1955-1960 - Le style Série Noire.
La Série Noire ouvre une nouvelle voie en apportant au cinéma
un nouveau type de personnage issu de la mythologie des romans noirs : c'est
le privé (ou le journaliste) amateur de whisky et de jolies femmes,
décontracté, charmeur, plein d'humour et athlètique
.C'est la grande époque des adaptations de Peter Cheyney et de l'acteur
vedette Eddie Constantine. Ces films souriants jetent des clins d'oeil permanents
aux spectateurs pour leur montrer que ce n'est pas très sérieux.
Malheureusement plus tard le style dérape et finit dans la farce
parodique (Le caîd, les pépés font la loi, le sicilien...).
En opposition à ce parti-pris de légèreté, un
réalisateur comme André Cayatte reste grave et tente de démontrer
les imperfections de la loi pénale et du système judiciaire
(Justice est faite, Nous sommes tous des assassins, le dossier noir..)
Une autre voie se dessine : elle est constituée par les adaptations
de romans purement français avec la description du milieu des truands,
débouchant sur une certaine chronique de moeurs (Touchez pas au Grisbi,
Du rififi chez les hommes, Bob le flambeur...). On y montre des truands
vieillisants aspirant à une retraite bourgeoise confrontés
à une nouvelle couche de voyous violents et pervers, sans règles
de conduite et pour lesquels tous les coups sont permis pour parvenir à
leurs fins. |