Général
umayyade qui s'illustre dans la conquête du Maroc et de l'Espagne. D'abord haut
fonctionnaire en Orient, Musa ibn Nusayr est nommé gouverneur de l'Ifriqiyya
(Tunisie actuelle) aux environs de 698. Il organise alors plusieurs campagnes
et, aidé de ses fils, soumet les Berbères du Maroc. Il a l'habileté de
pratiquer une large politique d'assimilation, faisant entrer des Berbères dans
l'armée et leur confiant des postes de commandement. Jugeant son pouvoir bien
établi au Maroc, il regagne Qayrawan (Kairouan), capitale de l'Ifriqiyya. C'est
de cette ville qu'à l'instigation de l'exarque byzantin de Ceuta il lance en
710 un premier raid contre l'Espagne, sous le commandement d'Abu Zur'a Tarif,
puis, une expédition, l'année suivante, sous le commandement de Tariq b. Ziyad.
L'armée de Tariq ne compte que 7 000 hommes. Surpris et irrité par les succès
foudroyants de Tariq, Musa concentre une armée de 18 000 hommes, passe à son
tour en Espagne (712) et fait la conquête des villes que Tariq avait habilement
contournées au cours de sa campagne éclair : il prend Séville, Mérida où il
s'empare d'un énorme butin (713) et Saragosse (714). Il est alors rappelé à
Damas par le calife al-Walid. Soucieux de consolider sa conquête et fort peu
pressé d'aller rendre des comptes, il guerroie quelques mois encore dans le
nord de la Péninsule, puis rentre lentement par l'Afrique du Nord, rapportant
de nombreuses richesses. Il espère se concilier le calife par ses présents,
mais en vain : il est disgracié dès la première entrevue et condamné à
payer une énorme amende. Peu après, al-Walid meurt (715). Mais son frère et
successeur Sulayman maintient la sentence, furieux qu'il est d'avoir été
frustré de toutes ces richesses, qu'il aurait pu s'approprier si Musa avait,
comme il le lui suggérait, attendu la mort d'al-Walid pour entrer à Damas.
Musa ne tarde pas à mourir.
|