CHAPITRE 4.
L'ECRITURE,
LA LANGUE,
LES LETTRES.
"On ne sait pas lire l'Etrusque". Voici bien un aphorisme absurde, et pourtant combien répandu !
En
fait la lecture de l'étrusque ne présente aucune difficulté
: il suffit d'apprendre l'alphabet qui diffère peu, nous l'avons
dit (Chapitre 2), de l'alphabet grec que chacun connaît. La valeur
phonétique de certaines lettres est légèrement
différente, l'ordre de classement un peu perturbé, mais
ce ne sont que des détails.
Depuis la fin du XV° siècle
où Annio di Viterbo (de son vrai nom Giovanni Nanni) établissait
les principes de la lecture et le milieu du XVI° où, dans
un ouvrage dédié à Côme de Médicis,
Pier Francesco Giambullari recherchait les sources hébraïques
(!) de la langue des anciens Toscans, l'écriture ne pose pratiquement
plus de problèmes. Les seuls caractères qui n'existent
pas en grec sont le s+ transcrit par [+] (un signe en usage au second
millénaire en Crète dans l'écriture linéaire
B), le s' transcrit: M et [X] (signe commun dans toute la mer Egée)
et le f, noté 8 (signe adopté seulement au VI° siècle
et d'origine sans doute locale, en dépit de son existence antérieure
en particulier dans l'écriture hittite). Tous les autres caractères
sont déjà connus du lecteur et leur transcription dans
les publications se fait même en alphabet latin (à l'exception
du q qui,
comme en grec, transcrit la consonne th).
En règle générale les inscriptions étrusques s'écrivent de droite à gauche, très rarement (et presque toujours tardivement) de gauche à droite , enfin, dans quelques cas, en balayant la surface du support de droite à gauche, puis de gauche à droite, cette écriture est dite "boustrophédon" et apparaît aussi dans les inscriptions archaïques grecques, comme le code de Gortyne. Il existe enfin de très rares inscriptions spirales, et une inscription serpentant, c'est à dire dont l'écriture se retourne : celle de la tuile de Capoue.

Les très courts exemples qui suivent doivent permettre à chacun, avec l'aide de l'alphabet type ci-contre, de "lire" une inscription étrusque. En voici une extrêmement simple (sur un vase de Caere, inscription du VII° siècle) (TLE, 63).
Transcrit : mi qutum Karkanas

cette
inscription très courte indique l'appartenance et peut se traduire
ainsi :
mi = je - qutum = Kôton (nom d'un
vase grec, on trouve parfois qutun) - Karkanas
= génitif de Karkana, nom de personne.
Je suis le Kôton de Karkana.
Dans la tombe cérétaine du même Karkana on a aussi retrouvé une coupe sans doute destinée aux offrandes. Elle porte l'inscription :

Transcrit : mi Karkanas - Tahvna (TLE, 64).
mi = je - Karkanas = de Karkana - Tahvna = vase pour offrandes ?
Je (suis) la coupe (d'offrandes ?) de Karkana. (On trouve ailleurs le mot qapn qapna, qavhna avec un sens probablement identique, qu'il faut mettre en rapport avec la racine qap, origine de verbes signifiant : dédier, vouer).
Une inscription également du VII° siècle provenant d'Orvieto se lit ainsi :
transcrivons: mi Neries qavhna.
Cette fois la traduction est complètement inutile, la structure très simple de ces courtes phrases étant toujours la même... et le lecteur sera heureux de déchiffrer et de traduire lui-même cette inscription de Faleries Veteres datant du VII° siècle :

mi qutun lemaus'nas'
Il est donc clair que nous savons généralement "lire" les caractères étrusques, comprendre les inscriptions simples et que nous pouvons approximativement prononcer les mots. Mais il y a naturellement des cas beaucoup plus difficiles que ceux que nous venons de présenter.
D'abord, comme pour toute lecture d'inscriptions sur des objets ou des monuments, la qualité de l'écriture laisse souvent à désirer et il n'est pas rare que l'état de conservation soit si médiocre qu'il engendre une incertitude sur l'identification des lettres. Des rayures, des lacunes, des fractures sont courantes. Le jeu des restitutions et des hypothèses destinées à compléter les inscriptions fragmentaires est un des exercices de tout épigraphiste. Certaines inscriptions sont très peu lisibles. L'exemple le plus spectaculaire est sans aucun doute celui d'un épigraphe étrusque de Delphes que son inventeur parvient à lire en dépit de son très mauvais état de conservation, tandis que d'autres savants estiment ne rien pouvoir déchiffrer et affirment même qu'il n'y a pas de traces de texte écrit... La trouvaille, si elle était parfaitement lisible, aurait une valeur considérable, car elle attesterait une dédicace des Etrusques au dieu de Delphes à la suite d'un succès remporté sur les Chalcidiens à Cumes ! Mais à dire vrai cette lecture n'est nullement assurée et l'événement militaire qu'on a cru retrouver n'étant pas attesté par ailleurs, le document ne peut être exploité.
