Publiée par les Professeurs de l'Ecole d'Anthropologie.
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ISSN 0994 - 9038
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La Nouvelle Revue Anthropologique comporte un bulletin périodique à parution trimestrielle qui a pour but de diffuser des actualités anthropologiques.
S'y ajoutent, suivant
des périodicités aléatoires, des
numéros
spéciaux
consacrés à des sujets
ou des synthèses particuliers.
(à titre d'exemple le numéro
spécial de janvier 1999, disponible auprès de notre Secrétariat,
est consacré aux Actes du 7° colloque
eurafricain du C.I.R.S.S.)
A ces publications réelles s'ajoute une N.R.A.
virtuelle qui présente, outre les articles publiés
dans le bulletin, des informations complémentaires qui ne peuvent
figurer dans le bulletin du fait de leur trop grande importance, de leur
actualité, etc...
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Table des Matières |
C'est Noël... mangeons des
huîtres!
Ce slogan, dont l’origine se perd
dans la nuit des temps, vient d’être confirmé par des fouilles
archéologiques dans le remblai du cimetière de la cathédrale
de Coutances (Manche). Provenant d’un “dépotoir” du 1° siècle
on a retrouvé, outre des os de bovidés, des morceaux de céramiques
et de nombreuses coquilles d’huîtres.
La cueillette, voire l’élevage,
de l’huître de Granville ou de Cancale semble bien donc remonter
au début du millénaire.
Il s’agit évidemment de
notre huître autochtone (ostrea edulis) dite “pied de cheval” dont
la consommation est devenue symbolique sa pêche étant strictement
réglementée et son élevage peu compétitif face
à celui de sa lointaine cousine japonaise.
Source: Association pour les fouilles
archéologiques nationales (AFAN)
John C. & Deborah Darnell
(universités de Yale et Chicago) ont découvert, à
l’ouest de Louxor des inscriptions qu’ils jugent intermédiaires
entre les hiéroglyphes et les premiers alphabets (connus) en hébreu
et en arabe.
Leur origine remonterait au début
du Moyen Empire (-1900 av. JC) alors que les débuts de l’alphabétisme
ne remontaient, pensait-on, pas au delà du Nouvel Empire.
Les inscriptions seraient apparentées
à l’ancien égyptien et à l’akkadien (dont on sait
qu’il s’agissait d’une langue sémitique très ancienne parlée
en Assyrie (cours moyen du Tigre)).
(Le Caire - AFP)
R. Lesel est spécialiste
des végétaux chinois (INRA). Comparant les surfaces équivalentes
de l'Europe de l'Ouest et de la Chine il y décompte 5000 espèces
végétales contre 40 000. D'où une prodigieuse richesse
génétique que l'on rève d'exploiter pour améliorer
les espèces européennes actuelles.
Pour beaucoup originaires d'orient,
"nos" espèces ont perdu lors de leur immigration et des sélections
qui ont suivi bon nombre de potentialités génétiques.
Plutôt que de bricoler le
patrimoine actuel pour obtenir des OGM aux conséquences secondaires
mal cernées il est tentant de sélectionner et d'utiliser
des caractéristiques éprouvées en milieu naturel.
Rappelons, dans le même ordre
d'idées, l'opération commerciale instaurée par Merck
achetant en 1991, au Costa Rica, le droit d'étudier la flore de
ce pays et d'en exploiter les éventuelles découvertes utilisables.
(AFP-18/12)
L'ONU recommande à tout
son personnel (14000 employés + le personnel des Agences) de prendre,
pour le passage à l'an 2000, les mêmes mesures de précaution
qu'en cas de "catastrophe annoncée" : provisions d'eau potable,
de vivres non périssables, de médicaments, ainsi que pour
les proches sans oublier des lampes de poche et de nombreuses piles. En
outre il est prudent de disposer d'argent liquide en quantité suffisante
pour plusieurs jours ainsi que des couvertures et des chauffages
autonomes (dans l'hémisphère nord). Eviter enfin de voyager
et si indispensable envisager la possibilité d'importants retards...
Murat Ozer est chercheur à
l'Université du roi Saoud (Arabie saoudite).
Ses calculs montreraient qu'il
est facile de réaliser un trou noir en laboratoire; pas un vrai
de vrai: un "trou noir à électrons" (en d'autres termes,
il se contenterait d'absorber les électrons et eux seuls).
Matériel nécessaire:
une machine électrostatique, une sphère métallique
de taille moyenne (quelques dizaines de centimètres) et des électrons
(pour lui donner à manger); bref à la portée de tous.
Le problème c'est qu'on
ne sait pas trop si, une fois créé, il ne serait pas victime
d'une crise boulimique dont on ignore où et comment elle s'arrêterait.
Tout compte fait il vaut peut-être
mieux le croire sur parole: "Bravo!... Il peut
le faire!"
(BBC; 16/11/9)
A. Rothrock (université
de Washington) aime bien les glaces. Quelle n'est pas sa surprise horrifiée
en constatant qu'en une bonne trentaine d'années la banquise arctique
a perdu près de 40% de son épaisseur (soit de 1 à
2 mètres)!
En attestent les mesures des sous
marins atomiques américains dont les données sont passées
dans le domaine public (jusqu'à 1976 seulement). Les données
plus récentes restent "secrètes" (ça pourrait profiter
aux "autres"...).
De ce fait on ignore si le phénomène
est continu ou fluctuant.
En tout cas, si vous vous promenez
sur la banquise le prochain week end méfiez-vous: la glace est peut-être
moins résistante que vous ne croyez.
(Geophysical Research Letters)
La vodka ça ne soigne
pas tout:
en russie (Samara) on observe le
développement d'une nouvelle épidémie virale "GLPE"
aimable fièvre hémorragique dont le vecteur serait la souris
et qui provoque, comme tant d'autres, un syndrôme grippal pouvant,
hélas, se terminer par des hémorragies internes fatales.(actuellement,
près de 200 victimes)
Un vaccin a bien été
mis au point mais sa mise à disposition nécessiterait 20
millions de dollars. On se contentera donc de piéger les rongeurs
(les chats, on les a déjà mangé).
Il y a bien d'autres maladies virales
"mystérieuses" qui ne le sont que faute d'un diagnostic précis
du fait du manque de moyens: officiellement, plus de 147 millions de russes
(sur)vivraient avec moins d'un dollar par jour.
Avec de telles ressources tout
traitement est un luxe inaccessible; on voit donc les affections "traditionnelles"
que sont la peste, la tuberculose et le choléra prendre force et
vigueur sans parler des maladies sexuellement transmissibles dont le SIDA
(officiellement 9500 cas nouveaux cette année sur 20 000 séropositifs
"reconnus").
Belle fin de millénaire...
(AFP-19/11)
Contrairement aux chimpanzés dont les groupes sont dominés par les mâles la dominance Bonobo incombe aux femelles.
Alors que les modes de subsistance des deux espèces sont très proches le comportement social est très différent: si les chimpanzés règlent leurs différends par des méthodes agressives, les bonobos, eux, font appel à une sexualité aussi expansive qu'inventive et débridée. Aucune des modalités dont l'espèce humaine se croyait seule dépositaire ne leur est inconnue...
Selon les experts le bonobo est ainsi "un maître de la communication sociale".
S'ils pouvaient parler ils diraient "faites l'amour, pas la guerre"... Décidément l'inventivité humaine ne serait-elle qu'un mythe?
(Source: Le Monde)
Il convient de rappeler que les
deux tiers des personnes infectées dans le monde sont situées
en Afrique subsaharienne! Les polythérapies antivirales semblent
encore inaccessibles pour la quasi totalité des pays en voie de
développement.
(Source: Fox news)
- Un anthropologiste n'est pas forcément
un imbécile incapable d'autre chose que de gober stupidement sans
analyse ni critique n'importe quelle conclusion sous le prétexte
fallacieux que la physique, ou la chimie, ou etc.. "c'est pas sa tasse
de thé!". L'Histoire naturelle de l'Homme implique une connaissance,
au moins qualitative, de son environnement ne serait-ce que pour être
soi-même convaincu de la justesse de ses analyses et de ses (auto)critiques.
Pour ce qui est du réchauffement
planétaire, la première question à se poser est de
se demander s'il est réel ou supposé tel (ce n'est pas parce
qu'un grand nombre de scientifiques l'affirme que c'est vrai!).
De telles observations ont pour
intérêt une meilleure compréhension des phénomènes
écologiques naturels qui influencent l'existence terrestre en général
et particulièrement humaine.
Les glaciers tropicaux sont évidemment
peu importants (0,16% des glaces de la planète) mais très
sensibles aux fluctuations environnementales.
Aussi l'I.R.D. (Institut de Recherche
pour le Développement) a-t-il lancé un programme "Neige et
glaciers tropicaux".
L'étude du glacier du Zongo
à quelque 30 Km de La Paz (Bolivie) entre 5 & 6000 m d'altitude
a montré des différences de fonte importantes (300 à
400%) suivant la saison (sèche ou humide). On évalue cette
fonte en mesurant le débit du torrent effluent.
Certes, c'est pendant l'été austral (saison humide, de novembre à février) que la fonte est la plus forte mais "l'été" a peu de signification car les variations thermiques saisonnières sont faibles (de l'ordre de 2° en moyenne journalière!) et l'ensoleillement peu différent...
Il y a donc un autre facteur déterminant et ce semble être l'humidité; mais pourquoi l'humidité augmenterait-elle la fusion de la glace?
L'explication proposée est la suivante: l'énergie solaire incidente est, nous l'avons dit, sensiblement constante; en saison sèche elle est utilisée pour sa plus grande partie à sublimer la glace (sublimation = transformation de l'eau-glace en eau-vapeur sans passer par l'intermédiaire eau-liquide). Or la sublimation utilise beaucoup plus d'énergie que la fonte (8 fois plus). D'où un débit faible pour le torrent.
En saison humide, l'air étant déjà saturé d'eau, la sublimation est fortement diminuée et l'énergie solaire, inutilisée pour ce faire, devient disponible pour faire fondre la glace.
