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I - Alimentation des DERNIERS Jours avant
lépreuve :
a - La surcompensation :
Il existe une méthode connue de nombreux sportifs pour
accroitre les stocks glycogéniques : la surcompensation.
La plus connue est le régime dissocié scandinave qui consiste
:
6 jours avant la compétition, à réaliser successivement
3 jours de régime sans glucide avec une activité intense.
Puis 3 jours de régime hyperglucidique avec une activité
légère.
On distingue deux phases dans ce processus de surcompensation
:
Une phase initiale de surcompensation, dépendant de la
déplétion de glycogène
Une seconde phase dépendant de lactivation de la
" glycogène- synthétase" par linsuline,
doù lintérêt du choix de glucides rapides.
b - Résultats du régime dissocié (RDS) sur la teneur
en glycogène musculaire :
Des études comparatives de Berström et Coll. donnent les
résultats suivants : sur le délai dépuisement lors
dexercices à puissance constante ( 75 % de la VO2
Max)
Après régime "Normal"
(N°1) |
Glycogène musculaire
Durée de lexercice |
1,75 /100 g
113 minutes |
Après la période protido-lipidique
(N°2) |
Glycogène musculaire
Durée de lexercice |
0,69 g / 100 g
59 minutes |
Après la période glucidique
(selon le schéma du Régime dissocié)
(RDS N°3) |
Glycogène musculaire
Durée de lexercice |
3,70 g / 100 g
190 minutes |
Après la période glucidique
seulement
(sans période protido-lipidique)
( N°4) |
Glycogène musculaire
Durée de lexercice |
2,51 g /100 g
166 minutes |
Il est intéressant de noter quil existe une augmentation
du glycogène, non seulement après le régime dissocié (RDS
N°3), mais aussi après la phase glucidique (N°4) pratiquée
après un régime de base rationnel et équilibré.
Les travaux de Costill confirment que :
Chez un sujet recevant habituellement 50 % dhydrates
de carbone, la simple augmentation de lapport de glucides
à 70 % pendant 3 jours suffit pour :
doubler la concentration en glycogène
musculaire
faire passer le temps de
travail à 75 % de Vo2 max
de 114 minutes à 167 minutes.
Le régime dissocié étant souvent source deffets secondaires,
je préconise en pratique :
Une phase N°1 pour agir sur la déplétion glycogénique,
constituée dexercices spécifiques
en intervalles courts Puis une phase dentrainement
diminué, avec une charge glucidique de lordre
de 1O grammes / Kg de poids corporel
On veillera au cours du régime hyperglucidique à ce que
:
L apport calorique soit maintenu constant. Laugmentation
de lapport glucidique, accroit le volume des repas,
ce qui peut induire à court terme une sensation de satiété.
Lapport de vitamine B1, B6 et de magnésium soit
adaptée.
Pour prévenir les flatulences,
les colites irritatives, il est recommandé déliminer
les sucres trop fermentables (haricots blancs, lentilles
) et dutiliser des condiments : noix de muscade,
coriandre, cumin
Une bonne hydratation pendant
cette période est également indispensable pour favoriser
la mise en réserve deau, qui sera libérée au cours
de lépreuve sportive.
c - Schéma N° 2 : Exemple dalimentation pour
favoriser la surcompensation des 3 derniers jours, par un
régime à 70 % dhydrates de carbone.
MATIN
pain 80 g (1/3 de baguette)
confiture 50 g (2 cuillerées à soupe)
1 /2 pamplemousse
1 fruit cuit
1 boisson ( avec ou sans sucre)
MIDI
entrée : pommes de terres avec vinaigrette 150 g
poulet ou dinde 100 g
pain 80 g
pâtes ou riz 300 g cuits + sauce tomate
salade au citron ( sans huile)
1 tarte aux fruits
SOIR
potage épais (pomme de terre , carottes... 200g)
2 oeufs ou 2 tranches fines de jambon (100g)
purée de pommes de terre ou pâtes ou riz 400 g cuits
légumes verts cuits 250g
pain 60 g
fruits cuits 300 g
Par ailleurs, lapport hydrique sera régulier dans
la journée, de 1,5 litre à 2 litres par jour
Ce régime apporte 2960 calories
II - Composition de lAVANT DERNIER Repas
Les buts sont :
de maintenir les réserves glycogéniques
de prévenir les troubles hydro-électrolytiques
résultant de lépreuve
de prévenir lacidose
métabolique induite par la compétition .
