SEIJI YOKOYAMA
Le succès de Saint Seiya, c'est aussi ces merveilleuses BGM (Back Ground Music, musiques de fond) qui jalonnent l'anime. En effet, qui n'aime pas Saint Seiya rien que pour son support musical ? Ce dernier a fait l'objet d'un traitement tout à fait particulier et contribue au succès d'estime de la série.
Yoshifumi Hatano, un des producteurs de l'anime, grand admirateur de Yokoyama devant l'éternel décida de confier à ce dernier une tâche bien périlleuse, à savoir composer une oeuvre originale dont les mélodies tendraient à magnifier l'oeuvre de Kurumada et surtout sans la déformer. Heureuse idée !
Seiji Yokoyama est né le 17 mars 1935 à Hiroshima. Il empocha en 57 son diplôme de compositeur au conservatoire national de musique. La surprise se lit alors sur les visages des gens lorsque l'on apprend qu'il ne sait jouer d'aucun instrument de musique ! Cette "tare" lui impose un système de travail bien particulié de composition (une élaboration par petits morceaux, une technique lente à priori mais qui s'avère comporter certains avantages, notamment la diminution de la marge d'erreur).
Le style de Yokoyama, et c'est plus qu'évident, va évoluer et se bonifier tout au long des 114 épisodes et des quatres films, avec pour aboutissement le CD image album Hadès, sortit en 1990. De nouveaux instruments se greffent au fur et à mesure à l'orchestre, avec un résultat aussi beau qu'inattendu.
Le charme agit dès la partie du Sanctuaire, mêlant musiques d'action entraînantes et musiques larmoyantes d'une émouvante beauté (le Thème d'Athéna ou encore le Hyoga Mother Complex, pour ne citer que ces deux exemples... Mais il y en a beaucoup d'autres !). Pour beaucoup, il s'agit de la meilleure période. Mais sur ce point, les avis divergent. Un nouveau palier est franchit avec l'OAV Asgard dont les choeurs et les musiques "enneigées" ont fait rêver les foules ! La série Asgard arrive dans la foulée, reprennant les thèmes de l'OAV pilote avec de nouvelles musiques toutes aussi réussies les unes que les autres (comme la musique, assez méconnue, entendue à la mort d'Hagen) et on assiste par la même occasion à l'introduction plus que remarquée de l'harmonica et de l'accordéon dans le répertoire du compositeur. La partie Poseïdon, bien qu'ayant déçu au niveau scenario, n'a pas déçu au niveau musical. Loin de là ! Cette fois, c'est l'utilisation sublimissime de la mandoline qui touche les esprits... Et, malgré tout, les musiques d'ambiance "maritime" contribuent largement à l'affection portée à la saga "Poseïdon".
Yokoyama "touche" à tous les instruments possibles et imaginables (classiques, à cordes, à vent, cuivres mais aussi de la guitare électrique), avec le résultat que l'on connaît !
On ne peut parler du style "Yokoyama" sans évoquer ces mélopées larmoyantes, d'une beauté sans égale, fredonnées par Kazuko Kawashima, laquelle les signa toutes du sublime timbre de sa voix. Un exemple connu parmis tant d'autres, la mélopée entendue dans le film Abel, Deucalion, entendue au moment de la destruction de la terre... La chaire de poule ou les larmes ne sont font pas attendre !
Bien entendu, la carrière de Yokoyama ne se résume pas qu'à Saint Seiya. Peu savent en effet que le maître a signé les BGM de Captain Harlock, alias Albator en France ! Logique puisqu'elles ont été refaites par Barbelivien et Eric Charden ! (Si, Si !!)... Pour qu'elle absurde raison? Allez savoir... Mais il faut reconnaître que les français ne se sont pas trop mal débrouillés ! En 1980, il participe à Yami no Keio Kyuketsuki Dracula (où officiait déjà la choriste Kazuko Kawashima !). En 1982, il travaille sur Furôun, un film assez méconnu... Xanadu, Dragon Slayer densetsu, Metalder, Winspector et Sangokushi figurent également à son palmarès de Génie de la musique japonaise.
Mais rien en rapport avec Saint Seiya, son oeuvre majeure, reconnue de tous à travers le monde. Force est de constater que chaque fan pur et dur de l'anime est également féru de Yokoyama ! Et ce n'est pas un hasard ! Qui d'autre que Yokoyama aurait pu ainsi par son talent et sa sensibilité magnifier un dessin-animé comme il le fit avec les "Chevaliers" ? Quel autre compositeur a eu le mérite de nous extraire des torrents de larmes à chaque épisode ?
Si l'on devait résumer Saint Seiya musicalement, je dirais ceci:
C'est une parabole intense sur l'émotion et le courage, une oeuvre dépassant largement la simple BO pour toucher à l'éternité... Un pur chef-d'oeuvre d'une déchirante beauté !
@rion
(les infos sur les autres oeuvres de Yokoyama signées Naoki)
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