Jardin d'Arvières
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Bulletin de liaison de l'association
"La pensée buissonnière" : extraits

 

Edito
Retrouvance

Ce mois de mai est pour l'association un évènement heureux, celui de "la Retrouvance de la source de St Arthaud". Encore quelques aménagements et nous serons prêts pour le 23 juin.
Nous en parlions depuis longtemps de cette source oubliée, peut-être perdue à jamais. Plusieurs éboulements (décidément !) en avaient comblé l'issue. Des témoignages nous confirmaient sa localisation. Henri Janicot, fils du dernier garde forestier ayant vécu à Arvières, nous avait contés qu'enfant pendant la grande guerre, en l'absence de son père mobilisé, il allait avec sa mère y quérir l'eau en rampant jusqu'au lac souterrain ; un document du Touring Club de France en montrait même la configuration. Un peu d'argent pour l'engin, beaucoup de travail bénévole, l'aide de l'entreprise Muso et l'autorisation de la Mairie de Lochieu, voilà les acteurs de cette "Retrouvance".
Source première de la chartreuse, miraculeuse dit-on, nous l'avons dédiée à St Arthaud qui mérite bien une source !
Retrouver l'eau égarée sous des dédales rocheux est en soi une belle image ; mais cet acte comme tout ce que nous entreprenons à Arvières n'est pas gratuit : ce parcours associatif accompagne la recherche de nos racines et de nos ailes, tel le cheminement de notre "Retrouvance" personnelle.

Catherine et Michel Perrouse

 

Vie de l'association

On inaugure la saison 2002 le 23 juin en collaboration avec la mairie de Lochieu.
Venez découvrir l'exposition sur les huiles oubliées, réalisée par Jean-Paul et Nathalie : oeillette, faine, carthame, choux, chardon marie, noisettes ...
Venez empreinter le chemin de la source de la "Retrouvance".
Venez parcourir les nouveaux aménagements du jardin qui se réveille.

L'école buissonnière à Arvières
Nathalie accueille en juin, dix écoles primaires et le collège de Macon, en partenariat avec l'Observatoire de la Lèbe. Trois journées se dérouleront également à l'école Montessori de Champagne en Valromey. Ce type d'accueil est pour elle un nouvel apprentissage qui a nécessité un travail important : en effet, en s'adressant à des enfants et particulièrement aux plus jeunes, l'objectif n'est pas d'apporter une somme de connaissances botaniques ou ethnobotaniques mais de les inviter à observer, découvir, s'interroger. Dans un premier temps, la démarche doit prendre la fome d'animations ludiques qui pourront éveiller à l'apport de connaissances théoriques et devenir complémentaires du travail pédagogique des enseigants.
Nous espérons ainsi établir un contact avec le milieu de l'école pour mieux comprendre les attentes des professeurs et évoluer de l'animation ponctuelle à un partenariat sur l'ensemble de l'année scolaire.
"Le bouche à oreille" étant la communication la plus efficace, merci d'en parler autour de vous.

 

Coin cuisine
Légumineuses au jardin du Mesnagier de Paris (1372)