Parfois les lettres sont parfaitement lisibles, mais ce sont les mots qui ne sont pas identifiables. Il est fréquent en effet, surtout dans les inscriptions les plus archaïques, qu'il n'y ait aucune coupure entre les mots, ni même entre les phrases éventuelles, c'est l'écriture continue. Une des inscriptions qui, pour cette raison, semble presque illisible est incisée sur un petit vase à parfum de bucchero connu sous le nom "d'aryballe Poupé" du nom du savant belge qui l'étudia. Jugeons sur pièces :
zusatunin. aatiuq : arasaapha. nunaqimasuvemmaniciur : al. aalcuvaiserannauvei. nelusisnialthuiu. ri. athi. litiltalipilekatur. anuveecmiaxx(x)matesi. araturanuvevelusi. nasecethaiarai. naa. siikanzic : akarai.
Les seules coupures qui s'imposent sont celles qu'il faut glisser entre les doubles voyelles (aa) et après les désinences évidentes de cas connus. D'autres exemples du même type se retrouvent sur d'autres vases, ainsi sur le petit aryballe d'impasto conservé au musée de la Villa Giulia où une longue inscription sans coupure occupe le corps d'un serpent qui enroule ses méandres sur toute la surface de l'objet.
Il arrive aussi, surtout dans les inscriptions les plus anciennes, qu'il y ait plus de coupures que de mots. Des points superposés tantôt au nombre de deux, tantôt au nombre de trois, ponctuent les inscriptions. Mais il est évident que ces points ne correspondent pas à la séparation des mots ou des phrases. Ainsi en est-il de l'inscription connue d'un vase de Caere:
![]()
mini mu : l : vanice mamar : ce vel : xana : s
que nous transcrivons et traduisons plus loin. Les triples points sont-ils le souvenir d'une très ancienne structure de l'écriture qui aurait été initialement syllabique et qui serait ici en cours de transformation en système alphabétique, les points remplaçant petit à petit des voyelles autrefois écrites mais non prononcées ? Toujours est-il qu'il ne faut pas confondre ces points avec les séparations de mots qui ne deviennent courantes qu'à partir du IV° siècle.

D'autres
difficultés ne manquent pas d'apparaître en raison des
variantes de graphies selon les régions et au cours des siècles.
Quelques exemples suffiront pour s'en faire une idée. Nous savons
que les alphabets modèles, et leurs utilisations les plus archaïques,
n'avaient pas moins de quatre S. Ils sont notés [+] = s+ ; M=
s'; Z= s ; X= s. Le second demeure en usage jusqu'au déclin de
la civilisation étrusque, mais il s'écrit tantôt
M, tantôt [X], et, à Capoue, il garde jusqu'à la
fin la forme M (c'est le S' campanien). Le premier peut prendre la forme
[X] ou x, et le dernier peut aussi s'écrire +. On pourrait croire
que ces consonnes chuintantes sont interchangeables : il n'en est rien.
Ainsi les génitifs qui sont souvent en S se notent Z au sud et
en Campanie (s) et M au nord et dans l'intérieur (s'), tandis
qu'au milieu d'un mot le S s'écrit M au sud et Z au nord ! Des
remarques du même ordre pourraient être faites sur le M
et le N ainsi que sur le H qui s'écrit souvent [=] mais peut
devenir q
tandis que le théta grec (th), que nous notons q s'écrit successivement
. Le V, noté par un F, finit
par n'avoir plus rien de commun avec me signe initial et il s'écrit
tardivement
.Le T enfin, qui d'ordinaire est bien fixé, peut, à Caere,
s'écrire
.
Ainsi, même au niveau de la lecture, somme toute très simple, il faut admettre l'existence de petits problèmes. Les difficultés toutefois ne deviennent sérieuses qu'au-delà de ce stade.
Il existait des livres religieux, des archives, des poèmes, peut-être du théâtre écrits en Etrusque ; nous les évoquerons plus loin. Mais ces textes ont été perdus. Inscrits sur des supports périssables, lin, papyrus, parchemin ou tablettes, ils n'ont pas beaucoup survécu à la lente désaffection pour la langue parlée qui commence à se faire sentir dès la fin du second siècle avant notre ère. Les efforts d'un Auguste, pour sauver ces archives, ceux d'un Claude (Infra, Chapitre 13), même s'ils ont pu être efficaces dans l'instant, ce que nous ignorons, n'ont pas permis de conserver ces livres que personne n'a recopiés. N'oublions pas en effet que les textes des littératures antiques nous sont parvenus exclusivement grâce aux transcriptions monastiques du haut moyen âge. Dans un monde dominé par le bilinguisme Grec/Latin, il n'y avait naturellement pas place pour les livres désuets et archaïques d'une langue moribonde. Aussi les textes étrusques que nous connaissons sont-ils presque tous d'une grande pauvreté, courts, lacunaires, limités à des sujets toujours semblables, ils ne concernent qu'un tout petit aspect de la civilisation des Etrusques.