Le résultat global est que la constatation objective de l'important recul des glaciers tropicaux constaté depuis une vingtaine d'années ne doit pas être simplement corrélée à une augmentation thermique mais aussi à une augmentation de l'humidité dans les basses couches.
Les études poursuivies montrent aussi d'intéressantes variations liées au phénomène "el niño" mais vous en avez peut-être assez pour aujourd'hui...
Pour ceux qui souhaitent en savoir
plus: ribstein@biogeodis.jussieu.fr
On en connait trois ou l'ensemble de la planète a complètement gelé jusqu'à l'équateur inclus.
Pour le premier, il y a 2,3 milliards d'années, James F. Kasting, astrobiologiste de la Penn State University émet l'hypothèse suivante. Avant la catastrophe l'effet de serre était surtout dû à une assez forte concentration atmosphérique de méthane. L'augmentation du taux en oxygène (pourtant bien modeste: de l'ordre de 0,2%) aurait entraîné la dégradation du méthane et la progression des glaciers jusqu'à l'équateur en moins de mille ans.
Ce serait le gaz carbonique d'origine volcanique qui aurait alors permis de provoquer le dégel avec des concentrations de l'ordre de 300 fois celles observées actuellement.
Ce que l'on ignore c'est comment la terre a alors résolu le problème de surchauffe lié à cet excès de gaz à effet de serre.
On ne sait pas non plus pourquoi, bien plus tard (il y a 750 et 600 millions d'années), ont pu survenir de nouvelles glaciations globales.
Décidément la météorologie n'est pas un long fleuve tranquille.
(Source: Cybersciences)
La culture de ces asiatiques est décrite sous le nom de Clovis. Ces spécialistes remarquent que certains sites, situés sur la côte est, sont datés de -16000 ans (donc trop tôt pour des utilisateurs présumés du pont américanoasiatique) et insistent sur la similitude des outils (pointes de lance et de flèches) avec ceux des solutréens européens.
Ce n'est que quelques milliers d'années
plus tard que les envahisseurs asiatiques auraient plagié les techniques
de fabrication solutréennes.
Aout 1999
du 29 novembre au 1° décembre
1999
BP 4881 Nouakchott
courriel: patrimoine @ toptechnology.mr
L’an 2000 semble propice au
renouveau de l’Anthropologie physique, particulièrement biologique:
Cette semaine (fin juillet) ont
paru (Nature)
les résultats de travaux du Pr. Weinberg
(MIT) qui a réussi
à réaliser, en routine, la transformation de cellules normales
en cellules cancéreuses.
Le belle affaire pour l’Anthropologie
penserez-vous...
Et pourtant... reprenons les modalités
de la manipulation (trois phases):
Dans un premier temps
le gène d’une enzyme, la télomérase, est introduit
dans la cellule. (Rappelons que le télomère est une portion
terminale de chromosome que l’on soupçonne d’être responsable
du vieillissement) Ceci a pour résultat de conférer à
la cellule une jeunesse permanente lui permettant de se passer de facteurs
de croissance.
Ensuite, est introduit un second
gène (RAS) entrainant la formation d’une protéine présente
dans de nombreux cancers et s’opposant au vieillissement cellulaire.
Enfin l’introduction d’un gène
d’un virus simien bien connu (SV40) permet de neutraliser deux protéines
destructrices de tumeurs: (P53 & PRB). L’une empêche la reproduction
cellulaire aux cellules anormales; l’autre impose aux cellules de ne se
reproduire qu’en présence de facteurs de croissance.
Les conséquences de cette
réussite sont multiples:
sur le plan pathologique, certes,
tous les hommes (et les femmes) sont égaux (il en est de même
des animaux (cela pour ceux qui se croiraient exceptionnels)) devant un
e maladie qui les frappe tous suivant des modalités diverses; des
traitements préventifs sont évidemment envisageables (à
moyen terme... ne rêvons pas...);
sur le plan gérontologique,
on cerne de mieux en mieux l’origine biologique de la sénescence
et il est intéressant de rapprocher ces données de celles
obtenues par le clonage qui, semble-t-il, ne permet d’obtenir que
de petits vieux.
Cela ne durera probablement pas en dépit de stupides retardements
éthiques(qui
ne retarderont pas tout le monde);
sur le plan philosophique... si
vous voulez en causer dites le nous: il y a de quoi faire.
Mai 1999
Kings of Disaster. Guakism, Centralism
and Scapegoat King in Southeastern Sudan, Leiden, E. J. Brill, pp.
477
Ce volume de presque 500 pages serrées est un modèle de monographie d’anthropologie culturelle à recommander aux étudiants en sciences humaines et aux chercheurs du monde entier, étant donné l’originalité exclusive du sujet et la valeur de son contenu, l’auteur s’étant étroitement mêlé à la vie des communautés étudiées.
Simon Simonse fait précéder l’enquête sur le terrain d’un chapitre analytique dans lequel il présente sa démarche et sa problématique à la lumière des publications du français René Girard, de l’enseignement sociologique durkheimiste et de l'approche structuraliste de Lévi-Strauss.
L’intérêt indéniable des recherches menées au Sud-Soudan par cet anthropologue hollandais, qui a enseigné en Uganda et au Zaïre avant d’être nommé conseiller en sociologie auprès de l’université indonésienne de Palembang, réside dans la région africaine choisie. En effet, il s’agit d’une zone de montagnes et de forêts entre Juba et la frontière éthiopienne à l’Est du Nil très peu visitée par les Européens. La guerre civile, qui depuis vingt ans fait rage dans cette partie du Soudan chrétien et animiste, opprimée ou négligée par le Nord musulman et le pouvoir central de Khartoum, a rendu encore plus précaire l’accès de l’Equatoria.
Jusqu’à l’heure actuelle les communautés autochtones, notamment les Bari, les Bilinyan, les Lotuho, les Lokoya restent isolées et menacées d’acculturation, comme leurs cousins Galla de la basse Ethiopie, ainsi que les Karanja de l’autre côté de la frontière ougandaise.
L’auteur a aussi élargi son itinéraire d’investigation à d’autres tribus situées plus au Nord, encore plus exposées au danger d’extermination de la part des troupes gouvernementales telles les Dinka du Bahr-ek-Ghazal et les Shilluk. Il n’oublie pas de citer les recherches des explorateurs qui l’ont précédé depuis le siècle dernier et nous voyons avec plaisir mentionner les travaux des missionnaires comboniens italiens, Carlo Muratori et Antonio Pazzaglia qui, avant et après la deuxième guerre mondiale, avaient laissé des notes précieuses sur les séjours en Equatoria, totalement oubliées dans les archives de l’Ordre.
Le sérieux du travail accompli par l’anthropologue batave ressort dans chacun des 19 chapitres qui composent les trois parties du volume, où tous les aspects de l’histoire, de la langue, de l’organisation sociale, de la vie traditionnelle, de l’économie indigène, des rapports de parenté, du dualisme de milieu, des croyances et des rites, des structures socio-politiques et du très complexe système des chefferies sont fouillés. Et cela comme contexte à l’approfondissement du thème qui fait le titre du livre Kings of disaster. Vu, l’importance de la place réservée à ces pouvoirs royaux dans les villages (en réalité des chefferies dynastiques) et au rôle ancestral de la violence interethnique, il nous paraît difficile d’en rendre compte ici dans les détails. Cependant, les lignes de force propres à la démarche de l’auteur sont loin des généralités hâtives de certains ethnologues et sont fondées sur des connaissances scientifiques précises, alimentées par sa fréquentation prolongée et active de cette aire culturelle nilotique et par son expérience spécifique. Il nous ouvre une grande fenêtre initiatique sur une société des plus authentiques et exemplaires de l’Afrique des Grands Lacs.
Toutefois, on ne peut que regretter l’absence totale d’illustrations
qui auraient permis au lecteur de visualiser ces passionnantes révélations
anthropologiques.
La nouvelle revue Pagara de la Société des Arts des archives et de l’histoire de la Guyane (S.A.A.H.G.) paraissant à Cayenne nous rappelle, dans son numéro I, l’existence oubliée de plusieurs livres et rapports sur le passé de la communauté créole et les siècles de la colonisation. La revue Pagara, dirigée par Serge Mam-Lam-Fouck et coordonnée par Anne-Marie Bruleaux, est pluridisciplinaire. Elle est ouverte à tous les chercheurs en sciences humaines dont le champ d’investigation concerne le plateau des Guyanes, en particulier la Guyane française.
Français et Indiens en Guyane
: 1604 - 1972
Inédit, Collection Bibliothèque 10/18
Nous avons lu, avec beaucoup d’intérêt, le livre d’anthropologie culturelle de Jean-Marcel Hurault que nous considérons comme un document de recherche incontournable en la matière.
Pourquoi, par quel processus, les Indiens de la forêt guyanaise s’éteignent-ils depuis les premiers contacts avec les Européens ? Pourquoi les tribus du littoral ont-elles au contraire, de nos jours, un taux d’accroissement très élevé ? Peut-on préserver les groupements survivants, et dans quelle direction orienter leur évolution ?
L’auteur a cherché dans le passé l’explication de ces faits. L’étude des archives de plus de 350 ans de contacts entre Français et Indiens jette une vive lumière sur le passé de ces groupements et sur des alternances de libéralisme et de tentatives d’assimilation.
Interprétés en fonction des données de la géographie, de la démographie et de l’ethnographie, les événements du passé demeurés énigmatiques pour les Français qui les ont vécus et relatés prennent leur place dans un enchaînement rigoureux qui débouche directement sur le présent.
