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INSTITUT INTERNATIONAL D'ANTHROPOLOGIE

ECOLE D'ANTHROPOLOGIE
 



Nos Cours / conférences



 
 
NRA virtuelle
2001


 
Table des Matières:
 
Un  peuple menacé d'extinction à Taïwan.

"Cette terre est le berceau de notre culture. Nous nous préoccupons donc davantage de la survie de celle-ci que du tourisme. Tant que nous pourrons vivre ensemble sur notre terre ancestrale, nous nous soucierons peu des difficultés que nous pourrons rencontrer". Ces propos, publiés dans les colonnes du Taipei Times, sont la réponse de Panu Kapamumu, le responsable de l'Association pour le développement de la culture des Thaos, l'une des tribus aborigènes de Taïwan, aux projets de reconstruction autour du lac Sun Moon annoncés par le gouvernement. Le séisme qui a frappé cette région le 21 septembre dernier a détruit la quasi totalité des infrastructures touristiques, y compris celles situées sur l'île de Kuanghua, au centre du lac, que revendiquent aujourd'hui les Thaos, "ce peuple menacé d'extinction", souligne le quotidien de la capitale. Aussi ce dernier prend-il la défense de la culture Thao en expliquant que "la reconstruction ne doit pas se résumer à exhumer les reliques héritées de l'ère Tchang kaï-chek. Elle devrait être faite autour de l'héritage culturel Thao".

Pendant des années, "le tourisme a mis en danger les Thaos, que l'on a obligé à abandonner leurs terres, rebaptisées Te-hua (rendre vertueux), signe de la domination han sur ce peuple aborigène", poursuit le Taipei Times. La volonté des pouvoirs publics de faire de la région du lac Sun Moon "l'un des hauts lieux du tourisme national" a provoqué non seulement la colère des Thaos, dont une délégation s'est rendue à Taïpeh pour manifester son mécontentement, mais aussi celle du quotidien taïwanais qui voit dans cette déclaration l'expression d'un "manque d'imagination" et, surtout, "un manque de respect à l'égard de la culture Thao. Les autorités devraient donc procéder à une réévaluation du sens historique, reconsidérer la géographie de cette région et tenter d'intégrer dans leurs projets l'existence de ce peuple dont il ne restera bientôt plus rien", conclut le quotidien insulaire.

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Les Nukaks, dernier peuple victime de la civilisation.
Carlos Andrés Aguilar R.
(El Tiempo - Bogota)

Il y dix ans un groupe díun millier díIndiens nomades de líAmazonie colombienne entrait, pour la première fois, en contact avec líhomme blanc. Depuis, la moitié díentre eux sont morts. LíEtat tente de protéger les survivants de la rapacité des colons.

Cíest en 1988 que la communauté scientifique colombienne et internationale découvrait les Nukaks, une civilisation inconnue jusquíalors, perdue entre les rivières Guaviare et Inirida, dans la forêt amazonienne. Des anthropologues, des linguistes, des médecins et des journalistes se sont alors rendus dans la région, pressés de révéler au monde entier, avec force reportages et documentaires, les coutumes et traditions du dernier peuple nomade de Colombie, une nation qui, cinq cents ans après la découverte de líAmérique, níavait toujours eu aucun contact avec líhomme blanc.

