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- Les scénarios originaux
d'après guerre
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- Si tous les gars du monde.
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Ce film devait être réalisé
par Henri-Georges Clouzot mais c'est finalement Christian-Jaques qui en
assura la mise en scène.
L'histoire repose sur de bons sentiments quelquefois déclinés
sur un ton un peu boy-scout. Il n'empêche qu'elle est agencée
de telle manière que le suspense est au rendez-vous et on reconnaît
bien là le coup de patte de Clouzot
Les matelots de l'équipage
du chalutier "Lutèce", sous les ordres du patron pêcheur
Le Guellec tombent malades les uns après les autres. Le bateau qui
pêche en mer du Nord est loin des côtes et la radio vient de
tomber en panne.
Mohamed, le cuisinier arabe, n'est pas
touché par cette épidémie et le second , faisant preuve
de racisme primaire, l' accuse d'avoir jeté un sort à l'équipage.
Le Guellec, qui est un brave homme, fait,tant bien que mal, régner
le calme pendant qu'il est encore valide . Il fait également émettre, à partir d'un poste
radio amateur, des messages de détresse. Un de ceux ci est capté
au Togo par des européens dans des conditions précaires (matériel
de fortune, antenne fragile menacée par une tempête, médecin
parti en tournée en brousse, rivalités locales...) Après
différentes péripéties le médecin colonial se
présente et arrive à diagnostiquer une épidémie
de botulisme due à l'absorbtion de Jambon avarié. Il en conclut
qu'il faut, sous peine de mort vacciner tres rapidement tout l'équipage.
S'engage alors jusqu'à la fin du film une course contre la montre
pour faire parvenir le vaccin au chalutier. Tout au long de son déroulement
les evênements les plus divers s'enchaînent et entretiennent
un long suspense qui nous tient en haleine avec quelques moments de détente.
Du togo nous partons d'abord pour Paris où le vaccin est obtenu non
sans mal à l'institut Pasteur grâce à un jeune radio
et à la veuve d'un médecin colonial
Le fil conducteur du film est ensuite fournit par le cheminement du colis
qui passe de main en main grâce au concours des radio-amateurs qui
se relaient. Différents retours de caméra à bord du
chalutier montre que la situation évolue mal : tout le monde tombe
malade sauf Mohamed qui a respecté les consignes de sa religion,
et la santé des premiers malades se détériore rapidement,
L'animosité du second, qui résiste le mieux à la maladie,
envers Mohammed se concrétise par des brutalités graves. Puis
nous sommes entrainés dans des lieux et des milieux divers où
se produisent différents rebondissements : Le colis peut être
acheminé par Air France mais ne peut pas être parachuté.
Il doit transiter par Berlin où un militaire américain ne
craint pas, en pleine guerre froide, de s'aventurer en zone russe pour remettre
le paquet à une hotesse de l'air polonaise. Les embûches s'accumulent : arrestation
de l"américain, saisie du colis ...alors que le temps s'écoule.
Après vérification des autorités russes, l'armée
de l'air soviétique se charge de transmettre les remèdes à
un avion danois qui les parachute sur le chalutier mais le parachute tombe
à l'eau, près du but , et c'est finalement Mohamed qui plonge
dans la mer glacée pour récupérer le colis qui va sauver
ses camarades.
Les cinq dernieres minutes de fin semblent superflues : un retour triomphal
à Concarneau sous l'oeil des reporters et des caméras du monde
entier afin de délivrer sur un ton emphatique et moralisateur le
message évident que la solidarité et la bonne volonté
internationale peuvent permettre d'accomplir des miracles.
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- Le retour de Jean ( 3eme sketch du film
Retour à la vie)
Ce
sketch d'un quart d'heure met un
prisonnier français libéré en présence d un
allemand nazi recherché par la police.
Jean, blessé de guerre, essait comprendre ce qui peut amener un homme
commun à devenir un tortionnaire. Il héberge dans sa chambre
un criminel allemand, traqué par la police pour l' interroger sur
les raisons qui ont motivé sa conduite. C'est une longue réflexion
philosophique sur le problème de la violence et de l'engagement.
Finalement Jean donnera la mort au Nazi.
En ce qui concerne ce film Clouzot déclarait
: Autant Manon est un sujet picaresque dans lequel les images comptent
énormément, autant dans ce sketch, j'ai essayé de laisser la première
place aux dialogues et à l'expression psychologique despersonnages.
Selon L.Jouvet , qui tient le rôle
de Jean, c'est une histoire atroce qui traite le double problème
du bourreau devant sa victime et de celle-ci devant son bourreau.
Par le ton de son discours, certains commentateurs ont été
jusqu'à évoquer Sartre à son propos.
Retour à la vie s'est vu décerner le Laurier d'Argent 1950
(Prix décerné par un jury d'écrivains et de journalistes,
le Festival de Cannes n'avant pas eu lieu cette année-là).
- La vérité
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- Ce film noir relate les circonstances
qui ont amené l'héroine, Dominique
Marceau (Brigitte Bardot) à tuer son amant, Gilbert Tellier (Samy
Frey)
- Le film relate le déroulement
de son procès
Au cours des audiences se dessine petit à petit le véritable
visage de l'accusée...
Dominique a séduit Gilbert, le jeune fiancé de sa soeur Annie.
Mais si pour Dominique, fille volage et de murs légères,
c'est une passade sans importance, c'est pour Gilbert la révélation
d'une passion dévorante, et pour Annie un drame déchirant.
Gilbert rompt avec Annie pour vivre avec Dominique. Cette dernière,
cependant, le trompe sans malice et Gilbert, déçu, retourne
auprès d'Annie.
