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Mondiaux-2001 - Greene: la preuve par trois
A
27 ans, l'Américain Maurice Greene a coiffé sa troisième
couronne consécutive, qui plus est avec le meilleur chrono
de l'histoire des Mondiaux (9.82), dimanche à Edmonton, posant
ainsi un peu plus encore son empreinte dans le grand livre de l'athlétisme.
Sa compatriote Marion Jones, qui vise une passe de trois identique,
a franchi avec aisance les deux premiers tours, passant chaque fois
sous les 11 secondes.
Greene a surmonté trois faux départs et surtout deux
douleurs à une cuisse en fin de course pour repousser l'assaut
final de son compatriote Tim Montgomery. Bernard Williams, partenaire
d'entraînement de "Mo", a complété
le podium 100% américain.
"A 15 m du but j'ai ressenti coup sur coup une douleur sur
le devant puis sur l'arrière de la cuisse mais je me suis
dit chaque fois que rien ne m'arrêterais", expliquait
Greene qui était venu avec un genou récalcitrant et
fut finalement surpris par une douleur d'une autre nature.
"Il faudrait que je meure pour que j'arrête une telle
course", ajoutait le roi de la ligne droite après un
tour d'honneur sur une jambe, saluant des gradins qui n'étaient
étrangement pas rempli pour l'occasion.
Greene ne laissait pas exploser sa joie comme lors de ses sacres
précédents. Peut-être parce qu'il était
inquiet de cette blessure qui l'empêchera finalement de défendre
son titre du 200 m.
Mais certainement pas parce qu'il est blasé de tous ces succès.
"Chacun (des trois titres) a une très grande valeur,
une place spéciale dans mon coeur, affirmait-il. Car rien
n'est jamais acquis et il faut toujours se battre".
Triple US
Et ce n'est pas ce nouveau succès qui va le stopper dans
sa volonté de rester dans les mémoires comme le meilleur
sprinteur de tous les temps. Le sacre canadien lui a permis en tous
cas d'égaler le grand Carl Lewis, l'homme qui avait triomphé
en 1983, 1987 et encore en 1991 à Tokyo où il avait
établi un record du monde.
Certes, Greene n'a pas battu son record du monde, les 9 sec 79/100
de 1999, même s'il pense que "sans les douleurs, je pense
que j'aurais couru en 9.77. Mais ce n'est là que spéculation".
Ses 9 sec 82/100 constituent tout de même le record des championnats,
avec dans la foulée quatre autres coureurs sous les 10 secondes,
contre six à Tokyo.
Au-delà de son triomphe, "Mo" se réjouissait
aussi de ce podium américain, le troisième de l'histoire
après 1983 et 1991. "En venant chez John Smith (ndlr:
son entraîneur) en 1996, j'avais annoncé que je voulais
redorer le blason du sprint américain", rappelait l'homme
qui avait pleuré en voyant le triomphe du Canadien Donovan
Bailey aux Jeux d'Atlanta.
La bannière étoilée avait toutes les chances
de flotter le lendemain après la finale du 100 m dames tant
Marion Jones fut facile. "J'ai été battue par
Merlène Ottey en 1997 et je n'ai pas du tout aimé",
rappelait-elle. Comme pour prévenir ses rivales qu'elle est
prête à donner toute sa puissance, celle qui a fait
une différence énorme sur la ligne droite de Sydney.
Malgré tout, la petite grecque katerina Thanou, crédité
de 10.97 comme Jones en demi-finales, insistait: "je suis en
forme prête à donner la réplique à Jones".
Le Polonais Szymon Ziolkowski a ajouté le titre mondial du
marteau à ses lauriers olympiques de Sydney au terme d'un
duel palpitant avec le Japonais Murofushi.
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