image_du_bibliothécaire retour
L'image du bibliothécaire
 
 Le livre, les bibliothèques et les bibliothécaires attirent, suscitent discours, clichés, fantasme, lyrisme. Quelques exemples. 
 
Dans les livres Peut-être êtes-vous sensible à des personnages, tels La jeune fille comme il faut de Barbara Pym. Le bibliothécaire est un personnage sans histoire, à la vie bien tranquille. Son travail n'est guère passionnant, ne semble pas nécessiter de gros efforts et être à la portée de n'importe qui. La bibliothèque est un lieu calme et paisible où rien ne peut arriver. Pourtant, la jeune fille comme il faut surprendra tout le monde à la fin.  
  
D'autres écrivains ont une vision poussiéreuse de la bibliothèque. Le bibliothécaire est souvent représenté par un homme érudit, solitaire, passant sa vie à lire de vieux livres. C'est bien l'occupation de Rupert Giles de la série Buffy contre les vampires : il contrarie les forces du mal en consultant les nombreux livres de sorcellerie qu'il garde jalousement fermés à clef dans l'enfer de sa bibliothèque. On ne le voit jamais commander ou réceptionner des ouvrages et il n'a jamais le temps de donner des renseignements bibliographiques, il ne participe à aucune commission consultative (Giles est un ancien délinquant, la bibliothèque est le moyen de sa réinsertion).  
Le bibliothécaire est souvent très âgé. C'est le cas du vieux frère Mathusalem de la série Rougemuraille de Brian Jacques. C'est une très vieille souris s'occupant des archives et de la chronique d'une abbaye. Son savoir, son don des langues sont d'un grand secours dans la lutte contre l'horrible rat Cluny le Fléau. Ici comme ailleurs, le bibliothécaire est confondu avec l'archiviste.  
Il peut aussi être un personnage contrariant. Grisamer, dans Titus d'enfer de Mervyn Peake est le gardien de la tradition, c'est un expert du rituel qui règle la vie des habitants du château de Gormenghast, chaque matin, il rappelle les obligations à respecter impérativement. Les connaissances trouvées dans les livres sont ici contraignantes mais d'autres peuvent être dangereuses pour la communauté. C'est pourquoi le bibliothècaire du Nom de la rose d'Umberto Ecco fait office de gardien, lui seul a accès aux secrets de la bibliothèque.  
Autre avatar, le bibliothécaire devient un orang-outang chez Terry Pratchett  

 Dans le livre essentiel de Neal Stephenson, Cyptonomicon, Vol.1, Le code Enigma, on trouve p. 102-103 de l'édition de poche un jugement sur le travail en bibliothèque : 

    "Randy est sorti diplômé de l'université de Washington à Seattle, pour finir par décrocher un poste de claviste, deuxième échelon, à la bibliothèque de la fac - plus précisément au service des prêts inter-bibliothèques -, où sa tâche était de traiter les demandes de prêts transmises par courrier électronique par les petites bibliothèques du secteur, et, réciproquement de transmettre les requêtes à ces autres établissements... La bibliothèque universitaire étant bien fournie, ses usagers ne demandaient que rarement des ouvrages en provenance d'autres sites, sauf s'ils avaient été volés ou étaient, sous l'un ou l'autre aspect, inhabituels. le service de PIB (comme l'appelaient affectueusement Randy et ses collègues) avait ses clients réguliers - des gens qui avaient toute une tripotée de livres inhabituels dans leur liste d'emprunts. Ces gens avaient tendance à être ennuyeux, ou inquiétants, voire les deux. Randy se retrouvait immanquablement confronté à la sous-catégorie "les deux", parce que Randy était le seul employé du service à ne pas y avoir un emploi à vie. Il semblait évident qu'avec son diplôme d'astronomie et ses connaissances étendues en informatique, il allait un jour ou l'autre s'en aller, alors que ses collègues ne nourrissaient pas d'autres ambitions. L'étendue de sa sphère d'intérêts, sa conception un peu plus extensive de la normalité lui étaient d'un grand secours avec certains clients. Aux yeux de beaucoup, Randy était lui-même un personnage ennuyeux, inquiétant et obsédé. Pas seulement obsédé par la science mais aussi par les jeux de rôle fantastiques. Sa seule façon d'accepter un travail aussi stupide deux ans durant était que son temps libre était intégralement consacré à interpréter des scénarios fantastiques d'une profondeur et d'une complexité propres à faire travailler tous les circuits neuronaux qui risquaient sinon de rouiller pour de bon dans le service du PIB."
Bien, bien, bien, j'ai moi-même fait du PEB pendant quelques temps et effectivement....  