Nous résumons ici les conclusions de l’étude démographique :
Les causes de l’extinction des Indiens
Les Indiens de Guyane française ont décru très rapidement de nombre dès les premiers contacts avec les Européens. Les groupements du littoral, touchés dès le milieu du XVIe siècle par des maladies pulmonaires épidémiques importées, à l’égard desquelles ils ne possédaient aucune immunité, ont décliné régulièrement jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Une tendance à l’équilibre s’est alors fait jour progressivement; après être restés stationnaires pendant une cinquantaine d’années, ces groupes dont la natalité est très élevée ont repris leur marche ascendante et présentent de nos jours un accroissement démographique rapide. Pour les deux groupes sur lesquels on possède des données numériques précises, la progression a repris à partir de groupes réduits respectivement à 150 et 200 personnes, soit vraisemblablement entre le 1/50 et le 1/100 de la population initiale. Il est probable qu’il y a eu là, simplement un phénomène de sélection, et que la régression a cessé à partir du moment où il n’est plus resté qu’un groupe possédant spontanément une résistance à l’égard de ces maladies.
Chez les tribus de la forêt, touchées plus tardivement, le même processus a joué, de façon beaucoup plus sévère. Les tribus de l’Oyapok, estimées à près de 15 000 personnes en 1975, ont été pratiquement anéanties en un siècle et demi, sans qu’aucun noyau résistant se soit dégagé.
Les groupements actuels de l’intérieur, réduits à moins de 400 personnes, sont constitués en presque totalité des restes de deux grandes tribus, Wayana et Wayapi, immigrées à la fin du XVIIIe siècle, où l’on estimait leur effectif à plus de 10 000. Bien qu’une certaine prémunition ait apparu chez eux, et que la mortalité soit moindre que par le passé, ces populations demeurent dans une situation très précaire. Tout relâchement de l’assistance médicale ramène en moins d’un an un état sanitaire déplorable et une régression démographique...
Les facteurs que nous avons mis en évidence en étudiant les Indiens Wayana et Wayapi de Guyane suffisent à expliquer l’extinction progressive des Indiens de la forêt amazonienne depuis leurs premiers contacts avec les Européens et les Noirs ; les violences dont ils ont été l’objet, de même que les guerres entre tribus, n’ont joué qu’un rôle tout à fait secondaire.
Ces considérations ne prétendent pas donner
une explication complète du comportement social des Indiens de la
forêt amazonienne. Les caractères biologiques du groupe ne
sont qu’un des facteurs de ce comportement, parallèlement aux facteurs
culturels et historiques. Mais, il importe d’en mettre en évidence
l’importance primordiale; c’est pour n’en avoir tenu aucun compte que l’action
“civilisatrice” menée depuis plus de
trois siècles auprès des Indiens de l’Amazonie a conduit
partout à un échec.
Marc Abélès
et Henri-Pierre Jeudy :
Anthropologie du politique
Armand Colin, Paris 1997, pp.233
L’on peut dire que l’Anthropologie Politique est devenue ces dernières années en France et aux Etats-Unis la branche la plus actuelle des sciences de l’Homme, complémentaire d’une sociologie des institutions et des organisations, aux objectifs transversaux de recherche sur l’hétérogénéité des cultures. Mais, elle se présente aussi comme une approche généalogique et anthropologique de la citoyenneté dans la dynamique des conflits et leurs motivations, soit ethniques, soit identitaires, soit par les représentations collectives de l’idée de nation et les problématiques multiculturelles
Quel regard portent aujourd’hui les anthropologues sur le politique et les institutions dans les sociétés contemporaines ? Selon quelles problématiques, et avec quelles méthodes, appréhendent-ils la question du pouvoir et des institutions dans un monde en pleine mutation ? Telles sont les questions auxquelles souhaite répondre cet ouvrage, en se fondant sur un ensemble de recherches de terrains menées dans le cadre du Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales du CNRS.
Dans un contexte caractérisé par la mondialisation et la recomposition des espaces politiques, on observe la résurgence de conflits liés aux appartenances et aux identités. Par ailleurs, on voit se constituer et se renforcer des institutions et des organisations transnationales. Cette situation nouvelle se distingue par une remise en cause de la prééminence de l’Etat et rend indispensable une réflexion en profondeur sur les différentes facettes du processus politique. C’est pourquoi ce livre vise à offrir une perspective anthropologique sur des notions essentielles : identité, ethnicité, citoyenneté, conflit, nation.
L’anthropologie du politique
au présent se veut aussi une réflexion sur les institutions
multiculturelles et les types de relation et d’action qui s’y déploient.
Se trouvent ici interrogés les concepts et les méthodes mobilisés
par les chercheurs pour étudier les organisations. Un dernier volet
de l’ouvrage est consacré aux mises en scène et aux univers
de signes que mobilisent ces stratégies de communication. De l’actualité
à l’ancestralité, l’analyse des rapports entre pouvoirs,
temps et symboles apparaît bien comme un thème majeur de la
recherche anthropologique.
Marc Abélés, directeur de recherche au CNRS, dirige le Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales (LAIOS). Outre de nombreux articles, il a notamment publié Jours tranquilles en 89; ethnologie politique d’un département français (Odile Jacob 1989). Anthropologie de l’Etat (Armand Colin, 1990). La vie quotidienne au Parlement européen (Hachette. 1992). En attente d’Europe (Hachette. 1996).
Henri-Pierre Jeudy, docteur
au CNRS. membre du LAIOS.
a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Le
désir de catastrophe (Aubier. 1991). Éloge
de l’arbitraire (PUF. 1993). La communication
sans objet (La lettre volée. 1994) et l’Ironie
de la communication (La Lettre volée. 1996).
- Fondements Naturels de l’Ethique
Sous
la direction de J.P. Changeux, Ed. Odile Jacob,
Paris 1993, pp. 334.
- Bernard Nantet : L’invention du désert. Archéologie au Sahara Voyageurs Payot, Paris 1998, pp. 382.
- Yves Winkin : Anthropologie de la Communication De Boeck Université, Paris-Bruxelles 1996, pp. 239.
- Ian A. Baker : L’art de guérir au Tibet Traduction par Patrick Carré, Seuil 1998, pp. 190.
- Nadine Perront : Être juif en Chine. L’histoire extraordinaire des communauté de Kaifeng et de Shanghai Albin Michel, Paris 1998 pp. 222.
- Matthieu Richard : L’esprit du Tibet. La vie et le monde de Dilgo Khyentsé, maître spirituel Préface du Dalai-Lama, Seuil, Paris 1998, pp. 152.
- Jean Clauzel : L’Homme Damekessou Ibis Press, Paris 1998, pp. 188.
- Lamara Bougchiche : Langues et littératures berbères (Bibliographie internationale de plus de 6.000 références) Ibis Press, Paris, pp. 446.
- Marc Abélés et Henri-Pierre Jeudy : Anthropologie du politique Armand Colin, Paris 1997, pp. 282.
- Assignations identitaires et différenciation sociales dans l’Homme et la Société, N° 125, L’Harmattan, Paris, pp. 160.
- Les origines de l’Humanité Dossier Pour la Science (Édition française de Scientific American), Janvier 1999, pp. 132.
- Françoise Bouchet-Saulnier
: Dictionnaire pratique du Droit humanitaire
La Découverte, Paris 1998, pp. 420.
Nombre d'étudiants de l'Ecole
d'anthropologie posent de plus en plus souvent la question :
l'arabe devient une langue de contact et de travail aussi répandue et importante que l'espagnol ou le russe. Où peut-on l'apprendre en restant à Paris?
Voici quelques renseignements utiles :
Dans une rencontre exceptionnelle avec la presse (c'est la première fois...), le Président du Comité Opérationnel pour l'Ethique (COPE) dans les sciences de la vie au CNRS (Centre National Français de la Recherche Scientifique), Monsieur Robert NAQUET a exprimé un refus sans appel de la création artificielle de double de l'homme. Il a dit : Le clonage reproductif doit rester interdit.
Interrogé sur le sérieux des nouvelles faisant état d'expériences sur le clonage reproductif, le savant français a expliqué : "Pour créer son double, il suffit de faire se développer une cellule issue de son propre organisme. Pas si simple... théoriquement, chaque cellule du corps humain possède toute l'information génétique pour redonner un individu copie conforme du premier. En fait, si l'information est bien là, elle n'est plus vraiment accessible car les cellules se sont spécialisées et n'utilisent plus que les gènes qui leur servent. Voilà pourquoi on ne peut pas bouturer l'homme aussi facilement qu'une plante verte. Les cellules sexuelles humaines, ovule et spermatozoïdes ne possèdent qu'un jeu de 23 chromosomes chacune. Lors de l'accouplement, elles forment un oeuf dont le noyau contient donc deux jeux de chromosomes. Cet oeuf se divise et devient embryon. Les chercheurs écossais sont parvenus produire un embryon sans l'intervention de spermatozoïdes. Pour cela, ils ont dépossédé un ovule de son noyau puis l'ont remplacé par le noyau d'une cellule adulte, contenant déjà deux jeux de chromosomes. Pour que l'expérience marche, il fallait que la cellule adulte se déspécialise et soit à nouveau capable, comme une cellule embryonnaire, de donner naissance à un organisme complet. Les chercheurs écossais ont accompli cette prouesse après avoir affamé la cellule en la plaçant dans un milieu pauvre. Une fois le transfert de noyau réalisé, on obtient un oeuf à deux jeux de chromosomes comme lorsqu'un spermatozoïde fusionne avec un ovule. Le noyau et le liquide qui l'entoure, le cytoplasme, sont ensuite stimulés électriquement, ce qui leur permet d'entrer en communication. Enfin, l'embryon qui se forme est implanté dans l'utérus d'une mère porteuse.
A la question : "Faut-il interdire partout dans le monde la recherche sur l'embryon humain ? " Monsieur Robert NAQUET a nuancé sa réponse :
"Elles sont de toutes façons interdites par la législation. L'embryon in vitro, même s'il ne peut donner naissance à un être humain qu'après implantation in utero, mérite le respect et ne peut être utilisé pour la recherche comme une quelconque cellule".
