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Intégration des NTIC en milieu scolaire

Élaboré par Alexandre Dumont, Mélanie Desgagné et Renée Chartrand de l'Université du Québec à Hull

Vous êtes la  e personne à prendre connaissance des résultats du sondage 

 


 

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L’intégration des NTIC au sein de nos écoles est présentement un sujet chaud de l’actualité. De nouveaux outils de travail tels le traitement de texte, les correctitiels, Internet et les didacticiels sont de plus en plus présents dans le monde scolaire. Un grand nombre de pédagogues et d’intervenants du milieu se penchent sur la question de leur intégration dans les salles de classe. Ils cherchent ardemment des moyens efficaces d’application des NTIC afin qu’ils soient bénéfiques pour les apprentissages des apprenants. Le but ultime est de les intégrer dans une démarche d’enseignement axée sur la transversabilité des savoirs. Avant même d’en arriver à ce point, il est substantiel de reconnaître autant les façons positives que négatives d’intégrer les NTIC à l’intérieur de nos multiples enseignements. Dans les lignes subséquentes, vous pourrez découvrir le palmarès de ces dix meilleures et pires techniques d’intégration des NTIC.

 

Les dix meilleures façons d’intégrer les NTIC en salle de classe

 

Intégrés avec le développement d’un projet "nétiquette"

Il est impératif de préparer les élèves pour l’inforoute. Comme un réseau routier, c’est une structure sophistiquée dans laquelle des gens tout aussi complexes circulent. La prise de conscience de certaines règles ne peut que prévoir l’arrivée de certains problèmes. L’appellation "autoroute de l’information" est une occasion pour les apprenants de constater la structure même d’Internet. En établissant une relation entre l’autoroute et la conduite de l’apprenant sur Internet, il serait pertinent de développer un système de permis de conduire pour les élèves. Sans être exhaustif, voici les étapes du développement du projet nétiquette.

    1. Activation des connaissances antérieures des élèves. L’enseignant prend le temps de constater les connaissances acquises de ses élèves et d’orienter les fausses conceptions vers une idée plus juste de la réalité. À ce sujet, vous pouvez consulter un sondage à l’adresse suivante : http://www.mygale.org/06/avilir/sondage.htm Ce sondage a été réalisé auprès d’élèves de 6e année et démontre les perceptions des élèves au sujet d’Internet et de l’ordinateur
    2. Recherche d’informations pertinentes pouvant soutenir nos hypothèses. Par exemple, plusieurs documents relatifs à la nétiquette se retrouvent sur Internet. Bien que certains volumes puissent traiter du sujet, l’information appropriée sera sur Internet.
    3. Développement du code de l’inforoute adapté pour l’école. Avec l’information recueillie et les règlements de la classe, l’enseignant guide les élèves vers l’élaboration du premier code de l’inforoute. Ce dernier concrétise le code de manière à ce qu’il soit réutilisable pour les autres apprenants.

Bien que ce synopsis soit concis, il représente une alternative pour l’enseignant qui désire établir une structure relative à l’inforoute. Adapté au besoin de l’enseignant, de l’élève et même de l’école, ce projet peut se présenter comme un scénario d’apprentissage élaboré.

Comme outil de recherche

Selon moi, c’est une des caractéristiques fondamentales d’Internet qui lui permet d’entrevoir une place à part entière dans les classes des écoles. La recherche d’informations pertinentes sur Internet peut être très prolifique si elle est bien structurée et que les conditions pédagogiques sont bien en place. Comme le rapporte Jacques Tardif (1998)2, une condition incontournable en vue de susciter des apprentissages signifiants sur Internet touche l’intentionnalité. Selon lui, il est capital que les démarches d’apprentissage des élèves soient inscrites explicitement dans une relation développementale. Ackerman (1994) 3abonde dans le même sens quand elle souligne que l’absence de projet empêche d’effectuer l’activité constructive nécessaire pour assimiler les informations. " (…) La signification même de l’information nous échappe aussi longtemps que notre seul engagement ou projet consiste à rechercher cette information et à la maîtriser. "1 Dans un même ordre d’idées, il serait impératif que la recherche s’inscrive dans un projet de français, de sciences de la nature ou même dans l’intégration de plusieurs matières. Le contexte serait alors plus propice à l’intégration de l’intentionnalité. Voici quelques moteurs de recherches pour vous aider à débuter vos recherches :

