Problème du démantèlement de la flotte nucléaire russeA la suite des traités de désarmement entre les Etats-Unis et la Russie, plus de 50 sous-marins nucléaires et plus de 100 réacteurs embarqués sont en attente de démantèlement. Parmi eux, 52 contiennent encore leur combustible.
Les autorités russes ont fait savoir que leur Marine n'avait pas les moyens financiers d'effectuer ces opérations de démantèlement, et que les usines de retraitement russes n'ont pas la capacité de prendre en charge les effluents, ni a fortiori, le combustible.
Le démantèlement d'un réacteur de sous-marin produit 400 à 500 m3 d'effluents radioactifs. Les capacités maximales de retraitement à Mourmansk sont de 1200m3 par an et sont consacrés à l'entretien de la flotte civile (brises-glace).
Conséquence : les effluents produits par « l'entretien et le fonctionnement » des sous-marins encore en activité sont entreposés ou rejetés en mer, et les combustibles usés sont stockés à bord de navires, notamment sur le Lepse. La quantité de radioactivité présente dans ces navires est beaucoup plus importante que celle des réacteurs déjà immergés en mer de Kara.
Le Lepse, navire ayant servi pour l'immersion de déchets radioactifs en Nouvelle Zernble, stocke à son bord 645 assemblages de combustible usé. L'activité totale de cette « cargaison » a été estimée en 1993 à 30 000 TBq dont 630 TBq d'actinides.
Les problèmes de sûreté et de protection dus à l'abandon d'un si grand nombre de réacteurs nucléaires dans les ports militaires de la presqu'île de Kola sont considérables (risques d'excursion critiques, risque de fuite radioactive du circuit primaire...).