Au Moyen Age, les "légumes" sont des graines comestibles des fruits en gousse, les légumes secs d'aujourd'hui ; l'origine du mot venant du latin legumen ou gousse.
C'est seulement au XVII siècles que "légumes" deviendra l'appellation générique de l'ensemble des aliments végétaux réunis sous ce nom.
Avec les céréales consommées en bouillie ou fromentée et dans les soupes, les légumineuses constituent l'alimentation végétale de base : leur aptitude à la conservation hivernale, leur bonne teneur en protéines représentent une ressource alimentaire pour le peuple, viande et poisson étant rares, sinon exceptionnels dans les classes inférieures.
Au jardin d'Arvières, Michel et Jean-Paul vous content l'histoire de la gesse cultivée ou jarosse, aujourd'hui oubliée, peut-être en raison de son passé d'empoisonneuse puisqu'elle était responsable du lathyrisme ; fenugrec qui donnait des rondeurs aux belles des harems ; des doliques, venues d'Afrique ou faséoles d'où le nom "fayot" ; des pois chiches à tête de belier, accusés de "faire abonder en luxure" ; de la lentille, cultivée depuis le mésolithique et considérée par analogie selon les médecins médiévaux comme un remède traitant la variole et les troubles oculaires.
Pour évoquer les fèves et les pois, les plus consommées des "legumina", fraîches ou sèches, nous allons partir en promenade dans le jardin et dans la cuisine d'un bourgeois de Paris qui, à la fin du XIV siècles, rédige à l'intention de sa toute jeune épouse un traité de morale et d'économie domestique.
Extraits de son "Mesnagier", voici quelques contenus de pot ou "potage", qui se doivent d'être présentés aux convives lors du premier service.

Crétonnée (purée) de pois nouveaux ou de fèves nouvelles.
Faites-les cuire jusqu'à qu'ils se défassent. Puis faites un liant avec des jaunes d'oeuf, du pain blanc trempé dans du lait ou dans du bouillon de viande ; broyer du gingembre pour ouvir l'appétit et du safran pour jaunir. Mettez le tout à bouillir avec des pois ou fèves. La crétonnée accompagne poussins, veau ou abats d'oie les jours de gras ; tranches, brochets, soles ou limandes les jours de maigre.

Potage de Carême
Faire revenir des oignons et les ajouter au bouillon de pois, avec des croûtons de pain, du gingembre, des clous de girofle et de la graine de paradis (maniguette) broyée et délayée dans du vinaigre, du vin et un peu de safran.

Et si, Mesdames, tout comme dans l'ancienne Egypte, vous jugiez ces aliments grossiers, fauteur de vents et de luxure, sachez que la farine de fève servait également d'emplâtre dépilatoire ...

Catherine Perrouse

 

Ache de mer ou ache de montagne

A ne pas confondre ! L'une est bien connue des jardiniers, l'autre, plus confidentielle.

La première n'est autre que notre céleri, Apium graveolens L. Belle ombellifère des zones littorales marécageuses et salées, ainsi que du bord des rivières sous l'influence des marées, elle est cultivée sous ses trois variétés ; var. dulce pour le céleri à côtes dont on consomme le pétiole blanchi de ses feuilles ; var. rapaceum pour le céleri rave, dont la base de la tige, renflée, support des racines et des feuilles, se consomme crue, rapée, ou cuite dans les soupes ou les pots-au-feu ; var.secalinum, plus rare et plus exotique utilisée, surtout en Chine, comme herbe aromatique dont on consomme les feuilles et les tiges, vertes et non blanchies, en renfort de goût dans les plats divers.
La secone est la livèche, Levisticum officinale Koch, grande soeur montagnarde du céleri. Puissante ombellifère vivace, pouvant atteindre deux mètres de haut, à forte odeur de céleri, souvent confondue avec lui, elle pousse en altitude, dans les montagnes d'Europe et d'Asie. Non connue à l'état sauvage, elle s'échappe souvent des jardins montagnards. Appelée aussi "herbe à Maggi", son parfum aura su inspirer le célèble biochimiste suisse, instigateur des potages et soupes du même nom.
Le céleri, bisannuel et potager, se cultive donc et se consomme différemment de la livèche, vivace et condimentaire. Par contre, au niveau santé et diététique, ces deux plantes sont très proches. Toutes deux sont stomachiques, diurétiques et carminatives : elles aident l'estomac dans ses fonctions digestives, favorisent une urine claire et abondante et calment les ventosités facétieuses !
Plantes de bon goût, c'est toujours un plaisir, à Arvières, d'aller désherber le pied de livèche ou les rangs de céleris et de provoquer, au froissement de leurs feuilles, l'exhalaison de leur odeur apiacées ! Avis aux amateurs.

Jean-Paul Fraysse

 

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