Un vaste meeting réunissant une bonne partie des associations principales

 

 

LIBERTE EGALITE FRATERNITE

Un vaste meeting réunissant une bonne partie des associations principales, offices gouvernementaux essentiels et individus concernés par la lutte anti-sectaire européenne vient de se tenir à Paris. Il avait été organisé par la FECRIS (Fédération européenne des Centres de Recherche et d'information sur le sectarisme), par le CCMM (Centre contre les manipulations mentales), par l'UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense de la Famille et de l'Individu), avec l'aide de la MILS (Mission Interministérielle de Lutte contre les sectes). Il s'agit ici d'observations non officielles émises par un participant, Roger Gonnet.

Voici certains des quelques 150 participants (que les autres veuillent bien excuser de n'avoir pas été nommés). Les interventions étaient traduites en six ou sept langues, les japonais disposant aussi d'un traducteur.
La FECRIS était représentée par des membres de diverses délégations de quinze associations membres, émanant de: France, Angleterre, Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Pologne, Suède, Suisse. Le Président fondateur, le Dr Jacques Richard, à qui nous devons tous beaucoup, a annoncé l'élection d'un nouveau président à la FECRIS: il s'agit de M. Jean NOKIN, qui occupait déjà d'importantes fonctions dans l'association.
Parmi les autres membres éminents, sous la présidence de M. Alain VIVIEN, chef de la MILS et ancien secrétaire d'état, et de M. Bernard Stasy, médiateur de la République ayant prononcé un discours de clotûre, se trouvaient notamment:
M. Tom SACKVILLE, ancien ministrede l'Interieur du Royaume Uni de 95 à 97.
M. Hardo Hüggenburg, membre du Bundestag chez nos voisins allemands.
M. Alain GEST, Président de la Commission Parlementaire sur les sectes, actuellement vice-président du conseil de Picardie.
M. Jacques Guyard, député maire d'Evry, président de l'actuelle commission parlementaire sur les finances des sectes.
M. Brard, député.
Me François Bellanger, avocat à Genève et expert   président de l'audit sur les dérives sectaires pour le département de justice et Police du canton de Genève.
Madame le Professeur Brigitte Rollet, titulaire de la chaire de psychologie de l'université de Vienne, autriche, président de l'association GSK, membre de la Fecris.
M. Luc Willems, député belge
Madame Ursula Caberta, dirigeant un service officiel du Land d'Hamburg, chargée de la lutte contre les sectes
M. Claude Goyard, professeur émérite de droit
Le Dr Edward Lottick, l'un des plus hauts responsables du CAN -avant qu'il ne tombe aux mains de la scientologie - et  responsable de l'AFF américaine.
Lady Daphne Vane, représentante internationale de FAIR
Madame Audrey Chaytor, président de FAIR
Madame Maria-Rosa Boladeras, présidente de l'association catalane AIS.
M. Ingo Heinemann, président de l'AGPF, très ancienne association de lutte anti-sectaire.
Madame Danièle COIN, secrétaire de la Commission des Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe
M. José Maria Bahamonde, de l'association argentine SPES
Me Hiroshi Yamaguchi, membre de l'association des avocats japonais, accompagné de plusieurs confrères
M. Cyril Malka, analyste danois
M. Mike Kropfeld, directeur général d'Infosectes, Info-Cult à Montréal
Plusieurs avocats français

l'UNADFI /ADFI Paris était entre autres représentée par sa présidente Janine Tavernier, par le Père Trouslard, par Madame Claire Champollion et plusieurs autres membres actifs, parmi lesquels on pouvait remarquer Mathieu COSSU, responsable Internaute extrémement actif sur le Net ou Jens Tingleff, autre internaute passionné par les problèmes de liberté d'expression et de conscience. L'ASDFI suisse était représentée par sa présidente Danièle Muller, tandis que M. Lavergnat de l'autre association suisse, le GFPI, n'avait pu venir.

A mon avis, il ressort du texte adopté par le conseil d'administration et nombre de membres de la FECRIS,  que les associations sont décidées à renforcer leurs liens, à se dresser en front uni devant les fédérations pro-sectaires efficaces qui sont dirigées par les patrons des sectes visées et leur mentor apologiste Massimo Introvigne du CESNUR italien (lui-même lié à son homologue américain Gordon Melton et anglais, Eileen Barker).

Ces fédérations pro-sectaires ont depuis longtemps posé des problèmes de discussion entre les associations soucieuses de l'avenir de la démocratie et des libertés et leurs gouvernements, car leur unité de réponse face aux accusations dont font l'objet les sectes qu'elles représentent et défendent leur a   jusqu'ici permis de noyer le poisson auprès des gouvernements, passant parfois par des organisations pan-européennes telles l'OSCE, dont partie des membres sont acquis à leur cause.