 Yahoo France

Alta Vista

FranceFrancité

Lokace

Le Trouv'tout    

Ecila Excite

Echo

Carrefour.Net

 

Application de la transversabilité

Comme nous l’avons mentionné plus tôt, l’intégration des matières crée un contexte favorable à l’intentionnalité. De plus, elle se présente avec une certaine cohérence avec le milieu externe de l’école. À titre d’exemple, l’enfant ne voit pas de disjonctions entre les matières quand il doit calculer combien il lui reste d’argent et comment il s’adressera à la caissière poliment. Il se voit plutôt dans un univers globalisant où tout est interrelié. Or, l’école cisèle les domaines et crée l’illusion que chaque matière est indépendante.

Internet amène un savoir globalisant où la discrimination et la capacité d’abstraction sont des habiletés sine qua non chez l’élève pour devenir un chercheur efficace. L’application de la transversabilité amène l’élève à se construire de façon globale plutôt que fragmentaire. À titre d’exemple, voici un exemple de la transversabilité relatif aux objectifs de la recherche sur Internet.

Dans une perspective d’interactivité

Internet favorise l’interactivité. Il a d’ailleurs été créé pour cette raison. Une interactivité virtuelle, mais qui donne des possibilités immensément plus pratiques que l’envoi par la poste. Que ce soit pour la publication d’un projet d’écriture, une correspondance avec des amis d’une classe de la Belgique, de la France, du Royaume-Uni ou simplement pour utiliser " IRC " afin de poser des questions à des élèves du monde qui peuvent nous aider, les possibilités sont exponentielles. Par contre, elles doivent être très structurées et limitées. Une étude réalisée par " The American Psychologist " auprès de 169 participants révèle que les personnes qui utilisent Internet plusieurs heures par semaine seraient plus enclines à développer des symptômes de la dépression et du repli sur eux-mêmes que ceux qui l’utilisent plus " ordi1.JPG (21074 octets)rationnellement ".

Il est pertinent d’être prudent et de limiter l’interaction sur l’Internet. Bien que ce mode de communication nous pousse à entrer en contact avec le monde, il n’en demeure pas moins que la modération préviendra les maux et les excès à l’extérieur de l’école. Voici quelques recommandations en ce qui concerne l’interactivité :

    1. Idéalement, il convient de donner suite aux communications virtuelles par une rencontre plus concrète. Par exemple, les élèves d’une école de la ville de Hull et de Montréal, qui correspondent ensemble depuis de début de l’année, organisent une rencontre à la fin de cette dernière pour se rencontrer.
    2. Se donner une intention préalable à l’interactivité. Exemple : demander un conseil, chercher des collaborateurs pour un projet quelconque, etc.
    3. Préférer une correspondance diversifiée plutôt que spécifique.

 

Utilisation variée des CDROM.

De plus en plus, nous retrouvons des CDROM éducatifs sur le marché et plusieurs d’entre eux sont très pertinents pour faire l’apprentissage des contenus. Non seulement ils aident aux apprentissages, mais en plus, ils motivent l’enfant à interagir avec le CDROM en allant chercher la matière qui lui permettra d’apprendre les contenus. De plus, le caractère ludique de cette forme d’apprentissage, l’aidera à apprendre. Il faudrait toutefois faire attention de ne pas se concentrer sur un seul logiciel chaque fois que nous irons à la salle d’ordinateur. Le CDROM devra être utilisé à son maximum. C’est-à-dire que nous devrions, chaque fois que nous l’utiliserons, avoir un but et une perspective d’intentionnalité.

 

Il existe plusieurs CDROM qui ont été évalués par le M.E.Q. c’est donc une véritable source de motivation que de pouvoir atteindre des objectifs scolaires tout en s’amusant.