Pour ces indiens, le bilan est, aujourdíhui, essentiellement négatif. Estimée, à líépoque, à un millier de personnes, leur population serait tombée à 450 individus, vivant en petits groupes isolés. Leur territoire a fondu au fur et à mesure de líarrivée des colons. Ceux-ci ont bouleversé la gestion équilibrée des ressources naturelles sur laquelle reposait la subsistance des Nukaks. Ce groupe a survécu dans la forêt pendant trois mille ans, mais la plupart des gens qui entrent en contact avec eux les considèrent comme des sauvages et tentent de modifier leurs habitudes alimentaires, leurs croyances, leur mode de vie. Ils essaient, notamment, de leur faire porter des vêtements, ignorant que le port du tee-shirt les expose à des maladies du fait de líhumidité qui règne dans la forêt. ìPour les Nukaks, une grippe peut, facilement, se transformer en épidémie. La nourriture épicée leur fait du mal. Et, le plus souvent, ils contractent rougeole, hépatite, paludisme et autres maladies véhiculées par les colons, contre lesquelles leur organisme nía développé aucun mécanisme de défenseî affirme William Ancizar Romero Sandoval, responsable de la santé dans le département du Guaviare. Selon les chiffres du département des affaires indiennes du ministère de l'intérieur colombien, 36% des Nukaks ont succombé à des épidémies entre 1988 et 1992, d'autres ont été intoxiqués par les engrais chimiques qui polluent leurs sources.

Les premières victimes de cette situation sont les enfants, non seulement parce qu'ils sont davantage exposés aux maladies, mais aussi parce que la mort de leurs parents les rend extrêmement vulnérables. C'est pourquoi, indique le Département des affaires indiennes beaucoup se sont réfugiés dans des familles de colons ou ont été enlevés par eux.

Pendant des milliers d'années, les Nukaks ont été un peuple nomade et autosuffisant. Ils tiraient leur alimentation de la forêt. Aujourd'hui, certains groupes se sont établis auprès des colons et des missionnaires; oubliant leur tradition de chasseurs, ils prennent l'habitude de se faire nourrir.

Selon un habitant de San Jose del Guaviare, qui a coordonné plusieurs initiatives concernant les Nukaks, les efforts entrepris en faveur de cette population manquent de suivi et servent parfois des intérêts très divers. "Toutes les organisations, privées ou officielles, cherchent exclusivement à se faire valoir. Et les étrangers ont vu, dans cette communauté, une bonne occasion de vendre des documentaires sensationnalistes en Europe et de lancer des programmes d'évangélisation douteux".

La principale initiative prise par le gouvernement pour protéger les Nukaks a consisté à créer une réserve en 1993, sur un territoire de 632.160 hectares situé entre les rivières Guaviare et Inirida. Mais ces limites imaginaires n'ont pas suffi à enrayer la colonisation. Dans l'ouest de la zone, près de San Jose del Guaviare, les nouveaux arrivants envahissent peu à peu la réserve. Le département des affaires indiennes a mis en place plusieurs programmes de protection de ces populations. Leur objectif: faciliter les relations entre les colons et les Nukaks, renforcer les liens familiaux pour éviter que les enfants ne soient livrés à eux-mêmes, et améliorer la qualité des soins médicaux prodigués aux indiens. Pourtant le manque de moyens et les dimensions du territoire à couvrir privent cette assistance d'une grande partie de son efficacité. "Le problème de tous les programmes d'aide aux indiens lancés dans le Guaviare, c'est que 80% des investissements servent au renforcement des institutions (ambulances, équipements, recrutement de spécialistes, crédits, etc.) Au bout du compte, rien de tout ça ne se traduit par une aide aux communautés", affirme Guber Hernandez, chef de la section des affaires indiennes du Guaviare.
 

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Parmi les Indios Tarahoumaras de la Sierra Madre

Attilio GAUDIO
Chihuahua (Mexique du Nord)

Je n'étais pas retourné parmi les Indios Tarahoumaras de la Sierra Madre (Mexique septentrional) depuis 1960. Il n'y avait pas alors le Pacifique Express, sûrement une des ferroviaires les plus hautes du monde. Deux trains par jour, un de première et un de seconde classe, parcourent 700 km, presque toujours à 2.500m d'altitude, longeant des précipices vertigineux au dessus de 37 viaducs, serpentant entre les rochers et disparaissant dans 86 galeries. Tout le trajet dure 24 heures, s'il n'y a pas eu d'éboulement durant la saison des pluies. En tel cas, le retard cumulé entre Chihuahua, dans le désert texan, et Los Mochis, sur la côte Pacifique et port d'embarquement pour la Basse Californie, s'évalue à plusieurs  jours.