La poursuite du régime hyperglucidique commencé depuis
3 jours, seffectue la veille au soir de lépreuve
par la traditionnelle "spaghettis
partie", car cest lultime repas
de mise en réserve, il doit être copieux et doit donc être
composé principalement de glucides
à assimilation lente.
Exemple de menu :
Potage épais
Pâtes
Salade de Fruit
Riz au lait, ou gâteau de semoule , ou porridge,
2 tranches de Pain
III - Repas PRECOMPETITIF
Principes :
Le dernier repas pris avant la compétition ne diffère
pas sensiblement du repas type "entrainement",
mais néanmoins il sera hyperglucidique, car les protides
et les lipides sont de digestion lente.
Ce repas léger de 500 à 1000 kcal doit être consommé 3
à 5 heures avant lépreuve. Ce repas doit être composé
dhydrates de carbones digestibles (céréales, pancakes,
pain) et doit contenir un minimum de graisses et de protéines
à digestion lente.
Exemple de repas précompétitif :
pamplemousse sucré
un oeuf
spaghettis au beurre
yaourt aux fruits
tarte aux pommes
pain et eau
Si la compétition a lieu à 9 h, il faudra se lever tôt
pour prendre vers 6 h 30 un petit-déjeûner copieux.
Si la compétition a lieu le matin vers 11 heures, le
petit-déjeûner sera remplacé par un repas normal précompétitif
pris à 8 h.
Exemple de Petit-Déjeûner
exemple N° 1 :
300 g ou 400 g de pâtes, de riz ou de semoule,
1 yaourt,
1 pomme ou une banane.
exemple N° 2
1 tranche de jambon maigre
3 tartines de pain + confiture,
1 verre de boisson faiblement sucrée ou un jus de fruits.
exemple N° 3
Boisson ( avec ou sans sucre selon le goût)
4 à 6 biscottes + confiture 50g
Fromage ( gruyère ou fromage de Hollande type Gouda)
Fruits cuits ou compote 300 g
IV- La RATION dATTENTE
Les glucides "rapides" stimulent
la libération dinsuline et lorsquils
sont absorbés en grande quantité peu de temps avant le départ
de lépreuve, ils peuvent induire des hypoglycémies
importantes en début dexercice musculaire .
Par ailleurs, les sucres simples tels que le glucose ont
un fort pouvoir osmolaire en solution. Cette propriété ralentit
lévacuation gastrique, perturbe lhydratation,
et peut être responsable de douleurs digestives.
En pratique, la ration dattente sera essentiellement
sous forme dun apport deau
Eventuellement, la dernière prise alimentaire pourra être
constituée de 100 kcal dun sucre complexe (25
g dHC), plus dune heure avant le début
de lépreuve.
Il est aussi possible dans les15
dernières minutes précédant le départ, de boire 200
à 400 ml deau ou dune boisson énergétique contenant
30 à 50 g/l de glucose (3 à 5 %)
V - Les apports PENDANT leffort
A - Variation de la glycémie pendant leffort
:
Pour une activité prolongée < à 30 % de Vo2 Max
Lhypoglycémie ne survient quaprès plusieurs
heures, la néoglucogénèse hépatique pouvant assurer la fourniture
de glucose .
Pour une activité entre 50 et 80 % de la Vo2 Max
Cest la classique fringale du
cyclisme, elle correspond à un épuisement des réserves
glycogéniques hépatiques et à une insuffisance
de la néoglucogénèse hépatique.
Pour une activité > à 85 % de la Vo2 Max :
Lhypoglycémie peut se manifester dès le 1er quart
dheure de lactivité. Cette hypoglycémie correspond
à une utilisation massive par le muscle actif, sans que
les mécanismes glucoformateurs soient capables dassurer
la production, alors que les stocks de glycogène hépatique
et musculaire sont encore élevés.
Lorigine de ce trouble
se situe au niveau de la mise en route
des processus hormonaux destinés à assurer lapprovisionnement,
doù la nécessité de léchauffement.
B - Effets des apports dHC sur la fatigue lors
dun effort intense
Lors dun effort intense (70 % de la Vo2 max), la
production dénergie à partir des HC est fournie à
la fois par le glycogène musculaire et par le glucose sanguin
.