Bref le clonage thérapeutique qui ouvre la voie au clonage humain n'est pas interdit en Grande Bretagne où le Directeur du Centre de Recherche sur le génome, de l'université d'Edimbourg (Ecosse), Austin SMITH, travaille sans relâche dans son laboratoire pour créer ces embryons miracles, dont les cellules seraient utilisées pour soigner l'adulte cloné. Surtout, Austin SMITH dirige la seule équipe britannique habilitée depuis deux ans à utiliser des embryons humains pour tenter de cultiver, en éprouvette, leurs "cellules souches". Un projet devenu brûlant, enjeu d'une bataille scientifique, médicale, commerciale et éthique engagée à l'échelle mondiale. Les cellules souches de l'embryon sont, en effet, uniques en leur genre : naturellement "totipotentes", elles génèrent toutes les cellules "différenciées" de l'organisme (sang, peau, muscles, os, neurones...). Il y a encore trois mois, la recherche sur leur multiplication n'intéressait qu'une poignée de biologistes du développement. Le 6 novembre, le sujet a brutalement explosé sur la place publique, exhalant à la fois les vapeurs sulfureuses du clonage humain et le fantasme d'une médecine "mécaniste" qui remplacerait les tissus malades comme on change les roues d'une voiture.
James THOMSON et Jeffrey JONES, de l'université du Wisconsin, annoncent alors dans l'hebdomadaire américain Science qu'ils ont réussi à multiplier en éprouvette ces fameuses cellules souches, "mères de toutes les cellules". Spéculation immédiate à la Bourse, où les actions de la société de biotechnologie américaine GERON - qui a financé les recherches et déposé un brevet sur la technique de culture cellulaire - triplent de valeur le jour même. Spéculation également dans les médias scientifiques en tête : aujourd'hui on multiplie à l'infini les "cellules à tout faire", demain on leur fera produire en série des cellules de cerveau, de peau, de muscle, d'os pour "réparer" des corps blessés. Mieux - ou pire - des chercheurs parlent de perfectionner la technique en la couplant à celle du clonage d'adulte qui a donné naissance à la brebis Dolly. On soignera les malades avec des cellules parfaitement compatibles avec leur système immunitaire, car elles auront été fournies... par leur clone. Précisément, par leur "embryon-clone", leur jumeau... en puissance créé à partir de l'une de leurs cellules.
Monsieur Robert NAQUET a ajouté que, en revanche :
"Vu l'importance pour le développement de la connaissance et les retombées thérapeutiques que laisse espérer cette nouvelle technique, (entre autres, meilleure connaissance du développement embryonnaire et des phénomènes de différenciation cellulaire), toutes les possibilités de recherches doivent être exploitées dans le respect de l'animal. Mais les recherches sur l'animal ont leurs limites. La recherche à partir d'éléments humains sera un jour considérée comme indispensable".
Et à lui de conclure :
"Il est
souhaitable que le législateur prenne en compte l'ensemble des données
nouvelles dans ce domaine. Parallèlement la société
française doit recevoir une information objective à propos
du clonage non reproductif, de ses enjeux pour la connaissance et des éventuelles
retombées thérapeutiques. Cette information devra tenir compte
des souhaits et craintes de la société ainsi que des représentations
que les individus se font de l'embryon humain. Le clonage reproductif doit
rester interdit."
Dans son dernier rapport remis au Premier Ministre
français, la Présidente de la Mission
Interministérielle de lutte contre la drogue (MILDT) propose
une nouvelle politique de lutte contre la toxicomanie. Les "drogues
légales" comme l'alcool, le tabac et les médicaments
sont comprises dans le plan triennal de lutte contre la toxicomanie mise
en oeuvre en France. Selon le journal "Le Monde":
"les substances "légales"
sont en effet plus nuisibles à la santé, 60.000 décés
par an sont imputables au tabagisme et 20.000 à l'alcoolisme, tandis
que les médicaments sont utilisés dans neuf tentatives de
suicide sur dix. L'héroïne a pour sa part entraîné
la mort par surdose de 229 personnes en 1997 et environ un millier de toxicomanes,
se droguant par injection sont morts du SIDA depuis le début de
l'épidémie. Le Cannabis, n'a, à ce jour, jamais été
directement mortel".
Pourtant le Cannabis, appelé aussi Marijuana, Kif et Haschich est en passe d'acquérir ses lettres de noblesse dans la pharmacopée en Angleterre et son utilisation dans les textiles en Allemagne. Destiné à soulager la douleur et la contraction des muscles, cette plante sera utilisée dans moins de cinq ans, disent les médias, tel un médicament à part entière ! Sa substance active a été isolée et étudiée par l'un des plus grands laboratoires de Londres. Plus pragmatiques, les allemands ont entrepris de développer la culture du Cannabis pour obtenir un nouveau textile résistant et bon marché.
Alors que se poursuit aveuglément dans le nord du Maroc, son éradication pour satisfaire certains pays de l'Union européenne, affolés par le nombre de leurs drogués et confondant drogue dure et drogue douce.
Le "Triangle d'émeraude". C'est au nord de la Californie, dans cette bande de terre coincée entre le Comté de Mendocino, celui de Humboldt et l'océan pacifique, que se trouve la plus grande concentration au mètre carré de marijuana aux Etats Unis. En clair, la principale "réserve" des 4.350 à 4.850 tonnes d'herbe produites sur le territoire dès 1989, selon les estimations de Washington.
Un chiffre qui fait de l'Amérique un des tous premiers producteurs de marijuana au monde et qui a été largement dépassé en 1998. D'autant que cette production représente 30 à 50% de l'herbe fumée aux Etats Unis, et que tout le monde évoque l'autosuffisance d'ici deux à trois ans.
Le phénomène fait tache d'huile. Il existe aujourd'hui des centaines de coffeeshops à Amsterdam contre une vingtaine il y a dix ans, et environ plus de 2.500 dans toute la Hollande. Leur clientèle est constituée par le million de néerlandais qui roulent régulièrement son joint et, surtout pour Amsterdam, des nombreux touristes étrangers.
Ainsi, les produits dérivés du Cannabis ne se vendent plus au coin des avenues venteuses, entreprise fort aléatoire qui réserve souvent à l'acheteur de mauvaises surprises quant à la qualité de ses emplettes, mais au comptoir de nouveaux négoces qui poussent comme des champignons à Amsterdam. Les coffeeshops, par dizaine, commencent, en effet, à fleurir au début des années 80. Dans ses cafés expurgés de l'orientalisme Folklo style Katmandou et qui sentent le Formica et les boissons non alcoolisées, on obtient son sachet plastique frappé de la feuille de chanvre symbolique, et empli d'afghan, du marocain, ou de nederweed (le hasch made in Holland) pour un prix unique de 25 florins (75 F). Ces transactions vont sortir très rapidement de la clandestinité des arrière-salles obscures. Le client choisi au comptoir des coffeeshops, paye et peut consommer sur place. La Police adopte alors un profil bas: "les drogues douces n'ont pas notre priorité, nous fermons les yeux sur les coffeeshops tant que celles-ci ne vendent pas de drogue dure, ce qui est généralement le cas", explique un porte-parole.
Cette herbe néerlandaise, d'une excellente qualité,
se cultive dans les jardins des particuliers qui cèdent une partie
de leur production aux coffeeshops. On la
voit également pousser dans les serres d'Aalsmeer où elle
a remplacé quelquefois tomates et tulipes. Les cultivateurs du nederweed
l'ont assez souvent répété pour qu'on les croie sur
parole:
"les marocains ou les thaïlandais
travaillent de façon primitive. Nous, nous possédons des
serres ultramodernes, commandées par ordinateur et qui garantissent
un produit haut de gamme".
Le Centre a pour but de coordonner des programmes de recherches scientifiques et des missions dans les domaines:
L' influence des cultures indiennes sur l' Asie est
l' une des préoccupations essentielles qui motivent la création
du C.I.R.A.I.A.S.E.
Le C.I.R.A.I.A.S.E. devra faire connaître les travaux de ses chercheurs, soit par des colloques internationaux soit par voie de presse et d'édition, en collaboration avec diverses organisations culturelles et scientifiques.
De même, il peut, étant sans but lucratif, mettre ses chercheurs et spécialistes à la disposition des universités et organismes scientifiques qui en feront la demande.
Membres fondateurs:
Direction du centre:
Dominique Boubouleix,
docteur de l' EPHE-Sorbonne,
élève diplômé de l' Ecole
d' Anthropologie,
membre de l'American Oriental Society
et de la British Society for the History of Philosophy
S.A. Locch Chancchai Apaiwongsde
Battambang,
élève diplômé de l' INALCO
Secrétaire du C.I.R.A.I.A.S.E.
Vénérable Phra Eric
Xayabandith,
élève diplômé de l' Ecole
d' Anthropologie,
Trésorier.
Avril 1999
Paris
Peu de chercheurs vivants, notamment des préhistoriens, peuvent se vanter d'avoir occupé, par leurs découvertes et leurs travaux une page entière du quotidien "Le Monde", deux fois à seulement deux mois de distance ! Cette vedette scientifique est Monsieur Emmanuel ANATI, Directeur du "Centro Camuno di Studi Preistorici", paléo-ethnologue iltalien, auteur de nombreux ouvrages sur l'art et la religion des peuples anciens et qui en France a notamment collaboré à "l'Encyclopédie des religions", parue chez Bayard Editions.
Toutefois son oeuvre capitale en français, qui lui a valu énormément d'éloges mais aussi des polémiques, concerne une nouvelle lecture de l'art rupestre qui amène Monsieur ANATI à proposer une véritable "structure grammaticale" pour les peintures et les gravures rupestres associant le signe à l'image dans une écriture bien déchiffrable et qui se répète sur tous les continents.
Son titre "l'Art rupestre dans le monde, imaginaire de la préhistoire" Editions Larousse.
A propos de cette thèse, le savant italien a déclaré au journal "Le Monde" en novembre dernier : "L'art préhistorique bouleverse l'histoire mondiale. Celle-ci a 40.000 ans au lieu de 4.000 ans, car l'art rupestre est écriture avant l'écriture. Et on arrivera à déchiffrer cette écriture universelle très simple".