Dans un accès de colère et de découragement.
Dominique tue Gilbert d'un coup de revolver.
Dans le Palais de Justice, les avocats s'affrontent au cours de leurs plaidoiries.
Pour l'avocat général, Dominique est un monstre de perversité
sans morale, sans sentiment, qui a tué par égoïsme,
refusant qu'un amant de passage la délaisse. Pour l'avocat de la
défense, elle est une victime sensible et délicate, plongée
dans un monde de cruauté et de corruption, et dont les nerfs ont
cédé.
Le jury ne tranchera pas : la veille du jugement. Dominique se suicide
dans la prison en s'ouvrant les veines...
À la fin de l'audience, les avocats qui se sont violemment pris
à parti tout au long des débats, devisent gaiement ensemble.
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- la prisonnière
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- Selon les fiches de Monsieur Cinéma
Clouzot, qui faisait à cette époque des recherches dans le
domaine de la photo expérimentale,
avait d'abord envisagé un scénario
où un photographe découvrait un crime en développant
un de ses films, mais entre temps Antonioni avait sorti son film BlowUp
qui traitait justement du même sujet.
- Clouzot détruisit son manuscrit.
Il rédigea une nouvelle version axée sur le monde de la perversion
et fondée picturalement sur les recherches artistiques d'avant-garde.
Il bénéficia de la collaboration du Groupement de Recherches
et d'Art Visuel dont faisaient partie Yvaral (le fils de Vasarely) et Stein.
Ceci nous écarte totalement de notre sujet .
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- Clouzot, le film noir et les remakes
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- On peut dire que Clouzot se ratache au
mouvement du film noir.
Rappelons que ce terme a été inventé
par les critiques français et adopté par les américains
pour décrire un secteur de la création hollywoodienne qui
s'est principalement concentré sur les quinze années qui
suivirent la 2eme guerre mondiale et qui se caractérisait par son
atmosphère sombre et un traitement angoissant et pessimiste d'intrigues
à caractère criminel.
D'ailleurs après guerre lorsque Clouzot tenta de s'écarter
de ce domaine pour s'aventurer dans la réalisation d 'une comédie
(Miquette et sa mère) et devant l'accueuil assez tiède du
public et de la critique on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'était
fourvoyé loin de son secteur de prédilection.
- Au point
de vue formel les traits de l'expressionisme allemand
et du réalisme poétique français des années
d'avant guerre, qui sont à juste titre considérés
comme des sources d'inspiration du film noir américain, sont très
présents dans les films de Clouzot. Il faut dire que Clouzot au
tout début de sa carrière lorsqu'il mettait au point les
versions françaises des films en deux versions eut la chance de
croiser des réalisateurs comme Murnau ou Fritz Lang qui furent des
maîtres du genre.
Comme dans l'expressionisme on retrouve "le jeu des ombres qui projettent
leur démesure sur les murs, le clair obscur, l'opposition accentuée
des blancs crus et des noirs profonds". Comme dans le réalisme
poétique les protagonistes, qui sont en proie au 'mal d'être',
essaient d'échapper à la fatalité et évoluent
dans un univers inquiétant et fascinant où il n'y a pas d'avenir
pour eux. Dans tous les cas l'atmosphère est lourde, sombre et envoûtante.
- Quelques réalisateurs de films
noirs
ne
s'y sont pas trompés et ont été attirés par
cette parenté au point de tenter, avec des fortunes diverses quant
au résultat, de réaliser différents remakes : The
thirteenth letter ( le corbeau) d'Otto Preminger, The sorcerer ou le convoi
de la peur (le salaire de la peur) de de William Friedkin (1977) , Diabolique
(les diaboliques) de ou Stangers in the House ou Cop-out (les inconnus
dans la maison) de Pierre Rouve en 1967 avec James Mason, Geraldine Chaplin
et Bobby Darin.
The Thirteenth letter, tourné en 1950 sous le titre The scarlet
Pen, n'a jamais, à ma connaissance, été distribué
en France. Le scénario a été revu par Howard Koch
pour situer l'action dans un village du Québec et la distribution
comprend notamment Lindadarnell, Charles Boyer, Michael Rennie et Françoise
Rosay. Selon les spécialistes américains du film noir la
réalisation est très réussie sans toutefois égaler
l'original, peut être par suite d'une ambiance pas assez corrosive
The Sorcerer, distribué en France sous le titre plus évocateur
de Convoi de la peur, a été réalisé
par William Friedkin en 1977. Ce cinéaste avait précédemment
réalisé deux très grands succès : French
Connection et The Exorcist. Le film suit le découpage
de Clouzot : une longue présentation des protagonistes puis l'action
proprement dite fidèle au film original. Malgrè un budget
colossal et une excellente distribution d'acteurs internationaux (Roy Scheider,
Francisco Rabal, Bruno Cremer, Amidou) le film a été un échec
commercial aussi bien aux Etats-Unis qu'en France. Il est vrai que le titre
américain est assez mal venu : il s'agit du surnom donné
à l'un des deux camions. C'était un peu tiré par les
cheveux et il y avait manifestement là une tentative de récupération
du succès de The Exorcist mais les producteurs se sont
pris les pieds dans le tapis... le public a été amené
sur une mauvaise piste et a boudé le film. C'est dommage car la
réalisation propose de grands moments de suspense. Signalons pour
l'anecdote que lorsque Friedkin rencontra Clouzot en 1976 avant de commencer
son remake et qu'il lui demanda quel était le secret de la réussite
du Salaire de la Peur, celui ci lui repondit :"les détails!"
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