissait de tuer dans l'oeuf tout germe de séparatisme sans toucher à
la grande propriété. Mais cette pratique devait ultérieurement favoriser les
intrigues de sérail lorsque les successeurs de Soliman ne furent pas capables
de diriger eux-mêmes l'administration.
Soliman avait créé dès son avènement un climat de détente lorsqu'il
restitua les biens confisqués du temps de Sélim et renvoya dans leur pays les
prisonniers égyptiens.
Ordre et sécurité règnent dans l'Empire Turc. Voilà qui favorise le
commerce et l'activité économique. Cet Empire offre le spectacle d'une grande
prospérité. Il est probable que cette conjoncture favorable doit beaucoup à
la libération des paysans consécutive à la conquête des Balkans : sans doute
les paysans ont-ils à s'acquitter de leurs obligations envers le fisc (
capitation et impôt territorial ) et de quelques redevances à leurs seigneurs,
titulaires des timars. Mais ils ont été libérés des corvées et leur
communautés sont restées maîtresses de la terre.
Il favorisa le développement des relations commerciales avec l'Occident,
signant notamment avec la France des " Capitulations ". Il améliora
les conditions de vie de sa capitale, surtout grâce à l'adduction d'eau
potable et à l'organisation du ravitaillement; il l'embellit beaucoup aussi,
faisant construire en particulier de grandes mosquées.
2 / ISTANBUL
Au milieu du XVI ème, Istanbul est déjà une ville énorme, la plus peuplée
de l'Europe : 400 000 habitants environ entre 1520 et 1535, peut-être 700 000
à la fin du XVI ème.
Ville fort cosmopolite où domine cependant l'élément turc ( 55 à 60 % ),
reconnaissable au turban blanc, tandis que celui des juifs est jaune et celui
des grecs, bleu, où travaillent quantité de renégats chrétiens venus de tous
les pays de la Méditerranée.
La ville doit sa fortune à sa rade, la Corne d'Or, seul abri sûr entre la
mer de Marmara et la mer Noire; à ce qu'elle est la point d'arrivée obligé
des caravanes d'Asie qui transitent par Scutari sur la rive opposée, et la
porte du monde balkanique.
Divisée en quartiers très différenciés que séparent plusieurs plans
d'eau, l'agglomération comporte trois grands ensembles : d'abord la ville
d'Istanbul proprement dite dont l'espace urbain n'est pas très densément peuplé.
Quantité de jardins, promenades, esplanades, séparent les uns des autres les
larges pâtés de maisons basses et tassées, faites de bois et de briques,
peintes de couleurs tendres. Les rues sont étroites et sinueuses. Quelques
quartier se distinguent nettement : le Bazestan, véritable bazar à étages où
l'on trouve toutes les marchandises du monde; le sérail à la pointe sud qui
est le lieu par excellence de la promenade et du divertissement; l'immense mosquée
de Soliman et son environnement : jardins, bibliothèques, écoles, hôpital.
De l'autre côté du grand estuaire de la Corne d'Or, s'étend Galata-Pera,
" la ville franque ", où résidaient les ambassadeurs et la plupart
des Occidentaux, les grands marchands et les banquiers, où s'exhibent les plus
belles demeures. Galata abrite les grands arsenaux, les quais et les entrepôts
que desservent les navires d'Occident; Pera chevauche les collines plantées de
vignobles d'où la vue s'étend sur l'admirable panorama de la Corne d'Or, des
mosquées et des palais d'Istanbul. On y célèbre en liberté le culte
catholique.
Enfin, gardée par l'îlot de Léandre, accrochée à la rive d'Asie, Scutari
est " la gare caravanière d'Istanbul à l'aboutissement et au départ des
immenses routes d'Asie ".
A la charnière de l'Asie et de l'Europe, mêlant ses peuples bariolés,
accueillant les navires d'Occident et les convois d'Extrême-Orient, Istanbul
est un résumé authentique de l'Empire turc.