Deuxième évidence qui m'est apparue au fur et à mesure des interventions souvent passionnantes des participants, la première secte coercitive visée par les activités des associations anti-sectaires (souvent qualifiée de secte absolue, secte prototype etc) est la scientologie. Elle fut probablement citée près d'une centaine de fois, deux ou trois fois plus souvent que le CESNUR et Introvigne, et huit à douze fois plus souvent que la seconde secte la plus fréquemment  citée, les Témoins de Jéhovah. La manifestation organisée par la scientologie, avec photographie des membres entrant à la réunion samedi 24/4 au matin, n'a pas amélioré l'image de marque de ce mouvement totalitaire. Il me paraît clair qu'elle sera la plus surveillée et la plus souvent contrée par les associations anti-totalitaires.

Troisième évidence, les associations ont renforcé leurs liens et comprennent davantage ce qui se passe sur scène, à savoir, que le problème sectaire est d'importance mondiale, et que si tous sont d'accord pour ne pas parler "religion" ou "croyances" qui sont des libertés réelles et imprescritibles dont tous sont conscients, il n'est pas pour autant acceptable de laisser des groupes se cachant derrière ces leurres  agir impunément hors de la légalité. Ces groupes sectaires et le phénomène sectaire en général seront donc de plus en plus précisément étudiés, et les tactiques trompeuses qu'ils utilisent de plus en plus répertoriées et connues, voire poursuivies en justice.

Il n'est pas apparu nécessaire de changer l'arsenal judiciaire dans la majorité des pays concernés; toutefois, les activités criminelles ou illégales seront de plus en plus établies et poursuivies comme il se doit dans des états de droit, démocratiques. Les gouvernements seront de mieux en mieux informés.

Observation: il sera indispensable d'avertir les gouvernements des pays les plus faibles économiquement parlant ou les moins peuplés, qu'ils encourent des risques supplémentaires d'invasion de la part de sectes trans-nationales. Après avoir tenté de s'approprier les rènes de divers pays, dont la Grèce - en commençant par Corfou - puis de la Rhodésie, et de l'Albanie, les scientologues semblent s'intéresser actuellement à Chypre , où sont installés quelques 200 associations à caractère plus ou moins sectaire. On peut imaginer assez aisément le danger d'avoir un état de droit, fut-il très petit, pris d'assaut ou par ruse, par de telles sectes.

Méthodes: en raison des multiples pressions exercées par l'intermédiaire des tribunaux de tous les pays concernés (en particulier via la scientologie), il est apparu indispensable de constituer un pool écrit des décisions de justice positives ou négatives dans les langues de chaque pays concerné. Mr Goyard faisait observer qu'étant donné que la Justice devra se mèler fréquemment des difficultés causées par les mouvements sectaires,  il importe que les juges auxquels ces affaires seront attribuées, ou les membres des gouvernements qui auront à traîter de ce type d'affaires, puissent accéder aux décisions et expertises déjà connues sur le sujet.

Il m'apparaît aussi qu'actuellement, les associations et leurs membres sont le plus souvent partiellement inaptes à communiquer entre eux facilement, rapidement et à bas prix: je crois indispensable qu'elles se branchent sur Internet et se transmettent rapidement des données qu'elles seraient amenées à connaître. Un texte proposant et expliquant les avantages de cette méthode sera sous peu en ligne. Il est apparu aussi que la plupart des textes déjà placés sur internet ou dormant dans des associations n'étaient pas connus de la plupart des membres et services chargés d'étudier les sectes: le jour où ils seront disponibles à tous via la Toile, nous aurons fait un grand pas en avant par le biais de l'information, car nous disposerons de plus d'une source inépuisable de renseignements indispensables à la compréhension du phénomène.

Une sorte d'annuaire de ces associations paraît indispensable.

D'autre part, on a constaté qu'il était assez difficile parfois d'obtenir de nouvelles affaires à passer en justice (les ex-adeptes de telle ou telle secte ne se présentent pas facilement devant les juges). Tout effort effectué en ce sens portera des fruits, puisqu'il est  rare que les tribunaux ne donnent pas raison aux plaintes d'anciens membres. Chaque plainte nouvelle envers les abus sectaires est une pierre à l'édification d'un monde plus tolérant. Les textes en cours d'adoption en France permettront aussi une meilleure utilisation des cours de justice françaises en autorisant aux associations telle l'ADFI de se porter partie civile dans ces affaires.

Parmi les autres soucis auxquels il nous faudra faire face: les possibilités d'intervention et de lobbying des instances supra-nationales européennes. Celles-ci sont déjà assaillies de demandes des sectes et de leurs défenseurs, à nous d'en faire autant; il faudra souvent que les nationaux, souvent des bénévoles, obtiennent des moyens financiers supplémentaires pour leurs communications, traductions et autres frais de participation à la lutte, voire de frais de main d'oeuvre, lorsque les problèmes de leur pays deviennent criants.

Un travail considérable a déjà été effectué par l'ensemble des membres des associations concernées et de certains gouvernements ayant  pris conscience depuis des années des diificultés que représentent les aggressions sectaires envers leurs concitoyens. Nous savons ainsi que le nombre de scientologues a largement diminué, du fait des actions concertées ou pas des mouvements nationaux ou trans-nationaux de lutte pour la liberté de conscience qui luttent contre l'abètissement incontestable de la population  programmé par certaines sectes multinationales.
             

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