Le plus riche de ces vestiges est un fragment de livre écrit sur une bande de lin. Il a été retrouvé en Egypte où il avait été utilisé pour l'ensevelissement d'une momie. Le hasard des collections l'a fait parvenir au musée de Zagreb où il est actuellement conservé. C'est le seul livre de lin, le seul liber linteus, que l'antiquité nous ait transmis. On connaissait ces livres par les auteurs anciens ; leur importance était telle qu'on leur confiait la conservation des archives, beaucoup plus volontiers qu'aux rouleaux de papyrus ou aux volumes de parchemin. C'était encore le cas à Rome au milieu du V° siècle, alors que la Ville n'était qu'à peine émancipée de l'influence étrusque. Tite-Live en témoigne :
Licinius Macer affirme avoir trouvé les noms (des consuls) dans le traité avec Ardea et dans les livres de lin du temple de Juno Moneta. Tite-Live, IV,7).
Une étude minutieuse des traces de plis et de la disposition des lignes permet de dire qu'il était plié en accordéon. Cette présentation semble avoir été réservée aux livres les plus importants. Le "liber linteus" de Zagreb contient un long texte rituel qui prescrit la nature des cérémonies à accomplir à des jours précis en l'honneur de diverses divinités. Le texte compte plus de 1200 mots ; beaucoup, malheureusement, se répètent et la plupart appartiennent a un vocabulaire exclusivement religieux. Mais le livre de la momie de Zagreb demeure essentiel, tant pour la connaissance de la religion et des rites que pour celle de la langue.
Le second texte en importance provient de Santa Maria Capua Vetere, où s'élevait la florissante cité étrusque de Capoue. Ce texte est actuellement au Musée de Berlin Est, et on y peut lire plus de trois cents mots. Il s'agit cette fois encore de prescriptions religieuses, mais à caractère funéraire, et le rituel est gravé sur une large tuile.
Toutefois, les textes les plus célèbres sont sans aucun doute ceux qui ont été retrouvés dans les fondations d'un temple de l'une des zones portuaires de Caere, Pyrgi. Ils sont gravés sur des lamelles d'or qui étaient clouées sur une structure de bois. Deux de ces lamelles sont rédigées en étrusque, une troisième est écrite en langue punique. On a cru, et espéré, qu'il s'agissait là d'un véritable bilingue ; il n'en est rien, les deux rédactions, quoique traitant des mêmes faits, ne sont nullement des traductions l'une de l'autre, mais seulement des textes parallèles rédigés en une occasion commune, pour la dédicace du temple. Nous aurons l'occasion d'en reparler (infra, chapitre 7).
Ajoutons un cippe inscrit conservé à Pérouse qui parle de bornages, une lamelle de plomb, provenant de Magliano, près de Viterbe, et contenant des indications rituelles, une autre de Santa Marinella, près de Caere et quelques formules magiques éparses ça et là et on aura une idée des témoignages de la langue étrusque. Presque tous les autres écrits proviennent de monuments funéraires, hypogées, cippes, sarcophages ou urnes.
En effet, les inscriptions les plus nombreuses sont de très loin les épitaphes, formules funéraires le plus souvent très simples. Ainsi cette inscription d'Orvieto datant du VI° siècle indique seulement :
mi aviles sasunas = je suis de Aule de Sasuna (j'appartiens à Aule Sasuna).
Parfois les texte est plus précis, ainsi :
eca suqi neaznas arnqal nesl...= voici (eca, démonstratif) la tombe (suqi) de neazna, fils d'arnq nesl...

Avec de telles inscriptions, nous ne glanons que bien peu d'indices pour la compréhension de la langue et moins encore pour celle de la civilisation. Certaines sont beaucoup plus complexes et donnent des précisions sur l'âge du défunt, ses parentés, ses fonctions. Voici une inscription célèbre, souvent utilisée pour l'étude des magistratures et des fonctions politiques dans les républiques étrusques ; elle provient d'Orvieto :
vel arnqial ruva clan velusum nefs marniu spurana eprqnec tenve meclum rasnaes clevsinsl zilacnve.
= Vel, fils (clan) de Arnth et de Ruva, petit fils (nefs) de Vel (génitif en s, et particule de liaison um), géra la fonction (tenve) d'édile (?) (marniu) de la cité (spurana, spur= cité, spurana= civique) et celle de dictateur (??) (eprqnec, une inscription de Tarquinia indique qu'un personnage fut quatre fois eprqnec) il fut préteur (zilacnve verbe formé sur zilac ou zilaq = praetor = préteur) du peuple (?)(meclum) ou de la nation (?) ou de la ligue (?) étrusque (rasneas) ou préteur de la république à (ou pour) Chiusi (clevsinsl).

