Nés pour étreindre
LE SYNDROME DE SMITH MAGENIS
Nés pour étreindre !
De tous les comportements connus comme étant associés au syndrome de Smith Magenis, le plus surprenant est sans doute celui découvert par des éducateurs spécialisés à Elwyn, Inc. Dans les années 1980, les enseignants de cet établissement se mirent en contact avec Brenda Finucane, conseillère génétique à Elwyn, concernant certains de leurs élèves qui présentaient un comportement inhabituel "d'auto- étreinte " qu'ils soient heureux ou agités. Aucun n'avait un diagnostic connu, et ils ne présentaient que peu de similitudes évidentes qui puissent laisser penser à un rapport entre eux. Quelques années plus tard, sur l'un de ces élèves, on diagnostique la maladie décrite récemment, appelée le syndrome de Smith Magenis (SMS). Les autres élèves furent diagnostiqués également ! Les enseignants avaient reconnu un trait spécifique du comportement, maintenant identifié comme étant une particularité des personnes atteintes du SMS, sur lequel les chercheurs en génétique n'étaient pas informés.

Afin de documenter cette découverte, Brenda Finucane travailla très étroitement avec l'éducateur spécialisé Debbie Konar, afin d'observer et décrire le comportement de onze personnes atteintes du SMS. Leurs découvertes furent publiées dans un journal médical britannique en 1994. Ils découvrirent que durant des périodes d'agitation ou de bonheur, les enfants et les adultes atteints du SMS enroulaient fermement leurs bras autour de leur poitrine, les mains sous l'avant-bras, et raidissaient leur corps dans des spasmes rapides, semblables à des tics. Certains enfants tordaient leurs mains l'une dans l'autre, les tirant rapidement sur leur poitrine en des mouvements inconstants, tout en raidissant leur corps et faisant des grimaces. Ces mouvements étranges semblaient être involontaires et apparaissaient souvent en une rafale de spasmes successifs, particulièrement pendant des périodes de grande agitation. Debbie Konar a documenté 98 spasmes de ce type chez un enfant en l'espace d'une heure. Chez les gens atteints du SMS, ces mouvements sont d'abord l'expression de bonheur, affection et agitation positive, émotions que l'on rencontre plutôt dans une salle de classe que dans le cabinet d'un docteur. Ce n'est pas étonnant que ce furent les enseignants les premiers à le remarquer. " L'auto-étreinte est un comportement mineur dans le SMS et ne gêne pas la vie de tous les jours. Toutefois, c'est un indice important qui peut aider à identifier des enfants et des adultes chez qui le diagnostic n'a pas été fait de cette affection génétique. Et le diagnostic ouvre la porte aux familles et aux professionnels d'une meilleure connaissance de leurs besoins médicaux, éducatifs et comportementaux.