Il existe au cours de leffort, un passage progressif
de lutilisation du glycogène musculaire à lutilisation
du glucose sanguin. Le glucose étant effectivement oxydé,
contrairement à ce que lon pensait il y a quelques
années.
Labaissement de la glycémie joue un rôle dans lapparition
de la fatigue en ne permettant pas à la fibre musculaire
de capter une quantité suffisante de glucose sanguin pour
sopposer à la baisse du glycogène musculaire.
La fatigue dans ces conditions est clairement précédée
par une diminution de loxydation des HC, qui elle-même
est précédée par une baisse de la glycémie ( 2,5-3 mM)
Lapport de HC durant un exercice intense ( 70 % de
la Vo2 Max) permet:
le maintien de la glycémie et retarde de 30 à 60 minutes
lapparition de la fatigue,
Lapport de glucose doit être dau moins de
1 g / minute, ce qui permet
de maintenir une glycémie à 5 mMol/ L .
Le choix du substrat doit se porter sur le glucose,
qui est substrat privilégié pendant lexercice
et cet apport exogène est effectivement utilisé au cours
de leffort.
Par contre, le fructose est moins
oxydé et participe moins à lépargne du glycogène
musculaire.
C - En pratique, la stratégie pour maintenir la glycémie
est la suivante :
- 150 à 250 ml dune
solution de glucides rapides
- toutes les 15 à 20 minutes, dès
le départ de lépreuve, ou lors de léchauffement.
- solution à une concentration de 50
g dHC / litre
- avec 1 g / de chlorure de sodium
et de potassium
- à une température de 10 à 15 °
VI - Alimentation APRES leffort
a - Les objectifs :
compenser les pertes hydriques
et glycogéniques
ne pas apporter trop de sodium et délectrolytes
immédiatement après la compétition pour ne pas accentuer
le phénomène dhémoconcentration
lutter contre lacidose
b - Reconstitution des stocks de glycogène
Après un marathon, le temps
de récupération des stocks peut prendre de 4
à 5 jours.
Si les exercices sont programmés tous les jours, on peut
observer une diminution progressive du stock glycogénique.
Cette diminution ne pourra être compensée quen augmentant
la ration hydrocarbonée journalière. Le sportif privilégiera
les sucres rapides sous forme de sirop, tout de suite après
lexercice pour provoquer une rapide et intense décharge
dinsuline.
Le rythme de 2 % par heure, de restitution des réserves
de glycogène, est accru par une activité
physique modérée, peut être en facilitant un retour
plus rapide du PH et des Lactates à des valeurs normales.
Plusieurs facteurs vont intervenir sur cette récupération
glycogénique, ce sont :
Le moment de lingestion par rapport à larrêt
Le type dhydrates de carbone consommé
La quantité ingérée
c - Les étapes de la regénération du glycogène
a - Les deux phases
Deux phases peuvent être distinguées dans la regénération
du glycogène musculaire
Une Phase rapide :
survenant dès larrêt de lexercice, et
en rapport direct avec la déplétion
glycogénique musculaire
Une Phase secondaire :
dépendant de lactivation de la glycogène-synthétase
par linsuline.
Elle serait plus en relation avec lapport alimentaire
en hydrates de carbone.
Noter que la surcompensation ne concerne que les muscles
actifs ayant présenté une déplétion lors de lexercice,
elle peut atteindre de 60 à 100 % de la valeur initiale
après 24 H .
b - Quantité
La stimulation de la glycogénèse après leffort
est directement liée à la quantité de sucre ingérée dans
les 24 h suivant lexercice.
Si cette quantité est insuffisante (moins de 400 à 500
g / 24 H, la surcompensation ne pourra pas être
réalisée.
A lopposé, des valeurs supérieures à 650 g / 24
H namélioreraient pas la mise en réserve du glycogène.
c - Choix de lamidon et index glycémique
le pain et les pommes de terre entrainent une forte réponse
glycémique
le riz, les pâtes alimentaires, les lentilles produisent
une réponse glycémique faible
Si lexercice est journalier,
le sportif privilégiera les sucres rapides
sous forme de sirop (voir glucose et polymère de glucose)
tout de suite après lexercice pour provoquer une
rapide et intense décharge dinsuline.