Ne nous attachons pas au difficile problème de l'interprétation controversée de cette épitaphe où l'on a voulu successivement reconnaître l'existence d'une magistrature fédérale étrusque et au contraire tout récemment l'inexistence de celle-ci : nous y reviendrons (infra Chapitre 10). Bornons nous à mettre en évidence notre acquis grammatical. Nous y avons reconnu un nom au nominatif, des appositions à ce nom, des formes aux génitif, des adjectifs, une sorte de locatif formé sur le nom d'un ville, et deux verbes à un temps du passé, dont l'un est dérivé du nom d'une fonction politique. Le tissu linguistique est ici beaucoup plus serré, et c'est en multipliant les comparaisons entre des textes en apparence aussi sommaires, que la connaissance de la langue progresse. Pourtant, à la lecture de cette simple inscription, on ne peut manquer d'être frappé par le nombre et l'étendue de nos incertitudes. Celles-ci toutefois sont de l'ordre du vocabulaire, beaucoup plus que de celui de la grammaire.
Le fonctionnement grammatical de la langue étrusque est médiocrement connu. Il est très complexe, aussi, dans le cadre limité de cette introduction, il n'y a pas place pour un véritable exposé de la question. Toutefois ce qui est nécessaire à l'épigraphiste amateur qui tente de déchiffrer l'inscription d'un monument est relativement simple. Enumérons quelques règles élémentaires.
Les formes, natures et fonctions des mots sont déterminées par des désinences dont le noyau est une consonne, celle-ci peut être précédée (ou suivie) d'une voyelle destinée à la rendre sonore.
Le genre des mots n'est réellement connu que pour les noms propres dont le féminin se forme par adjonction d'une désinence en a, qa, ia ou i :
Lautni
= affranchi (ou client), Lautniqa = affranchie.
Le nombre est indiqué
d'une manière comparable par des suffixes en r, l ou a :
Suqi, (tombeau), pluriel
:suqil.
Clan, clen, (fils), pluriel : clanar, clenar.
Les fonctions sont
indiquées par des désinences propres aux cas.
Les
noms semblent appartenir à deux types, ayant des déclinaisons
différentes, identifiables par la forme du génitif.
Les noms féminins se terminant par i et certains noms propres se terminant par s, q et n, ont un génitif en l, al, ial, ou inversé en la.
Prenons
quelques exemples, de préférence dans les inscriptions
déjà citées :
Uni, génitif : unial (Junon,
Héra).
Arnq,
génitif: arnqal
ou arnqial
(Prénom très fréquent).
Les
autres noms ont un génitif en s, es, ou us.
Sasuna, génitif
: Sasunas (nom propre).
Avile, génitif : Aviles (prénom).
Le
génitif étrusque indique l'appartenance ou l'origine :
c'est un peu le cas à tout faire.
Le datif dérive
du génitif,aux génitifs en s on ajoute i, aux génitifs
en l, on ajoute e :
Apa = père. Apas = du père. Apasi
= au père.
Larq
= prénom. Larqial
= de larq.
Larqiale
= à Larq.
L'ablatif
se forme sur les génitifs en l par l'adjonction d'un s :
Larqial
= de Larq ;
Larqials
= par Larq.
Lorsque
le génitif est en s, l'ablatif se forme par modification de la
voyelle qui précède le s :
Apas = du père.
Apes = par le père.
Velus = de Vel. Veluis = par Vel.
L'accusatif n'est attesté avec certitude que pour le pronom personnel :
mi
(nominatif) mini (accusatif).
ainsi :mini mulvanice mamarce velcanas
(littéralement)
mamarce de Velcana
m'a dédié.(Cf supra).
Mais
souvent on interprète comme un accusatif pluriel les désinences
en ri :
Meqlum
= territoire, région. Meqlumeri = acc. Les régions.
Fler = offrande.
Flereri = acc. Les offrandes.
Il
existe une autre désinence ayant valeur de cas :
Le
locatif (indication du lieu) s'exprime par une désinence t ou
q:
Velk
= Vulci ; Velkqi
= dans Vulci.
Spur = La ville ; Spureqi = dans la ville.
Meqlum = le territoire. Meqlumq
= dans le territoire.
On ne sait trop pourquoi, la langue étrusque aime insister sur les fonctions et au besoin les répéter. Ainsi le génitif de Clevsin, (Chiusi, nom de ville) devrait être Clevsins, or nous avons rencontré : Clevsinsl , avec les deux désinences s et l marquant le génitif des noms. On rencontre de même larq, génitif : Larqal ou larqial, mais aussi : Larqals. On dit dans ce cas que le génitif est redéterminé.
Toutefois
ce même procédé peut être utilisé pour
porter les cas à la puissance 2. C'est alors le génitif
du génitif :
Vel Aviles (Vel fils de Aule) devient au génitif
: Velus
Avilesla.
