La femme et la mode précieuses

La Préciosité

La mode précieuse

 

La femme précieuse, par ses vêtements, par son langage et par sa distinction servira de modèle à la femme du XVIIe siècle.

La préciosité est issue d'une réaction contre les mœurs grossières de la cour. Elle réunit des gens de lettres et des gens du monde, qui ont le même goût des raffinements du l'esprit, du cœur et des manières. Les vêtements et l'apparence ont une grande importance dans cet état d'esprit.

 

 

 

On peut noter l'abondance d'éléments décoratifs dans le costume masculin : rubans, dentelles, chapeaux flottants, pantalons bouffants, volants et couleurs vives... On peut supposer que l'homme parade, et cherche à attirer les regards sur son corps, qu'il met en valeur par une multitude d'accessoires qui seraient aujourd'hui considérés comme peu virils. Cet état de fait vient certainement de la Renaissance, et de cet épisode à la cour royale, où les hommes avaient du goût pour les hommes, et s'intéressaient moins aux femmes... Il y a même, sous Louis XIV, une tentative de se rapprocher du vêtement féminin en adoptant un long jupon nommé "rhingrave"!

Portrait de Colbert (www.marquise.de)
Van Dijck Louise de Tassis (www.marquise.de)

Le costume féminin, plus sobre, masque les formes féminines grace à des attributs rigides portés sous la robe : corset, vertugale. Cependant, le luxe des étoffes, le travail de la dentelle, font de la mode un véritable art.

 

Par contre, curieusement, elle ne porte en général aucun sous-vêtement sous cette robe, malgré la tentative infructueuse à l'époque de la Renaissance (Catherine de Médicis) d'introduire le "pantalon" (caleçon long, attaché à la taille, moulant les cuisses jusqu'au genou) pour la femme au XVIème siècle...

"Porter la culotte" signifie encore bien "être un homme", et cette prétention des femmes à vouloir porter des vêtements considérés comme masculins sera critiquée et combattue.

 

La nudité, sous la robe, sera même l'objet de bien des aventures et mésaventures. La chute de cheval de Mme de La Fayette fera bien rire Louis XIV, par exemple. Scarron, l'écrivain burlesque, ou Voiture, en général plus sérieux mais boute-en-train réputé, raffolaient de ce thème comique.

 

Voici un court extrait d'un poème d'une centaine de vers plutôt osés de Voiture à ce propos :

Et mon cœur autrefois superbe

Humble se rendit à l'amour

Quand il vit votre cul sur l'herbe

Faire honte aux rayons du jour.

Cité par :
Histoire imprévue des dessous féminins

Nous sommes assez loin ici des théoriques raffinements du langage de la préciosité...

 

 

Vivaldi,Le printemps, 3

©Home sweet Home -Février 2001