Bibliothèse ORL
Retour
Tuberculose de l'oreille moyenne. A propos de deux cas (Antoine DARDEL)

 1-introduction    2-historique    3-épidémiologie   4-étiopathogénie   5- V.I.H.  
 6-histologie    7-bactériologie    8-cas cliniques   9-circonstances évocatrices   10-autres localisations 
 11-diagnostic paraclinique   12-imagerie   13-diagnostics différentiels    14-complications   15-traitement médical 
 16-chirurgie   17-traitement préventif    18-conclusion   19-bibliographie 

Complications

La T.O.M. se caractérise par ses complications et est souvent diagnostiquée à ce stade. La paralysie faciale et la surdité sont deux complications précoces de la maladie.

14.1 - Paralysie faciale

C’est la complications la plus fréquente : 16 à 39 % des cas [ 12, 64] . Cette fréquence particulière n’est pas retrouvée dans les autres otites chroniques (0,5 à 1,75 % dans le cholestéatome; 0;2 à 0,4 % dans l’otite moyenne aiguë [ 69] , ce qui l’a fait considérée par MARTIN [ 54] comme un véritable symptôme de la maladie.

Elle est deux fois plus fréquente chez l’enfant, pouvant atteindre 40 % des cas [ 30, 39, 52, 57, 66, 68] .

FLEURY considère que toute PF sur otite chronique non cholestéatomateuse, non opérée, est d’origine tuberculeuse jusqu’à preuve du contraire [ 44] .

Pour des raisons inconnues, elle tend à rester unilatérale même si la T.O.M. est bilatérale [ 68] .

14.1.1. - Physiopathologie : [ 12]

Trois mécanismes sont invoqués :

- oedème du nerf dans le canal de Fallope inextensible, ce qui a fait proposer un geste de décompression précoce par STERKERS et GANDON [ 71] , et justifie l’emploi de corticoïdes comme c’est le cas dans l’observation n°1.

- Ostéite de l’acqueduc de Fallope avec mise à nue du VII et envahissement par le tissu de granulation.

- Voie rétrograde par la corde du tympan [ 60] .

14.1.2. - Pronostic :

La PF dans la T.O.M. est classiquement de mauvais pronostic [ 43] , du fait essentiellement du retard à la mise en route du traitement spécifique lié au retard diagnostic. Sa survenue en début d’évolution pourraît être transitoire mais quand elle survient à la période d’état de la maladie elle est souvent la marque d’une atteinte nécrotique du canal de Fallope et est alors le plus souvent définitive [ 39] .

Son pronostic dépend donc essentiellement de la précocité de mise en route du traitement spécifique [ 12, 43] .

14.2 - Les complications méningo-encéphaliques

Elles sont extrêmement rares, car la dure-mère constitue une barrière très efficace contre l’infection tuberculeuse par contiguité à partir de l’oreille moyenne [ 26, 68] .

L’atteinte méningo-encéphalique est le plus souvent due à une dissémination hématogène [ 26] .

14.2.1.- Méningite tuberculeuse :

elle est plus fréquente chez l’enfant [ 27] .

Classiquement, elle est associée à des signes d’atteinte de la base du crâne, avec paralysie des dernières paires crâniennes, réalisant la " méningite basillaire ".

Seulement 13 cas ont été recensés dans la littérature internationale entre 1915 et 1991 [ 68] .

14.2.2. - Tuberculome cérébral :

Il correspond à un nodule tuberculeux, sans tendance à l’excavation, provoquant cliniquement un syndrome tumoral intra-crânien, avec signes déficitaires et risques d’engagement cérébral. Si le diagnostic de T.O.M. n’a pas été évoqué, le diagnostic différentiel avec une tumeur maligne intra-crânienne est extrêmement difficile, et repose sur les arguments scannographiques ou sur une ponction biopsique. 10 cas seulement ont été décrits entre 1933 et 1988 [ 68] .

14.3 - Labyrinthisation

La surdité de transmission se transforme plus ou moins rapidement en surdité mixte puis cophose, qui est le plus souvent définitive [ 12] .

Le facteur pronostic majeur de récupération semble être le délai écoulé entre l’apparition de la surdité et la prise en charge thérapeutique.

Une surdité neuro-sensorielle existe au cours de l’évolution de la maladie dans 40 % des cas [ 10, 12] .

Son association à une paralysie faciale réalise " le syndrome labyrintho-facial ", hautement évocateur du diagnostic de la tuberculose de l’oreille moyenne et présent dans 10 % des cas [ 10, 12, 21, 43] .

14.4 - Mastoïdite aiguë [ 25]

Elle peut compliquer ou révéler la T.O.M.

Les mastoïdites aiguë tuberculeuses, sont volontiers insidieuses, avec une fièvre absente ou peu élevée, une région mastoïdienne parfois tendue, mais modérément douloureuse ; elles semblent plus fréquentes chez l’enfant [ 10] .

Il s’agit donc d’une présentation clinique atypique.

L’association d’une adénopathie parotidienne à une fistule rétro-auriculaire serait pathognomonique.

14.5 - Pétrosite et syndrome de Gradenigo

La pétrosite correspond à une ostéomyélite de la base du crâne par diffusion de la maladie et ne se voyait qu’autrefois à un stade très avancé [ 54] .

Elle est exceptionnelle de nos jours [ 12] .

L’association à une atteinte du nerf trijumeau ou à l’une de ses branches V1, V2, V3, ou du nerf moteur oculaire externe, réalise le syndrome de Gradenigo.

14.6 - Mise à nue de la carotide interne

L’ostéite destructrice du rocher peut entraîner une mise à nue de l’artère carotide interne au niveau de sa partie tympanique verticale et de son coude, avec risque d’hémorragie cataclysmique, car à ce niveau elle ne possède pas de paroi vasculaire. C’est le risque vital de la maladie [ 54] . Aucun cas n’a jamais été décrit.

14.7 - Autres complications [ 10, 12, 30, 60, 69]

14.7.1. - Fistulisation salivaire à partir de la parotide.

14.7.2. - Ouverture et fistule de l’A.T.M.

14.7.3. - Chondrite du C.A.E.:

Par surinfection de la T.O.M. le plus souvent par du pyocyanique .

14.7.4. - Laryngite tuberculeuse :

Par contamination descendante à partir de la trompe d’Eustache.