Nous avons vu quelques CDROM et nous allons vous présenter les titres avec une cote d’appréciation.

  1. L’autobus magique dans le système solaire * * * * * (sciences de la nature)
  2. Math monde * * * (Mathématique 6 à 9 ans)
  3. L’herbier de Marie-Victorin * * * * * (sciences de la nature, sciences humaines, français 2ième cycle)
  4. La famille Papyrus * * * * * (Français lecture et écriture préscolaire et 1er année)
  5. Mon premier dictionnaire Nathan. * * * * (Français lecture et écriture 1er année)
  6. Les fables de Lafontaine * * * * (Français lecture 1er cycle)
  7. Encarta 98 Encyclopédie * * * * (Recherche pour toutes matières, tout le primaire)
  8. Multi Larousse Encyclopédie * * * (Recherche, deuxième cycle)

Plusieurs sites pourront aidés à se ressourcer par rapport à certains CDROM qui sont recommandés par le ministère de l’Éducation du Québec.

http://callisto.si.usherb.ca/~fbreton/index.html

mailto:alexandre.dumont@sympatico.ca

 

Faisant partie du système d’émulation

Trop souvent, l’ordinateur est utilisé à l’intérieur du système d’émulation négatif et nous devrions y mettre un terme. Cependant, il serait préférable de garder un juste milieu, car tout en étant important, l’ordinateur devrait rester ludique. Nous devrions donc l’utiliser comme système d’émulation positif. Le système d’émulation négatif n’est pas à conseiller dans ce cas-ci, car l’ordinateur est un outil plaisant, mais aussi important. C’est donc un privilège qui ne devrait pas être enlevé. Par exemple, l’enseignante pourrait ajouter des heures supplémentaires comme récompenses, mais jamais elle ne devrait soutirer le minimum d’heure qui est attribué au groupe. "L’enfant d’aujourd’hui vit dans l’image... Sa façon de parler emprunte plus au langage informatique qu’au livre traditionnel."7 Avec un enfant en difficulté d’apprentissage, l’ordinateur pourrait être une récompense. L’ordinateur deviendrait donc, pour lui, une récompense à ses efforts au travail et ce serait un encouragement qui lui ferait poursuivre ses apprentissages. Peut-être qu’il serait intéressant de lui proposer plusieurs activités pédagogiques à faire sur l’ordinateur, si ce dernier est une source de motivation pour lui.

 

De façon décisive, nous croyons que l’ordinateur devrait faire partie d’un système d’émulation positif plutôt que négatif. De sorte à ce que les enfants ne manquent jamais une période d’A.P.O. mais qu’ils aient surtout plusieurs occasions d’y accéder.

Nous pensons que l’école devrait maximiser l’intégration de l’ordinateur. Par conséquent, il est impératif de maximiser l’interaction élève/ordinateur. Pour nous rendre la tâche plus facile, nous avons pensé que notre système "nétiquette", vu plus haut, pourrait nous être utile dans cette éventualité. Par exemple, sur le permis, il pourrait y avoir cinq heures supplémentaires pour l’accès aux ordinateurs, mais si l’enfant ne termine pas ses travaux, ne les remet pas à temps ou encore s’il désobéit à un règlement, celui-ci pourrait perdre ses heures supplémentaires, à raison d’une demi-heure pour chaque infraction. Assurément, cette dernière directive est facultative, elle est laissée à la discrétion de l’enseignante.

Banque d’activités

Durant notre période de réflexion, nous nous sommes remémoré les périodes libres que les enfants avaient pour aller à l’ordinateur de la classe. Comme dans le coin lecture, où les enfants ont des livres qui leur sont désignés, nous avons pensé que l’ordinateur pourrait également avoir des activités désignées. Pour ce faire, nous avons pensé qu’il serait pertinent de construire un cahier dans lequel nous pourrions retrouver des sites Internet qui sont adéquats pour eux, de bons CDROM éducatifs et des activités qui pourraient leur être favorables.