3 / L'EMPIRE OTTOMAN, PREMIERE PUISSANCE EUROPEENNE :
En 1566, grâce aux conquêtes effectuées depuis Mehmed II, l'Empire ottoman
s'étend des frontières de l'Autriche au golfe Persique et des rivages de la
mer Noire aux confins algéro-marocains. Si l'Europe du Nord et de l'Ouest échappe
au contrôle du sultan, celui-ci a néanmoins une puissance suffisante pour
disputer l'hégémonie en Europe à Charles Quint et en Asie occidentale au chah
de Perse.
Soliman a été évidemment servi par les événements, notamment la lutte
entre les Maisons de France et d'Autriche, mais en outre il a su profiter de ces
dissensions et, pour parvenir à son but, le concours des Chrétiens ne lui a
pas semblé négligeable : l'alliance, sollicitée par François Ier a servi les
intérêts du sultan en même temps que ceux du roi de France, trop heureux de
voir une partie des troupes autrichiennes retenues sur le front oriental.
Les Ottomans n'ont en somme que deux adversaires : à l'est, le chah de
Perse; à l'ouest, l'empereur d'Autriche, dont ils sont séparés par la
Hongrie, pays convoité à cause de sa richesse et de situation stratégique :
la plaine hongroise est d'invasion facile, et elle commande l'accès à Vienne
d'une part, à la Serbie et à la Transylvanie d'autre part. C'est pourquoi
Soliman, désireux de porter un coup marquant à Charles Quint, a essayé de
s'emparer de la capitale autrichienne. On comprend aussi les raisons qui
poussent Charles Quint et Ferdinand à multiplier les incursions en Hongrie et
en Transylvanie : éloigner les Ottomans de Vienne et si possible leur infliger
une défaite décisive, ce qui n'a pas eu lieu.
Soliman possède d'autre part un atout majeur dans sa flotte méditerranéenne;
c'est sa flotte qui donne au sultan les régences d'Alger et de Tunis, la
possession de la Tripolitaine, qui mène des attaques incessantes sur les côtes
d'Italie et d'Espagne, et qui par la suite contribue à maintenir la flotte impériale
dans les eaux de la Méditerranée occidentale.
Le sultan ottoman domine véritablement son époque.
Suleyman Ier est incontestablement une des grandes figures de l'Histoire.
LES MOYENS DE LA DOMINATION
I / LE SULTAN
Mahomet II, Bajazet Ier, Selim Ier prédécesseurs de Soliman le Magnifique
furent déjà de grands personnages.
Le sultan était à l'origine un chef de guerre choisi parmi les descendants
de l'ancêtre Osman. Mais il enrichit progressivement son pouvoir de prestiges
nouveaux : la conversion à l'Islam fit de lui un chef religieux, un " émir
"; la prise de Constantinople le changea en empereur et, pour les Grecs, en
basileus; la victoire sur l'Egypte et l'achat des droits du Khalifat firent de
lui le khalife. Nul doute que ces titres aient donné
plus d'éclat à sa puissance.
Le sultan détient la souveraineté absolue. Il est la clef de voûte d'un
Etat hautement centralisé. Le sultan commande, juge et légifère, exerçant un
pouvoir absolu, uniquement limité par sa soumission aux préceptes islamiques.
Il fait connaître ses décisions par des firmans authentifiés par son
monogramme, la tughra
Il nomme à toutes les fonctions en délivrant à ses agents des brevets qui
spécifient leurs charges. Il est le chef de l'armée et le juge suprême de
l'empire.
Il est aussi le calife, guide religieux, " l'ombre de Dieu sur terre
" ainsi que l'exprime sa titumature. S'il ne peut modifier la loi
religieuse, la sharia, les docteurs de la loi, les ulémas, lui
reconnaissent le droit de promulguer une législation séculière, le kanun.
Cette oeuvre de législation séculière sera l'un des soucis majeurs de Sulayman Kanuni, le Législateur. Il fait réviser et codifier les textes en
usage sous ses prédécesseurs et légifère dans tous les domaines, en
particulier les questions fiscales, les droit de propriété ou le statut
militaire. Faire régner la justice est pour lui la base d'un Etat puissant, le
premier devoir d'un souverain. Justice entre les sujets : musulmans et non-musulmans, Turcs ou non-Turcs, mais aussi justice de l'autorité envers les
sujets. Les défendre contre les possibles abus de pouvoir des fonctionnaires de
l'Etat comme des exactions de l'armée, ce qui n'est pas toujours facile étant
donné l'immensité de l'Empire.
