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- langue des signes |
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des structures bilingues |
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Conférences sur l'éducation bilingue et la scolarité en langue des signes : Lyon, mai 1998
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Bibliographie- références - le droit de l'enfant sourd à grandir bilingue (F. Grosjean) |
Expériences, bilans - Manifeste pour une action militante commune |
La langue des signes est une langue et non une technique de communication et encore moins un moyen de faire accepter, en l'utilisant à certains moments, une situation générale de non-communication.
C'est une langue vivante et donc rattachée à une communauté qui pratique cette langue, à une culture dont cette langue est le principal support.
Une des caractéristiques de l'approche bilingue est la reconnaissance de cette communauté et la volonté des parents que le jeune sourd puisse être réellement membre de cette communauté, sans rien perdre de leur rôle ni de leur place de parents.
Depuis son congrés de 1998, la FNSF a proposé le terme de "langue sourde" au lieu de "langue des signes". ces deux termes seront désignés par le sigle LS par la suite.
Il s'agit de la maîtrise et de la pratique de 2 langues, de leurs structures linguistiques et de la culture qui leur est associée. Cette maîtrise est une des conditions du développement et de l' intégration réussie du jeune sourd dans la société.
Il faut d'abord rappeler que les situations bilingues sont très répandues chez les entendants et qu'elles sont considérées comme des sources d'enrichissement sur le plan lingustique, culturel et bien sûr social (voir par exemple ref1 ou ref2).
Les deux langues n'ont pas le même rôle ni le même statut.
Dans l'éducation et dans la scolarité, le bilinguisme est un objectif qui devient progressivement une réalité. Il est évident que l'acquisition des 2 langues ne se fera pas au même rythme. De plus leur maîtrise n'atteindra sans doute pas le même niveau. Affirmer cela n'est en aucun cas la marque d'un manque d'ambition, mais une position réaliste et honnête.
Les parents doivent réfléchir sur l'adéquation entre maîtrise et usage du français : quels objectifs de maîtrise du français, pour quoi faire ? Le français n'étant pas acquis naturellement, mais enseigné et appris via la lecture, sa maîtrise ne suit pas le même déroulement que pour les jeunes entendants. Dans ces conditions, jusqu'où peut-on accepter qu'il joue, dans la scolarité et dans la vie sociale des jeunes sourds, le même rôle que dans celle des entendants ?
Enfin rappelons qu'il ne faut pas confondre maîtrise d'une langue et modalités d'utilisation de cette langue : la modalité orale n'est pas adaptée aux sourds, ni en réception (lecture labiale), ni en émission.
Afin d'éviter toute ambiguïté, on parlera d'éducation bilingue et biculturelle, pour désigner une éducation qui vise à rendre l'enfant sourd bilingue et intégré dans la société. Dans le cadre scolaire, plutôt que de parler de bilinguisme, on parlera d'enseignement en langue des signes et en français, pour indiquer que la langue des signes est la langue de communication et des échanges dans la classe et que le français est également présent (au tableau, dans la prise de notes, dans les documents : outil pédagogique et composante du développement culturel. De plus, les matières « langue française » et «langue des signes » sont également enseignées.
L'intégration est à la fois un objectif social, qui rejoint l'objectif de citoyenneté, et une forme d'organisation scolaire. Dans ce dernier sens le mot intégration recouvre de nombreuses réalités : tout le monde « fait de l'intégration », mais on ne sait plus ce que cela veut dire.
Le Sourd est un citoyen à part entière au même titre que tout autre citoyen de notre pays. Cela suppose des droits et des devoirs, mais aussi des conditions matérielles pour pouvoir exercer cette citoyenneté. Cela suppose aussi de changer le regard des autres citoyens et celui de l'État sur la personne sourde.
La citoyenneté ne commence pas à l'âge adulte. Elle doit se vivre au quotidien dans la scolarité. L'enfant doit se sentir citoyen et doit voir que les adultes sourds qu'il côtoie, notamment ses professeurs, ses éducateurs ou éventuellement ses parents sourds, sont considérés comme des citoyens, responsables et respectés.
Le choix de l'éducation bilingue est basé sur le double regard que les parents et la communauté sourde portent sur ces enfants.
L'enfant sourd est avant tout un enfant.
Un large consensus existe au sujet des enfants, de leur processus de développement et des conditions d'un bon développement. Mais dès qu'on parle des enfants sourds, toutes ces vérités disparaissent. On ne voit plus qu'une déficience qu'il faudrait à tout prix compenser, quelles que soient les répercussions sur la vie personnelle de l'enfant. Tout cela au nom d'une future intégration sociale et professionnelle, d'ailleurs rarement atteinte, comme si la vie sociale du sourd ne commençait qu'à 20 ans.
Les premières prises de
position de parents en faveur de l'éducation bilingue, il y a
une quinzaine d'années, se sont surtout produites en
réaction contre les résultats négatifs de
l'éducation et de la scolarité des enfants sourds.
Actuellement la démarche est plus positive : les parents
justifient leur choix parce qu'ils portent un regard positif sur leur
enfant, son identité, ses potentialités. Tout ce qui
est admis pour un enfant, en général, est vrai aussi
pour un enfant sourd.
D'ailleurs, dès 1988, le
législateur allait dans le même sens en séparant,
dans l'annexe 24 quater, l'éducation des aveugles, visant
plutôt la compensation du handicap, de celle des sourds, qui
relève d'une démarche pédagogique
adaptée.
Un autre document (ref),
réalisé à la même époque par des
personnalités reconnues, relevait à plusieurs reprises
cette nécessité de prise en charge globale et
centrée sur les potentialités de l'enfant
sourd.
Les arguments en faveur d'une utilisation précoce de la langue des signes ont pu s'appuyer sur des études provenant de différentes disciplines (par exemple : Rey, Lane, Sacks, Cuxac, Mottez) (références de ces articles)
Les éléments
précédents permettent de justifier le choix en faveur
de la langue des signes.
Sa mise en oeuvre, la définition des objectifs
éducatifs et scolaires, l'évaluation de cette
éducation, font appel à d'autres
considérations.
Ici le regard de la communauté sourde est essentiel. Seuls les
sourds adultes, vivant quotidiennement l'intégration sociale
avec ses difficultés, ses obstacles et ses réussites,
peuvent nous dire ce qui est important pour être
réellement un citoyen sourd :
La non prise en compte de cette dimension aboutit à des absurdités. L'exemple le plus frappant est fourni par la mise en uvre de la loi de janvier 1991 : d'une part on autorise une éducation basée sur la langue des signes, mais d'autre part on ne prévoit aucune disposition ni aucun plan de formation adapté pour permettre à des sourds d'intervenir dans cette éducation. Sept ans après la promulgation de la loi, les étudiants sourds n'ont toujours pas le droit de se présenter au CAPES! Le financement des interprètes n'est toujours pas assuré dans les établissements accueillant des sourds, élèves ou enseignants. Le rôle de la LS dans la scolarité et celui des enseignants sourds dans la pédagogie n'ont toujours fait l'objet d'aucune étude impulsée par le ministère de l'Éducation Nationale.