Voilà qu'en février Emmanuel ANATI étonne encore l'aréopage des préhistoriens français par un nouvel ouvrage publié chez Bayard: "La religion des origines". Sa présentation a fait salle comble au Musée de l'Homme, où l'auteur a été invité pour une conférence débat.
Cheveux grisonnants, la soixantaine passée, d'une grande courtoisie et disponibilité, courageux et aventureux au point de diriger chaque année des expéditions dans les coins les plus reculés d'Afrique et d'Asie, suivi de jeune collaborateurs, d'étudiants ou de journalistes, ce "tribun de la préhistoire mondiale" a répondu à plusieurs questions de "La Nouvelle Revue Anthropologique".
A la première question :
"Une religion universelle a-t-elle existé au seuil de l'humanité ? L'Homo sapiens ne se posait-il pas exactement les mêmes questions que nous ?
La convergence des modèles artistiques et culturels de nos ancêtres préhistoriques permet-elle de conclure à l'existence d'une religion unique, inhérente au fonctionnement mental de l'homme, qui se serait ensuite diversifiée en de multiples systèmes religieux ?"
Se fondant sur des recherches archéologiques récentes, Emmanuel ANATI répond résolument par l'affirmative et jette ainsi un pont entre l'Homo sapiens et l'homme du XXème siècle :
"La foi en une vie dans l'au-delà et en l'immortalité de l'âme est jusqu'à aujourd'hui à l'oeuvre dans les principales religions contemporaines. La sociabilisation de lieux et d'objets déterminés, pratiquée encore par une grande partie des populations du globe, trouve ses archétypes dans la religion des origines. Les rites de passage qui signent les grands moments de la vie, de la naissance à la mort sont une institution toujours vivace et qui nous amène aux origines. Mais le souvenir peut être le plus tenace est celui des mythes des origines, en particulier de la grande migration, du premier exode. Un mythe qui, revu et corrigé, existe dans les mythologies de presque tous les peuples de la terre. La mémoire des origines est toujours vivante à l'intérieur de nous".
"Y-a-t-il des traces antérieures à l'Homo sapiens, de croyances, de comportements ritualistes et même de culte des morts ?"
"De même si l'on trouve des manifestations attribuables à la religion avant l'apparition de l'Homo sapiens, c'est bien la religion telle qu'elle se développe avec l'apparition de notre ancêtre direct qui peut être définie comme la religion des origines. C'est en effet à partir d'elle que se développent les systèmes de pensée et les concepts religieux postérieurs. Cette religion des origines est fondée sur une vision spécifique de la relation entre les diverses composantes de la nature ; sur une conception définie et définissable, de la relation entre l'homme et la nature, ainsi qu'entre les hommes eux-mêmes, qui implique des règles éthico-morales ; sur la recherche de communication entre l'homme et les forces qui le transcendent ; et sur des ébauches de solutions aux grands problèmes existentiels. Celles-ci seront déterminées par des associations et des séquence logiques de pensée, qui ont des caractéristiques spécifiques et que nous retrouverons ensuite dans les religions postérieures. Sur la base des données disponibles, on peut aujourd'hui assurer, ce qui n'est pas rien, que la dynamique de la pensée religieuse suit une ligne cohérente qui, depuis l'origine, nous conduit à la réalité contemporaine.
Depuis ses débuts, l'Homo sapiens a en effet développé un ensemble de capacités intellectuelles très particulières et n'appartenant qu'à lui. Les trois facteurs fondamentaux que nous parvenons aujourd'hui à identifier sont la création de l'art visuel, le développement d'un langage articulé et la structuration d'une religion, avec des archétypes et des paradigmes qui se répètent depuis dans toutes les religions.
Pour ce qui nous est donné de savoir aujourd'hui, la première différenciation réelle des religions est intervenue à la fin du pléistocène, quand le cataclysme que les mythologies nomment "déluge universel" a bouleversé l'ordre précédent. L'élévation du niveau des océans a séparé terres et continents, et, face au changement affectant ses ressources, l'homme s'est trouvé contraint de modifier sa pensée et ses croyances. Avant cela s'était perpétué durant 40.000 ans, chez l'Homo sapiens, cet ensemble de concepts, croyances, pratiques évoqué dans ces pages, avec l'usage de l'art visuel, des sanctuaires, des lieux funéraires et autres lieux de culte. Cet ensemble riche, révélateur d'une conceptualité originelle de l'homme, a pour nom "religion des origines".
"Divers éléments des croyances originelles se sont perpétués. Certains aspects de la conception dualiste, on l'a vu, sont encore présents chez l'homme du XXème siècle".
"Dans vos récentes missions dans le Sinaï, vous avez découvert, entre autres, des lieux de culte néolithiques extrêmement anciens. Pouvez vous nous en parler ?"
"En effet, le plus ancien "sanctuaire" qu'on connaisse actuellement a été découvert sur une montagne du désert israélien du Néguev, au nord de la péninsule du Sinaï. Sur la base des ustensiles en silex d'une phase initiale du paléolithique supérieur, on estime qu'il remonte à plus de 35.000 ans. Il est situé à Har Karkom, dans une petite vallée, au bord d'un précipice, et est connu sous le sigle HK/86B. Entouré de différents sites de la même époque, il se trouve sur la montagne face à un panorama immense qui domine vallées et collines jusqu'à une chaîne montagneuse, à environ 60 kilomètres à l'est.
Har Karkom, grand lieu de culte au coeur du Sinaï, très importante montagne sacrée à l'âge de bronze, se trouve sur une des pistes principales qui, depuis des temps immémoriaux, relient l'Afrique à l'Asie et au reste du monde. C'est aussi la source d'un silex d'excellente qualité. La matière première fondamentale du paléolithique y était extraite aussi à des périodes antérieures et il est probable que la qualité du silex fut précisément une des raisons expliquant que l'homme ait été attiré en ce lieu.
Il est probable que, depuis toujours,
ces lieux où l'homme revient pendant des siècles et des millénaires
pour disposer ses messages aient eu des fonctions qu'on qualifierait aujourd'hui
de "sociales".
Il s'agissait de lieux où l'homme recherchait une communion avec
d'autres êtres humains, ou avec les esprits, le monde imaginaire,
ou encore avec les forces de la nature. Toutefois les structures et les
espaces qui en faisaient des lieux particuliers n'avaient, pas été
construits pas l'homme mais créés par la nature. Et ces particularités
créées par la nature sont précisément pour
l'homme l'indice d'énergies qu'elles contiennent et qui en émanent".
L'institut international Charles
Perrault propose les 26 et 28 novembre prochains, une formation
sur le thème de l'imaginaire du jeune méditerranéen.
Destiné en priorité aux bibliothécaires, aux enseignants,
aux documentalistes et aux conteurs, ce stage abordera l'imaginaire à
travers le roman, le conte et les productions de jeunes travaillant en
ateliers d'écriture. L'une des démarches de travail consistera
à réfléchir, avec des écrivains et des universitaires
sur le rôle que ces récits peuvent jouer dans différents
milieux.
Fondé en 1994 par l'Université Paris-Nord et la ville d'Eaubonne (Val d'Oise) l'Institut Charles Perrault a pour vocation la recherche, la formation et l'animation dans le cadre national et international. A travers des congrés, des expositions, ou des journées d'études...L'équipe organisatrice met en oeuvre, chaque saison des orientations littéraires spécifiques. Le caractère international de l'Institut est confirmé par son objectif d'élaborer un programme commun avec d'autres pays du monde (source : Zina OULDAMI dans "Salawa")
Institut International Charles Perrault - Hôtel de Mézières 14 avenue de l'Europe -
BP 61 - 95604 Eaubonne Cedex 04. Renseignements : 01.34.16.36.88
La première conférence régionale
arabe sur l'éducation aux droits de l'Homme a réuni dans
la capitale marocaine d'importantes représentations internationales,
dont celle des PNUD, de l'ALESCO,
de l'ISESCO, et le propre Directeur général
de l'UNESCO, Federico
MAYOR.
Cette manifestation inédite a réussi le pari de réunir "autour de la renaissance du citoyen arabe" presqu'autant de ministres et d'experts que n'en a compté la ligue des Etats Arabes.
Pour les organisateurs il s'agissait de répondre à la question toujours sans réponse réelle : "quand les droits de l'Homme seront-ils arabes ?".
Il s'en trouve parmi les pays arabes, des pays qui n'ont pas réalisé le moindre progrès menant vers l'ère du respect des droits de l'Homme sous ses aspects civils, politiques, économiques, culturels et sociaux, au point que ces pays peuvent aisément être comparé à quelques pays africains ou latino-américains connus de tous pour avoir mépriser ces droits.
A quelques rares exceptions, le pays arabe gère encore ses affaires et celles de ses citoyens selon des procédés traditionnels où la loi n'a pas de place, seuls prévalent les us et coutumes. Il n'y a ni élections honnêtes, ni représentativité authentique, ni cette assise juridique indispensable à tout jugement. Pire : plusieurs pays arabes n'ont même pas daigné signer les conventions internationales relatives aux droits de l'Homme même si la déclaration des droits civils, politiques et culturels de l'homme remonte à cinquante ans.
De ce fait, les pays arabes doivent rattraper leur sous développement dans ce domaine pour qu'ils soient en accord avec leur histoire prestigieuse et leur patrimoine culturel civilisationnel et humain qu'ils ont cumulé depuis des siècles.
On pourrait dire que la conception des droits de l'Homme
diffère d'un pays à un autre, et d'un peuple à un
autre ou d'une culture à une autre.
Il arrive même que les droits de l'Homme servent
de prétexte à quelques grandes puissances soucieuses d'imposer
leurs orientations au monde entier. Mais cela ne pourrait dissimuler la
triste réalité des droits de l'Homme, dans le monde arabe
à quelques exceptions. Des citoyens sont encore bâillonnés,
les médias censurés, et l'utilisation de la violence est
monnaie courante...
Comme l'a affirmé dans son émouvante plaidoirie le Directeur général de l'UNESCO, "sans démocratie, sans solidarité intellectuelle et morale, sans justice, sans égalité et sans liberté, les droits de l'Homme restent un voeux pieux que la meilleure politique d'éducation et d'enseignement au monde ne pourra changer."
