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Tuberculose de l'oreille moyenne. A propos de deux cas (Antoine DARDEL)

 1-introduction    2-historique    3-épidémiologie   4-étiopathogénie   5- V.I.H.  
 6-histologie    7-bactériologie    8-cas cliniques   9-circonstances évocatrices   10-autres localisations 
 11-diagnostic paraclinique   12-imagerie   13-diagnostics différentiels    14-complications   15-traitement médical 
 16-chirurgie   17-traitement préventif    18-conclusion   19-bibliographie 

Place de l'imagerie dans la T.O.M

De nos jours, dans tous les processus chroniques d’oreille moyenne, l’imagerie se résume en première intention au scanner des rochers, en coupes axiales et coronales millimétriques jointives, les radiographies conventionnelles n’ayant plus leur place.

Pour GASDOUE [ 26] l’imagerie dans la T.O.M. n’a pas de rôle diagnostique. Elle montre des signes aspécifiques d’otite chronique.

Cependant, alors que dans les otites chroniques non tuberculeuses, il est retrouvé avec une grande fréquence, une mastoïde condensée, scléreuse, avec disparition des travées osseuses et comblement mastoïdien, dans la T.O.M., la conservation de la pneumatisation mastoïdienne, avec persistance des septa osseux, associée à un syndrome de masse dans l’atrium, serait un bon signe en faveur du diagnostic [ 13, 36] . Cette conservation de la pneumatisation mastoïdienne est retrouvée dans 72 % des cas pour YANIV [ 80] .

MARSOT-DUPUCH [ 53] considère que des signes scannographiques d’ostéite destructrice diffuse de l’oreille moyenne sont très en faveur du diagnostic ainsi que la lyse de l’os promontorial, à fortiori si ces signes sont associés à des images de séquestres osseux.

TAYLOR et BALILEY [ 78] retrouvent cependant 31 % de mastoïde éburnée avec disparition des septa osseux dans leur série de T.O.M.

Le scanner permet également d’orienter vers certains diagnostics, le cholestéatome en particulier : lyse du mur de la logette (50 à 70 %). Lissage antral 47 % des cas de cholestéatome extensif [ 63] , opacité de densité tissulaire à bords convexes.

Le rôle du scanner dans la T.O.M. sera donc plus de détecter les éventuelles destructions qui nécessiteraient une sanction chirurgicale (drainage d’abcès mastoïdien, éxérèse de séquestres osseux, fistule du canal semi-circulaire externe ...). Il est de toute façon indispensable, avant toute intervention chirurgicale, sur l’oreille moyenne, lorsque le diagnostic est suspecté [ 26] .

l’IRM n’apparaît pas plus performante que le scanner pour le diagnostic.

Cependant, elle serait intéressante en cas de paralysie faciale sur otite tuberculeuse, car le réhaussement des lésions du nerf facial, après injection en séquence T2, pourraît permettre de les localiser avant une intervention de type décompression du nerf [ 62] . Le même auteur rapporte 1 cas, de parfaite concordance entre les lésions visualisées à l’IRM et observées en per-opératoire, au niveau du nerf facial. Il faut toutefois garder en mémoire, qu’une prise de contraste après injection, en séquence T2 peut s’observer, en dehors de tout processus pathologique, notamment au niveau du ganglion géniculé, du fait du réseau vasculaire péri-neural. Des asymétries droites gauches sont habituelles rendant toute analyse comparatives inutiles.