 L'histoire du livre est étonnante et terrible. Susanna Clarke nous rappelle dans Jonathan Strange and Mr  Norrell (Bloomsbury, 2004) qu'en Angleterre la destruction de livres (book-murder) a longtemps été considérée comme un crime méritant la pendaison. Clegg, un valet de ferme, fut ainsi le dernier homme à être pendu pour ce crime en 1754. Elle explique en note (p. 314)  : The wilful destruction of a book of magic merited the same punishment as the murder of a Christian.  
 

Caricatures  Les différentes représentations du bibliothécaire suscitent enfin les caricatures. Aux Etats-Unis, par exemple les dessinateurs auraient tendance à représenter le bibliothécaire comme des vieilles filles, de minuscules vieilles dames ou des hommes arborant un noeud papillon (voir BBF, t. 39, n° 6, 1994). Dans Ghostbusters, la bibliothécaire est une personne âgée soupçonnée de sénilité, de folie, elle voit des fantômes de bibliothécaires hantant leur ancien lieu de travail (un peu comme Binns le fantôme professeur d'histoire de la magie dans les livres de la série Harry Potter 
 
Son travail  Personnage contrariant, inquiétant, sympathique, pathétique ou insignifiant, telle est l'image du bibliothécaire. Mais que fait-il ? Son métier n'est jamais vraiment décrit car ce n'en est pas un. C'est un passe-temps pour les personnes à la recherche d'une occupation. Il ne nécessite pas de qualification (pourquoi faire ?). Prenons par exemple, Jean-Marc Rouillan d'Action directe : cet ancien terroriste arrêté en 1987 et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité est devenu bibliothécaire à la maison centrale de Lannemezan (la bibliothèque assure aussi la rédemption). Son passé explique peut être ses nouvelles activités. Le travail serait aussi calme et agréable. C'est bien ce qu'il me semble lorsque je déambule dans les rayons de ma bibliothèque de quartier par une chaude journée d'été, tout est calme et tranquille, une personne âgée demande des conseils de lecture à une nouvelle stagiaire, une bibliothécaire lit un magazine ou surfe sur internet. Cooool ! Enfin la bibliothèque est un lieu cosy, douillet. C'est le lieu idéal pour y flirter comme nous le montre la série Zoe, Duncan, Jack et Jane. On ne risque pas de perdre un bras dans une machine-outil. Oui mais... souvenons-nous qu'un bibliothécaire arabe est mort en recevant ses livres sur la tête. (Tant pis pour lui, il aurait dû désherber) (le manque d'espace est un problème réel et récurrent dans les bibliothèques d'autant que les bibliothécaires refusent parfois de jeter le moindre livre, le désherbage est un travail long, ennuyeux, salissant, pas agréable)  
 
Clichés, discours Dans les journaux télévisés, une bibliothèque de Lyon vient de disparaître en fumée et c'est pour tout le monde une catastrophe.  
Le droit de prêt est réclamé par des éditeurs, le droit des auteurs doit être respecté. Il menace les bibliothèques. Bien sûr, celles-ci ne le respectent pas car leur rôle culturel et social indéniable est suffisant pour les en dispenser.  
Le salon de livres de jeunesse de Montreuil est un succès, il est faux de dire que les enfants ne lisent plus. Au contraire, ils sont friands de lecture mais il ne faut pas leur donner n'importe quoi, les bibliothécaires sont là heureusement pour les orienter, les ouvrir aux problèmes du monde, les éduquer en canalisant leur imaginaire grâce à des livres soigneusement sélectionnés. Ils sont des médiateurs culturels, des animateurs qui font reculer la fracture sociale. C'est bien. 

