C’est en 1912 que fut construite la ligne de chemin de fer reliant Pontoise à Poissy en
longeant l’Oise et la Seine.
La photo ci-dessous nous montre le train sur la berge, au niveau de
la promenade des Tilleuls, emplacement du marché couvert d'Andrésy aujourd'hui.
La ligne a été voulue par le Département de la Seine-et-Oise qui souhaitait compléter
la desserte de la couronne parisienne.
Au
XIXème siècle, l’Etat avait fait réaliser des lignes de chemin de fer formant
une étoile centrée sur la capitale. Ces lignes desservaient au passage des villes
de Seine-et-Oise. Mais il n’existait pratiquement pas de liaison entre les branches
de l’étoile : Pontoise était sur une ligne, Poissy sur une autre,
Andrésy sur une troisième. Les chemins de fer du Département de Seine-et-Oise
devaient transformer l’étoile en toile d’araignée. En particulier, une ligne
partant de Pontoise allait rejoindre Poissy en passant par Andrésy.
Pour des raisons techniques (éviter les fortes pentes), économiques (éviter les
grands ouvrages d’art), mais aussi à cause de la situation des villages à desservir,
le tracé suivait la vallée de l’Oise puis celle de la Seine. Parfois
les rails étaient posés directement sur la route. A Poissy, pour arriver en ville,
la ligne empruntait un pont déjà construit. La ligne comportait de simples points
d’arrêts mais aussi de vraies gares avec des bâtiments en pierre de pays (meulière).
Celle d’Andrésy a été conservée et sert aujourd’hui de Maison des Associations.
Le tacot (c’était le surnom familier que lui avaient donné les Andrésiens)
comportait généralement une locomotive à vapeur, un wagon de marchandises
et deux ou trois voitures pour les voyageurs. On imagine que le confort était tout relatif. La vitesse variait entre 10 et 30 km/h selon les zones traversées.
La distance Pontoise -Poissy était parcourue en 1h 20. On comptait deux
ou trois trains par jour dans chaque sens.
Le trafic de voyageurs ne dépassait guère 50 000 voyageurs par an,
ce qui était nettement insuffisant pour assurer la rentabilité de l’exploitation. C’est
pourquoi le concessionnaire, la Compagnie des Chemins de Fer de Grande Banlieue,
s’efforçait de transporter des marchandises. La région étant alors essentiellement
rurale, le trafic était surtout agricole : des engrais et des gadoues
destinés
à l’amendement des champs, des légumes destinés au marché parisien. Ce
dernier trafic fit beaucoup pour la renommée du tacot qui, toutes les nuits
se transformait en "train des Halles".
Le principe était le suivant. Les maraîchers de la région de Cergy et d’Andrésy chargeaient
le soir des trains entiers de fruits et de légumes. Les trains
partaient vers Poissy où un embranchement leur permettait de rejoindre la
ligne de tramway Poissy-Saint-Germain-en Laye, puis, de là, une autre
ligne de tramway qui gagnait le centre de Paris en passant par l’Etoile.
Ils parvenaient ainsi aux Halles où les "Forts" déchargeaient la cargaison qui était
vendue dans la matinée. Le trajet ne durait guère plus de 4 heures, ce qui garantissait
aux acheteurs des produits frais. Au cours de l’année 1931, ce trafic atteignit
3 400 tonnes.
Malgré les efforts de la Compagnie, la ligne ne parvint jamais à l’équilibre financier.
Mais c’est le développement de l’automobile qui signa l’ arrêt de
mort du tacot. Pour les voyageurs, des autobus remplacent le train à partir
de 1929. La vitesse et le confort sont meilleurs ; le déficit est moindre
pour l’exploitant. Quant aux marchandises, le train des Halles fut victime de
la suppression des tramways dans Paris. Le mouvement des voitures entrait en conflit
avec les véhicules sur rail circulant sur la chaussée. Après la disparition des
tramways parisiens, les rails restèrent encore en place. Le tacot aurai donc pu
continuer à rouler nuitamment dans les rues de Paris pour gagner les Halles. Mais
les riverains proches de l’Etoile en décidèrent autrement. Ils portèrent
plainte contre cette circulation nocturne et bruyante. En 1933, le
train des Halles disparaissait laissant place aux camions. Le tacot entrait
dans l’histoire.
Gabriel Dupuy
Entrée
par le viaduc de Maurecourt
Passage
avant la mairie actuelle
Sur
la
berge à Denouval
...la suite à Carrières sous Poissy
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