La banque d’activité pourrait être construite par les enfants, mais toujours en faisant consensus avec l’enseignante. Encore une fois, notre code "nétiquette" pourrait nous être utile. Avec la banque d’activités et la "nétiquette", nous éviterions une intégration passive de l’ordinateur ce qui pourrait être peu approprié étant donné qu’elle emprunterait l’avenue des méthodes traditionnelles.

Pour les loisirs

On ne pourra jamais renier l’aspect ludique de l’ordinateur. Ce dernier doit être présenté aux enfants comme un atout qui meublera une partie de leur loisir. En salle de classe, il y a toujours des périodes que nous offrons aux élèves pour qu’ils puissent s’amuser tout en conservant l’aspect pédagogique. Ce sont les périodes dites libres qui sont souvent intégrées dans le système d’émulation. L’ordinateur peut donc être un outil qui leur permet d’avoir beaucoup de plaisir et d’intégrer par une motivation intrinsèque ses apprentissages réalisés en classe. Nous pouvons naviguer sur Internet par simple intérêt, par loisir. De nombreux programmes de jeux peuvent aussi se retrouver à l’intérieur de l’appareil. De plus, nous retrouvons plusieurs CDROM intéressants et amusants pour les enfants. Pendant ces périodes libres, l’enseignante peut aussi se rendre au laboratoire d’ordinateurs avec ses élèves pour que chacun puissent avoir accès à un appareil. Il est évident qu’à l’intérieur de ces heures consacrées aux loisirs, les enfants feront indubitablement des apprentissages. Ils ne seront pas nécessairement liés aux programmes d’apprentissages du primaire, mais ils seront sûrement favorables aux enfants.Il est à souligner que dans une perspective d’enseignement axé sur la transversabilité et la construction du savoir, le désir d’apprendre devient un vrai plaisir !

Les exercices d’apprentissage

C’est en naviguant sur les sites éducatifs que nous nous apercevons qu’il en existe plusieurs où nous retrouvons des exercices d’apprentissage conçus spécifiquement pour les enfants du primaire. En relation avec les objectifs à faire atteindre aux élèves, l’enseignante peut très bien trouver des exercices se rapportant aux objectifs en question. Elle peut aussi établir des relations entre ces objectifs et les NTIC, c’est-à-dire les compétences acquises en manipulant les ordinateurs. Nous parlons donc des différents savoirs, de savoir-être ainsi que de savoir-faire. Les enfants sont alors bien motivés à accomplir ces exercices puisqu’ils sont présentés sous une autre forme. Les cahiers d’exercices et les méthodes traditionnelles peuvent parfois devenir ennuyeux. Pourquoi ne pas apporter du changement ? Un autre critère positif à cette idée est toute la question de la correction. Habituellement, ces sites offrent la possibilité d’en faire la correction sur-le-champ et même d’imprimer le travail. Nous savons très bien qu’il est important de suivre les progrès de nos élèves. En exigeant l’impression de leur travail, il est donc possible d’en faire un suivi. Mais attention ! Les exercices d’apprentissage doivent être intégrés dans une démarche d’enseignement stratégique !

Voici quelques sites intéressants où l’on retrouve quelques exercices d’apprentissage pour les élèves du primaire.

http://dictee.pgl.sympatico.ca/dictee.html

La dictée P.G.L. est un site où les enfants peuvent écouter et écrire des dictées. Il est même possible d’en faire la correction à l’aide du logiciel "Correcteur 101"

http://www.quebectel.com/escale/

L’escale est un site où l’on traite les mathématiques, le français et les sciences au primaire. Il y a de nombreux exercices bien colorés et attrayants pour les enfants.

http://www.museopolis.com/

Muséopolios est un magnifique site parlant de la région de l’Outaouais. C’est excellent pour atteindre certains objectifs des sciences humaines.

http://rafale.worldnet.net/~carredas/

Rafale est un site où il est possible de travailler la résolution de problèmes en mathématique.