Le 30 décembre 2003, Laurence nous a écrit : 

    Je vous apporte mon témoignage concernant mon expérience professionnelle dans une bibliothèque départementale... 
    ... Depuis la directrice, conservatrice jusqu'au chauffeur de bibliobus, tous ces gens n'ont qu'une idée en tête : en faire le moins possible ou faire ce qui leur plaît, c'est à dire passer des heures à disserter sur la vie privée des gens, médisances, calomnies,moqueries et insultes ont été mon lot quotidien pendant 3 ans et 9 mois.
Sommes-nous tous comme cela ? 

  
Le 4 février 2004, on a pu lire dans biblio-fr le message suivant : 

    Date : 04 Feb 2004 
    De : Olivier, (université lyon 1) 
    Objet : Sauvons la recherche ! 

    Je ne travaille pas dans le monde du livre mais les livres et la recherche documentaire en général sont pour moi des outils de travail indispensables et que rien ne peut remplacer. 
    C'est essentiellement pour cette raison et cette sensibilité que je me suis abonné à la liste Biblio-fr. 

    Aujourd'hui je souhaite utiliser votre liste de diffusion afin d'expliquer le plus simplement possible aux gens de culture qui sont abonnés à Biblio-fr pourquoi les chercheurs et personnels des laboratoires de recherche sont en colère, ainsi que pour les inviter à signer la pétition citoyenne de soutien à ce mouvement.

Voilà, les bibliothécaires sont des "gens de culture". 

Sur le site ciao.fr, une bibliothécaire territoriale décrit son travail quotidien. Extraits :  

    J’ai décidé de vous parler de mon boulot ! Pourquoi ? Parce que c’est un boulot sympa, intéressant, et épanouissant.... Le mardi matin, j’arrive à 9 h, et comme tout bon fonctionnaire, je prends mon café. (vous vous en seriez douté)...
Ce message est complété par les réactions d'internautes. Sélection :  
    J'ai toujours rêvé de travailler dans une bibliothèque.pour moi, c'est comme mettre un gamin dans un magasin de bonbons...  

    quand des bouts de vie sont rangées sur des étagères....en prendre soin ...un joli métier :)  

    faudrait que je fasse bibliothécaire pour réussir à faire du café buvable ;o) on en découvre plus sur ce métier, en fait, c'est pas si facile que ça ! (c'est même étonnant lol)  

    Dommage que l'on ne vous paie plus! Vous êtes quand même ambassadeurs de la culture.  
     

Un collègue s'est foulé une cheville en jouant au squash (non, pas à la bibliothèque). Son pied est enflé, il est douloureux. Mon collègue va voir le médecin. Celui-ci l'examine, lui dit que ce n'est pas grave, qu'il ne lui faudra pas s'appuyer sur sa cheville et ne lui rédige pas un arrêt de travail. Mon collègue est étonné, il lui dit qu'il est bibliothécaire, qu'il déplace des chariots toute la journée puisqu'il fait du desherbage en ce moment. Le médecin lui répond que les déplacements en bibliothèques, il n'y croit pas. Comment ?!!! Ne sait-il pas que l'"accueil se fait avec les jambes" (Le métier de bibliothécaire, 1996, p. 257) 
 
Lu dans la presse, sur internet, vu à la télévision Dans un numéro d'un journal gratuit (Métro ou 20 minutes, daté de 2004 ou 2003), un article est consacré à la construction d'une nouvelle bibliothèque. On y lit que la bibliothèque offrira de nombreuses places en libre accès. Mouah, Ah, Ah, Ah elle est bien bonne ! Trop moderne, la bib ! 

Dans le magazine de l'université (n° 1, printemps 2004), on parle du réaménagement des espaces de la bibliothèque. "Le hall, premier contact avec la bibliothèque réunira des services tels que l'accueil général, le prêt sur place, le prêt en bibliothèque ..." 
Voilà, il ne reste plus qu'à inventer le prêt à emporter. 

