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Du 8 au 10 Mars 1998 LObservatoire Régional de la Santé " Est " a organisé un séminaire atelier sur la santé reproductive à lInstitut Technologique de Santé Publique de Constantine . Le concept de Santé reproductive telle que défini par le programme daction de lI.C.P.D et adopté par lAssemblée Générale des Nations Unies dans sa résolution 49/128 sert de base aux mesures prises par les états membres des nations unies . Par santé reproductive, on entend " le bien être général , tant physique que mental et social, de la personne humaine, pour tout ce qui concerne lappareil génital , ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement labsence de maladies ou dinfirmités . Cela suppose donc quune personne peut mener une vie sexuelle satisfaisante en toute sécurité, quelle est capable de procréer et libre de le faire aussi souvent et aussi peu souvent quelle le désire, cette dernière condition implique quhommes et femmes ont le droit dêtre informés et dutiliser la méthode de planification familiale de leur choix au même titre que dautres méthodes de leur choix de régulation des naissances qui ne soient pas contraires à la loi - méthodes qui doivent être sûres, efficaces, abordables et acceptables - ainsi que le droit daccéder à des services de santé qui permettent aux femmes de mener à bien grossesse et accouchement et donnent aux couples toutes chances davoir un enfant en bonne santé ". On entend également par cette expression la santé en matière de sexualité qui vise à améliorer la qualité de la vie et des relations interpersonnelles et non à se borner à dispenser conseils et soins relatifs à la procréation et aux maladies sexuellement transmissibles .
Les objectifs du séminaire
Les travaux ont été répartis en 4 ateliers :
ATELIER N° 1MATERNITE SANS RISQUES
Identification des problèmesLe problème essentiel est au niveau du concept lui même : en effet ni sa définition ni ses objectifs ne sont précisés. Sur le plan pratique, la maternité sans risque nest pas considérée comme une priorité. Actuellement, il nest question que de limiter les risques. Les points essentiels identifiés relèvent de :
Plan dactionIl est important de cibler les activités, les groupes de population et les intervenants: - Les populations cibles : il sagit des jeunes , des femmes et des couples. - Les activités : Dans un premier temps cest la prise en charge de lhypertension artérielle gravidique qui représente un véritable problème de santé publique, mais également lInformation, lEducation et la Communication qui doivent se faire en permanence par des équipes danimation pour jeunes, des réseaux dinformation et de coordination, les associations et les mass média. - Les actions porteront essentiellement sur linformation, laccueil, le suivi des populations et la généralisation des cellules de proximité, - Définition des tâches des personnels : Médical, Paramédical, Gestionnaires et autres. - Actualisation de la formation de base (révision des programmes). - Généralisation de la formation continue basée sur lévaluation et tenant compte des progrès de la médecine. - Revalorisation du travail déquipe et Humanisation des soins. - Identification des personnes ressources : il sagit de personnes à différents niveaux dintervention : centres de décision (ministères de la santé, de la protection sociale, du travail et de léducation, autorités locales), des structures de santé et affiliées ( INSP, ORS, CHU, Secteurs sanitaires, CNAS, INESSM, EFPM ), Organismes internationaux (OMS, UNICEF, FNUAP), Associations et autres secteurs (Information, écoles de formation) - Rationalisation de lutilisation des structures et des moyens en assurant laccessibilité aux soins sur les plans spatial et temporel. Les locaux doivent être conformes à lactivité. - Elaboration de protocoles standardisés et de supports dinformation et dévaluation appropriés.
ATELIER N° 2PLANIFICATION FAMILIALE
Etat de lieuxLes problèmes sont connus pour avoir été identifiés et discutés et ce depuis la mise en place du Programme National de Maîtrise de la Croissance Démographique (PNMCD). Les points essentiels relèvent en particulier de : - Une définition souvent mal comprise de la Planification Familiale et de son impact sur la santé reproductive - La socialité de la reproduction humaine est un thème mal explicité et son évidence nest pas claire pour tous les intervenants (Professionnels de la santé, décideurs, gestionnaires....) - Un manque de coordination entre les différentes instances concernées : gouvernement, ONG, OMS et organismes internationaux. - La recherche en santé reproductive est marginalisée et très peu defforts sont consentis dans ce sens. - Enfin il ny a pas de vision stratégique tenant compte du rapport coût /efficacité des activités de santé reproductive en général et de la planification familiale en particulier .
PropositionsPour une amélioration sensible de la qualité des prestations, les participants suggèrent une approche novatrice qui sappuie sur une politique novatrice dans le domaine de la Planification Familiale. Cette conception ne serait viable que dans le cadre dune tripartite (Gouvernement, ONS, ONG) où le programme, les objectifs, les moyens, le personnel seraient définis et utilisés en commun. Pour cela des priorités ont été dégagées : - Identifier très précisément les problèmes et les besoins, - Formuler clairement des objectifs réalisables, - Initier des programme précis et intégrés dans la politique de Santé reproductive, - Définir clairement le rôle de chaque intervenant . - Prévoir des méthodes dévaluation applicables tout au long de la réalisation du programme, ce qui permettrait de rectifier éventuellement la démarche suivie : - Veiller à la bonne application et à la pérennisation des programmes intersectoriels et locaux. - Bien quintégré dans le programme général de Santé reproductive, laxe P.F ; devrait être budgétisé pour que ses activités et ressources ne soient pas " diluées ", - Pour apprécier limpact du programme et lever les éventuels obstacles , il serait judicieux de mener des enquêtes sur le comportement de la population vis à vis de la contraception. - Enfin, et pour un plus de qualité certaines méthodes contraceptives devraient être mises à la disposition de la population ( Norplant, Méthodes barrière, produits injectables .) - Sur le plan de la Recherche : Une budgétisation propre à la recherche en matière de P.F est une proposition qui a fait lunanimité des participants. La collaboration dautres disciplines universitaires est sollicitée ( médecins, psychologues, anthropologues, sociologues, théologiens...). La recherche scientifique peut être menée dans un cadre de formation : Thèses, Mémoires de fin détudes....
