Marcel Moreau : le sacre de la femme
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Le sacre de la femme
L'éther vague, 1991


 

Avec ce Sacre, j'ai tenté de traduire une intuition dont je ne démords pas : que le monde sensoriel de la femme contient ou brasse d'extraordinaires énergies, rarement soupçonnées, certaines éclipsées par la connaissance générale ("hermaphrodite") que nous avons des forces obscures.
J'ai cru percevoir dans son "enseveli" - sa nuit charnelle - des signes de démesure, de brisement de limites dont l'image qu'elle nous donne, ou que sa légende nous donne d'elle-même, ne rend que parcimonieusement compte. Ce gisement-là, j'aurais pu le désigner sous le triple aspect de la femme-mère, de la femme-émoi, de la femme-désir. L'Amour, bête ou fou, pervers ou romantique, blessé ou triomphant, m'a conduit dans une direction où les chances d'être troublé, au plus profond de soi, sont assez grandes pour qu'elles nous consolent de n'avoir approché qu'une parcelle du prodigieux mystère.
De relire ce livre tisse nostalgie en moi. Depuis, les excès ont fait leur œuvre. Reste ce goût bizarre, ni amer ni lénifiant, qu'à la mémoire encore frissonnante lorsqu'elle nous renvoie à nos passions majeures.
Rien ne se perd jamais tout à fait de nos élans d'insensé vers "l'inaccessible étoile".

 

 


 

Lu dans la presse à propos du Sacre de la Femme :

Voilà incontestablement un écrivain de race, où le congestionné et le gesticulatoire du style, qui d'ordinaire ne sont pas mon fort, se sauvent par l'excellence de la langue sa mesure dans la démesure, le goût dont il sait faire preuve jusque dans les passages les plus osés. De page en page, on est ébloui par des trouvailles d'images et de vocabulaires ensorcelantes. (...) Écrit dans une prose harmonieuse et riche, hallucinée et fascinante
Maurice Chaplan  (Le Figaro)

 

A l'orée de ce texte superbe et vertigineux, où l'érotisme n'est qu'un moment d'une grande fête du corps et du verbe, de l'être, n'est-il pas dit : "Le bonheur serait d'écrire, d'adorer à l'infini ?"
Claude bonnefoy (Les nouvelles littéraires)

 

Que dire de Sacre pour la femme (...) Que cet essai plein de délire et de tumulte, de bruit et de splendeurs, de fulgurances et de brûlure est un livre surprenant comme tous ceux que signe cet auteur qui plane dans le génie  comme d'autres pataugent dans le simple talent ? Oui bien sûr (...) Faut-il le préciser ? Je considèrent Marcel Moreau comme l'un des dix grands écrivains de cette époque (...) Il est sans doute le plus grand  mal connu de ces dernières années et sans aucun doute le plus superbement doué.
Jacques Sternberg (Le Matin de Paris)

 

Avec sa rage d'atteindre aux régions abyssales de la vie, l'auteur de la Pensée Mongole et de L'ivre Livre est parmi les plus capables de suppléer à l'expérience directe par la fulgurance verbale. ...) Anaïs Nin admirait beaucoup les livres de Marcel Moreau. Quel dommage qu'elle ne lise jamais celui-ci ! On aurait aimé connaître sa réaction, elle qui avait su comprendre à la fois le point de vue  de la femme sur sa condition et celui des hommes.
Bertrand Poirot-Delpech (Le Monde)

 

Surprenante traversée de cet enfant du Borinage, descendant d'interminables génération d'ouvriers, investi par la flamme de l'écriture comme par des langues de feu de la Pentecôte. Décapé des fausses convenances, l'inspiration restitue le frémissement de la sensualité, calligraphie la jouissance avec un mémoire sans faille.
Anne Pons
(Le Point)

 

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L'Araignée


par l'Araignée , avril, 1998


L'Araignée