Un conservateur de la BNF a été mis en examen pour vol. Il est "un peu fantasque, rien du conservateur névrosé derrière ses petites lunettes", souligne un syndicaliste dans Libération du 21 août 2004.   

21 février 2005 
Dans un long message envoyé à biblio-fr (voir "Quand Google booste la réflexion" dans les archives biblio-fr de février 2005, p. 6/10 ), Hervé Le Crosnier évoque l'affaire Ellen Roche.  une infirmière participant à une expérience médicale meurt parce que les effets toxiques du produit qu'on lui a injecté n'étaient pas apparus dans les résultats d'une recherche bibliographique rapide. En recherchant sur internet des informations sur cette affaire qui ressemblait fort à une rumeur selon moi, j'ai trouvé l'article suivant :  

    http://www.tours.inra.fr/prc/internet/documentation/communication_scientifique/Ellenroche.htm 
    Bosc H. (2001) Partager et utiliser des connaissances scientifiques : de la responsabilité individuelle à la responsabilité collective. INRA mensuel, N°112, décembre 2001-janvier 2002, 49-50 
     
    Partager et utiliser des connaissances scientifiques : de la responsabilité individuelle à la responsabilité collective.
     
    Hélène Bosc
    INRA, Centre de Tours, PRC
    37380 Nouzilly, France
    hbosc@tours.inra.fr

       Est–il bien utile de rappeler que le travail de recherche est basé sur le partage des connaissances acquises et qu’une recherche bibliographique est le point de départ d’une expérimentation ? 

       Les techniques de recherche bibliographique ont beaucoup évolué au cours du 20eme siècle. Dès la fin du 19eme siècle l’augmentation considérable du nombre de revues scientifiques a nécessité la création de revues secondaires, appelées bulletins signalétiques. Le chercheur pouvait retrouver dans ces bulletins spécialisés les références et quelquefois même le résumé des articles. Dans les années 80, la recherche bibliographique est devenue plus rapide grâce à l’apparition des bases de données informatisées mais payantes. Pour des raisons d’économie, dans un souci de bon rapport qualité/prix , les chercheurs devaient donc passer par l’intermédiaire d’un professionnel de l’information bien formé aux différentes techniques de recherches en ligne. Les documentalistes interrogeaient un minimum de 2 ou 3 bases différentes, en fonction du domaine couvert par chacune, connaissant les dangers de "silence" lors de l’interrogation d’une seule base...

Cet article montrent 2 choses terrifiantes :  
- les chercheurs n'éprouvent pas le besoin de faire appel aux services des bibliothèques et des bibliothécaires. Les articles de presse montrent pourtant que les bibliothécaires spécialisés contactés ont retrouvé facilement des références sur la toxicité du produit ayant entraîné la mort de Ellen Roche ;  
- les chercheurs ne veulent pas des bibliothèques et des bibliothécaires ("les chercheurs devaient passer par l'intermédiaire d'un professionnel de l'information"), ils pensent que leur salut passe par le mouvement des Archives ouvertes.  Nous verrons bien mais bon sang, pourquoi ne veulent-ils pas fréquenter une bibliothèque. C'est pas la mort tout de même. 
 

samedi 5 mars 2005  
Lu sur le site d'information musicale Blogothèque (http://www.blogotheque.net/sommaire.php3) 

    Qui d’autre que Lou Barlow (chanteur), champion de l’auto-dérision, peut déclamer sérieusement ceci : "Dans le temps je séchais l’école pour aller à la bibliothèque de Springfield en bus. C’était le seul endroit où je pouvais apprendre quelque chose. Tiens, c’est la première fois que je dis ça. Je me suis dit que ça faisait cool." 
MC Solaar dit aussi qu'il séchait le lycée pour passer la journée à la BPI. 