 

La communication à l’intérieur de l’école

Actuellement, les enseignants qui ont la chance de naviguer sur Internet peuvent entrer en contact avec d’autres intervenants du monde scolaire tels que le ministère de l’Éducation du Québec et les commissions scolaires. Dans l’optique d’une situation un peu idéaliste, mais quand même présente dans certaines écoles, où chacun des enseignants d’une école aurait accès à son propre ordinateur, la façon de communiquer pourrait prendre une tout autre direction. Si tous ces ordinateurs étaient ralliés en réseau à l’intérieur de l’école et qui plus est, étaient branchés sur Internet, le système du courrier électronique en serait à la base. Les pédagogues pourraient communiquer directement avec la direction, la secrétaire et même les autres enseignants de l’école et ce, sans même à avoir à se déplacer. Nous savons qu’il n’est jamais facile de laisser les enfants seuls dans le local dans le but d’aller consulter un autre intervenant du milieu. Une simple sortie de la classe et tout le comportement des élèves peut en être dérangé.Dans un même ordre d’idées, une communication avec certains parents pourrait être possible. Cependant, certaines conditions devraient être préétablies pour ne pas que ce système devienne une corvée pour l’enseignant.

 

Les dix moins bonnes façons d’intégrer les NTIC en salle de classe

 

Intégration passive (Utilisation libre)

Une intégration passive de l’ordinateur peut être peu favorable pour l’image que nous voulons donner aux enfants. L’image voulue devrait être ambivalente, elle devrait couvrir deux pôles. Certes, nous voulons qu’ils gardent le côté captivant, mais nous voulons également qu’ils le connaissent comme outil d’apprentissage très précieux.

De plus, en faisant une intégration passive, nous occasionnons des pertes d’argents considérables et un temps précieux. Surtout lorsque nous remarquons les capacités exponentielles de l’outil et son côté plutôt dispendieux.

Il existe plusieurs possibilités d’inefficacité avec l’intégration passive de l’ordinateur. Premièrement, plusieurs enfants n’ont que le jeu en tête. Lorsqu’ils ont la permission d’aller à l’ordinateur, ces enfants ont besoin d’être dirigés, d’avoir des buts qui leur sont expliqués clairement. En deuxième lieu, il y a les enfants qui ne connaissent à peu près rien de l’informatique et ces derniers devraient foncièrement avoir des explications sur l’outil ainsi qu’un cadre de référence pour pouvoir s’y retrouver facilement. Les explications consisteraient surtout à diriger l’enfant à travers l’outil. Il serait préférable que les enfants en sachent le plus possible sur la façon d’employer chacun des logiciels et chacun des CDROM pour les aider à apprécier l’outil et à en retirer tous les avantages. Finalement, il serait pertinent que chacune de leurs visites à l’ordinateur soit dirigée pour qu’il puisse, encore une fois, en extraire tous les bienfaits.

Utilisation des correcteurs

Nous avons remarqué que beaucoup d’enseignantes du milieu se demandaient si elles devaient laisser ou non les enfants utiliser les logiciels de correction. Pour avoir nous-mêmes utilisé certains logiciels de correction, nous croyons pouvoir répondre de façon explicite à ce questionnement. Tout d’abord, il est évident que le logiciel doit être expliqué clairement à l’élève. Il est nécessaire de dire à l’enfant que chaque erreur détectée par le correcteur n’est pas forcément une erreur. "La graphie chapo par exemple, pourrait générer chapeau par ressemblance phonétique, mais chape, chapé, chapon, chope et chopa par ressemblance alphabétique. Sans dictionnaire, l’enfant peut avoir de la difficulté à mettre le bon mot."8 L’élève doit donc apprendre à bien analyser le contexte de la phrase afin de voir si c’est le correcteur ou lui qui a raison. Pour cela, nous croyons que les logiciels de correction ne devraient pas être permis à tous les niveaux. De plus, il serait préférable qu’ils soient dans le cadre d’une activité dirigée sur les règles de grammaire.

