Les grands fleuves sibériens
Comportement des radionucléides dans le milieu marin

Les radionucléides introduits dans le milieu marin sont entraînés par les courants et font l'objet de dilutions importantes, provoquées en surface surtout par des mélanges et, en profondeur, par des apports d'eaux non contaminées.

Ainsi constate-t-on actuellement une homogénéisation des niveaux de radioactivité à l'échelle du globe. A titre d'exemple, l'activité du plutonium a été en moyenne divisée par 5 en près de 20 ans (du début des années 70 à la fin des années 80).

Certaines zones plus sensibles connaissent toutefois une contamination plus marquée, (l s'agit en général :

• des mers peu profondes soumises à l'influence directe ou au transit de rejets réguliers (par exemple les mers du Nord, d'Irlande, de ta Manche ou du chenal de Norvège et des mars de Barents et de Kara touchés par les rejets des usines de retraitement de Sellafield et de la Hague) ;
• des estuaires, sièges de phénomènes provoquant une brutale modification du comportement des radionucléides à l'interface eaux douces / eaux salées.
Au delà de plusieurs centaines de mètres, la distribution des divers radionucléides varie avec la profondeur. De manière générale, les couches les plus marquées par le plutonium se situent vers le fond (par exemple entre 250 et 1000 mètres dans le Pacifique Sud et 100 à 250 m en Méditerranée) alors que pour le césium et le strontium les concentrations les plus élevées se mesurent en surface.

Ces différences dans la distribution s'expliqueraient par la forte rétention du plutonium par les particules. Le plutonium semble sédimenter dans la colonne d'eau avec les particules avant de se redissoudre en profondeur.