Les déséquilibres au sein des nations de la planète sont effarants et iniques : 18% des individus possèdent 80% des richesses, à peine du vingtaine de pays monopolisent 80% connaissances et de la production scientifique mondiale et l'élément féminin, prétendant à la promotion des droits catégoriels avec l'enfant est marginalisé (4 à 5% de femmes participent dans les organes de décision). "Les droits de l'Homme sont plus difficiles à enseigner que les mathématiques ou la géographie " estiment certains experts et la meilleure pédagogie à mettre en oeuvre repose sur deux principes clés :
- Privilégier la force de raison sur la raison de la force
- Donner la force de l'exemple.
L'éducation aux droits de l'Homme, notamment dans les pays arabes, doit progresser par des avancées démocratiques significatives que le concept de "village planétaire" rend inéluctables. L'introduction de cours dans les différentes matières enseignées à tous les niveaux des institutions d'éducation, d'enseignement et de formation s'avère primordiale et l'exemple du Maroc, pionnier dans le domaine avec la décision Royale et la double convention entre le ministère des droits de l'Homme et l'Education Nationale d'une part, et avec le ministre de l'enseignement primaire et secondaire d'autre part, le démontre suffisamment.
Pour sa part, le Directeur régional du PNUD
invite les pays arabes à progresser dans la voie de la promotion
des droits de l'Homme : "le citoyen arabe doit être
le mieux préparé scientifiquement et culturellement aux droits
de l'Homme ". Cette idée est confortée par le Directeur
Général de l'ALESCO, qui ajoute
: "il faut parvenir à responsabiliser le citoyen
arabe dans un véritable Etat de Droit ".
Une sculpture en bois sénoufo - en fait, une baguette rythmique de percussion représentant une forme féminine - a été vendue aux enchères pour plus de 1,2 million de dollars à New York. Le prix payé par l'anonyme acheteur de l'Ïuvre est, en soi, une reconnaissance de la valeur de l'art traditionnel de ce peuple, notamment établi dans l'actuelle Côte d'Ivoire, d'où provient d'ailleurs la sculpture. Il est vrai que ces instruments traditionnels, connus sous le nom de (Pombilele), sont aujourd'hui rarissimes. Selon Allen Wardwell,un spécialiste de Christie's, il existerait moins d'une dizaine de ces pièces authentiques, caractéristiques des débuts du style sénoufo septentrional. On comprend que l'oeuvre en question ait atteint un tel prix, le plus élevé jamais obtenu par un objet de cette origine et seulement dépassé par deux autres pièces d'art africain, la première place appartenant à une sculpture camerounaise représentant une reine Bangwa : issue de l'héritage... Helena Rubinstein, elle s'est vendue 3,4 millions de dollars. La baguette acquise pour 1,2 million ferait partie, toujours d'après Wardwell, < de la douzaine de très grandes sculptures africaines actuellement aux mains de riches collectionneurs privés >.
L'ennui, c'est qu'il s'agit aussi d'un exemple on ne peut
plus classique et scandaleux, avec les célèbres masques en
ivoire nigériens et les oiseaux de pierre du Zimbabwe exposés
à Londres, de ces pièces du patrimoine culturel africain
dont le continent a été dépouillé à
l'époque coloniale : par vol pur et simple, contre paiement de sommes
ridicules ou échangées contres des objets absolument banals.<
Sauf
exception , assure le professeur Manthia Diawara, du département
d'études africaines de l'Université de New York, c'est
par la violence ou la ruse que ces livres ont été éloignées
de leur terre natale, sans faire jamais l'objet de transactions légales
ou à tout le moins équitables >. En l'occurence,
la baguette sénoufo date du XIXe siècle : elle a quitté
la Côte d'Ivoire en 1935 dans les bagages d'un collectionneur, anthropologue
et trafiquant français.
Par ailleurs plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées récemment à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pour réclames l'officialisation de l'euskara (langue basque) à l'occasion de la journée européenne des langues.L'Euskal Konfederazioa, qui regroupe quarante organismes culturels pratiquant l'euskara, a revendiqué < la récupération linguistique comme fondement de l'identité et élément de coexistence pacifique pour le Pays basque>. < Il ne s'agit pas d'un combat intégriste ou rétrograde, mais d'un droit positif >, a souligné un universitaire basque.
"Si une majorité de Tibétains - a déclaré le Dalaï - Lama, prix Nobel de la Paix - se prononce pour une indépendance complète et rien d'autre, alors il ne pourra plus être question de négociations avec les autorités chinoises " et ce communiqué est arrivé lui aussi, comme les moines du mandala, de Dharmsala, diffusé par le gouvernement tibétain en exil pour marquer le prochain 40 ème anniversaire de la révolte antichinoise du 10 mars 1959 à Lhassa. Et toutes les communautés, les temples et les institututions tibétaines en Europe l'ont lu. S'adressant indirectement aux jeunes tibétains nés en exil qui voudraient un militantisme plus combatif, le Dieu-roi du Tibet a souligné que "tant qu'il sera à la tête de cette dite libération, il n'y aura pas d'autre voie que celle de la non-violence ".
Cela n'empêche que les jeunes générations tibétaines nées en exil, aussi bien en Asie qu'en Europe, deviennent de plus en plus impatientes d'en découdre avec Pékin. Le bilan de l'occupation chinoise au Tibet est effrayant.
D'abord plus d'un million de morts, soit un Tibétain sur six. Rajoutons les mutilés, les torturés, les déportés ... Dans l'indifférence internationale, Pékin poursuit son processus d'éradication totale et définitive de l'identité tibétaine. Une culture unique aura sans doute disparu de la planète dans dix ans si nous ne réagissons pas.
Pour échapper à la tyrannie et tenter de préserver ce qui peut l'être, plus de 100000 Tibétains ont choisi, malgré les dangers encourus, de suivre le Dalaï Lama en exil.
Aujourd'hui, le nombre de lamas reste au moins dix fois inférieur à ce qu'il était en 1950. L'écriture et la langue tibétaines sont proscrites. Les monastères ont été détruits, les boudhas en plâtre ont remplacé les statues initiales, l'enseignement de l'art tibétain et de la médecine traditionnelle est prohibé. Les vieillards disparaissent et avec eux, c'est toute la culture tibétaine qui s'évanouit.
La première décision du Dalaï
Lama, à son arrivée en Inde, fut de construire une
école. Aujourd'hui, les Tibétains en exil s'efforcent, avec
leurs faibles moyens et l'aide de quelques associations humanitaires, de
sauvegarder leur identité, et s'accrochent à leur culture,
leur principal espoir de survie.
Nous reviendrons plus largement sur cette honte de l'humanité
qui persiste dans certains pays avec une interview pour notre revue du
journaliste Olivier Wever de l'hebdomadaire "Le
Point " qui revient d'une longue enquête
"sur
le terrain ".
L'histoire des Pygmées est assez vieille. Ce peuple était connu des Egyptiens sous l'ancien empire égyptien. Lors de la VIème dynastie, le prince Herkhuf, envoyé spécial, ramena vivant un vrai pygmée, un certain DNG (prononcez DENEG) qui devient danseur des dieux à la cour.
Dans la grande forêt équatoriale de la Sangha existent encore des pygmées - Baka- vivant comme à l'époque du paléolithique, de cueillette et de chasse.
Mais peuvent-ils échapper à la... <civilisation > et rester dans la forêt ? Ces quelques faits des Baka font apparaître que la sédentarisation n'apporte aucune amélioration de leurs conditions de vie. Bien au contraire, il est à craindre que l'abandon de leurs vieilles traditions de <liberté et de mobilité > n'affecte leur santé morale et leur joie de vivre légendaire. Mais au fond, existe-il encore des Baka dans la Sangha ?
En tant qu'individu, le Baka continue
à exister mais l'unité socio-culturelle n'a pas de chance
de survie. Une fois celle-ci disparue le Baka risque d'être comme
le Targui que l'on rencontre cuisinier à Niamey ou veilleur de nuit
à Agadès, s'il a eu la chance de ne pas être réduit
à
la mendicité...
Survivront-il à une nouvelle ruée vers l'Eldorado? Uniques dans leur culture et leur identité, ils portent en eux une part de la mémoire de l'Humanité.
L'anthropologue français Bruce Albert a trouvé "les Yanomamis en état de choc : malades, affamés, révoltés, désorientés, morts et assassinés et traumatisés " à cause du désastre écologique, sanitaire et démographique provoqué par ces agressions. Médecins du Monde a donc été rappelé pour participer à un plan d'urgence "SOS Yanomamis ". En partenariat avec la FNS brésilienne (Fondation Nationale pour la Santé), nous avons mis en place des mesures curatives, préventives, de formation et d'appui aux structures sanitaires locales, qui ont apporté des résultats très encourageants.
Naturellement dispersés sur un vaste territoire (environ 200 000 Km2) placé de part et d'autre de la frontière du sud du Vénézuela et du nord du Brésil, les indiens Yanomamis ont réussi à éviter le contact régulier de "l'homme blanc " jusque dans les années soixante. Mais, depuis quelques années, cette dispersion naturelle au sein d'une épaisse forêt amazoniènne n'est plus protectrice.
Ils ont subi successivement :
- une première invasion organisée de leur territoire avec la construction de la route transamazonienne de 1973 à1977.
- L'arrivée de 100 000 chercheurs d'or entre 1987 et 1991, qui ont investi leur territoire et modifié gravement leur milieu naturel. Médecins du Monde, présent depuis 1983, a été expulsé,ainsi que tous les autres organismes agissant en faveur des indiens. Cette confrontation catastrophique des Yanomamis avec les chercheurs d'or a provoqué la mort de 20% d'entre eux, soit près de 2 000 personnes sur une population de 9 000 environ.