Au premier cycle, les enfants ne sont pas encore habiletés à comprendre les erreurs suggérées par le correcteur, il n’est donc pas pertinent de l’offrir à des enfants de ce groupe d’âge. Au deuxième cycle, la tâche peut être moins ardue, mais il serait utopique de croire qu’un élève de quatrième année puisse être en mesure de faire la correction complète d’un texte à l’aide d’un correcteur. Comme nous l’avons susmentionné, une activité de grammaire pourrait être conçue pour se familiariser avec le logiciel. Par exemple, un texte déjà écrit où l’enfant n’a qu’à faire la correction du texte avec le correcticiel. Toutefois, on doit obliger l’élève à aller vérifier dans sa grammaire, le dictionnaire et le dictionnaire de verbe pour vérifier si le correcteur à raison.

Finalement, nous croyons que les correcticiels sont très valables pour des gens qui connaissent bien leur français et qui préfèrent accélérer le processus de correction ou améliorer le texte à l’aide de ces logiciels.

 

Deux correctitiels sont, pour notre part, recommandables. Ce sont les logiciels Antidote et correcteur 101

 

Surdose d’informatique

Ce n’est pas parce que l’ordinateur est un outil extraordinaire que l’on doive s’en servir avec exagération. Il peut nous servir à motiver l’élève lorsque nous avons des tâches moins intéressantes à faire, comme écrire un texte au propre ou faire une recherche. Cependant, si nous amenons l’enfant à se servir de l’ordinateur en tout temps, pour exécuter n’importe quelle tâche, celui-ci deviendra dépendant de l'ordinateur. La surdose est définitivement un point négatif et ce, pour tout ce qu’on utilise avec excès. L’informatique est importante, mais nous devrions équilibrer les choses et l’utiliser de façon pondérée.

 

Les NTIC sans objectifs, sans buts

Il arrive que certains enseignants se rendent au local d’ordinateurs en n’ayant aucun but précis en tête. Ils croient tout simplement qu’ils s’y rendent pour faire de l’informatique. Cette manière de penser est une fausse représentation de la réalité. Il faudrait apprendre à démystifier les NTIC et les utiliser à leur pleine capacité. Les ordinateurs sont d’excellents outils de travail avec lesquels les enfants peuvent y faire de nombreux apprentissages. Internet et les CDROM peuvent répondre à plusieurs objectifs des programmes d’apprentissage du primaire. Il ne s’agit que d’en faire quelques recherches pour se rendre compte très rapidement de la plausibilité de cette affirmation. À titre d’exemple, le site Internet << L’escale >> http://www.quebectel.com/escale/ répond à des objectifs de presque toutes les matières rencontrées au primaire. En ne fixant aucun but, aucun apprentissage ne peut se faire adéquatement. Une bonne planification de notre période d’A.P.O. est une condition sine qua non à un acte valable d’enseignement/apprentissage. Si l’enseignant n’a pas planifié ses activités, il est peu probable que son enseignement lui permettre d’atteindre les objectifs visés1

Il est aussi important, avant de débuter un travail à l’ordinateur, d’informer les enfants du but visé par l’activité ainsi que des objectifs qu’ils toucheront. Thérèse Nault vient appuyer cette affirmation en nous expliquant que les leçons se déroulent mieux, tant sur le plan de la motivation que sur celui de la compréhension, quand l’enseignant commence son cours en en communiquant les objectifs et le contenu aux élèves2.

 

Les NTIC sans plan de travail, sans directives

Même si nous savons sur quel site les élèves doivent se rendre une fois sur Internet ou, sur un CDROM, il est très important de bien guider les enfants. Il ne faut pas seulement leur donner les directives oralement. Ceci risquerait de rendre les périodes d’A.P.O. chaotiques. Lorsque les enfants ne sont pas suffisamment bien guidés, ils éprouvent quelquefois des difficultés d’orientation. Ils s’impatientent quand nous ne pouvons leur venir en aide assez rapidement. Dans ces circonstances, les enseignants peuvent éprouver certains troubles au niveau de la discipline et cela rend les périodes difficiles pour tous. Il est donc primordial de toujours remettre un plan de travail aux élèves où nous pouvons retrouver toutes les étapes de la navigation sur Internet ou de l’activité avec les CDROM. Le plan de travail doit être écrit sur le tableau à la vue de tous ou sur des feuilles individuelles. Chacune des équipes devrait obtenir une copie de ce plan de travail. Ainsi, chacun pourra naviguer de façon structurée en ayant toujours une intention.

