Pourquoi luttons-nous ?

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Site de lutte des étudiants contre le rapport Attali

 

Pourquoi luttons-nous ?

Pour mieux comprendre, voir aussi la page ART.
Avec des tracts, des affiches, de la communication, et pas mal de vie.


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 Université Publique :
Chronique d'une mort annoncée
(ou Comment démanteler l'Université Publique)

 

Nouvel amenagement des cursus universitaires et professionnels :

Plus de diplôme valable :

- Avant la troisième année d’étude.
Claude Allègre, le 15 octobre 1998, a présenté son décret sur le "3/5/8" à une délégation du SNESUP et veut le faire aboutir avant Noël. Tout cela est donc bien réel, le rapport Attali commence à être appliqué : " Le premier niveau sera la licence. Ni le DEUG, ni les classes préparatoires ne correspondant à un réel niveau de sortie professionnel, BAC+3 est le premier niveau le plus judicieux ", page 33 ATT (ATT = rapport ATTALI).
La question que nous nous posons est : tous les étudiants pourront-ils trouver un stage, sachant les difficultés que beaucoup rencontrent déjà ?

- Sans validation d’un stage.
" La préparation à la vie professionnelle doit devenir l’un des axes majeurs du projet pédagogique de tout établissement d’enseignement supérieur ", page 4 ATT.
Comment s’y prend-il ?
La nouvelle maîtrise sera préparée en 2 ans (6 mois d’études, 6 mois de stages et un an de recherche ou d’étude complémentaire) " page 36 ATT.
La question que nous nous posons est : tous les étudiants pourront-ils trouver le stage dont ils ont besoin pour valider leur diplôme, connaissant déjà leurs difficultés actuelles ?

Restructuration des cursus professionnalisants (IUT, IUP, BTS) :

A leur [DUT, BTS…] formation concentrée aujourd’hui sur 2 ans, s’ajoutera à une année supplémentaire, avec un diplôme nouveau, destinée à permettre aux étudiants d’acquérir une expérience professionnelle plus approfondie et une meilleure connaissance de l’entreprise, par une formation en alternance, comportant un passage de durée significative dans une entreprise. " page 35 ATT.

Rappelons l’existence d’un IUT formé par une filière de l’Aérospatiale à Toulouse, qui, par suite d’une délocalisation à Berlin, a comptabilisé 80% de son effectif au chômage…

 

Aucun diplôme universitaire n’aura plus de légitimité permanente ", page 22*, 35† ATT.

Proposition confirmée par le ministre qui signe le 9 juillet 1998 officiellement avec la CPU une déclaration commune où il indique qu'il faut "envisager la fin de la validité permanente des diplômes". Attali préconise, de plus, "une réactualisation obligatoire tous les dix ans", pages 22-23 ATT.

 

Vers la fin du service public : la privatisation.

Il faudra favoriser, par toutes les mesures fiscales, législatives et réglementaires appropriées, les financements privés, de l’enseignement supérieur, sans menacer en rien l’indépendance des universités et leur mission de service public [voir ci-dessous, "Mise en concurrence des enseignements"]. En particulier, des entreprises devront être incitées à financer des bourses, des bibliothèques, des laboratoires, voire des cycles de formation, initiale autant que continue, dans des écoles et des universités. " page 45 ATT.

Sachant que les entreprises ont pour but de rentabiliser leurs investissements, ne seront-elles pas tentées d’orienter les enseignements selon leurs besoins ?

D’ailleurs, le récent mouvement de protestation des chercheurs du CNRS est issu d’un décret ministériel visant à casser la recherche fondamentale (bénéfique à long terme), au profit de la recherche appliquée (directement utilisable par les entreprises).

D’autre part, une proposition de loi adoptée par le Sénat permet à l’enseignant-chercheur de créer sa propre entreprise : " Les fonctionnaires civils des services publics définis à l'article 14 peuvent être autorisés à participer, en qualité d'associé, d'administrateur ou de dirigeant, à la création d'une entreprise ", article 25-1 de la loi n°82-610 du 22 octobre 98 sur la recherche et le développement technologique (voir aussi ATT page 25).

 

Autonomisation des universités

Les universités et les grandes écoles auront une plus grande marge de manœuvre en matière d’habilitation des cursus et de conception des contenus pédagogiques. Elles auront la propriété des locaux et des terrains qu’elles occupent et le droit de les aliéner, sous le contrôle de leur tutelle. Elles pourront abriter des entreprises naissantes, dont elles pourront prendre, si elles le souhaitent, une part du capital. Elles mettront en place à cette fin des fonds de capital-risque qui aideront au développement d’activités économiques nouvelles. "

Par un appel au secteur privé, nous avons vu que l’état se désengage du financement de l’enseignement supérieur, mais ne vous croyez pas tirés d’affaire : " Il faudra envisager une participation accrue des étudiants au financement de leur université (CPU, 7 oct. 98) ".

Nous pouvons rajouter, à titre indicatif, la création d’une hiérarchie de type monarchique, mettant sur le trône le président de l’université : " Le président devra exercer à plein ses pouvoirs de gestion, notamment en matière d’affectation des locaux, et des moyens aux équipes d’enseignement et de recherche, d’utilisation du patrimoine immobilier et foncier, de l’établissement qu’il dirige et d’affectation des personnels qui dépendent directement de lui. La part du budget sur lequel il exercera un réel contrôle – c’est-à-dire ce qui reste du budget de son établissement une fois qu’en ont été déduits les traitements des personnels – sera accrue, sous le contrôle a posteriori des organes de l’université et des autorités de tutelle ".

 

Mise en concurrence des enseignements

Dans la suite logique de la centralisation opérée par le ministre Claude Allègre, [" le but de U3M est de renforcer les pôles d’excellence en province " (Dépêche Reuters)], le rapport Attali préconise que " La France [pourrait] être divisée en 8 grandes "Provinces", dans lesquelles émergeront […] quelques ensembles d’excellence que l’on nommera "Pôles Universitaires Provinciaux" (PUP) ", page 29 ATT.

Pour promouvoir une spécialisation d’excellence à l’intérieur de ces pôles, le ministère devra créer une "Agence Supérieure d’Evaluation" (ASE), constituée " d’universitaires, d’enseignants-chercheurs, de gestionnaires, et d’hommes d’entreprise ", page 31 ATT.

L’ASE jugera en toute indépendance de la qualité des départements universitaires, dans chaque établissement d’enseignement, selon des critères retenus à l’avance, tant vis-à-vis du pouvoir politique que des établissements d’enseignement supérieur ", page 31 ATT.

Parfait parfait, mais nous sommes en droit de nous demander si les sciences humaines pourront être évaluées au sein des PUP, sachant que leur existence en tant que département est déjà soumise à caution : " Les "humanités", sans objectif systématiquement opérationnel, constituent le complément indispensable des études professionnelles scientifiques économiques, médicales ou juridiques " page 26 ATT.

Par des propositions de décrets, de lois et des notes internes du ministère, Claude Allègre est en train de mettre en œuvre l'application de ces réformes. Plusieurs mesures ont déjà été prises en ce sens, cela sans consultation afin d'éviter toute contestation ; et d'autres sont déjà prêtes.

Pour ne pas sacrifier notre université de service public au profit de l'esprit de rentabilité et de compétitivité, réagissons tous ensemble.