Il n'existe pas un peuple Yanomami mais une multitude de communautés isolées, ayant des relations de parenté ou d'alliance avec une dizaine de communautés proches. Ces liens sont fragiles, et les divisions exploitées par tous ceux qui veulent tirer un profit du territoire Yanomami (fermiers, chercheurs d'or et politiques). Il est nécessaire que les indiens s'unissent pour défendre leur droits. Ainsi, avec le diocèse, nous participons chaque année à l'organisation de l'Assemblée du peuple Yanomami. Cette action s'avère délicate, car nous ne devons pas être soupçonnés de favoriser un quelconque séparatisme ente les Yanomamis et les autorités brésiliennes.
L'action médicale de Médecins
du Monde est efficace à long terme. Les besoins sont énormes
et les coûts des soins sont très élevés en raison
des distances parcourues en petit avion d'un village à un autre.
Les maladies des Yanomamis sont apportées
par le monde extérieur. Nous avons tous, soit en tant que médecin,
soit en tant que citoyen, le devoir d'assistance et de réparation
envers ce peuple menacé de disparition.
Intitulée Les bibliothèques du désert , l'exposition des manuscrits du Sahara et du Sahel, qui couvrent une période allant de l'an 1000 au début de l'ère coloniale, est la première du genre jamais organisée en Europe. Rédigés essentiellement en Arabe, ces documents sont l'oeuvre de lettrés, Juriste, Poètes, Philosophes, Caravaniers et Scientifiques, de l'époque, appartenant aussi bien aux grands groupes ethniques de tradition nomade ou aux populations sédentarisées des grandes villes du Sahara et du Sahel comme SMARA, CHINGUETTI, TAMBUCTU.
L'importance de ces manuscrits, conservés aujourd'hui encore par les vieilles familles, les Zaouias, les bibliothèques locales et quelques bibliothèques d'état, a été mise en évidence lors d'un séminaire organisé le jour de l'ouverture de l'exposition.
Les participants ont appelé à la création d'un comité Euro-Africain permanent pour la sauvegarde, la restauration et la publication des manuscrits du Sahara et du Sahel et ont invité l'organisation Islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO) a inclure, dans le patrimoine historique à préserver, les anciens manuscrits de la ville de Tambuctu.
Les intervenants, représentant plusieurs pays Européens
et Africains, ont également mis l'accent sur la nécessité
de sensibiliser les Imams des mosquées, les responsables des Zaouias
et les familles qui détiennent encore des manuscrits de cette zone,
de permettre leur accès aux chercheurs en vue de constituer un répertoire
général de cet immense patrimoine écrit et ont convenu
de la tenue d'une prochaine rencontre euro-Africaine a Tombouctou sur le
thème l'Archéologie du Sahara et
du Sahel et les anciennes pistes caravanières dans le futur itinéraire
du tourisme culturel mondial.
Comme un pont entre les deux rives de la Méditerranée- écrit Mlle FILALI- la Fondation entend renouer le dialogue et contribuer à la compréhension entre ces deux civilisations. Et c'est dans cet esprit que l'architecte Nordine KOMIHA a conçu l'édifice de la nouvelle bibliothèque, inscrite dans les contours de la Méditerranée puisque son entrée s'effectue par le Maroc et le Détroit de Gibraltar.
Par ailleurs notre Fondation lance des actions concrètes en partenariat avec des associations locales pour lutter contre l'exclusion sociale des jeunes, car l'immigration est l'histoire émouvante d'hommes et de femmes qui, au prix de leur propre déracinement, ont vécu l'enracinement de leurs enfants dans la société française. Mais qui sont-ils? où vont leurs enfants? Entre un projet de départ et un projet de retour, une première génération s'est installée. On l'a appelée la génération du silence ... Soudain, les jeunes ont eu la violence de dire. Une génération est là, qui pose le problème de l'appartenance. Mais à quel Monde?
Dans un souci d'être
aussi un trait d'union entre les différentes cultures d'Orient et
d'Occident, la Fondation a programmé une exposition
itinérante sur les Routes Culturelles d'Al Andalusavec
les Écoles Françaises et le concours de la Fondation Legado
Andalusì
de Grenade. Mais fidèle
à ce devoir de mémoire, la Fondation travaille, sous la haute
autorité de Monsieur Boutros Boutros Ghali et Monsieur Jean-François
Deniau, à la réalisation d'une grande exposition ayant pour
thème:
l'histoire de l'immigration
maghrébine en France.
Les peaux-rouges Saginaw Chippewa ont acheté une villa de trois étages dans l'avenue des ambassades, juste devant la résidence du vice-président Al Gore.
La résidence- ont expliqué les indiens à la presse médusée de la capitale des États Unis - nous permettra de rencontrer les fonctionnaires fédéraux dans une position de gouvernement à gouvernement. Notre priorité est celle de protéger notre souveraineté et ils ont présenté l'ambassadeur coopté par la tribu, du nom de Bill Cross, qui prendra rapidement son poste dans cette étrange représentation diplomatique, agréée par l'administration Clinton.
Les Saginaw Chippewa possèdent dans le Michigan un casino, le deuxième dans cet état à être entièrement la propriété des indiens.Les profits sont répartis entre tous les membres de la tribu: chaque peau-rouge a déjà reçu 30.000 dollars. Une situation qui place les Saginaw Chippewa parmi les populations autochtones les plus riches.
Cela risque de pousser Washington à revoir les aides annuelles que le US Bureau of Indian Affairs (département gouvernemental chargé des affaires indigènes) accordées aux peaux-rouges.
D'autres tribus indiennes avaient ouvert dans le passé
des bureaux à Washington, mais aucune n'avait encore acquis des
bâtiments dans le quartier des ambassades.
A l'heure actuelle, plus de 95 % des personnes infectées par le VIH vivent dans le monde en développement. C'est là aussi que sont survenus 95% des décès causés par le sida jusquà présent, principalement chez les jeunes adultes. Onze hommes, femmes et enfants ont été infectés toutes les minutes en 1998, soit près de 6 millions de personnes au total. Un dixième des personnes concernées avaient moins de 15 ans, ce qui porte à 1,2 millions le nombre d'infections chez les enfants. La plupart d'entre eux ont été infectés par leur mère avant ou pendant leur naissance, ou lors de l'allaitement maternel. Les femmes sont en passe d'arriver à égalité avec les hommes: alors qu'en 1997, elles représentaient 41% des adultes infectés dans le monde, elles constituent aujourd'hui 43% des personnes de plus de 15 ans qui vivent avec le VIH / sida.
Première conséquence du fléau: le
recul
de l'espérance de vie. Au Botswana, par exemple, elle est
tombée à 40 ans, alors qu'elle était de 70 ans. Autre
conséquence; la hausse du taux de mortalité juvéno-infantile,
passé en Afrique du Sud de 38 à 61 pour 1 000. Pour la seule
année 1998, le sida a tué 2 millions d'Africains.
Il existe un danger réel de voir des escrocs internationaux, la mafia des cartels financiers s'approprier nos remèdes , a déclaré Timothy Stamps, ministre de la Santé du Zimbabwe, et médecin lui même, à l'ouverture cette semaine d'un séminaire de l'Organisation des guérisseurs traditionnels (Zinatha),un organisme respecté qui compte 45 000 membres.
Le président de Zinatha, vice-recteur de l'Université du Zimbabwe, Gordon Chavunduka, estime également que beaucoup d'étrangers essaient de voler les précieuses plantes médicinales poussant sur le sol Zimbabwéen et a demandé aux guérisseurs de ne point divulguer les recettes de leurs décoctions, particulièrement en ce qui concerne les traitement prometteurs contre le sida.
Plusieurs guérisseurs traditionnels Zimbabwéens affirment avoir réussi à guérir complètement des patients atteints du sida, bien que le ministère de la Santé ait conseillé la prudence avant de parler de tout traitement définitif.
Au moins une centaine de guérisseurs affirment avoir réussi à traiter avec succès les malades du sida, a indiqué à l 'AFP Peter Sibanda, coordinateur national pour le sida de Zinatha.
M. Sibanda précise qu'il a vérifié lui-même deux cas où la rémission de tous les symptômes sur les malades a pu être constatée, examens sanguins à l'appui. Ils étaient quasiment mourants, incapables de marcher et maintenant ils ont repris leur travail , dit-il, ajoutant que les tests de laboratoire, qu'il a lui-même supervisés, positifs au départ étaient après le traitement totalement négatifs. L'Association Zinatha indique que 250 plantes ont été analysées dont 50 ont été retenues comme contenant des substances puissantes dans le traitement du sida. Mais, précise M. Sibanda: Nous sommes très prudents sur nos connaissances dans ce domaine, car il existe un réel danger de pillage, la plupart du temps pour des motifs lucratifs.
Avec près de 40.000 cas déclarés de personnes ayant développé tous les symptômes de la maladie, le Zimbabwe présente le troisième plus fort taux de séropositifs en Afrique Subsaharienne après la Tanzanie et le Malawi. Selon une étude de l'Organisation Mondiale de la Santé, 600.000 Zimbabwéens au moins seraient séropositifs, sur une population de 10 millions d'habitants. Un programme de 87,3 millions de dollars pour la lutte et la prévention contre le sida est entré en application en août dernier, financé pour la plus grande partie par la Banque Mondiale.
Les autorité Zimbabwéennes ont fait également ces dernières années des campagnes d'information auprès du public contre les dangers du sida.
Les guérisseurs traditionnels, que l'on appelle N'Angas estiment, eux aussi, avoir un rôle à jouer, d'autant plus que, selon certains sondages, 90% de la population Zimbabwéenne consulte plus volontiers le guérisseur que le médecin.
Nous devons aider les gens
à lever certains de nos tabous culturels, indique
M. Sibanda,c'est un problème d'éducation
et aussi de volonté politique de la part de nos dirigeants.
Pierre et Hélène Dubois ont réalisé un documentaire <Brésil-Vénézuela > pour conférences.
Le Dr Henri Lépissier
vient d'achever un manuscrit, autobiographique mais avant tout de témoignages,
<13e parallèle >
à éditer avec notre patronage.
Le professeur Henry de Lumley est reparti pour l'Ethiopie.