 

Les NTIC sans démarche pédagogique

Comme tout acte pédagogique que l’enseignant pose, il est impératif que les apprentissages se fassent dans une perspective de la construction de la connaissance. Il faudrait, même lorsque nous travaillons avec les NTIC, intégrer les activités d’apprentissages dans une démarche constructive, un enseignement stratégique. Nous pouvons utiliser cet outil de travail à n’importe quelle étape de la démarche, soit la mise en situation, la pratique ou le retour sur la pratique. Par exemple, il peut servir à faire un retour sur les connaissances antérieures des enfants, mais si le reste de la démarche est manquant, les apprentissages ne seront pas assimilés par les élèves. Ce ne seront que des connaissances fragmentaires et elles ne favoriseront aucun transfert des apprentissages. En plus d’être intégrés à une démarche constructive, les NTIC auraient avantage de faire partie d’un enseignement axé sur la transversabilité des savoirs.

 

Utilisation excessive du CDROM

Lorsque nous travaillons en français, en mathématiques ou dans d’autres matières, il est indéniable de penser que nous pouvons passer l'année sur un seul et même chapitre, n'est-ce pas ? Alors, comment peut-on penser utiliser le même CDROM toute une année durant ? Habituellement, les CDROM ne couvrent que certains objectifs des programmes. Pourquoi obligerions-nous les apprenants à utiliser le même CDROM à répétition continue ? Ils deviendront saturés du contenu et aucun transfert des connaissances ne sera favorisé. Ils perdront aussi leur motivation face à l’outil de travail. Il est donc essentiel de varier nos façons d’utiliser les NTIC.

 

Utilisé un outil de communication excessif

Comme toute autre chose, une surdose d’interaction virtuelle est néfaste pour les utilisateurs d’Internet. L’avènement de "Internet real communication" a soulevé de nombreux débats au sujet des utilisateurs qui devenaient dépendants de leur ordinateur et des correspondants virtuels avec lesquelles ils communiquaient.

Les chances d’être au prise avec un problème sont minces à l’école. Par contre, pour éviter d’éventuels problèmes en classe et à la maison, il est impératif d’établir les règles concernant les communications sur Internet. Selon un sondage de la revue Family PC dont faisait état dimanche le 4 octobre 1998 le quotidien Seattle Times, seulement 6 % des 1 300 parents interrogés utilisent les logiciels commerciaux de filtrage Web. Près de 20 % des parents ne prennent aucune mesure pour encadrer l'utilisation d'Internet faite par leurs enfants.

Pour Joe Panepinto, rédacteur en chef de Family PC, la technophobie éprouvée par de nombreux parents entraîne deux comportements : soit qu'ils débranchent

complètement l'accès à Internet au foyer, soit qu'ils en confient la responsabilité complète aux enfants, ne souhaitant pas eux-mêmes s'en mêler. 5

Évidemment, que ce soit à la maison ou à l’école, les communications devraient toujours être inscrites dans une perspective pédagogique avec une intentionnalité réelle. Elles ne doivent pas établies au hasard à la discrétion de l’élève. De façon à favoriser l’autonomie, l’enseignant peut laisser une certaine marge à l’apprenant. Au niveau des périodes libres, l’orientation de la structure de navigation sur Internet est à la discrétion des intervenants pédagogiques. Il est par contre fortement recommandé de ne pas déroger du code de l’inforoute préalablement établie avec les élèves ou des règlements en vigueur lors des périodes de navigation en classe.