Dans les grottes et aux cimes de cette chaîne de montagne 70.000 âmes survivent depuis des siècles, voire des millénaires. Ce sont les Tarahoumaras, mystérieux et inaccessibles à bien des points de vue, comme leurs montagnes. Depuis quatre siècles, c'est-à-dire depuis le début de la Conquête, ils résistent aux assauts et aux charmes de la civilisation, au métissage avec les autres mexicains, aux guerres et aux idéologies que les institutions nationales ainsi que les révolutions ont tenté d'imposer.

Le nom qu'ils s'attribuent est "ÝraramouriÝ", c'est-à-dire le peuple aux pieds ailés. En effet, ils peuvent parcourir à pied de grandes distances entre les rochers et les forêts sans jamais s'arrêter, ni donner de signes de fatigue. Dans certaines compétitions, le vainqueur parcourt 90 km, en 7 heures de course ininterrompue.

En ce qui concerne les origines des Tarahoumaras, aujourd'hui encore énigmatiques, trois théories  se disputent. L'une, la plus en vogue, les fait descendre d'un courant migratoire du groupe outo-aztèque du Nord d'Amérique, installé dans la vallée du Mexique vers l'an 1000. Un petit groupe se serait arrêté dans la Sierra Madre où nous le trouvons encore aujourd'hui.

Une autre hypothèse considère les Tarahoumaras comme une branche de l'ancien peuple Maya, constitué de réfugiés échappés à une invasion indéterminée. Une troisième est celle qu'ils fournissent eux-mêmes à qui veut savoir d'où ils viennent: ils affirment s'être installés dans ces vallées depuis la nuit des temps, descendant d'une race antérieure, dont ils héritèrent de toutes leurs connaissances par la tradition orale. Une certitude cependantÝ: ils parlent l'Aztèque.

Ils ont une cosmologie complexe. Pour les Tarahoumaras, chaque étoile est un soleil qui tourne à l'infini, donnant naissance à d'autre mondes et l'ensemble constitue l'Univers. mais, ajoutent-ils, "Ýchaque étoile ou soleil est un Tarahoumara mort qui s'est élevé à telles hauteursÝ". Ils se considèrent comme l'incarnation d'une parcelle céleste, avec une fonction d'intermédiaires entre le ciel et la terre chargés de conserver le monde. La mort est alors le principe de la vie, et la vie une préparation à la mort. Bref, naître ou mourir, pour eux, revient au même. Après la mort, l'âme se détache du corps pour revivre dans d'autres corps.

Tout ce qu'ils font dans leur existence quotidienne est motivé par l'amour, le plaisir ou le besoin, ils n'agissent pas par peur d'être punis. Personne n'essaie de donner des ordresÝ: chacun d'entre eux sait quelle est sa place dans la collectivité.

Ils apprécient beaucoup l'usage modéré de la parole, ils croient que l'excès verbal ne produit que d'inutiles malentendus. Ils mènent une vie plutôt isolée, ils choisissent la solitude pour éviter les problèmes de voisinage. Apparemment, ils ne croient pas en l'amitiéÝ; tout simplement, se préoccupent-ils d'être polis et de s'entraider lorsque c'est possible.

Ils se marient tôt, choisissent leurs épouxÝ; les mariages mixtes sont raresÝ. Ils expliquent très tôt aux enfants comment ils peuvent contribuer à la vie communeÝ; l'instruction n'est pas trop appréciée, au contraire, ils pensent qu'elle peut être un élément de ségrégation pour la société indigène. Ils n'ont pas le souci d'accumuler les biens matérielsÝ: ils travaillent chaque jour, juste le nécessaire pour se nourrir. Ils pensent ainsi protéger leur liberté. Ils sont très honnêtes les uns envers les autres.

