L'humanité a sans cesse été bercée dans un univers de confrontation des civilisations. L'objectif premier des grands empires était de s'étendre et d'augmenter l'espace vital. Lorsque deux civilisations de même envergure se rencontraient et que la guerre ne permettait pas à l'une d'elles de prendre l'avantage, leurs limites réciproques s'imposaient de fait. Se posait alors le problème de la pérennité des nations : garantir la sécurité d'un peuple ne peut suffire. L'équilibre des forces permettait aux peuples de vivre une liberté relative, conséquence d'un climat de paix. Mais l'absence de certains facteurs conduisait inévitablement à une destruction de l'intérieur. Le système dictatorial régnant dans les grandes civilisations antiques fut l'une des principales causes de faiblesse. En définitive, les peuples finissent toujours par avoir le dessus et c'est à eux qu'appartient réellement le pouvoir. Ce qui nous intéresse particulièrement aujourd'hui, est d'étudier le cas de la civilisation qui n'a pas disparu : la civilisation musulmane. Bien qu'elle se soit affaiblie ces derniers siècles, elle a toujours marqué sa présence. Bien plus, on assiste depuis un siècle à une renaissance généralisée de la pensée réformiste, soucieuse de redonner le sens de l'islam, que les musulmans ont eux-mêmes oublié. Nous montrerons quels sont les atouts spécifiques de cette civilisation, qui a traversé les périodes les plus difficiles de l'histoire, et qui , aujourd'hui constitue l'une des réponses au modèle occidental. Notons que cette étude étant historique, il faudra comprendre et rappeler que la situation de la civilisation n'est pas à la hauteur de ce qu'elle prêche. Mais il y a, parmi cette communauté des gens sincères, qui veulent reprendre le flambeau et venir en aide à l'humanité. Ceci étant, l'histoire a révélé que la civilisation se trouvait, parfois, en péril, risquant de disparaître mais qu'elle s'en est toujours sortie. Comme à l'époque de l'invasion terrible des Tatares de la ville de Bagdad ,en 642 de l'hégire, au cœur même du monde musulman. Les grands principes qui caractérisent la force de la civilisation islamique peuvent être résumés en quatre points : (1) elle s'est bâtie sur une religion monothéiste. Cette adoration de Dieu l'Unique, sans intermédiaire, délivra les peuples de l'oppression des « gens de Dieu » souvent utilisés par les rois impies. Ce rapport direct à Dieu, améliora la relation entre les sujets et les souverains, les califes vivaient parmi les hommes, leur rang ne constituait pas une distinction, mais une responsabilité. D'ailleurs, celle-ci n'était pas donnée, à qui la demandait. (2) De l'unité de confession allait naître une société soudée dans les objectifs et les aspirations. La diversité culturelle de l'empire n'était pas abolie, mais le projet commun enseigné par le Coran garantissait une stabilité encore jamais vue auparavant. Elle cherche le bien de l'humanité en propageant un message universel sans distinction de races. Le Coran décréta l'unité humaine, en rappelant l'origine commune : « Ô hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entreconnaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand- Connaisseur » Sourate 49, Les Appartements, verset 13 De cette universalité, se déduisait une grande tolérance au sein de l'empire, au fur et à mesure de son expansion. Celui-ci faisait appel à toutes les bonnes volontés. Les grands hommes de l'islam faisaient parti de toutes les origines : depuis le premier siècle, les compagnons du prophète (saws) de l'islam n'étaient pas tous arabes et faisait partie en majorité au départ des classes sociales inférieures. L'islam est venu abolir tous les types de discrimination très présents à l'origine. Elle redonna, notamment, à la femme son statut d'être humain, qui participera activement à tous les domaines de la vie. Elle a fait des nobles caractères et des valeurs saines son premier souci, dans l'éducation des peuples, dans toute sa structure et à travers toutes ses positions. Elle n'a jamais fait de concession contredisant ces principes, ni chercher à favoriser une élite en dépit de la nation. Aussi bien dans la science, la législation, ou toute autre matière, en période de paix ou de guerre, à l'intérieur d'une famille ou dans toute la société, l'observation de ces idéaux faisaient loi. Les conséquences furent heureuses pour toutes ces populations qui vécurent , musulmans et non musulmans, sous ce climat de respect des consciences et des bonnes vertus morales. Elle croit fermement en l'utilité du savoir et de l'outil scientifique. Le discours coranique frappe le cœur mais aussi l'entendement, les sentiments et la pensée humaine. L'ignorance fait partie des choses qui furent combattues très vite par la société. La science venait compléter la spiritualité musulmane et ce sont depuis les mosquées de Bagdad, Damas, Le Caire, Cordoue ou Grenade que se sont déployés les faisceaux du savoir. Les penseurs occidentaux sont divergents quand à leur perception du modèle musulman. Entre émerveillés et effarouchés, il est difficile de se faire une opinion correcte de la réalité, même de ce que pourrait être l'avenir. Le dialogue pourrait combler ces incertitudes. Le premier constat à établir, est que l'Occident à tout à gagner de ce dialogue : il se trouve dans une transition difficile, recevant d'une part des rejets de l'extérieur, venant de la part des pays pauvres, qui n'ont pas oublié le passé colonial ou qui subissent encore la colonisation. Par ailleurs, l'Occident voit, en son sein, des phénomènes évidents de décadence : la jeunesse, avenir de la nation, n'a pas de réponse concernant les questions essentielles de la vie. Bien que cette civilisation possède, en apparence, tous les moyens et toutes les condition du bonheur, elle préfère, dans le pire des cas mettre fin à cette vie sans but, ou se met à l'écart, ne cherchant pas à exceller pour des valeurs qu'elle ne veut plus défendre. |