1. Matériaux radioactifs perdus en merDes matériaux radioactifs, plutonium d'armes nucléaires (missiles, torpilles), combustible de réacteurs nucléaires de propulsion navale, plutonium de générateurs atomiques d'électricité, ont été perdus en mer à la suite de naufrage, de chutes d'avions et de satellites.
a/ Chute d'avions militaires
Le Pentagone américain a fait état de la perte de 16 avions et missiles dont 12 étaient porteurs de charges nucléaires qui ne furent récupérées que dans deux cas. Les quatre autres avions étaient porteurs de générateurs nucléaires d'électricité dont un seul fut récupéré. Dans la plupart des cas, les quantités et les localisations de plutonium immergé n'ont pas été rendues publiques. Ces pertes portent vraisemblablement sur plusieurs centaines de kilogrammes. Seuls les Etats-Unis ont déclaré de tels accidents. On peut cependant raisonnablement penser que des pertes similaires se sont produites pour d'autres pays nucléarisés.
b/ Naufrage de sous-marins nucléaires
Les Etats-Unis ont perdu deux sous-marins nucléaires, le Thresheren 1963 et le Scorpio en 1968. L'Union Soviétique a fait état de la perte de cinq sous-marins nucléaires et d'un destroyer à propulsion diesel équipés de charges nucléaires. Un autre sous-marin soviétique aurait coulé en Baie de Naples, dans la Méditerranée.
Ces accidents se sont globalement traduit par l'immersion de plus de dix réacteurs nucléaires de 50 à 75MWth de puissance, et de plusieurs tonnes de plutonium militaire. Ceci correspond très approximativement à une radioactivité de 100 000 TBq en césium 137, strontium 90 et plutonium 241, et de 1000 TBq en plutonium 239.
Les risques de contamination de l'écosystème marin associés à ces épaves sont un sujet de préoccupation, notamment en Norvège où l'on s'inquiète de la présence du Kornsomolets. Ce bâtiment appartenant à la flotte de l'Union soviétique a fait naufrage le 7 avril 1989, à 180 km de l'île Bear (en mer de Norvège). Il repose depuis, à 1655 m de profondeur, avec son réacteur de propulsion et deux ogives nucléaires.
Les mesures réalisées à proximité du Kornsomolets n'ont pas montré de contamination notable. Des résultats similaires ont été obtenus près des sous-marins américains Scorpio et Thresher.Les spécialistes s'accordent à penser qu'en cas de brèches dans la coque, les voies d'atteinte vers l'homme seraient limitées en raison de la profondeur de l'immersion, de la stagnation des eaux profondes et du fort potentiel de dilution. En cas de fuites, l'impact sur l'environnement concernera la proximité du sous-marin.
En conséquence, et à condition qu'une surveillance régulière de l'épave soit assurée, renflouer le Kornsomolets semblerait comporter plus de risques pour les eaux de surface que de le laisser sur place.
En revanche, les bâtiments ayant fait naufrage en eaux superficielles (ainsi que les coeurs de sous-marins et déchets de haute activité déversés à faible profondeur dans la mer de Kara) ne bénéficient pas de conditions aussi favorables. La question de leur renflouement doit être sérieusement étudiée.
DIFFERENTS TABLEAUX SUR LES IMMERSIONS DE MATIERES NUCLEAIRE Sous marin à propulsion nucléaire ayant fait naufrage Navires ayant fait naufrage avec des armes ou matières nucléaires: Matières nucléaires de satellites tombés en mer: Avions et armes nucléaires tombés en mer
- 13 février 1950: B 36 (USA) Océan Pacifique Nord 1 bombe nucléaire
- 10 novembre 1950: avion (USA) Océan Pacifique armes
- 18 mars 1953: B-36 ( USA) Ocean Atalantique Nord armes
- 10 mars 1956: B-47 ( USA) Mer Méditérranée 2 capsules de matières nucléaires
- 5 mars 1958: B-47 (USA) Océan Pacifique 1 bombe nucléaire
- 1960 F-102 (USA) Océan Pacifique missile nucléaire
- 4 juin 1962 (USA) Océan Pacifique 1 missile intercontinental THOR