Ils sont hostiles à la technologie, l'exaltation du progrès scientifique contraste avec leurs conceptions les plus profondes et ils ne veulent pas que leurs enfants soient en contact avec le monde des "ÝchavochiÝ" (les Mexicains "ÝcivilisésÝ").

Ils ont aussi de nombreuses difficultés à accepter la médecine officielle des blancsÝ: surtoutÝ, ils n'ont pas confiance dans les hôpitaux et ils restent alors fidèles à la traditionnelle médecine indigène basée sur les propriétés des herbes. Les remèdes aux problèmes psychologiques se fondent sur la suggestionÝ; ils pensent que l'âme exerce un grand pouvoir sur le corps et peut donc le libérer de la souffrance. Ils utilisent beaucoup le "ÝpeyoteÝ", plante qui libère tout son pouvoir curatif au cours d'une cérémonie nocturne et collective. Les participants ayant tous consommé du peyote accompagné de boissons alcoolisées, dansent en accompagnement de percussions, toute la nuit. Le matin, ils se retrouvent bien évidemment ivres, mais sûrement moins tristes.

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LUS POUR VOUS  ( par A. Gaudio )


 

Saint et société en IslamÝ: la confrérie ouest-saharienne FâdiliyyaÝ" Par Rahal Boubrik (PARIS, CNRS Editions, 1999)

Finalement un livre complet sur l'Islam confrérique au Sahara qui depuis le XVIIè siècle a dépassé par son impact la dimension strictement religieuse. Si cette étude écrite par un historien sahraoui, membre de l'équipe de recherche "ÝEspace et société sahélo-saharienneÝ", nous présente en détail la vie et l'oeuvre du grand chef Kounta, Muhammad Fâdil, elle a le mérite majeur de consacrer sa troisième partie au plus célèbre de ses fils le Cheikh Ma-el Ainin, surnommé l'Adbdelkader de l'Ouest-Saharien.

L'auteur nous restitue les étapes de son épopée guerrière dans la résistance à l'occupation coloniale et son úuvre littéraire et scientifique énorme et inégalée (450 volumes aujourd'hui malheureusement dispersés), aux dimensions politiques, philosophiques et religieuses qui ont marqué la culture mauritanienne et marocaine venue du désertÖ

Le livre est enrichi par une bibliographie sélective très utile.

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Bhoutan, le Royaume du DragonÝ" Par Robert Dompnier (Genève, Editions Olizanes, 177 pages, 220 photographies en couleurs, 1999)
 
 

Blotti au cúur de l'Himalaya, protégé par une géographie complexe de hautes montagnes et de profondes vallées, le Bhoutan demeure certainement l'un des pays les plus mystérieux de la planète. D'impénétrables jungles au sud et de redoutables chaînes enneigées au nord ont interdit l'accès de ce petit royaume pendant de nombreux siècles. Malgré diverses batailles avec les troupes tibéto-mongoles ou les armées de l'Empire britannique des Indes, ce pays n'a jamais été colonisé depuis sa fondation qui remonte au VIIIème siècle. De ce fait, le Bhoutan a conservé des traditions d'une extrême richesse dont les grands traits rappellent la civilisation tibétaine.

Grand comme la Suisse, peuplé par moins d'un million, d'habitants, ce royaume reste avec détermination à l'écart du monde moderne, fier de ses propres valeurs et de sa tradition.

Passionné par la civilisation tibétaine et les traditions du Toit du Monde, Robert Dompnier a effectué de nombreux voyages en Himalaya, du Ladakh aux confins de l'Amdo, du Sikkim au Mont Kailash et du Mustang aux régions les plus reculées du Tibet central ou du Kham. Reporter et photographe, il a publié plusieurs ouvrages consacrés à la civilisation tibétaine et au Bhoutan. Il a également réalisé un film documentaire sur ce pays pour la télévision et collabore à Tashi Delek, le magazine de Vol de la Druk Air, compagnie aérienne du Bhoutan.