(nous soulignons les signes du génitif).
On
peut même en arriver à un génitif triple, le second
étant redéterminé et le troisième un génitif
de génitif :
Larqalsla = du fils de Larq.
De la même manière, le locatif
que nous avons mis en évidence peut être modifié
par un génitif ou modifier un génitif :
Velkalqi = de ce qui ce trouve
dans Vulci
Velsnalqi
= de ce qui est dans Volsinies
C'est encore au moyen de désinences particulières, véritables suffixes, que se forment les adjectifs. Retenons l'emploi fréquent, pour cet usage, du suffixe na, qui peut être, en cas de nécessité euphonique, précédé d'une voyelle, i ou e.
Tuqi = état, Tuqina = étatique,
public.
Spur = Cité, Spurana = civique.
Suqi = tombeau, Suqina = funéraire.
Les
adjectifs numéraux se forment en ajoutant un suffixe au nom :
Zal = deux, Zelur = second.
Les
adverbes numeraux se forment au moyen du suffixe z :
Ci = trois,
Ciz = trois fois.
Comme en Latin, les nombres immédiatement inférieurs aux dizaines se forment par une sorte de soustraction, ainsi on ne dit pas vingt huit, mais deux ôtés de trente, ce qui s'écrit IIXXX = Zal em cesalc.
Les
verbes enfin se forment par l'adjonction d'une désinence propre
à la racine de certains noms. C'est le parfait en "ce"
qui est le plus facile à reconnaître, il est en "ce"
:
Mulac
= offrande, Muluvanice = a offert.
Zilacce, Zilacnuce = a exercé la fonction de Zilaq (c'est à dire
Préteur).
Lupu = mort, Lupuce = est mort.
La
forme passive du même temps est en "ce" :
Zic = livre, écrit, dessin (?). Zicuce = a été écrit ou dessiné.
Le passé simple se termine en a ou sa :
Tesamsa = prit
soin.
Le
participe passé se forme au moyen des suffixes en qas et anas :
Zicanas : écrit
ou dessiné.
L'impératif
se traduit par la seule racine du mot ou par l'adjonction d'une désinence
en q :
Mulu = offrir, mulu = offre.
Nun, Nuna = don, Nunqen, Nunqenq
= donne.
Enfin,
comme en Latin (avec la particule "que"), la liaison entre
deux mots ou deux parties de phrases peut se faite au moyen d'une consonne
que l'on ajoute, en l'occurence C, qui a valeur de conjonction :
Partunus vel velqurus
satlnalc
ramqas clan.
Vel Partunu, fils de Velthur et de Satlnei Ramtha.
Ces quelques indications doivent permettre de comprendre la plupart des épitaphes simples que le lecteur pourra rencontrer sur les urnes et les sarcophages, dans les musées ou les tombes. Nous donnons en fin de volume un court lexique des mots les plus fréquents.
Nous attachons au mot littérature un sens qui n'était nullement en usage dans les sociétés antiques et ce que nous savons des écrits en langue étrusque aujourd'hui disparus ne semble guère mériter ce nom. Les anciens toutefois n'étaient pas de cet avis. Tite Live nous apporte un singulier témoignage de la faveur où les Romains de la fin du IVème siècle tenaient les lettres toscanes. En conflit avec les Etrusques, les Romains viennent de remporter un succès :
On pensa poursuivre les Etrusques dans la forêt Ciminienne...mais nul n'osait y pénétrer...Un de ceux qui se trouvaient là, un frère du consul M. Fabius que certains nomment Caesus et d'autres C. Claudius et qui dans ce cas n'aurait été qu'un frère utérin, se proposa pour aller reconnaître les lieux avec promesse d'en rapporter bientôt des renseignements sûrs. Elevé à Caere chez des hôtes, il y avait appris les lettres étrusques et il savait la langue parfaitement. Je connais des auteurs qui assurent qu'alors il était courant que de jeunes Romains aillent étudier les lettres étrusques comme nous les envoyons aujourd'hui étudier les lettres grecques. (Tite Live, IX, XXXVI.).
On a, peut-être avec raison, tiré argument de ce passage très surprenant pour estimer que les jeunes gens de la bonne société romaine venaient en Etrurie apprendre l'équivalent des poèmes homériques, peut-être même les poètes ou les tragiques grecs, déjà traduits ou adaptés en étrusque.
La chose toutefois ne nous semble pas certaine. Nous savons bien que pour les jeunes Romains l'étude d'Homère n'avait aucun but réellement littéraire : on y trouvait prétexte à réflexions morales. A la limite, Homère était d'abord un recueil d'exempla sur lesquels on pouvait gloser. Le but de cette éducation n'était nullement esthétique, il était éthique. Or une telle fin n'implique pas nécessairement l'étude d'une littérature au sens moderne du terme. Les livres étrusques dont nous avons des mentions certaines peuvent avoir servi de support à une semblable éducation. L'existence de plusieurs "genres" littéraires est matériellement attestée.