mardi 22 mars 2005  
Lu sur le site Boing Boing (a directory of wonderful things, http://boingboing.net)  
Jusqu'à présent, un lecteur qui ne rend pas ses livres reçoit des lettres de relance, subit des suspensions de prêt, est interdit d'examen, ne peut s'inscrire dans une autre université, doit payer des amendes. Aux Etats-Unis, il risque désormais de voir sa voiture vendue aux enchères après avoir été repérée puis enlevée par la fourrière. :  

    License plate scanner will bust people with overdue library books.  
    Tow truck companies have a new way to make money. They drive around with a setup called Bootfinder. The system consists of a digital camera, character recognition software, and a laptop with a database that has information tagged to license plates. The tow truck drivers cruise around streets, scanning plates, looking for people who haven't paid various city fees and taxes. When the the laptop beeps, they hitch the car to the truck and tow it away.  

    According to Forbes, Arlington county in Virginia "has found a new task for its surveillance camera: Starting in March it plans to use the BootFinder to nab people who are on the county's rolls for just about anything, from late park and recreation fees to overdue library books.  

    And according to thenewspaper.com ("A Journal of the Politics of Driving) "If the car's owner is listed as delinquent, the car can be towed -- and if the owner doesn't pay within 10 days the car is auctioned." 

Vivement chez nous

Août 2005
Sur la chaîne Direct8 (disponible sur le réseau tnt), on apprend des tas de choses intéressantes. L'émission Touche pas ma planète, Clélie Mathias traite de l'écologie. A la fin d'une émission, elle rappelle le titre d'un livre écrit par un de ses invités. Clélie (25 ans tout de même) regrette que cet ouvrage est quasiment épuisé et nous prévient donc qu'il sera difficile à trouver. Pourquoi ne conseille-t-elle pas d'aller le chercher dans une bibliothèque ?
Toujours sur Direct8, le 19 août 2005, dans l'émission Direct matin, une chroniqueuse parle des livres de Marguerite Duras. Elle nous apprend qu'ils sont édités par les Editions de Minuit et n'existent pas malheureusement en édition de poche. Une fois encore, personne (il y a 2 autres journalistes avec elle) ne suggère de se rendre dans une bibliothèque.
On dit souvent : ce livre est disponible dans toutes les bonnes librairies. On ne dit jamais : ce livre est disponible dans toutes les bonnes bibliothèques. Pourquoi ?
 

Les vrais gens Un BAS croise son directeur et lui dit bonjour. Celui-ci ne dit rien, passe son chemin puis se retourne et revient sur ses pas. Face à son employé, yeux dans les yeux, il le corrige : "On ne dit pas bonjour, on dit bonjour, monsieur le directeur". Parfaitement.  

Avez-vous vu la campagne Niquitin (diffusée à la TV du 27 décembre 2004 au 15 février 2005) ? Une femme se filme pendant sa cure de désintoxication au tabac (bien sûr) avec le patch Niquitin. Il s'agit de Anne de Maupeou et devinez quoi ? Elle est bibliothécaire. Incroyable. Alors voilà, "elle a 34 ans, travaille dans une université lilloise. C'est une jeune femme moderne et pragmatique et elle a le goût du jeu" (vu-lu dans Libération du 3 janvier, dernière page). Seulement, elle fume. Heureusement, elle va s'arrêter. C'est formidable que notre corporation soit représentée par un tel personnage. C'est sûr Anne va susciter des vocations

Sur le site SONGS TO WEAR PANTS TO (http://www.songstowearpantsto.com/) (quelqu'un a-t-il une traduction ?), j'ai trouvé cette chanson (site visité le 5 février 2005): 

    SONG #0133: LIBRARIANS RULE THE WORLD  
    [This one is a Paid Request.] 

    REQUEST: 
    library of congress classification 
    whups butt all over dewey decimal, man 
    and librarians rule the world 

    If you would like, could you put something in there about librarians being sexy and friendly and willing to help with things? I am currently studying to be a librarian. Thanks! 

    REQUSTED BY: Leslie the Info-Pimp

Visiblement cette apprentie bibliothécaire est inquiète pour son avenir.