(retour T.D.M.)

 
 

" Les juifs au SaharaÝ: Le Touat au Moyen AgeÝ" Par Jacob Oliel, préface de Théodore Monod (PARIS, CNRS Histoire, 1994)
 
 

Personne mieux que cet historien israélite qui a vécu une grande partie de sa vie au Sahara (il est né à Colomb-Béchar, l'actuelle Béchar) ne pouvait retrouver les témoignages archéologiques de l'ancien Etat juif du Touat et reconstituer la vie et la culture passionnantes de cette société détruite. Si dans la capitale du Touat, à Tamentit, l'"Ýère juiveÝ" dont on parle encore là-bas, s'est close par un drame, les pierres en portent témoignageÝ. Une inscription hébraïque gravée sur le pilier d'un puits porte la date de l'an 5089 d'Adam 1329 de notre ère. Une arrivée en masse de Zénètes juifs avait eu lieu au VIème siècle "Ýl'année de l'éléphantÝ". Plus tard, de nouveaux venus d'Israël lurent sur des pierres tombales qu'ils avait été précédés par des coréliogionnaires l'an 4429 d'Adam.

Dans ce livre, Jacob Oliel écrit entre autre "ÝAu cúur du Sahara occidental, à égale distance de l'atlantique et de la Méditerranée, une région particulièrement isoléeÝ: Le Touat. C'est là que choisirent de s'installer au début du 11ème siècle, des descendants de juifs chassés de Palestine après la destruction du temple de Jérusalem. Les juifs touatiens entreprirent de recréer une communauté, de fertiliser le désert, de réaliser des travaux d'irrigationÝ. Puis, lorsque le dromadaire fut introduit au Sahara, ils se lancèrent dans la grande aventure du commerce caravanier. La prospérité du touat fit sa renommée jusqu'en France et en Orient, et le nom de la capitale, Tamentit, devint mythique, comme ceux de Tombouctou et Chinguetti. De la "petite Jérusalem" saharienne ne subsistent ni synagogue ni cimetière, pas un seul document hébraïque attestant une présence juive longue de treize sièclesÝ. Pourtant, sur place, des hommes pratiquent encore certains rites mystérieux, chantent des litanies dont ils ignorent l'origine, usent de patronymes et de toponymes, a priori énigmatiques, mais qui semblent n'avoir survécu dans la mémoire collective que pour témoigner d'un passé grandiose que ce  livre rend  enfin à l'histoireÝ".

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 Les YANOMAMI
(Extrait des horribles mélanges et nouvelles de la NRA de novembre)
 

Connaissez-vous Napoléon? - Non, pas le "petit tondu"... Chagnon: Napoléon Chagnon. Un "anthropologiste" dont les prises de position étaient certes quelque peu contestées mais qui vient de faire l'objet d'une récente attaque en règle qui a révulsé l'A.A.A. (American Anthropological Association). "Toute notre "profession" risque d'être, pour le moins "salie" et peut-être aussi "irrémédiablement déconsidérée dans l'esprit du public..."
 

Que reproche-t-on donc à Napoléon et à d'autres (J. Neel; T. Asch; J. Lizot; etc. )?
Rien de moins qu'un petit génocide aux dépens des Yanomami (vénézuela), à côté de noirceurs mineures quoique gratinées.
 

Tout commence par une lettre de Leslie Sponsel (Univ. de Hawaï) et Terence Turner (Cornell univ.) adressée au Président de l'AAA. Ils dénoncent des comportements relevant de la criminalité et de la corruption; une histoire cauchemardesque (mais réelle...) dépassant l'imaginaire d'un Joseph Conrad mais peut-être pas d'un Josef Mengele!!! Et ces comportements (horrible détail) vont être portés à la connaissance du public par le livre d'un journaliste, Patrick Tierney ("Darkness in el Dorado" W.W. Norton & Co) .
 