Les livres sacrés constituaient dans leur ensemble l'Etrusca Disciplina. Ils étaient le résultat d'une véritable "révélation". Chaque cité importante semble avoir eu son ensemble de textes, jalousement gardés par les familles dominantes. Aussi les légendes originelles différent-elles géographiquement. Nous avons déjà évoqué Tagès, l'enfant à sagesse de vieillard sorti d'un sillon de Tarquinia, il révéla à Tarchon ce qui devait devenir la version tarquinienne de l'Etrusca disciplina où l'haruspicine tenait une grande place. Mais à Chiusi, c'est une nymphe, Vegoe, qui révèle à Arruns Velthumnus les décrets de Jupiter. Elle parle de la division du sol, des bornages, elle évoque la naissance du monde et prédit, dans une prophétie maintes fois sollicitée à des fins politiques, la fin des temps étrusques. Il semble que la collection des textes sacrés de Chiusi ait du procéder de cette "révélation". Lorsque la tradition rapporte l'édifiante histoire du roi Numa qui à Rome légifère dans le domaine religieux sous l'inspiration nocturne de la nymphe Egérie, lorsqu'elle évoque, toujours à Rome, l'inspiration sacrée des réformes de Servius Tullius qui recoit ses révélations de la déesse Fortuna, elle ne fait que répéter les thèmes étrusques que nous trouvons à l'origine de tous les livres sacrés. Un autre "prophète" semble s'être exprimé dans presque toute l'Etrurie, c'est Cacu qui enseigne par le chant le jeune Artile, sans doute l'Arruns de Chiusi encore jeune. Le même Cacu aurait été, selon une légende romaine, emprisonné par Tarchon et nous le voyons ailleurs assailli par les frères Vibenna. Ces luttes autour du prophète semblent bien refléter des conflits d'influences entre les cités et leurs grandes familles, jalouses des livres sacrés qui constituent une sorte de garantie à leur légitimité.
Ce sont donc d'abord ces livres sacrés, clés des rapports avec le monde des dieux et bases d'une évidente puissance politique, qui constituent le fond des "lettres étrusques" auxquelles les jeunes nobles romains doivent s'initier. Lorsque Auguste, dans sa grande entreprise de restauration religieuse et de restructuration politique, éprouve la nécessité de s'appuyer sur le prestige des anciennes aristocraties ralliées, l'un de ses premiers soins est de réunir à Rome, fût-ce sous forme de copies, ces livres conservés par les familles des "principes" de Toscane. Et c'est encore lui qui donne comme précepteur à ses enfants adoptifs, Caius et Lucius Caesar, le savant érudit Verrius Flaccus, connaisseur parfait de la tradition littéraire étrusque. Ainsi s'éclaire la fonction réelle de cette éducation : elle est à la fois princière et nationale.
Nous traiterons plus loin (Chapitre 6) de l'Etrusca Disciplina et de son contenu religieux. Bornons nous ici à rappeler qu'il existait des livres divinatoires : libri haruspicini et libri fulgurales, des recueils rituels libri rituales qui régentaient pratiquement toutes les actions et au nombre desquels se trouvaient des guides de l'au-delà, les libri acherontici, enfin les livres du destin : libri fatales qui permettaient de reconnaître, en particulier dans les prodiges, l'articulation inéluctable des siècles. Mais les bibliothèques des grandes familles contenaient des recueils tout différents et des témoignages en sont parvenus jusqu'à nous.
En effet, des archives gentilices existaient sans aucun doute dans les grandes maisons princières étrusques. Elles étaient la mémoire des hauts faits des ancêtres. Nous n'en citerons que deux preuves irréfutables.
Sur les parois de la tombe François à Vulci (ainsi nommée du nom de son inventeur) se développe une longue frise thématiquement très complexe. Tandis que sur certaines parois se déroulent des scènes tirées de l'Illiade, sur d'autres s'affrontent en des combats sans merci des héros étrusques de diverses cités et des combattants romains. Mastrana, dont nous savons qu'il n'est autre que le roi étrusque de Rome Servius Tullius, libère Caile Vibenna, tandis que d'autres étrusques de Vulci, au nombre desquels Aule Vibenna, attaquent et tuent des personnages de Volsinies, de Sovana, de Faleries et un Tarquin de Rome. Dans l'atrium, l'ancêtre de la famille, Vel Saties, observe le vol d'un oiseau et, par la prise des auspices, assume donc la responsabilité de cette victoire des vulciens. Cette peinture date des années 340/310, elle est donc postérieure de plus de deux siècles aux événements commémorés. Seule l'existence de chroniques ou d'archives dans la famille Saties peut expliquer qu'en pleine période de guerre contre Rome on ressuscite comme un exemple des luttes présentes cette geste dont la mémoire honore la cité et la famille du défunt.