La prise de glucose ou de saccharose savère plus
efficace pour les stocks de glycogène musculaire que lutilisation
du fructose dont le métabolisme
est essentiellement hépatique.
d - Recommandations alimentaires après un entrainement
pour reconstituer les stocks glycogéniques
- Consommer tout de suite
après lexercice un excès dhydrates de carbone
rapides denviron 1 g / kg
de poids
- Puis 50 g dHC rapides
par tranches de 2 heures
durant les 4 premières heures.
- Le dîner devra apporter
250 g dHC avec des
sucres rapides (Pain - Pommes
de terre)
- Puis des sucres lents
pendant 24 à 48 heures suivantes (riz,
pâtes, lentilles)
- Le total des premières
24 h sera de 500 à 600 g / 24
H.
- La fragmentation en de nombreux repas nest pas
utile, la prise en deux repas donnant les mêmes résultats.
e - Exemple pratique dapport dHydrates
de carbone
Pendant leffort
Ne pas prendre de fructose
Privilégier le glucose,
(vendu en pharmacie)
50 g par litre deau
et 50 g par heure (soit 1 litre à 5 % par
heure)
il est en pratique difficile de boire plus de 1
litre et demi à lheure
Tout de suite après leffort
quantité et rythme
1 g / Kg de poids d
HC rapides ( +- 80 gd (HC)
fin 2e heure : avoir
consommé 50 g dHC
fin 4e heure
: avoir consommé 50 g dHC
choix de lhydrate de carbone rapide
jus de fruit sucré (un soda classique apportera
25 de glucose)
barre de confiserie ( 25 g de sucre)
et du fructose pour le foie
puis le soir
On devra apporter une quantité de 250
g de glucides
pain
pommes de terre
puis pendant 24 à 48 heures, privilégier hydrates de
carbone lents : riz, pâtes, lentilles
pour finalement obtenir un total post effort en 24
h de 500 - 600 g de glucides .
d - SYNTHESE des apports caloriques et hydriques
APRES une intense compétition
Juste après la fin de lépreuve :
absorber 250 à 300 ml deau
type Perrier ou Vittelloise
éventuellement additionnée de 1 cuillerée à soupe
de sirop de potassium.
Hydrates de carbone 1 g / kg de
poids ( +- 80 g)
Après la douche
absorption de 1/2 litre de lait écrémé
Si la déshydratation est importante, continuer à absorber
régulièrement tous les 1/4 dheure une boisson
peu minéralisée et légèrement sucrée (jus de fruit dilué)
Avant la Fin de la 2e heure, avoir consommé :
50 g dhydrates de carbone
jus de fruit sucré (soda classique apportant 12 g de
glucose/ 100 g)
barre de confiserie ( 25 g de sucre/ 100 g)
et 1 fruit (fructose pour le foie)
Idem avant la fin de la 4e heure : 50
g dhydrates de carbone
Une demie-heure avant le dîner 1/4 à 1/2 litre deau
faiblement minéralisée (Volvic, Evian, Vittel)
Au diner :
1 bouillon de légumes;
1 plat de pommes de terre 300 g cuites, salées, cuites
à leau, servie-s avec un morceau de beurre frais (15g);
1 salade verte, à lhuile et au citron avec un
oeuf dur ou mollet;
2 tranches de pain;
1 ou 2 fruits mûrs et des abricots ou raisins secs (ou
des pruneaux cuits si le sujet présente une tendance
à la constipation après les compétitions) ou des dattes.
Au coucher
1/2 litre de lait écrémé
Le lendemain au petit-déjeûner
1 tasse de thé léger ou de café noir léger sucré (2
ou 3 morceaux) pain 60 g ou 4 biscottes avec confiture
ou miel
Dans la matinée :
1/ 4 de litre dun mélange à parties égales deau
et de jus de fruits frais
au repas de midi
1 légume cru, salé, à lhuile et au citron;
1 plat de pâtes ou riz + beurre+ fromage râpé;
1 ou 2 tranches de pain;
1 ou 2 fruits crus mûrs;
1 verre de vin léger (facultatif)
Ces informations sont
issues de l' A.E.M.E.D. (Association
Européenne de Médecine Esthétique et de Diététique)
Voir aussi : les règles
de bases
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