Pour Chagnon (dont les thèses se réfèrent au néo-darwinisme et à la sociobiologie) la férocité des Yanomami serait justifiée par le fait que les guerriers ayant tué plusieurs ennemis "méritent" en ce faisant un plus grand nombre de femmes et d'enfants que les autres et augmentent ainsi leur potentiel reproducteur (et la multiplication de leur ADN). Pour conforter ses thèses il n'aurait pas hésité à susciter des conflits en fournissant des cadeaux à certains d'entre eux (judicieusement choisis) voire même des armes...
 

Ses descriptions de la férocité et de la violence des Yanomami auraient été exploitées
particulièrement par les colons et les chercheurs d'or. Quarante mille d'entre eux se seraient ainsi défendus "préventivement" dans les années 1980 - 87. Chagnon aurait été, à l'époque, lié à un naturaliste vénézuélien de l'Université de Californie, Charles Brewer-Carias, pour organiser sur le territoire Yanomami des exploitations clandestines aurifères. Or, ils avaient été nommés tous deux membres d'une commission présidentielle d'investigation sur les massacres d'indiens (bref: les loups dans la bergerie). Des journalistes vénézuéliens ayant accusé Brewer-Carias d'utiliser des expéditions botaniques sur les terres des indiens comme couverture de prospections
aurifères, la commission fut dissoute et les deux protagonistes priés de quitter le territoire.
 

Avec Timothy Asch (agissant comme directeur du film ìthe Ax fightî) (à noter que ce film est actuellement projeté au Musée de l'Homme) Chagnon aurait mis en scène de toutes pièces des épisodes de violence concordant avec ses thèses voire même en les suscitant, apprenant aux indigènes à se montrer tels qu'ils souhaitaient qu'ils fussent. Il aurait même fait construire un village - décor pour le tournage de tranches de vie yanomamienne "spontanées".
 

Par ailleurs Chagnon aurait eu une, voire plusieurs compagne(s) Yanomami ("amenez-nous des filles, des sex girls", aurait-il demandé à des villageois). D'autres anthropologistes, particulièrement le français Jacques Lizot, auraient préféré des garçons, entretenant un véritable "harem" (les distractions sont rares en forêt amazonienne).
 

Avec James Neel (qui, d'après Tierney, aurait été un eugéniste convaincu et activiste), il se serait agi de démontrer que la sélection génique (par la violence) se révélait aussi efficace dans le domaine de la résistance aux maladies. D'où une action "sanitaire" qui, sous couvert d'une vaccination "humanitaire" aurait, en fait, exacerbé (voire même "causé"?...) une épidémie de variole en 1968, entraînant la mort de "centaines et peut-être même de milliers" de Yanomami...
Les chercheurs se seraient refusé à toute aide médicale pour mieux observer l'expansion naturelle de l'épidémie. C'est le principe de non ingérence, bien connu dans les romans de science fiction.
 

De plus des expérimentations secrètes nucléaires auraient été réalisées sur ces malheureux indiens. Il convient de rappeler à ce sujet que Neel avait dirigé, sous l'égide de l'AEC (commission énergétique atomique) un groupe de recherche dans le but de mettre en évidence les effets biologiques humains consécutifs aux bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. Il avait aussi étudié les retombées (au propre et au figuré) des explosions atomiques expérimentales (A et H) des îles Marshall sur les populations indigènes. Il appartenait, enfin, au centre de recherches génétiques d'Ann Harbor (créé par l'AEC) et c'est ainsi qu'il aurait eu l'idée de développer un programme d'étude de génétique des chefs.
 

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus, on peut conseiller la lecture du livre (qui a, en tous cas, bien réussi sa promotion publicitaire...) mais aussi la connection sur l'internet:

http://www.anth.uconn.edu/gradstudents/dhume/index4.htm

(retour T.D.M.)



