De fait, la liberté est un concept assez complexe que l'on se plaît à poser comme une étiquette sur bien des situations où elle n'est qu'une illusion. Observons par exemple ce brave homme :
Avouons qu'au premier abord, il est tout ce qu'il y a de sympathique. Mais prêtons attention aux détails :
Les paroles qu'il prononce semblent absolument incohérentes et dénotent l'absence de toute alphabétisation. Ceci témoigne de l'inefficacité des systèmes scolaires actuels, autant que la débilisation progressive de la societé par les perversions des médias.
La signification profonde de ses borborygmes, découverte grâce à l'interprétation de nos experts en sémantique et anthropologie, serait : "je suis libre", ce qui constitue une aberration des plus totales eu égard à ce que nous livre le reste de la photographie. C'est le second point : la societé a fait miroiter à l'homme une pseudo-liberté en laquelle il a une ferveur tenace mais qui n'est qu'un moyen de l'autorité (politique*, médiatique, et surtout sociale...) de s'exercer arbitrairement sur lui.
* Il convient, pour éclairer cette thèse, de préciser que cet homme a été victime, quelques années après la photographie, de la persécution des pays dits civilisés, qui allèrent jusqu'à le bombarder et le tuer dans un abri bétonné qu'il s'était construit pour se protéger.
Prenons comme exemple de l'autorité sociale cette moustache qu'il arbore fièrement sous le nez. N'est-elle pas une entrave à sa liberté ? Peut-on raisonnablement s'affirmer libre quand les voix nasales sont ainsi obstruées en dépit du bon sens, et sans doute sous l'injonction d'un de ces éphémères phénomènes de mode ?
De même au sujet de sa stature : n'y a-t-il pas en elle quelque chose d'impropre à la condition humaine ? Si être libre signifie être en pleine possession de ses moyens, comment peut-on raisonnablement adopter pareille attitude qui constitue un danger pour une ossature normale de par le déséquilibre qu'elle occasionne. Voir l'homme libre en images
Enfin, de manière plus anecdotique, l'énigmatique brassard qu'il porte, sorte de marque d'un rang social, ne le contraint-il pas à une certaine attitude face aux situations de la vie ? Cette contrainte constitue un obstacle certain au libre-arbitre humain et à la recherche du Bien©. Ainsi, si l'on place cet homme devant le symbole ci-contre, il ne dira pas : "Oh ! la jolie étoile", mais "Krepier, menschliche Abfall !"*, ce qui est doublement insensé, d'une part parce que ces paroles sont incompréhensibles par l'interlocuteur, d'autre part parce qu'il ne s'agit que d'une jolie étoile bien équilibrée et non pas d'un être vivant susceptible de mourir.
* Crève, déchet humain, selon nos experts
Nous, Sages Détenteurs du Bien©, sommes particulièrement sensibles à ces faits, c'est pourquoi il nous semble absolument nécessaire d'en finir avec les libertés illusoires, et d'établir enfin la véritable liberté pour l'homme.
Les avantages que confèrera la liberté sont immenses, et beaucoup restent encore à découvrir. Quelques-uns semblent pourtant évidents ou nécessaires, les voici :
En termes simples, l'abolition rationalisée de toute justice étatique nécessairement subordonnée aux affects d'une bureaucratie indivualiste : l'autodétermination par les être humains libres signifiera la fin des ascendants totalitaristes, des répressions et contrôles des autorités gouvernantes. En cela la liberté réalisera la véritable démocratie, terme usurpé par les régimes totalitaires de toutes les époques.
Un monde plus Bien©, un monde d'êtres humains décideurs et conscients du Bien© de la societé des AmiZ.
Des réductions au rayon accessoires de la liberté.
NOTICE : L'homme libre n'est pas encore advenu. L'homme libre existe dans le cerveau des Sages Détenteurs de la Vertu comme potentiel aboutissement de l'oeuvre de libération du mouvement ASSOCIAL. Les hommes libres seront libres d'être libres, et sans doute ne ressembleront pas à celui que nous ébauchons.
Pourtant les plans de révolution que nous entamons posent une représentation de l'homme, même schématique, comme absolument nécessaire. Les premiers essais d'analogie avec les pingouins s'étant révélés inadéquats, nous avons relancé la recherche et obtenu les résultats suivants :

Notre homme est en pleine possession de ses moyens sensorio-physiologiques. Doté d'une constitution physique robuste, d'un développement pileux gastro-nasal quasi inexistant, d'un sphincter anal prodigieusement musclé et d'un conduit auditif de plusieurs centimètres de profondeur, il est paré à toutes les épreuves de la vie. Son taux de composés carbonés est naturellement élevé, ce qui le rend recyclable à merci. Le sérieux de nos experts (photo de N. Papazuki à gauche) les a menés à redéfinir les proportions humaines ébauchées sous le qualificatif impropre de "divines" par Léonard de Vinci. En voici une représentation :
Il est à noter que l'ami Léonard n'avait pu alors représenter le mouvement de la tête (de même que le sexe, mais son extrème mobilité le rend bien plus malaisé à représenter), que nous avons rétabli suite à cette évolution de l'homme moderne.
L'homme libre apparait par conséquent particulièrement sage, et ce de manière évidente : le percipi fonde dès lors la conscience (de) soi sur le mode de l'être-qui-a-à-être-ce-qu'il-est à l'intérieur d'un perceptum manifeste (le cercle) par la conscience thétique du monde en tant qu'il est limite non finissante de l'être-en-soi-pour-soi : connaissant ses limites, l'homme libre en tire les bienfaits. Il devient alors bienheureux©, ce qui réjouit tout le monde.

La libération de l'homme a déjà trouvé des échos chez nos confrères d'Alaska, lesquels se ruent en masse vers des lieux de réunion où le débat est animé et fructueux. Certains des leurs ont déjà rejoint notre équipe de rédaction.
Voir également le plan de libération des pingouins transexuels
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