 

Une intégration sans structure de base

Dans un même ordre d’idées, le potentiel pédagogique des NTIC ne pourra jamais être reconnu si son intégration est faite dans un contexte spontanéiste. C’est l’admonestation la plus soulevée par les intervenants impliqués dans le dossier. L’ombilic de la démarche est l’apprenant et l’intégration des NTIC ne devrait pas nous en éloigner. Comme le rapporte Jacques Bibeau du MEQ, " pour réussir l’intégration des TIC à l’école il faut d’abord se préoccuper des élèves en ensuite s’occuper de la technologie. (…) Nous préconisons une vision anthropocentriste plutôt que technocentriste et une approche systémique plutôt que spontanéiste." 4

La structure doit également tenir compte de l’importance de l’ordinateur dans la classe ou l’école de l’enseignant. L’équipe de recherche du réseau scolaire canadien (RESCOL) constatait qu’il existe une forte corrélation entre l’importance que l’enseignant accorde aux NTIC et sa perception de la démarche éducative. L’enseignant axé sur les NTIC est plutôt stratégique, globalisant et orienté dans une perspective continue dans ses méthodes d’enseignement, alors que le second tend vers une transmission de connaissance. 6

 

Méconnaissance des nouvelles démarches pédagogiques et une conception fragmentaire des NTIC.

Nous pensons qu’il est impératif que le projet d’intégration des NTIC soit instauré dans une perspective d’une construction du savoir. L’enseignement stratégique, une méthode qui guide les apprenants vers des habiletés de transferts, se présente comme la condition sine qua non au développement d’un cheminement pédagogique globalisant et significatif. Comme nous l’avons mentionné, la primauté demeure la démarche pédagogique. Sans cette dernière, l’intégration des NTIC n’est guère différente qu’un nouveau manuel.

Dans un même ordre d’idées, les conceptions relatives aux NTIC en sont encore à leurs balbutiements. Dans le même sens où les nouvelles connaissances des apprenants sont intégrées sous forme de réseaux sémantiques (conceptualisation), l’idée des NTIC souscrit à notre avis à une dimension systémique. Une dimension où chaque pôle est important, interdépendant et interrelié à un point commun : l’apprenant.

 

En terminant, il serait faux de prétendre que la liste que nous avons élaborée soit exhaustive. Elle ne comporte que les principaux moyens. L’important dans tout cela est de demeurer critique face à nos façons de faire, les actes que nous posons lorsque nous faisons l’utilisation des NTIC. Il faut prendre le temps de se questionner sur la pertinence et les répercussions de nos démarches. Avec l’arrivée du troisième millénaire et l’implantation de plus en plus marquée des NTIC dans notre société, il faudra s’attendre à beaucoup de changements dans les milieux scolaires. Tout le système de l’enseignement et de l’apprentissage sera révolutionné. Nous en sommes qu’aux balbutiements et c’est à nous que revient la tâche de bien en faire l’intégration. Ne restons pas statufiés face aux nombreux changements qui s’amènent. Allons-y de l’avant avec une grande ouverture d’esprit. Nous croyons vigoureusement que les portes s’ouvrent à nous. Nous serons les militants de cette cruciale intégration.

 

Bibliographie

 

1 NAULT, Thérèse, L’enseignant et la gestion de la classe, Les Éditions Logiques, Montréal, Québec, 1994, 114 pages, p.17

2 NAULT, Thérèse, L’enseignant et la gestion de la classe, Les Éditions Logiques, Montréal, Québec, 1994, 114 pages, p.19

2 http://aquops.educ.infinit.net/colloque/14colloque/ouverture.html

3 Ackermann, E. K. (1994). Les autoroutes de l'information: culture de "zappeurs" ou culture d'auteurs. Interface, 15(5), 38-42.

4 Jacques Bibeau, MEQ. http://w3.risq.qc.ca/DRD/elevrop.html

5 http://cyberie.webdo.ch/

6 L'APPORT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION (NTIC) À L'APPRENTISSAGE DES ÉLÈVES DU PRIMAIRE ET DU SECONDAIRE REVUE DOCUMENTAIRE. http://www.tact.fse.ulaval.ca/fr/html/apportnt.html/

7 Caron, Jacqueline, Quand revient septembre... volume 1, page35.

8 Désilets, Mario, Vie pédagogique 107, avril-mai, Que penser de l’utilisation des logiciels correcteurs à l’école ?, page 9.

 

 

Ce document a été réalisé par Alexandre Dumont, Mélanie Desgagné et Renée Chartrand de l'Université du Québec à Hull.

Dernière modification: 6 octobre 1998

Copyright © 1998