 

Huitième colloque du C.I.R.S.S. : Communiqué final

Le huitième colloque Euro - Africain du CIRSS, en clôturant ses travaux à Tombouctou le 16 Novembre 2000, remercie à nouveau Madame Zakiatou Oualett Halatine, Ministre de l'Artisanat et du Tourisme, ses collaborateurs, Monsieur le Colonel Maïga Mahamoudou, Haut Commissaire de la Région de Tombouctou, Monsieur Mohamed Gallah Dicko, Directeur Général de l'Institut des Hautes Etudes et de Recherches Islamiques Ahmed Baba ( IHERI - AB ) qui nous a mis à disposition sa salle de conférence, ainsi que l'Association Gouna Avenir Tombouctou pour son accueil sympathique et l'Agence " Traditions et Civilisations " de Paris pour son apport logistique.

Le Colloque recommande aux villes sahariennes et sahéliennes en difficulté de multiplier les Jumelages avec des villes Européennes à l'instar de celui très satisfaisant de Saintes avec Tombouctou.

Il suggère que l'Artisanat Traditionnel soit reconnu d'intérêt national par les Ministres de Tutelle et que l'exportation de ses produits vers de nouveaux marchés occidentaux soit commercialement organisée, contrôlée et facilitée.

Le Colloque demande à la France d'entreprendre aussitôt que possible la reconstruction de la Maison de René Caillié à Tombouctou et à l'Espagne d'assurer la sauvegarde de la précieuse bibliothèque qui vient d'être reconstituée par Monsieur Ismaël Haïdara et qui possède, entre autres, des manuscrits originaux du célèbre érudit Al - Khati, auteur du Tarikh El - Fettach.

Le Colloque invite les tours - opérateurs des grands pays industrialisés à systématiser la taxe de solidarité sur le montant des prestations offertes à leurs clients pour chaque circuit. Cette somme sera dévolue directement aux autorités ou associations locales pour la réalisation de petits projets de développement socio - culturels ou d'aide aux populations des sites visités.

En outre, les tours - opérateurs occidentaux devraient sensibiliser les investisseurs potentiels du secteur touristique à des interventions dans les projets de développement des pays sahariens. Ex : construction de bibliothèques, création de musées archéologiques ethnographiques et des arts traditionnels, création des parcs archéologiques et naturels, centres de formation de guides et du personnel hôtelier sur place, organisation de croisières sur le fleuve Niger avec des escales, pour la visite des localités riveraines d'intérêt touristique, redonnant ainsi à ce grand fleuve africain son aura de Nil du Couchant.

Par ailleurs, le colloque invite les tours opérateurs à passer des accords directs avec les agences locales des pays sahariens en vue de l'organisation conjointe de nouveaux circuits " sur les traces des anciennes caravanes " . Citons déjà l'agence Afallal de Kidal, l' Agence Tidène Explorateurs à Agadez au Niger, et l'Agence Sahara Evasion de Zouérate en Mauritanie, l'Agence Cobratours à Mirleft au Maroc.

Le Colloque donne mandat à l'Institut International d'Anthropologie de Paris de participer à la conférence saharienne de 2001 pour aboutir à une convention culturelle entre Etats sahariens selon le rapport de Monsieur Hosni approuvé par I'UNESCO.

Il souhaite que pour cette conférence soient inventoriés tous les sites archéologiques et historiques, les bibliothèques du désert, les anciennes Zawiya , les medersa et les anciennes cités en péril dans chaque pays saharien, susceptibles de devenir des étapes ou des destinations recherchées par les circuits du tourisme culturel au nord du XVI ème parallèle.

Le colloque recommande la tenue du neuvième colloque du CIRSS à Grenade ( Espagne ) sur le thème : « les relations culturelles sur les traces des grands voyageurs et les échanges économiques entre les pays méditerranéens et le monde saharien de l'Antiquité à nos jours ».

(retour T.D.M.)

 

à suivre