Le droit successoral pose pour l'Empire ottoman un grave problème de
survie :
L'Empire ne doit être dirigé que par un descendant d'Osman. Or,
selon la tradition turco-mongole, tous les membres de la famille ont des droits
égaux, ce qui entraîne des affrontements, des luttes et un risque de désagrément
de l'Empire. Ne pouvant abolir cette coutume, les Ottomans la contournèrent en
reconnaissant à celui des princes qui, par force ou par ruse, vient d'accéder
au trône le droit de faire périr ses frères et les enfants de ceux-ci afin d'étouffer
dans l'oeuf toute possibilité d'opposition future. C'est la " loi du
fratricide " promulguée par Mehmed II. A partir du XVII ème cependant,
les princes susceptibles de revendiquer le trône ne furent plus assassinés
mais enfermés, et progressivement la loi du fratricide fut abandonnée.
Le sultan, chef temporel et spirituel de l'Empire ottoman ( depuis Sélim
Ier, il est devenu le " Commandeur des Croyants " ), est un souverain
absolu qui gouverne assisté d'un certain nombre de ministres, les vizirs, révocables
à tout moment.
Le sultan est d'abord un chef politique et un chef religieux. Politique, en ce qu'il est le maître de l'Empire ottoman qu'il dirige personnellement ou par l'intermédiaire du grand vizir et des autre vizirs.
II / L'ARMEE
L'outil de la conquête fut l'armée. Les qualités du soldat turc :
endurance, courage, sens de la discipline, jouèrent leur rôle. L'analyse du
recrutement nous montre que l'armée turque ne procédait nullement d'une ethnie
privilégiée car ce recrutement s'adressait aussi bien aux Asiatiques qu'aux
Européens, aux paysans d'Anatolie ou aux montagnards d'Albanie.
La vraie force de cette armée, ce fut donc de compter d'abord sur un corps
de spécialistes préparés dès l'enfance au métier des armes, au service
exclusif du sultan.
A l'origine, le corps des janissaires, comportait uniquement des enfants chrétiens
enlevés très tôt à leurs familles, élevés ensemble dans l'Islam, soumis à
une discipline stricte et voués à la vie militaire. Tous les cinq ans, les
recruteurs des janissaires parcouraient les provinces de l'Empire et sélectionnaient
les enfants mâles les plus beaux, de l'aspect le plus sain ( système du devchirme
qui permet aux souverains de se constituer un corps de serviteurs fidèles ).
Au XVI ème, il y aussi des Turcs parmi les janissaires dont l'effectif est
d'environ 12000 hommes. Etant donné que le sultan était considéré comme le père
nourricier des janissaires, les grades étaient empruntés au langage de la
cuisine du Palais : le tchorbadji bachi ou " maître de la grande
soupière " était l' analogue d'un colonel; l'achtchi bachi ou
" maître-queux " était le capitaine; le sakka bachi ou
porteur d'eau avait un rôle de lieutenant et la marmite Kazan était le
vrai drapeau du régiment. Le commandant des janissaires était à l'origine l'aga
mais l'augmentation des effectifs avait suscité la nomination des plusieurs agas
Autour de ce noyau permanent de soldats d'élite dotés d'un armement
moderne, le sultan recrute des mercenaires pour le temps de guerre, et surtout
mobilise les contingents féodaux fournis par les seigneurs titulaires des timars.
Ceux-ci sont des concessions en forme de seigneuries qui englobent des terres
cultivées ou incultes, des redevances, des péages, et la noblesse chrétienne
des pays conquis a souvent bénéficié elle-même de ces concessions mais
celles-ci sont conditionnelles : leur contrepartie est la contribution militaire
à l'appel du sultan, chaque maître de timar devant fournir un nombre de
cavaliers proportionnels à l'importance de son domaine.
Les Ottomans se sont forgé une armée de métier, en avance sur son époque,
totalement liée au souverain.