Jean Laporte vient de sortir un album de belle taille sur le Nil, d'abord son Nil mais avec 150 photographies, de belles cartes et croquis ou dessins.
Geneviève Ranson, après avoir suivi les gorilles de montagne, puis, pendant cinq ans, le <Bec en sabot >, son oiseau cible, reportage publié dans <BBC wildlife magazine >, est allée au Nigéria où elle a ébloui des Primates forestiers, et à Madagascar où elle a poursuivi de toutes ses attentions des Lémuriens.
Olivier Gilg et Brigitte Sabard reviennent du Groenland où ils ont fait une ample moisson d'observations écologiques et biologiques sur les inter relations entre le développement des lemmings et celui des renards polaires et chouettes des neiges.
Maurice Thiney nous conte ses missions dans Aventuriers du Bout du Monde . Il part pour le Viet Nam tenter de retrouver des membres des familles de ceux des Mhong qui ont fui en Guyane française.
Jean Rouch, quand il ne filme pas, écrit. Sort donc <Les Hommes et les dieux du fleuve > essai ethnographique sur les populations songhay du Moyen Niger. Voilà une étude commencée en 1942 sous la direction du Professeur Théodore Monod. Et elle continue, car il publie dans la foulée < Devises et Génies Tooru >. Ed. Artcom.
Thor Heyerdahl, comme nous tous, ne cesse de voyager et publier. Après le film consacré à toute son Ïuvre sur les relations entre l'Amérique du sud et la Polynésie, présenté l'année dernière au Festival de <Jules Verne Aventures>, puis sa participation au film du CNRS de Catherine Orliac et Rosa Olmos sur le Toromiro de l'ile de Pâques, il prépare en Islande la fête du millénaire de Leif Erikson.
William Lang Dessaint revient des marches tibétaines où il était en mission d'anthropologie sociale du CNRS après avoir fait un nouveau séjour dans la région Chan du Myanmar.
Patryck Vaucoulon et Alain Chiffaut, respectivement pour les illustrations et le texte, publient chez Nathan un livre grand format, < Carnets d'un naturaliste en Bourgogne >. Soit, 120 pages en couleurs, et 150 aquarelles sur le petit peuple de la forêt.
Jean Louis Etienne a sauvé le bateau Antarctica en organisant de belles explorations polaires pour ceux à qui manque, non le goût de l'Arctique, mais un bateau.
Rencontre en Mongolie cet été de plusieurs
équipes, toutes de membres du Club. Un groupe de géographes
sous la direction d'Olivier Archambeau a effectué
une liaison
Paris-Oulaan Baator en camion
B 90 Renault en traversant tout le Caucase et le Turkestan occidental puis
la Mongolie. Détermination et patience. Une autre, guidée
par
Claude Collin Delavaud, a enquêté
sur les remues pastorales dans l'Altaï.
Une exposition a permis de présenter leurs photos et les aquarelles
d'Emma Mellot. Enfin, nos amis archéologues
de l'Institut des déserts, Pierre-Henri Giscard
et
le spécialiste en arts rupestres
Pierre Colombel
ont creusé
et recreusé en Mongolie centre-orientale, découvrant entre
autres des tombes où les hommes se sont fait enterrer avec de très
nombreux animaux domestiques. Quatorze ans de fouilles perment de bien
mettre en ordre et dater les strates successives des peuplements
de l'espace mongol.
La Société de géographie a remis
le 28 novembre à Betty Villeminot la
médaille du
Prix Pierre-Jules-César
Janssen pour son livre <Alchéringa,
le temps du Rêve éternel > sur les aborigènes
d'Australie, à Jacques Barrat le Prix
Georges Hachette pour sa <Géopolitique
de la francophonie > et la Grande Médaille des
Explorations et Voyages de découverte à Patrice
Franceschi pour l'ensemble de ses expéditions.
Un héritier du royaume de Koush déclarait à Rome, au congrès sur les Phéniciens, en mars 1994 :
<J'avais une quinzaine d'années lorsque, pour la première fois, j'ai gravi la colline de Byrsa. Le T.G.M. (c'est à dire le petit train électrique de Tunis - La Goulette - La Marsa) nous avait déposés à la modeste station de <Salammbô > - le nom était déjà tout un programme. Dans le parfum subtil des orangers et l'éclosion nouvelle du printemps, je savourais la joie d'être à Carthage, sur le sol d'une Afrique qui d'emblée me conquit. Au Musée du Bardo, à Sousse encore, je devais découvrir combien trompeuses pouvaient être les diatribes contre les Puniques proférées par les détracteurs romains dont avait été abreuvél'apprenti latiniste que j'étais alors. Je poussais ensuite jusqu'aux oasis du Djerid: c'est là qu'est née ma passion pour le désert - et sans doute, partiellement, ma vocation d'égyptologue. C'est ainsi par l'étape de Carthage que je suis venu à l'Egypte. >
Venu à l'Egypte via Carthage et le désert libyque.
Venu à l'Egypte via l'Ecole Normale Supérieure, l'agrégation de Géographie, le doctorat ès-lettre et l'Institut Français d'Archéologie Orientale.
Venu à l'Egypte, plus précisément au pays de Koush, mais venu aussi sur une chaire au Collège de France, sur un fauteuil à l'Académie des Inscriptions et belles Lettres dont vous êtes, Jean Leclant, depuis le 23 juin 1983, le toujours jeune et souriant Secrétaire perpétuel.
Et souvent, Jean Leclant, vous replongez dans la fascination des étendues immenses qui séparent Carthage de votre pays de Koush.
Hérodote disait du désert libyque:
<Ce n'est que sable, aridité terrible, désert absolu >.
En 1950, dans le bulletin de l'Institut français d'Archéologie Orientale n° XLIX, vous écrivez:
< Cette définition du désert libyque, c'est elle que développent avec monotonie les historiens d'Alexandre. Leurs descriptions conventionnelles et stéréotypées témoignent davantage d'une tradition littéraire que d'informations concrètes rapportées par les voyageurs. Si elles mentionnent en effet des dunes - qui en réalité n'existent, en vastes bandes longitudinales, qu'au Sud de la dépression de Siwa -, elles omettent d'évoquer la platitude infinie des serir et hamada, immenses plateaux uniformément couverts de cailloux de toute dimension, patinés par l'érosion, qui s'étendent entre la région littorale et l'Oasis. Le désert, c'est avant tout le pays de la soif: du sable et pas d'eau >.
Du sable, pas d'eau et du vent. Strabon signale l'assaut de ce vent du Sud contre l'expédition d'Alexandre vers Siouah et fait intervenir le surnaturel. Il écrit:
<Il s'obstina en dépit des Vents du Sud qui l'avaient assailli. S'étant égaré, il n'échappa aux tourbillons de sable que grâce aux pluies et à deux corbeaux qui lui servirent de guides >.
Et vous ajoutez:
< Histoires fantastiques des
pistes sahariennes. Et pourtant, dès l'antiquité, le désert
était parcouru par des voyageurs à l'esprit objectif, capables
de regarder et de faire des observations scientifiques .>
Le Prix Liotard a été créé en 1948 par le Président de la République, Monsieur Vincent Auriol pour honorer un explorateur ayant allié dans une mission l'esprit de découverte et de recherche dans un milieu difficile. Il est décerné par le Président de la République sur proposition de la Socitété des Explorateurs. Le nom vient de Louis Liotard, géographe et ethnologue réputé, tué en 1940 dans une embuscade de bandits Ngolos à l'est du Tibet.
Le premier prix fut remis à Jean
Rouch, ethnologue et cinéaste de grande renommée.
En 50 ans, il a été décerné
à 22 grands explorateurs dont
Joseph Emperaire,
archéologue,
Simone Dreyfus-Roche,
ethnologue,
Claude Collin Delavaud, géographe,
Jacques
Violet, journaliste scientifique,
Maurice
et Katia Kraft, vulcanologues, Patrick
Baudry et
Jean-Loup Chrétien,
cosmonautes, et précédant Patrice Franceschi,
Jean-Louis
Etienne et Philippe Frey.
(Les textes paraissant dans le bulletin ci-dessus (et eux seuls!...) peuvent être reproduits sans autorisation préalable mais avec citation de la source.)
Mai 2000 : Sommaire de la NRA (papier)
- C.I.R.S.S. : 8° Colloque à Tombouctou (Nov. 2000)
- Thème des travaux
- Ordre du jour
- Comité de patronage
- Comité d'Honneur.- La découverte d'un squelette remet en question l'histoire du peuplement de l'Amérique.
- Les philtres d'amour en Afrique.
- Le clonage humain en voie d'être permis en Grande Bretagne.
Si vous n'êtes pas abonné et désirez le recevoir gracieusement il vous suffira de nous envoyer votre adresse postale.
L'essentiel en sera probablement publié sur notre site dans un délai d'environ trois mois.
Mars - Novembre 2000 : Cliquez ici : *NRA 2000
- Colloque International sur "Le
Patrimoine culturel Mauritanien" Nouakchott (29 nov. - 1er déc.
1999)
avec le patronage de la Banque
Mondiale. L'intervention du CIRSS.
- Découverte de 3000 manuscrits anciens à Tombouctou.
- Les Hurons du Canada ne sont plus que 1 500 !
- Dans le Nord du Burkina on trouve des Peuls sédentarisés.
- Menaces d'extinction pour les Pygmées du Centrafrique.
- Les indiens Kayapos possèdent de grandes connaissances.
- L'Université au secours
de l'Amazonie: Vingt trois universités des pays du bassin de l'Amazone
lancent un programme
commun pour préserver le
"poumon du monde". Un défi auquel s'associent l'UNESCO et la CEE.
- "La beauté comme ligne de vie chez les Navajos".
- Les Pharaons étaient-ils
noirs ?
L'essentiel en est publié
sur notre site (cf. ci-dessus : NRA 2000).
Jean-Marcel Hurault : Français et Indiens en Guyane : 1604 - 1972
Marc Abélès
et Henri-Pierre Jeudy : Anthropologie du politique