Situation dans les principaux bassins océaniques
Situation dans les principaux bassins océaniques

Océan Atlantique

Malgré le marquage de certaines eaux de fond par les strontium 90 et césium 137 avec des activités se situant entre 40 et 130 mBq/m^ on peut considérer que l'impact radiologique des immersions de déchets réalisées dans l'océan atlantique est négligeable par rapport à celui des retombées des essais atmosphériques (Nyffler). Beaucoup des conteneurs sont encore en bon état, comme l'a montré la surveillance organisée avec prise de photos (Sibuet 1989).

Méditerranée

Evolution du plutonium 239 : dans les années 1990 , dans la partie Ouest de la Méditerranée, on a enregistré dans les eaux profondes des activités supérieures à celles mesurées à ta fin des années 70. Une constatation inverse a été faite pour les eaux de surface (Papucci.). On observe donc une descente du plutonium, à partir des eaux de surface vers les eaux profondes qui s'explique par un transfert vers le bas du plancton ayant fixé le plutonium.

Evolution du césium 137 : te degré de contamination dû aux retombées de Tchernobyl est très variable en Méditerranée. Elles ont principalement affecté l'Adriatique et le Bassin Uguro-provençal d'une part, les bassins de la Méditerranée orientale (Mer Egée) d'autre part. Les apports d'eaux profondes propres et des eaux venant d'autres régions ont, par mélange, réduit la contamination de surface et augmenté la contamination des eaux profondes. Les activités de surface sont ainsi passées de 400 Bq/m^ en mai 1986 jusqu'à 3-4 Bqlm" à l'heure actuelle.

Mer d'Irlande

Cette mer étant plus particulièrement soumise aux rejets de l'usine de retraitement de Sellafield (principaux rejets de 1975 à 1985), les activités observées y restent encore élevées : 50 à 3000 Bq/kg de plutonium 139 dans les particules en suspension dans l'eau de mer, et de là 1000 Bq/kg dans les sédiments.

Il s'agit d'une mer peu profonde, dont les eaux sont peu renouvelées et qui contiennent une masse importante de sédiments fins. Ce sont ces sédiments vaseux qui ont stocké une partie des rejets antérieurs, et restituent peu à peu dans l'eau de mer une partie de la radioactivité piégée.

Mers Arctiques

En l'absence de fuites notables à partir des déchets solides immergés, l'évolution des activités mesurées en mer de Kara a suivi celle des rejets de Sellafield pour les radionucléides mobiles (^Cs et ^Sr).

Ainsi, une décroissance très sensible des activités a pu être enregistrée depuis 1981 pour le césium et depuis 1963-1964 pour le strontium (P. Strand). En 1992, les activités maximales étaient enregistrées à l'embouchure de l'Ob et de l'lénisséi, qui apportent essentiellement du strontium 90.

Par ailleurs, des activités relativement élevées en plutonium 239 et en césium 137 ont été mesurées en 1991 autour du Pôle Nord par une équipe de chercheurs suédois dirigé par le professeur Elis Holm (Université de Lund). Celui-ci les attribue au fait que les tests nucléaires soviétiques en Nouvelle- Zemble pourraient avoir été programmées lors des périodes de vent portant vers le Nord. Une autre explication ferait intervenir un comportement inhabituel du plutonium dans les eaux polaires.

Océan Pacifique

Dans les eaux des lagons directement affectés par les tests nucléaires atmosphériques français et américains, les activités mesurées à Mururoa d'une part, à Bikini et Eniwetok (Iles Marshall) d'autre part, indiquent une contamination par le plutonium, dont les niveaux sont 50 à 500 fois plus élevés que les activités moyennes mesurées dans le Pacifique, et par le césium {Hamilton).

A l'intérieur des lagons, les activités maximales en ""Pu sont de : 0,6 Bq/m^ à Mururoa (1986), 0,9 Bq/m^ à Eniwetok (1974) et 3 Bq/m^ à Bikini (1982).

Les activités en ^Cs ont décru de 6,2 Bq/m^ (en 1983) à 2,7 Bqlm" (en 1990) à Mururoa et de 16 Bqlm" (en 1974) à 10 Bq/m^en 1994) à Eniwetok.

Hors des lagons, en Polynésie, les activités mesurées dans des échantillons de surface sont proches de celles généralement mesurées dans l'hémisphère Sud. Cette constatation vaut pour le césium, le strontium et le plutonium. De 1979 à 1994, les activités ont décru de 3,5 à 1 Bq/m3 pour le '^Cs et de l'ordre de 1,7 à 1,3 Bq/m3 pour le "°Sr.