Le coeur de cette armée est constitué par les kapu kullari, les
" esclaves de la Porte ". A leur tête se trouve un puissant Agha
qui dépend directement du sultan. Ils se répartissent en un corps
d'infanterie, les janissaires et à l'époque de Sulayman en six corps de
cavalerie.
Les janissaires sont le fer de lance de l'armée ottomane. Leur intrépidité
au combat, leur sauvagerie en font de redoutable adversaires. Quand ils ne sont
pas en campagne, ils assurent la sécurité d'Istanbul et participent également
à la défense de certaines citadelles des frontières. Très hiérarchisés,
ils ont pour emblème la marmite de bronze autour de laquelle ils se réunissent
une fois par jour pour le repas fourni par le sultan.
Les janissaires sont entraînés à un esprit de discipline et de soumission
absolue au souverain qu'ils entourent et protègent jour et nuit. Sur les champs
de bataille, ils forment un carré autour de lui, évoluent avec une rapidité
surprenante dans un ordre et surtout un silence qui impressionnent leurs
adversaires.
L'armée dispose de services de ravitaillement et d'intendance que l'Europe
ne connaît pas encore et surtout d'une artillerie particulièrement développée,
car les Ottomans ont compris très tôt son importance. Sa puissance de feu est
étonnante et encore plus son extrême mobilité.
C'est sous Sulayman que la flotte de guerre devient la plus puissante de la Méditerranée.
Les sultans recrutent les fameux corsaires qui écument les mers. C'est à l'un
d'eux, khaireddine dit Barberousse, nommé grand amiral par Sulayman, que l'Empire est redevable
de l'organisation de sa force navale et de ses premières victoires.
III/ LE CONSEIL
Le Sultan gouverne à travers son conseil, le Divan, dirigé par le grand
vizir. Le Divan, qui se réunit quatre fois par semaine à l'époque de Soliman,
comprend, outre le grand vizir assisté des " vizirs de la coupole ",
un grand chancelier, le nichandji, deux contrôleurs des finances, les defterdar,
l'un pour la partie européenne de l'Empire, la Roumélie, l'autre pour la
partie asiatique, l'Anatolie et deux " juges de l'armée ", les qadi'asker
qui représentent le corps juridico-religieux des ulémas. Le Sheikh
ul-islam, instance religieuse suprême, ne siège pas au Divan.
Le conseil traite de toutes les questions concernant la paix, la guerre, la
conduite militaire, la haute administration, les finances... Il a aussi le rôle
d'une cour suprême devant laquelle chaque sujet peut faire appel. Il a enfin
une fonction protocolaire, il mène les négociations avec les ambassadeurs et
assure les réceptions officielles.
A la tête du Divan, le grand vizir est le représentant absolu du souverain,
qui lui délègue la quasi-totalité des pouvoirs impériaux. Dans la pratique,
c'est lui qui gouverne l'Empire. Cependant, il doit consulter les " vizirs
de la coupole " pour les décisions importantes, ne peut engager aucune dépense
sans l'assentiment du contrôleur des finances qui, par ailleurs, doit lui présenter
des comptes, et ne possède aucune autorité sur l'ensemble des ulémas dont les
supérieurs sont désignés par le sultan. En dépit de sa haute charge, il
demeure toujours soumis aux caprices du souverain et peur subir aussi de
multiples pressions exercées par les différentes factions du palais ou de
l'armée.
IV / LES FONCTIONNAIRES :
A l'époque de Mahomet II s'est affirmé un mouvement de centralisation
politique qui va s'accélérer sous Soliman.
En 1534, l'Empire est divisé en circonscriptions ou Sandjaks ( 30 en Europe,
63 en Asie ) gouvernées par des beys, fonctionnaires aux grands pouvoirs,
civils et militaires.
Des groupements de sandjaks sont administrés par des fonctionnaires de rang
supérieur, les pachas.
Le nombre des fonctionnaires s'accrût considérablement sous Soliman. Les katib, secrétaires de la chancellerie, rédigent les innombrables firmans, les
traités et tous les actes officiels. Les documents financiers relèvent des defterdar qui comptabilisent les revenus et les dépenses de tout l'Empire,
consignés dans des registres régulièrement mis à jour et conservés par le defter-emini, intendant des archives.
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