ATELIER N° 3PREVENTION ET LUTTE CONTRE MST/SIDA
Etat des lieuxLinexistence darticulation entre la prévention des MST et la santé reproductive est la constat fait de prime abord : - Absence de coordination intra et intersectorielle.
- Absence de laboratoires performants au niveau wilayal. - Le personnel formé en IEC est rarissime au niveau des centres dactivité.
Propositions- Application du programme national déjà existant de la lutte contre les MST/ SIDA et coordination entre le comité national et les comités locaux. - Intégration des activités de lutte contre les MST dans les structures de Santé Maternelle et Infantile. - Création dun réseau de prise en charge des MST et implication du secteur privé et les autres secteurs extra-sanitaires (Education, Jeunesse et Sport, ONG ). - Formation du personnel prestataire chargé de lapplication du programme. - Budgétisation du programme national de lutte conte les MST / SIDA. - Approvisionnement régulier en préservatifs et médicaments de tous les centres. - Doter les centres de prise en charge en moyens de communication et de reprographie. - Développer la recherche en matière de MST/ SIDA : Enquêtes épidémiologiques, thèses, mémoires... - Mettre en place un centre régional dinformation médicale pour les MST / SIDA chargé du recueil et de lanalyse de linformation au niveau des Observatoires régionaux de la santé.
ATELIER N° 4SANTE DES ADOLESCENTS
Identification des besoins- Information (Connaissance du corps humanin: Anatomie et Physiologie...) - Communication au niveau : * Social /Familial /Scolaire * Structures concernées par la prise en charge des adolescents (cellule de proximité CIAJ, UDS ....) - Prise en charge effective et efficace des adolescents par la mise en place de circuits daccès à des services spécialisés (médicaux, psychologique, sociaux....). - Formation des prestataires (ou personnel) concernés par la prise en charge des adolescents.
Propositions- Création dun comité multisectoriel pour la prise en charge de la question de la S.R pour adolescent (e)s ( constitué dagents du terrain qui ont les compétences requises pour une bonne prise en charge des jeunes) . - Formation des prestataires en vue dun changement de comportement pour une meilleure prise en charge des adolescents - Impliquer davantage toutes les structures concernées par la prise en charge des adolescents en les dotant de moyens ( UDS, cellule de proximité, CIAJ ... ) - Opérer une jonction entre les différentes structures existantes (Créer une coordination par rapport aux activités ) . - Redynamiser ces structures en mettant en place des mécanismes dévaluation en matière dactivités (LORS doit simpliquer dans lévaluation des activités de ces structures notamment les structures de la santé ainsi que dans le suivi ). - Tous les Personnels de Santé ou structures concernées par la question doivent être informés des programmes de santé qui existent pour une meilleure intégration et une meilleure prise en charge . - Veiller à lapplication des lois existantes pour la protection des adolescents . - LORS devra organiser à lavenir des séminaires en direction des directeurs détablissements scolaires et des enseignants des Sciences Naturelles pour les sensibiliser sur la nécessité denseigner léducation sanitaire au niveau des structures scolaires .
PROPOSITION DUN PROTOCOLE DE GESTION DINFORMATION SANITAIRE EN SANTE REPRODUCTIVE
Au terme du séminaire un protocole de gestion de linformation sanitaire en Santé Reproductive a été retenu et comporte :
a) Un relevé annuel des données démographiques par structures sanitaires (secteurs et sous secteurs) : Population, Femmes Mariées en Age de Reproduction, Naissances. b) Un relevé mensuel des activités de Santé Reproductive : Vaccination, Consultation prénatale, Grossesse à risque, Accouchement assisté, Référence à un spécialiste, Consultation post natale, Planification familiale (y compris la gestion des contraceptifs), Consultation des adolescents.
La saisie et lanalyse des données seront établies sur le logiciel EPI INFO Ont participé aux travaux des ateliers : Le représentant de lOMS en Algérie, La directrice de la formation au MSP, Un représentant de loffice national de la PF Tunisien, Les médecins de lORS " EST ", Les responsables des antennes Wilayales de lORS " Est ", Les médecins des SEMEP des CHU et des secteurs sanitaires, des gynécologues, des pédiatres, Les responsables de la SMI des DSP, Les enseignants de linstitut et de lécole paramédical, Des représentants de la protection sociale, Des représentants de la jeunesse, Des représentants des associations (AAPF, Association des sages femmes), Des universitaires (économiste, psychologue, sociologue) , Des représentants du secteur de linformation (journalistes) .
BOITE A OUTILSIndicateurs de Santé Maternelle et InfantileTirés de lenquête nationale sur les objectifs de la mi-décennie -MDG Algérie 1995, du ministère de la santé et de la population réalisée avec la collaboration de lOMS, LUNICEF et le FNUAP. La technique de sondage utilisée a tenu compte du nouveau découpement de 1995 en régions sanitaires, ce qui nous a permis de dresser un tableau comparatif entre les données nationales et celles de la région " Est " (le manque à gagner est souligné). Ces résultats peuvent servir pour lélaboration dun plan de redressement régional dans un but dune mise à niveau sanitaire nationale.
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