Beaucoup plus tard, sous le règne d'Auguste ou sous celui de Claude, une grande famille de Tarquinia élève un monument à la gloire de ses ancêtres. Sur une base de maçonnerie qui touche le temple principal de la cité, elle fait dresser trois statues, sans doute de bronze. Des fragments des inscriptions latines qui se développaient sur ce monument sont parvenus jusqu'à nous. Ils commémorent des faits d'armes très anciens dont l'un, une heureuse expédition militaire outre-mer, remonte peut-être au VI° siècle. Aucun de toute manière n'est postérieur au milieu du IV° siècle. Là encore, seules des archives familiales peuvent justifier une mémoire qui survit pendant au moins quatre siècles.
C'est à partir de ces documents familiaux ou civiques, en utilisant ces archives et ces annales, que, vers le second siècle, des auteurs étrusques ont commencé à rassembler en chroniques les faits dispersés de l'histoire de leur peuple. Rien ne nous en est réellement connu que le nom d'un de ces derniers historiens, et nous ne savons même pas s'il écrivait réellement en Etrusque, il s'agit d'Aulus Caecina, l'érudit informateur du de divinatione de Cicéron. Un minuscule fragment de son oeuvre nous est parvenu, il évoque la création de l'Etrurie padane, les rites qui présidaient aux fondations des villes et l'établissement du calendrier. D'autres historiens étrusques se préoccupaient de calibrer le temps dans des chronologies complexes, de reconnaître le déroulement du destin au long des saecula, de décrire le passage d'une de ces ères à une autre. Varron, qui est un contemporain de Caesar, se fait l'écho de ces chronographies qu'il faut sans doute attribuer à Tarquitius Priscus.
La dernière en date des grandes entreprises historiques étrusques fut celle de l'empereur Claude qui, selon Suetone :
écrivit deux histoires en grec, celle des Tyrrhéniens en vingt livres et celle des Carthaginois en huit. (Suétone, vie de Claude, XLII).
Il y a tout lieu de penser qu'il n'écrivait qu'après s'être référé aux meilleures sources, c'est à dire aux chroniqueurs étrusques dont il lisait la langue. Ainsi dans le fameux discours prononcé à Lyon, il identifie le roi Servius Tullius avec l'Etrusque Mastarna, et nous savons qu'il avait fait célébrer les jeux séculaires :
parce qu'Auguste les avait donnés trop tôt, avant leur date normale. (Suetone, vie de Claude, XXI).
Mieux qu'un autre en effet, il était à même de se référer aux libri fatales qui permettaient de reconnaître les temps.
De ces chroniques, de ces Tuscae historiae dont parlait Varron, il ne reste rien : le naufrage a été total. Du moins sommes-nous certains qu'il avait existé une littérature historique.
Le théâtre étrusque, dont nous reparlerons (Chapitre 9), a connu une grande vitalité. Mais faut-il parler de littérature dramatique ?
Varron témoigne dans ce sens lorsqu'il évoque un auteur du second siècle, philologue et dramaturge :
Volnius, qui a écrit des tragédies en Etrusque. (Varron, De Lingua Latina, V, 25). D'autres avant lui avaient peut-être fait de même. Certains avaient pu traduire ou adapter des tragédies grecques, mais cette hypothèse n'est que du domaine de la vraisemblance. Cette allusion est-elle la seule preuve de l'existence d'un théâtre en langue étrusque ? D'autres indices permettraient d'étayer ce témoignage. On a voulu en effet reconnaître dans les scènes, souvent dramatiques, des urnes et des sarcophages tardifs, les moments les plus tendus de représentations théâtrales de tragédies issues de mythes helléniques et portés sur la scène toscane. On a identifié le cycle thébain, des scènes de l'Orestie, des tragédies post-classiques. Mais ces représentations à l'apparence dramatique dérivent-elles de spectacles réels ou de simples images italiotes de ces spectacles montés sur des scènes grecques ? Il est malheureusement impossible d'en décider. Ici ou là, inscrits sur un miroir, on peut lire des fragments de vers au rythme original qui semblent provenir de quelque poème sans doute très connu et qui pourraient appartenir à une tragédie. Mais là s'arrêtent nos indices ; gardons nous de les solliciter.
En effet des poèmes existaient à coup sûr, et ces fragments peuvent en provenir. Certains passages répétitifs du texte de la momie de Zagreb ont un rythme soutenu est sans doute poétique. C'est le cas en particulier des passages qui évoquent les libations de vin en l'honneur de Nequn. C'est aussi un poème en musique que chante, dans un état proche de l'extase, le musicien de la tombe tarquinienne del citaredo, et il nous semble évident que certains mythes grecs, en apparence non déviés, n'ont pas pu être transmis et largement adoptés autrement que par des traductions ou des adaptations en langue étrusque.
