Les principales questions traitées en radioécologie marine sont :- Connaissance des mouvements océaniques
Les connaissances sur les transports des éléments dissous (strontium 90, technétium 99, césium 137, iode 129, tritium) à court et à moyen terme (jusqu'à 7-10 années), à partir de sources ponctuelles sont maintenant assez bien établies. Mais il reste à acquérir des connaissances dans le domaine du transit à plus long terme des radionucléides non-conservatifS (plutonium).L'exemple des rejets de l'usine de retraitement de combustibles de Sellafield (Grande-Bretagne) illustre l'intérêt de cette démarche. Ces rejets sont essentiellement entraînés vers le Nord jusqu'au Groenland. Un axe d'étude consiste à préciser dans quelle mesure une partie d'entre eux peut revenir vers l'Atlantique Nord et la Manche. Une autre voie consiste à appréhender le transfert de la part de ces rejets entraînée vers le Sud.
En parallèle, le développement de techniques permettant de mesurer des niveaux de radioactivité de plus en plus faibles est indispensable. Tous les pays sont confrontés à ce problème. Pour sa part. l'IPSN a proposé une technique permettant de mesurer l'antimoine 125. marqueur principal des rejets de l'établissement de la Hague. à des niveaux équivalents au 1/100.000*"" de la radioactivité naturelle de l'eau de mer. Par ailleurs les techniques d'analyses mises en place pour l'iode 129 s'avèrent très prometteuses car extrêmement sensibles. Elles sont toutefois onéreuses.
Le tritium, dont les rejets suivent la production d'électricité nucléaire et continuent à croître, constitue aussi un marqueur de l'eau de mer utile à méso-échelle pour suivre les rejets industriels récents.
- Amélioration de la connaissance des transferts entre compartiments
Les priorités des travaux de l'IPSN portent actuellement sur :
l'étude des voies de transfert des divers radionucléides dans les sédiments et les espèces marines en fonction de leurs formes physico-chimiques et des propriétés des milieux récepteurs. Par exemple, on peut se demander si les connaissances acquises en Manche, en mer du Nord et Méditerranée sont extrapolables à un milieu aussi spécifique que l'Arctique en raison de la température de la couverture de glace et des espèces particulières qui y vivent.
l'étude des voies de transfert des radionucléides associés aux particules : des radionucléides comme le plutonium sont fortement retenus par les particules et les sédiments, ce qui fait que leurs vitesses de déplacement sont très faibles par rapport aux courants marins. Il peut résulter de cette rétention la création de zones de piégeage où tes radionucléides peuvent être immobilisés pendant plusieurs dizaines ou centaines d'années, voire définitivement. Beaucoup reste à accomplir pour prévoir les conséquences de cette rétention des radionucléides par les sédiments : dynamique du transport, échanges avec l'eau, interactions avec les organismes filtreurs (moules, huîtres,...).
la connaissance des équilibres des radionucléides avec le milieu en fonction des transformations physico-chimiques qu'ils subissent avec le temps.
le suivi des sédiments situés près de l'embouchure du Rhône où sont piégés des radionucléides rejetés par les installations nucléaires de la vallée du Rhône, et notamment l'usine de retraitement de Marcoule.
Biocinétique des radionucléides
Les cinétiques de fixation et d'élimination d'un radionucléide par les espèces dépendent de la forme physico-chimique de ce radionucléide dans l'eau, des propriétés du milieu et des propriétés physiologiques des espèces.
-Utilisation de ces connaissances à des fins opérationnelles
L'une des méthodes permettant de s'assurer de l'intégrité d'une installation consiste à surveiller son milieu récepteur. Pour détecter d'éventuels rejets à partir d'installations, de sites de stockage ou de zones contaminées, il faut pouvoir identifier la contribution de toutes les autres sources. Cette opération est toutefois d'autant plus difficile à réaliser que les fuites éventuelles se révèlent faibles par rapport au « bruit de fond ambiant » comme c'est le cas actuellement.