Un genre littéraire typique de la basse vallée du Tibre a laissé davantage de traces, il s'agit des chants fescennins. Ce sont des poèmes populaires, d'un comique souvent épais et qui affectionnaient un vocabulaire grossier, voire obscène. La petite ville de Fescennium, en pays falisque, était étrusque et ces chants avaient une origine locale. On ne peut savoir toutefois si ce répertoire était aussi celui des ludions et des histrions qui se produisaient dans tout le pays et au-delà; peut-être ceux-ci n'étaient-ils que des mimes. En revanche, ce comique un peu pesant a joué son rôle dans la naissance de la comédie italienne dont les Etrusques semblent avoir été les initiateurs.
Somme toute, même s'il n'en reste rien que des souvenirs infimes, il y a eu des écrits en langue étrusque, ils ont joué un rôle capital dans le domaine religieux, important dans le secteur très voisin de la politique, considérable dans celui de l'annalistique. Peut-être n'est-ce pas là une authentique littérature, mais au moment où cette langue disparaît, au milieu du second siècle avant notre ère, la langue latine n'a pas fait naître beaucoup d'oeuvres d'envergure très supérieure. Surtout, cette langue fixée par l'écriture affermit l'originalité de la civilisation qu'elle exprime.
Les alphabets modèles dont nous avons évoqué l'existence, au tout début de l'écriture de la langue étrusque, appartiennent à deux catégories, en fonction du support sur lequel ils sont gravés : ceux qui peuvent avoir réellement servi de modèles d'écriture, et ceux qui ne le peuvent pas. S'il est parfaitement logique de rencontrer un abécédaire sur une plaquette comme celle de Marsiliana d'Albegna qui servait à écrire, il semble beaucoup plus surprenant d'en rencontrer sur des objets qui n'ont aucune relation avec l'acte d'écrire. Or nous en connaissons un assez grand nombre qui se développent sur des vases à parfum ou des petites amphores, sur des tuiles ou des coupes quand ce n'est pas sur une fusaiolle. Ils ne peuvent avoir servi réellement de modèles et ces inscriptions n'ont pas non plus pour fonction d'indiquer l'appartenance. Toute une catégorie d'alphabets n'a donc pas d'autre raison d'être que mettre en évidence l'aptitude à l'écriture, que de démontrer la maîtrise de l'écrit. Accéder à l'écrit, c'est affirmer son appartenance aux milieux les plus évolués, les plus riches et les plus puissants, c'est détenir un pouvoir. Dès les débuts, l'écrit s'affirme comme un privilège et un outil de puissance. Tout au long de l'histoire étrusque, nous retrouverons ce caractère nettement aristocratique de l'écrit. Les hommes sur les sarcophages tardifs, déroulent cérémonieusement un rouleau, un volumen, comme le célèbre Laris Pulenas de Tarquinia, d'autres tiennent des dyptiques ou des polyptiques inscrits, des femmes sur les urnes de Volterra présentent ostensiblement des carnets de tablettes, sur un sarcophage de Caere, un défunt a fait figurer un liber linteus : la présence d'un livre vaut un blason.
Il ne faut pas s'étonner de cette considération dont jouit l'écriture, c'est qu'elle a une fonction non seulement sociale mais politique.
Les scribes et les secrétaires sont des domestiques et des familiers du plus haut rang. Si l'on en croit Tite Live (II,12,7), Mucius Scaevola, qui s'est introduit dans le camp des Etrusques, ne distingue pas le "roi" Porsenna de son secrétaire qui siège à ses côtés :
assis avec le Roi et vêtu presque comme lui.
Un sarcophage bien connu montre le cortège d'un magistrat précédé de licteurs ; il est sur un char et son secrétaire tenant d'immenses tablettes est en train de monter à ses côtés.

La place sociale très élevée de ces scribes, qui ne sont au fond que des dépendants, ne peut s'expliquer que par l'importance de leurs fonctions et le caractère indispensable de leur activité.
Enfin, dans cette civilisation arpentée et cadastrée, les cippes de bornage, inscrits et intangibles, jouent un rôle capital pour la détermination des domaines et l'affirmation de la propriété.
L'écrit est donc à la fois un élément de distinction sociale, un outil économique, un garant de la puissance gentilice et une arme de pouvoir; il joue un rôle trop méconnu dans la création et le développement des cités.
Nous commencions ce chapitre en évoquant l'incapacité
partielle où nous sommes de comprendre les écrits étrusques.
Pour apprécier cette obscurité relative que les recherches
éclairent lentement, il ne faut surtout pas oublier que nous
connaissons à peine mieux les inscriptions latines contemporaines
de nos documents étrusques et que la lecture de la pierre noire
du Forum ou celle du chant des Saliens sont incertaines et incomplètes.
Ces deux textes appartiennent pourtant à cette langue latine
que l'on écrit encore aujourd'hui !
Les problèmes sérieux que pose la langue ne sauraient être des mystères.